Half Bad T01

Half Bad T01

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Français
384 pages

Description

"Tout le monde l'ignore, mais notre monde abrite des sorciers. Des sorciers blancs, qui sont bons. Et des noirs, qui incarnent le Mal. Au milieu, il y a Nathan. Nathan, dont le père est le plus puissant des sorciers noirs. Et dont la mère, grande sorcière blanche, est maintenant morte. Nathan fait peur, car il est différent. Bon ? Mauvais ? Nul ne le sait. À tel point que le Conseil des sorciers lui enlève de plus en plus de libertés. Pour finir par l’enfermer et le torturer. Nathan sait qu’il doit s’échapper avant ses 17 ans. Car, à 17 ans, tous les sorciers reçoivent leur don à travers une cérémonie. Et le seul à pouvoir pratiquer cette cérémonie est Marcus, son père. Nathan parvient à s'échapper, mais le plus dur reste à faire : retrouver son père. Comment faire quand tout le monde vous traque, et que vous ne pouvez avoir confiance en personne - pas même en votre famille ou en la fille que vous aimez ?".

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Informations

Publié par
Date de parution 24 septembre 2014
Nombre de lectures 9
EAN13 9782745973948
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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À ma mère
Titre original :Half BadText copyright © Sally Green, 2014 Published by the Penguin Group Penguin Books Ltd, 80 Strand, London WC2R, ORL, Eng land
L’auteur a confirmé ses droits moraux.
Traduit de l’anglais par Marie Cambolieu
Correction : Ingrid Pelletier
Photo de couverture : © Vincent Gire/Milan
Pour l’édition française : © 2014, éditions Milan 300, rue Léon-Joulin, 31101 Toulouse Cedex 9, Franc e Loi 49-956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse
www.editionsmilan.com
© 2014, éditions Milan, pour la version numérique
ISBN : 978-2-7549-7394-8
« Rien n’est bon ou mauvais en soi, jusqu’à ce qu’on le pense tel. »
William Shakespeare,Hamlet
P R E M I È R E P A R T I E
L E T R U C
L E T R U C
Deux enfants, deux garçons, sont assis côte à côte, serrés entre les bras du vieux fauteuil. À gauche, c’est toi. Lorsqu’on se penche contre lui, l’autre garçon déga ge une douce chaleur et, comme au ralenti, son regard glisse de la télé vers toi. – Ça te plaît ? demande-t-il. Tu hoches la tête. Il te prend par les épaules et s e retourne vers l’écran. À la fin, vous voulez tenter le coup de l’allumette , comme dans le film. Vous subtilisez la grosse boîte, dans la cuisine, puis c ourez jusqu’au bois. Tu te lances le premier, enflammes le bâtonnet et l e laisses se consumer jusqu’à ce qu’il s’éteigne. Tu t’es brûlé, naturell ement, mais tu n’as pas lâché l’allumette calcinée, encore droite entre tes doigts. Tu as un truc, et il a fonctionné. C’est au tour de l’autre garçon, mais lui n’y arriv e pas. Il la lâche.
Soudain, tu te réveilles et te rappelles tout.
LA C A G E
Le truc, c’est de s’en moquer. Se moquer de la douleur, du reste, de tout. L’indifférence, voilà la clé ; le seul truc à dispo sition, dans ce bled. Sauf que ce n’est pas un bled. En fait, c’est une cage, install ée près d’un cottage coincé entre les collines, les arbres et le ciel. C’est une cage qui n’a qu’une clé.
LES P O M P E S
La routine quotidienne, passe encore. Se réveiller sous le ciel, en plein air, passe auss i. Se retrouver menotté dans une cage, c’est autre chose. Surtout, ne pas laisse r la cage te démoraliser. Certes, les chaînes te meurtrissent la chair, mais puisque tu cicatrises vite, de quoi tu te plains ? D’ailleurs, maintenant qu’il y a des peaux de mouto n, c’est mieux. Elles sont humides, mais elles te tiennent chaud. La bâche qui recouvre l’angle nord marque également un net progrès. Elle te protège du plus g ros des averses, du vent, et elle offre même un peu d’ombre en cas de soleil et de chaleur. Haha, la bonne blague. Oui, parce qu’il ne faut pas perdre le sens de l’humour, non plus. Donc, la routine commence par le réveil, quand le c iel blanchit juste avant l’aube. Inutile de remuer ni d’ouvrir les yeux pour sentir que le jour s’annonce, il suffit de rester allongé et de s’en imprégner. Le meilleur moment de la journée. Les oiseaux se font rares dans les environs, on en trouve quelques-uns, mais peu. À défaut de savoir leurs noms, tu reconnais le urs cris. Aucune mouette ne s’aventure par ici, tu en tires donc quelques concl usions, et aucune traînée blanche ne vient jamais strier l’azur. Dans le sile nce qui précède l’aurore, le vent se tient généralement tranquille et, curieusement, l’air se réchauffe déjà à mesure que l’horizon se colore. À présent, tu peux ouvrir les paupières et savourer pendant quelques minutes le lever de soleil. Ce matin, il prend la forme d’un l iseré rose, le long de l’étroite bande de nuages qui couronne le fondu vert des coll ines. Tu disposes encore de une minute, voire deux, pour rassembler tes esprits avant qu’elle arrive. Il te faut un plan. Tu l’as minutieusement élaboré dans la nuit, afin de le mettre à exécution sans même y réfléchir. La plupart du temp s, il se résume à faire ce qu’on te dit, mais pas tous les jours, et surtout p as aujourd’hui. Tu attends qu’elle s’approche et te jette les clés. Tu les attrapes au vol, détaches tes chevilles, les masses pour souligner l a souffrance, ensuite la menotte gauche, puis la droite. Tu te lèves, déverr ouilles la porte, lui renvoies le trousseau, pousses le battant de la cage et sors tê te baissée – ne jamais la regarder dans les yeux (à moins que ça ne fasse par tie intégrante du plan) –, tu cambres le dos, émets peut-être un grognement, rejo ins le carré de potager et pisses dans l’herbe. Elle essaiera parfois de te déstabiliser, évidemmen t, en variant la routine. Elle te demandera par exemple de t’atteler aux corvées avan t l’entraînement, mais le plus souvent on commence par les pompes. Tu seras fixé a vant même d’avoir refermé ta braguette. – Cinquante. Elle parle à voix basse. Elle sait que tu l’écoutes . Fidèle à tes habitudes, tu prends ton temps, détail essentiel au déroulement du plan. Tu la fais mariner un peu.
Tu te frottes le bras droit. Avec les menottes, le bracelet métallique t’entaille la peau. Alors que les plaies guérissent toutes seules , une brève sensation grisante te tourne la tête. Tu détends la nuque, les épaules , encore une fois la nuque, puis tu restes planté là, rien qu’une seconde ou deux de trop, histoire de la pousser à bout, avant de te laisser tomber sur le sol.
un deux trois quatre cinq six sept huit neuf dix onze douze treize quatorze quinze seize dix-sept dix-huit dix-neuf vingt vingt et un vingt-deux vingt-trois vingt-quatre vingt-cinq vingt-six vingt-sept vingt-huit vingt-neuf trente trente et un trente-deux trente-trois trente-quatre trente-cinq trente-six trente-sept trente-huit
 L’indifférence  voilà la clé.  Le seul et unique  truc.  Mais il existe  des tas d’autres  tactiques.  Des tas.  Se tenir sur le qui-vive  tout le temps.  Tout le temps.  Et c’est  simple.  Parce qu’il n’y a  rien d’autre  à faire.  Attendre quoi, au juste ?  Quelque chose.  N’importe quoi.  N’im- porte  Quoi.  Une erreur.  Une opportunité.  Une négligence.  La  moindre  erreur  de la  sorcière  blanche  sortie  de l’Enfer.  Parce qu’elle en fait,  des erreurs.  Oh, oui.  Et si cette erreur  ne te sert
trente-neuf finalement à rien quarante tu attendras quarante et un la suivante quarante-deuxla suivante et quarante-trois et encore la suivante. quarante-quatre Jusqu’à ce que quarante-cinq tu quarante-six réussisses. quarante-septce que Jusqu’à quarante-huitsois tu quarante-neuf libre.
Tu te relèves. Elle aura compté, bien sûr, mais ne rien lâcher, c’est une tactique comme une autre. Sans un mot, elle s’avance vers to i et t’en retourne une.
Cinquante Cinquante
Une fois les pompes terminées, c’est l’attente, deb out. Autant fixer le sol. Tu te tiens sur le sentier, près de la cage. Il est boueu x, mais tu ne le ratisseras pas aujourd’hui, pas avec le plan que tu as imaginé. Ces derniers jo urs, il a beaucoup plu. L’automne approche. Ce matin, cependant, pas d’aver se ; tout se déroule déjà comme prévu. – Fais le grand tour. Comme toujours, elle n’élève pas la voix. Inutile. C’est parti… Enfin, non, pas tout de suite. D’abord , tu vas lui jouer ton numéro habituel du garçon-difficile-qui-finit-quand-même-p ar-obéir. Lentement, tu racles la boue sur tes bottes : talon gauche sur pointe droit e, puis talon droit sur pointe gauche. Ensuite, tu lèves la main tout en jetant un regard aux alentours, comme pour chercher la direction du vent, tu craches sur les plants de pommes de terre, tournes la tête à gauche, puis à droite, semblant g uetter une trouée dans une circulation imaginaire… Voilà, tu laisses passer le bus, puis tu t’élances. D’un bond, tu grimpes sur le vieux mur en pierre, s autes, puis traverses la lande en direction des bosquets. La liberté… Tu parles ! Mais tu as un plan et en l’espace de quatre mois, t u as beaucoup appris. Son « grand tour », tu peux le boucler en quarante-cinq minutes, voire moins. Sans doute quarante, car tu fais toujours une pause près du ruisseau pour souffler, boire un peu, regarder, écouter. Une fois, même, tu as ré ussi à atteindre la corniche et, dans le lointain, à distinguer d’autres collines, d ’autres arbres et unloch(peut-être un lac ordinaire, mais à la forme des bruyères et à la longueur des journées d’été, tu penches plutôt pour unloch). L’idée, aujourd’hui, c’est d’accélérer dès qu’elle t’aura perdu de vue. Jusque-là, rien de compliqué. Rien de plus simple. Parce que t u suis le régime idéal. Tu dois bien le reconnaître, avec elle, tu as une hygiène a limentaire saine et tu es en pleine forme. Viande, légumes, re-viande, re-légume s, et beaucoup d’air pur. La