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Description

Guillaume Planchet entame son deuxième trimestre de 6e. Attention : ses notes ne remontent pas, son bulletin est toujours calamiteux, les heures de colle se ramassent à la pelle, les bêtises sont légions.

Maths : 3/20
Dort souvent en classe. Devrait compter les moutons, ce serait toujours un bon début pour commencer à faire des mathématiques !

Anglais : 2/20
Élève comparable au monstre du Loch Ness : s’immerge profondément pendant les cours, ne resurgit que lorsque la cloche sonne !


Éducation civique : 4/20
Bon sens du devoir. S’en tient toujours à la même note : 4/20.


Français : 1/20
Hélaive nul ! Mautivassion zéro ! Aurtograf catastrauphik ! (appréciation retranscrite dans la langue et avec l’orthographe de l’élève, c’est tout dire) !

Appréciation globale :
Cet élève est un cancre, ça se confirme !


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 09 septembre 2016
Nombre de lectures 74
EAN13 9782215134039
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Sommaire

1 – Reprise des hostilités
2 – Encore une minute, monsieur le bourreau
3 – Y a du nouveau !
4 – Deux plus un ça fait trop
5 – The show must go on !
6 – Le chien aboie, l’audition se passe
7 – Des rebonds, des légumes, la guerre et toujours des raisons de s’énerver
8 – Vous voyez le tableau !
9 – Ça partait d’une bonne intention
10 – Une tache, un doute
11 – Trois jumeaux pour le prix d’un
12 – Bienvenue dans le placard...
13 – Un placard, des monstres et de bien mauvais souvenirs
14 – Un certain meux, incertains, mieux...
15 – Un destin incertain pour un certain dessin
16 – De la musique et quelques fausses notes
17 – Faudrait pas que ça dure comme ça trop longtemps
18 – L’alliance de la truffe et du nul
19 – Je scotche, tu scotches, nous confinons
20 – C’est la lutte des classes !
21 – Du grand art, du très grand art
22 – D’outre-Manche
23 – Et la visite continue
24 – Visite surprise
25 – Le guerre de Cent Ans et des brouettes...
26 – Et tout doit finir en musique
27 – Le dernier match
28 – Mais où sont passés les cancres ?
29 – Et cette fin-là n’est pas la fin

Déjà paru
À paraître très prochainement
Page de copyright
1 Reprise des hostilités

Demain, je serai comme un cochon à la foire du boudin, comme une dinde à Noël, comme un lapin à l’ouverture de la chasse, comme un œuf le jour de Pâques, demain, c’est la rentrée des classes, celle de janvier.
Il n’y a rien à ajouter, tout le reste n’est que littérature !

2 Encore une minute, monsieur le bourreau

– Monsieur Guillaume Planchet ! Levez-vous !
– Oui monsieur le proviseur.
– Pour avoir abîmé la langue française, pour n’avoir pas su conjuguer correctement le verbe « bouillir », pour ignorer avec superbe et arrogance l’accord du participe passé et celui des mots composés, pour refuser de mettre deux « c » à accrocher, pour avoir mis deux « l » à « poule », pour continuer quotidiennement à mépriser tous les subjectifs de la terre, pour toutes ces raisons, en plus du désespoir que vous avez fait naître dans le cœur d’airain de votre professeur de français, vous êtes condamné à la peine capitale ! Vous serez soumis, durant les sept années à venir, et cela sans boire ni manger, à la dictée la plus longue de l’histoire de l’humanité ! Vous écrirez sans discontinuer, sous l’autorité bienveillante de madame Trévidic : nous vous infligeons sept ans d’orthographe ! Puissent les dieux des lettres et de notre belle langue française avoir pitié de votre écriture et vous assister dans cette épreuve ! Surveillants, emmenez le prisonnier ! Qu’il disparaisse à nos yeux et ne revoie la lumière du jour que quand il en sera digne !
– Non ! Non ! S’il vous plaît ! Pitié ! Pas ça ! Pas madame Trévidic, pas la dictée ! Pas l’orthographe ! S’il vous plaît ! Je jure de faire des efforts, de faire mon lit, de vider le lave­vaisselle ! Je promets d’apprendre mes leçons, de dire bonjour et merci ! Mais pas la dictée ! Pitié, vous savez très bien que personne n’y a jamais survécu ! Je veux bien faire des maths, apprendre des verbes irréguliers anglais, disséquer des grenouilles, je veux bien apprendre le latin et le grec, et l’allemand et faire de la flûte en plastique… Mais pas la dictée !
– Taisez-vous Planchet ! Il fallait y réfléchir avant ! Il n’est plus temps de regretter, il est temps d’expier !

Du haut de son estrade, à l’abri derrière son bureau, le proviseur Louverture est comme Dieu sur son nuage. À ses côtés, les professeurs sont assis bien sagement et forment un demi-cercle qui se referme autour de moi comme les mâchoires d’un piège d’acier autour de la patte d’un lapin blessé ! Derrière moi il y a monsieur Lechat, le surveillant le plus sadique de l’histoire des surveillants depuis que les surveillants surveillent. Il vient de déposer sur ma tête l’infamant bonnet d’âne, afin que nul n’ignore ma condition de mauvais élève. « Je suis un cancre », proclament les lettres rouges qui s’allument et clignotent sur mon couvre-chef !
Parmi les professeurs, je vois bien que tous ne sont pas aussi sévères, certains semblent même regretter ma condamnation, mais d’autres jubilent. Madame Trévidic, ma prof de français, et monsieur Tomate, mon prof de maths, sont au comble de la joie. Une petite larme coule doucement le long de la joue de madame Trévidic, sans même qu’elle cherche à la dissimuler. Une larme de joie.
– C’est le plus beau jour de ma vie ! murmure-t-elle au professeur Tomate qui lui tient la main et la tapote avec l’air ravi d’un phoque qui vient de recevoir son hareng.
Plus rouge encore qu’à son habitude, le professeur de mathématiques est cramoisi, il vire au pourpre et le sourire béat qui illumine son visage est la seule réponse qu’il peut donner à sa collègue ! Ces deux-là me regardent partir vers mon supplice avec la certitude du devoir accompli !
Driiiiiiiiinnnnnnngggggggg !
C’est à ce moment-là que le réveil sonne !

Je fais un bond avant de l’éteindre. Ouf, ce n’était qu’un cauchemar ! Un coup d’œil sur le cadran : c’est bon, j’ai du temps, il n’est que… Quoi ! Il est déjà 8 h 30 ! Je suis en retard, dans une demi-heure, les cours commencent !
Je bondis hors de mon lit, je plonge dans mon armoire, saute dans un pantalon, glisse dans un tee-shirt, me faufile dans des chaussettes, me réfugie dans un pull : 8 h 37 !
Heureusement, hier soir j’avais préparé mon sac.
Je descends les escaliers tout en tentant de lacer des baskets qui refusent de collaborer !
8 h 39.
– Bonjour Guillaume !
– S’lut m’man, d’solé, en r’tard ! Pas l’temps.
– Prends quand même un petit déjeuner ! Comment veux-tu bien travailler avec le ventre vide ?
8 h 41… Mais comment lui dire que je ne veux pas « bien travailler », je ne veux pas travailler du tout, je voudrais juste être le plus jeune retraité du monde et ne rien faire.
En moins de deux minutes s’étalent devant moi dix tartines, rangées sur deux files, cinq confiture de fraise, cinq beurre miel…

8 h 43.
Je viens de battre le record du monde du plus grand nombre de tartines avalées en moins de deux minutes ! J’ai les joues d’un hamster qui cache des noisettes, l’estomac comme une enclume et les yeux vissés sur la pendule !
8 h 45.
– M’man, j’dois y aller ! J’chuis r’tard !
– Tu m’embrasses pas ?
– M’man !
– Tu ne peux pas y aller comme ça !
– M’man ! Pas l’temps ! Merchi je file !
8 h 47.
Dans treize minutes, la sonnerie résonnera dans la cour du collège, dans treize minutes, monsieur Lechat fermera les grilles au nez des retardataires, pour mieux leur distribuer des billets de retard et des heures de colle ! Dans moins de treize minutes, je devrais avoir parcouru un trajet qui d’ordinaire m’en prend au moins dix-huit ! Je suis presque mort ! Dans treize minutes commence mon enterrement.
8 h 52.
J’ai le bon rythme ! Je cours comme jamais je n’ai couru de ma vie ! Je me force à respirer à fond ! Je vais réussir ! Monsieur Lechat ne m’aura pas aujourd’hui ! Je suis un gagnant !
8 h 54.
Je vais mourir, j’ai un point de côté, je suis obligé de ralentir ! Le froid me fait pleurer les yeux, à moins que ce ne soit pas le froid.
8 h 55.
Je n’ai plus de souffle, je vois trouble, j’ai mal aux jambes, dans mon estomac les tartines font un combat de catch, mais je continue à courir ! Heureusement que mon sac est léger aujourd’hui, sinon, je ne sais pas comment j’aurais fait… Mon sac ! J’ai oublié mon sac ! Pas de livre, pas de cahier, pas de trousse ! Je stoppe net, plus la peine de courir, je suis mort ! En retard le premier jour… Maintenant c’est sûr, il n’y a pas que le froid qui fait couler mes yeux !

8 h 58.
– Monte vite bêta, je t’ai apporté ton sac, je te dépose !
La voiture de papa s’est arrêtée à côté de moi. Il me sourit par la fenêtre ouverte. Avec un peu de chance, on va arriver à l’heure.