Danger aux écuries
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Danger aux écuries

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Description

« Depuis une éternité, Doro et moi élaborions des plans pour nous acheter notre propre cheval. Pour réaliser ce rêve, nous économisions le moindre centime. Maintenant, elle possédait un cheval avec Inga sous prétexte que j'étais partie en vacances loin d'ici pendant un mois. Si, il y a quelques jours, mes parents ne m'avaient pas également offert un cheval, j'aurais sans doute pleuré de désespoir. (...) C'était moi sa meilleure amie, pas Inga. »

Charlotte est de retour chez elle en Allemagne et son cheval Won Da Pie arrive enfin aux écuries. Les premiers jours ne sont pas de tout repos pour la jeune fille : son cheval a du mal à s'adapter à son nouvel environnement et elle n'a que quelques semaines pour se préparer au spectacle de Noël. Juste avant le début des festivités, Charlotte s'aperçoit que sa selle a été rongée par un produit chimique et reçoit également un courrier bien mystérieux... Elle est maintenant décidée à affronter tous les dangers pour découvrir qui se cache derrière ce complot...

Traduit de l'allemand, titre original : Gefahr auf dem Reiterhof..


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 11 mars 2016
Nombre de lectures 13
EAN13 9782215134084
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0019€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Nele Neuhaus
Danger aux écuries
Traduit de l'allemand par Pierre Malherbet
Déjà paru : tome 1, Le Rêve de Charlotte
À Dorothée
1 Retour au club
– Charlotte, tu es de retour !
Mme Friese, la mère de ma meilleure amie, Dorothée, sourit amicalement en me voyant devant sa porte.
– Quand êtes-vous rentrés ?
– Bonjour, Mme Friese.
Je dansais d’un pied sur l’autre et j’étais tentée d’aller directement dans la chambre de Doro afin de lui apprendre la formidable nouvelle.
– Ça fait un quart d’heure. Doro est là ?
Pendant le long trajet de Noirmoutier à Bad Soden, j’aurais tant voulu demander son téléphone portable à mon père pour appeler mon amie et lui parler de Won Da Pie. Je n’en ai rien fait parce que mon grand frère était assis à côté de moi. Il aurait tout entendu et se serait moqué de moi.
– Non, elle n’est pas là. Devine donc où elle est !
– Au centre équestre ?
– À ton avis ? Où pourrait-elle être ?
Mme Friese fit comme si elle était désespérée et ajouta :
– Depuis six semaines, elle y passe tout son temps.
Normal après tout. Nous ne vivions qu’à cent cinquante mètres à peine du club et Doro, la fille de nos voisins, à cent mètres seulement. Voilà quatre semaines, j’avais prié mes parents de me laisser profiter de l’été chez les Friese tant je voulais passer mon Galop 3 et savourer de longues journées au club. Ils ne voulurent même pas en entendre parler. Heureusement, pensai-je alors, sans quoi j’aurais loupé l’été le plus génial de toute ma vie.
– Très bien, dis-je à Mme Friese. Merci.
J’étais sur le point de partir lorsqu’elle me retint.
– Charlotte… Attends… J’aimerais te dire quelque chose, commença-t-elle après une légère hésitation, comme si elle tournait autour du pot. Il… s’est produit quelque chose de super…
« Pour moi aussi », pensai-je, sans rien dire.
– Doro a peur que tu ne lui en veuilles. Mais il fallait que tout aille très vite.
Maintenant, j’étais vraiment curieuse. Qu’avait-elle donc de si mystérieux à me raconter ? Pourquoi devrais-je en vouloir à ma meilleure amie ?
– Mais… Que s’est-il passé ?
La mère de Doro cherchait les mots justes et sa révélation me fit l’effet d’un choc.
– Humm… Comment dire… Les parents d’Inga ont acheté un cheval avec nous, il y a trois semaines.
Je fixai Mme Friese comme si elle m’avait donné un coup dans le tibia.
– C’est… C’est génial… dis-je à contrecœur.
Depuis une éternité, Doro et moi élaborions des plans pour nous acheter notre propre cheval. Pour réaliser ce rêve, nous économisions le moindre centime. Maintenant, elle avait donc un cheval avec Inga sous prétexte que j’étais partie en vacances loin d’ici pendant un mois. Si, il y a quelques jours, mes parents ne m’avaient pas également offert un cheval, j’aurais alors sans doute pleuré de désespoir. Soudain, j’eus la gorge nouée et la colère monta dans un coin de mon cœur. Je ne reprochais pas à ma meilleure amie d’avoir son propre cheval, non, ce n’était pas ça. Mais n’aurait-elle pu au moins le mentionner dans la lettre que j’avais reçue d’elle lors de ma dernière semaine à Noirmoutier ? Elle n’en avait pas soufflé un mot ! Pourquoi ?
– Vraiment, Lotte, ne sois pas en colère contre Doro, me pria sa mère. Tu sais, Inga et elle sont tombées par hasard sur une annonce sur Internet. Inga connaissait déjà le cheval qu’elle avait vu au club de Vogelsberg, où elle est allée plusieurs fois en vacances.
– Je ne suis pas en colère. Seulement déçue.
La mère de Doro n’avait pas l’air de comprendre que sa fille et Inga m’avaient trahie. C’était moi sa meilleure amie, pas Inga. Mme Friese avait l’air vraiment ennuyée.
– Elles te laisseront certainement monter Corsario, tenta-t-elle en guise de consolation.
Soudain, je n’étais plus si pressée d’aller au club. Au cours des dernières semaines, j’avais presque oublié comment c’était. Mes parents croyaient que tous les jeunes d’un poney club étaient les meilleurs amis du monde. Pour ma part, ça faisait longtemps que je n’y croyais plus. La réalité était bien différente, en effet. Certes, ils avaient tous l’air sympathiques, mais, intérieurement, chacun ne pensait qu’à soi. C’est précisément parmi ceux qui ne possédaient pas leur propre monture, et qui devaient monter les chevaux du club, que la concurrence était la plus rude.
Je partis lentement en direction du centre équestre. À bien y réfléchir, qu’elles aient acheté un cheval ensemble, dans mon dos, c’était un sacré coup bas de la part d’Inga et de Doro. Inga avait toujours été un peu jalouse de mon amitié avec Doro. Doro et moi habitions l’une à côté de l’autre, alors qu’elle résidait quelques kilomètres plus loin, dans un village voisin. Souvent, Doro et moi pouvions rester plus longtemps ensemble au club alors que la mère d’Inga venait la chercher. Plusieurs fois déjà, il y avait eu quelques accrocs parce qu’Inga s’immisçait entre nous et s’en allait raconter des histoires à l’une ou à l’autre. En achetant un cheval avec Doro, elle croyait enfin être parvenue à faire barrage entre Doro et moi.
Si M. Kessler, le moniteur, avait tenu sa langue – et je n’en doutais pas –, personne n’était au courant pour mon Won Da Pie. Je décidai donc de garder pour moi cette nouvelle, et de donner mauvaise conscience à mes deux amies. Moi-même, je ne parvenais pas encore à réaliser que mon rêve était devenu réalité. Voilà seulement trois jours, j’avais vécu la plus belle histoire de toute ma vie et j’étais devenue propriétaire d’un cheval de la manière la plus inattendue qu’il soit. Au début des vacances estivales, précisément, le cheval chéri que je montais, Gento, avait été vendu, comme ça, sans autre forme de procès. Ça m’avait tellement touchée que je m’étais bien juré de ne jamais plus m’attacher à un seul d’entre eux.
Rien ne s’était passé comme prévu. Fermement résolue à ne plus regarder un cheval de ma vie, j’étais partie en vacances avec ma famille sur Noirmoutier, une île française sur l’océan Atlantique. Un soir, j’avais vu un groupe de cavaliers se promener sur la plage après avoir franchi les dunes. Les observer ainsi galoper au milieu des vagues déferlantes et produire de belles éclaboussures dans la lumière du soir avait aussitôt ravivé ma flamme. Je m’en étais secrètement voulu de ne pas avoir emporté mes affaires d’équitation. Heureusement, maman les avait prises en catimini, et, le lendemain, papa m’avait conduite au club hippique de Noirmoutier. J’y avais fait la rencontre de Nicolas, le moniteur, de Véronique, sa femme, de son neveu, Thierry, et de sa sœur, Sophie. J’avais passé presque tous les jours au club, nettoyé les chevaux et la sellerie, les box et participé à toutes les tâches.
En récompense, Nicolas m’avait donné des cours d’équitation très exigeants, mais riches en enseignements. J’avais pu monter à cru, à la longe, afin d’améliorer mon assiette et ma position. Sans aucun doute, le meilleur été de toute ma vie ! Jamais je n’oublierais mon tout premier galop sur la plage, sur Brunette, une ancienne jument de course, ni le concours remporté contre Thierry avec Le Zaza !
J’avais d’abord été assez désemparée sur la selle ; je n’étais ni une cavalière émérite ni très courageuse. Puis ça s’était amélioré. Au cours de ces quatre semaines, je m’étais entraînée presque tous les jours et j’avais appris tellement de choses que j’avais l’impression que six mois s’étaient écoulés depuis que j’étais partie à contrecœur pour la France.
L’un des chevaux de Nicolas, un hongre bai de 6 ans, m’avait rappelé Gento au premier regard, tout du moins d’apparence puisqu’il n’était ni si docile ni si bien dressé. Nicolas, après l’avoir acheté, avait constaté qu’il avait été maltraité par ses anciens propriétaires. Des jours entiers, il ne s’était pas laissé toucher. Finalement, j’étais parvenue à gagner sa confiance à force de patience, et j’étais la seule à pouvoir le monter, à l’étonnement de tous. Je l’avais secrètement surnommé Won Da Pie et m’en étais occupée quotidiennement.
Lors de notre dernière balade sur la plage et dans les marais salants, j’avais eu le droit de monter Won Da Pie. Sur le chemin du retour, nous avions été surpris par un violent orage. Véronique, la monitrice, était tombée de sa monture dans un lac salé. Sous le tonnerre et les éclairs, j’étais partie bride abattue pour chercher de l’aide. Le soir venu, Nicolas et Véronique, qui, fort heureusement, ne s’était que légèrement blessée, étaient venus à la maison pour me remercier. Ils avaient proposé à mes parents de leur vendre Won Da Pie et, à ma grande surprise, ils avaient accepté.
C’est ainsi que ce merveilleux cheval était devenu le mien. Le lundi matin suivant, Won Da Pie prendrait place dans un camion à chevaux pour gagner l’Allemagne depuis Nantes. Nicolas estimait la durée du voyage à une trentaine d’heures. Mardi au plus tard, il serait chez moi. Et ma vie entière changerait du tout au tout ! Je pourrais monter tous les jours sans plus avoir à me contenter d’une seule et unique leçon par semaine sur l’un des chevaux du club.
Au cours du long trajet depuis Noirmoutier, je n’ai cessé d’imaginer la mine que feraient les autres ! Simon, Dani, Anike et Susanne, parmi les plus âgés, ne cessaient de nous considérer, nous les plus jeunes, comme des moins-que-rien ou des esclaves ; ils seraient à coup sûr consumés de jalousie. Jusqu’alors, je ne savais pas vraiment ce que ­signifiait posséder son propre cheval, mais, pour l’heure, à l’idée des privilèges à venir, j’en avais le souffle coupé.
Le lundi, alors que le club faisait relâche, je pourrais monter. Je n’aurais plus besoin de rapporter à la maison ma mallette de pansage, puisque je disposerais d’un casier au club. Si je voulais, je pourrais monter dans le manège, explorer la campagne et participer à tous les cours à ma guise. La joie que j’éprouvais en songeant à tout cela l’emportait largement sur ma déception.
2 Une mauvaise amie
Il se passait bien des choses dans la carrière. M. Kessler donnait un cours d’équitation, Mme Schlichte et Ralf montaient de l’autre côté. Merle faisait travailler un cheval du club à la longe. C’était un spectacle rassurant et familier. J’avais pourtant l’impression d’être une étrangère. J’avais passé les dernières semaines dans un univers tout à fait différent, et, soudain, je me mis à regretter Nicolas et Véronique, Sophie, Rémy et… Thierry. Je ne pouvais m’empêcher de penser à lui, à ses yeux bleus, à son sourire qui avait fini par perdre toute malice pour devenir vraiment gentil. Pendant ces quatre semaines, il n’avait cessé de m’embêter et de se moquer de moi, mais je ne m’étais pas laissé intimider. Avant-hier, alors que je prenais congé de tout le monde, il m’avait accompagnée jusqu’à la voiture, puis, contre toute attente, il m’avait pris dans ses bras et m’avait donné son numéro de téléphone ainsi que son adresse mail. Lorsque j’y repensais, je sentais une nuée de papillons dans mon ventre. Quel dommage qu’il ne soit pas là ! Était-il sérieux en me demandant de venir lui rendre visite en France ?
J’avais atteint l’entrée de la carrière, je devais respirer un bon coup. Que se passerait-il si je n’étais plus la meilleure amie de Doro ? À qui pourrais-je raconter mes aventures de Noirmoutier, mes excursions à cheval, mon galop sous l’orage ? Et à qui parler de Thierry ?
Dans l’écurie se trouvaient attachés quelques chevaux que je reconnus immédiatement. Vicky, Quick et Barbados. Un seul m’était parfaitement inconnu. Corsario, probablement. D’ailleurs, Doro et Inga étaient en train de le panser.
– Charlotte !
Doro laissa tomber brosse et étrille en me voyant et courut vers moi les bras grands ouverts. Ses boucles brunes volaient autour de son visage. Elle m’enlaça de toute son affection. Je me réjouissais sincèrement de la revoir, malgré la peine qu’elle venait, à son insu, de me causer. Elle m’avait manqué à de nombreuses reprises lors de mon séjour en France. Si elle avait été avec moi, tout aurait été mieux encore.
– Salut, Inga ! dis-je à la jeune fille que j’avais toujours considérée comme une amie.
Quelque peu hésitante, mais une lueur de triomphe dans le regard, elle vint à moi. Son bras gauche était plâtré. Lors de sa première leçon de saut d’obstacles pour l’examen, elle était tombée et s’était cassé le bras, ainsi que me l’avait raconté Doro dans une lettre.
– C’était comment en France ? demanda Doro. Tu n’as pas donné signe de vie ! Tu avais pourtant promis !
Mince ! Elle m’avait prise de court ! J’avais tout bonnement oublié. Non, c’est exprès que je ne lui avais pas écrit, ni à Inga ni aux autres, tant j’étais jalouse qu’elles aient pu passer leur Galop et pas moi.
– Qu’est-ce que j’aurais bien pu t’écrire ?