//img.uscri.be/pth/74ac01472289b341acac4a6f61c4601d61dc8b8a
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 9,00 €

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

Elzé et la sorcière du Château des Brumes

De
88 pages

Un jeune garçon Elzé, une jolie sorcière professeur de dessin, un étrange château, un milliardaire, une marmotte, des korrigans... Est-ce une comptine, une devinette ? Non, c'est une drôle d'histoire et si vous êtes curieux et aimez l'aventure, ouvrez ce livre et rencontrez tous ces personnages.

Publié par :
Ajouté le : 01 juillet 2010
Lecture(s) : 53
EAN13 : 9782296705067
Signaler un abus

Du même auteur
aux Editions de l’Envol : Le Silence des Merveilles Treize randonnées autour du Mont Bégo Mireille-Merveille et le Garagaï aux Editions de Bergier : Lou Pichoun de la Gordolasque Les Mille et une Merveilles Madone de Fenestre Le Conteur du Mercantour aux Editions de L’Harmattan Une semaine de Contes dans le Mercantour aux Editions du Losange La grange de l’Oncle Ernest en tirages limités Lou Gimbert : Victor Bois, une vie à Belvédère Firmin, un homme de la Gordolasque.

Illustration de couverture : Patricia Vernet

L'atelier de peinture
e nos jours, les sorcières n'ont plus l'aspect qu'elles avaient autrefois. Elles n'ont ni nez crochus pleins de verrues, ni bouches édentées, et on ne les voit plus, les nuits de pleine lune, chevaucher des balais dans le ciel. Mais peu de gens savent cela. Aussi, dans notre quartier, personne ne sait que Thérésine Résina est une sorcière. Oui, cette jeune et jolie Thérésine Résina qui vient d'ouvrir un atelier de peinture au Centre culturel ! Sur la porte de son atelier, elle a affiché l'écriteau suivant :

D

Atelier de Création
Le Créateur peut tout faire. Mais ATTENTION ! Pas n’importe quoi et toujours avec nuance.

Et au-dessous, elle a accroché un pinceau tellement gros qu'il ressemble à un petit balai.

Peut-être que la sorcière s'est trahie... Peut-être qu'elle l'a fait exprès... Allez savoir ! Des parents ont inscrit une douzaine d'enfants à cet atelier du mercredi sans se douter de rien. Il est vrai que, pour les enfants qui veulent absolument dessiner et peindre, ce cours est vraiment un cours de peinture. Pendant trois heures, le mercredi après-midi, on dessine et on peint. Tous les enfants, sans aucune exception, rapportent chez eux, le soir, de grandes feuilles de papier couvertes de couleurs.

7

Des paysages, des fleurs, des fruits ou parfois des formes étranges, mais enfin toujours de la peinture, ce qui rassure les parents qui auraient cru voir, sur l'écriteau, un balai de sorcière au lieu d'un pinceau. En réalité, Thérésine Résina fait semblant d'apprendre à peindre, mais ce qui l'intéresse, c'est la sorcellerie. Bien sûr, elle ne veut pas apprendre la magie à tous. Un seul élève lui suffirait, pourvu qu’il ait des yeux pour voir et des oreilles pour entendre. Mais cet élève-là existe-t-il ? Voici de nombreuses années que Thérésine Résina le cherche sans le trouver. Que n’a-t-elle pas imaginé ? Elle s’est transformée en directrice de centre de vacances, en animatrice de club équestre, en monitrice de ski, en maître-nageur, en médecin scolaire, en éducatrice pour enfants handicapés, en institutrice pour enfants surdoués. Un hiver, elle a fait le père Noël dans un magasin de jouets ; l’été suivant, elle a vendu des glaces à la vanille sur la plage. Elle a été visiteuse bénévole dans un hôpital pour enfants, et, dernièrement, elle a été mamie conteuse, puis professeur de piano. Mais rien n’y a fait. Chaque fois qu’elle croyait tenir l’oiseau rare, celui-ci s’envolait dans les nues. Déménagements, parents méfiants ou accidents et c’était fichu. Cette fois-ci, Thérésine Résina était sûre d’elle. L’atelier de peinture était une excellente idée. Un mercredi, dès que les enfants ont été installés, elle leur a dit : – Aujourd’hui, vous allez peindre ce que vous voyez par la fenêtre. Regardez bien avant de commencer. Sachez voir. Prenez votre temps. Ne vous mettez pas à peindre n’importe quoi comme n’importe qui. Les enfants ont regardé par la fenêtre et, les malheureux, ils n’ont vu que ce que tout le monde pouvait voir : une colline, une bastide et ses deux cyprès. Aussi se sont-ils appliqués à ne représenter que cela sur leur feuille blanche. Thérésine Résina les regarda faire sans rien dire. Puis elle examina tous les dessins, les uns après les autres, avec une extrême attention. Elle arriva au dernier sans avoir trouvé ce 8