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Dormir cent ans

De
48 pages

Cette pièce interroge le délicat moment de l'entrée dans l'adolescence, avce Aurore, 12 ans, étonnée de ce corps qui se transforme, et Théo, 13 ans, qui a encore besoin d'un ami imaginaire. 


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couverture
 

ACTES SUD-PAPIERS

Éditorial : Claire David

 

Conception graphique : Thomas Gabison

© ACTES SUD, 2016

ISSN 0298-0592

ISBN 978-2-330-07868-3

 

Pauline

BUREAU

 

 

DORMIR

CENT ANS

 

 

Illustrations

d’Yves Kuperberg

 

 

 

 
Heyoka jeunesse
ACTES SUD-PAPIERS

Le texte de Dormir cent ans a été écrit avec et pour les acteurs qui ont créé le spectacle : Yann Burlot, Nicolas Chupin, Géraldine Martineau et Marie Nicolle. L’auteure tient ici à les remercier ainsi que l’équipe de création qui l’a accompagnée dans cette aventure : Bruno Brinas,

Benoîte Bureau, Alex Forges, Vincent Hulot, Olivia Peressetchensky, Alice Touvet, Cécile Zanibelli et Yves Kuperberg qui a dessiné cette histoire sur scène et dans ce livre.

 

À Victor.

 

PERSONNAGES

 

Aurore

Théo

La Grenouille

Éric, le père de Théo

Patricia, la mère d’Aurore

Jean-Jacques, le père d’Aurore

Le Professeur

L’Arbre

 

Aurore rentre de l’école, son cartable sur le dos.

Elle compte ses pas.

 

AURORE. 97, 98, 99, 100, 101.

(Elle pose son cartable et s’installe au piano. Elle joue.

Ailleurs dans la ville, Théo fait du skate.

Aurore arrête de jouer.)

Je déteste le silence. Ça me fait peur. Je m’entends penser. Il y a 88 touches sur un piano. Pour jouer ce morceau, j’en touche 19. Ça fait 69 touches que je ne touche pas. Sauf que pour jouer le mi bémol, j’ai du mal à ne pas toucher le . Ça fait plutôt 68.

Elle recommence à jouer.

Ailleurs dans la ville, Théo continue son chemin en skate. Derrière lui, une grenouille en queue-de-pie.

***

Théo et la Grenouille rentrent à la maison.

 

THÉO. Papa ?

(Personne ne répond.

Ils s’assoient tous les deux sur le canapé pour lire.

Sur la couverture de leurs bandes dessinées, on reconnaît le visage de l’homme grenouille qui accompagne Théo. Théo montre une image de la BD.) J’aime bien quand tu fais ça.

LA GRENOUILLE. Moi aussi.

Le père de Théo rentre à la maison. Il enlève son blouson et pose son casque de moto.

ÉRIC. Théo, je suis rentré. J’ai acheté une pizza pour ce soir. Ça te va ?

(Théo ne répond pas. Son père s’approche du canapé avec deux assiettes.)

Théo, les chaussures sur le canapé. Combien de fois.

(Théo et la Grenouille enlèvent leurs pieds du canapé.)

Tiens, sans olive.

Théo ne répond pas. Le père s’assoit sur le canapé.

Ils mangent. Le silence s’installe entre eux.

LA GRENOUILLE. Bon, je vais y aller, moi.

Salut.

THÉO. Salut.

Le père ne voit pas la grenouille.

ÉRIC. À qui tu parles ?

THÉO. À personne.

La Grenouille sort de la pièce en entrant dans le frigo.

ÉRIC. Ça va aller, demain ? Premier jour. Nouveau collège.

***

Dans la chambre d’Aurore.

Aurore se prend en photo.

Son œil. Sa bouche. Son cou. Son ventre.

 

AURORE. Je sais que quelque chose a changé. Mais je n’arrive pas à savoir quoi. Je me suis prise en photo vingt-deux fois cette semaine. Douze fois habillée, cinq fois en chemise de nuit, quatre fois en culotte et une fois nue. (Elle regarde les photos.) Je ne sais pas. Je ne sais pas ce qui a changé. Vingt-deux fois, peut-être que ce n’est pas assez. Il faut que je me prenne en photo plus souvent.

PATRICIA(de loin). Aurore.

AURORE. Oui maman.

PATRICIA(de loin). C’est l’heure d’aller à l’école, tu te prépares mon poussin.

AURORE. Oui.

***

Au collège.

 

LE PROFESSEUR. Allez, allez, chut. On se calme, on sort ses affaires… Marco, la casquette ! Merci. Stéphanie, à la poubelle le chewing-gum.