Les fantômes de l
58 pages
Français

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Les fantômes de l'école de police

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58 pages
Français

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Description

Lily vit un rêve depuis trois mois… Ses parents ont été embauchés par l’École nationale supérieure de la police où sont formés les officiers qu’elle admire tant ! Grâce à son amie Jeanne Eloy, qui fait partie des commissaires enseignants, Lily peut assister à tous les entraînements. Mais rapidement, elle est perturbée par un élève qui ne semble pas du tout à l’aise dans ce milieu. Et son frère Lucas veut la convaincre que l’école est hantée par des fantômes ! Lily n’est pas superstitieuse, et pourtant…

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Informations

Publié par
Date de parution 09 mars 2017
Nombre de lectures 1
EAN13 9782748523430
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

D ANIELLE T HIÉRY
Les fantômes de l’école de police
Syros



Collection Souris noire
Sous la direction de Natalie Beunat

Couverture illustrée par Anne-Lise Nalin
© 2017 Éditions SYROS, Sejer,
25, avenue Pierre-de-Coubertin, 75013 Paris
Loi n° 49-956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse, modifiée par la loi n° 2011-525 du 17 mai 2011.
« Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur et strictement réservée à l’usage privé du client. Toute reproduction ou diffusion au profit de tiers, à titre gratuit ou onéreux, de tout ou partie de cette œuvre, est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par les articles L 335-2 et suivants du Code de la Propriété Intellectuelle. L’éditeur se réserve le droit de poursuivre toute atteinte à ses droits de propriété intellectuelle devant les juridictions civiles ou pénales. »
ISBN : 978-2-74-852343-0

Un grand merci au personnel de l’ENSP de Cannes-Écluse qui m’a permis de me remémorer des lieux que j’ai souvent fréquentés dans le passé, et en particulier à Isabelle Prudhomme, brigadier-chef, pour sa disponibilité et sa confiance.

Les fantômes ne sont que des souvenirs qui persistent…
Sommaire
Couverture
Copyright
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
L’auteur
1


Mardi, 7 h 45, ENSP de Cannes-Écluse
I l faisait frais ce matin-là sur le terrain de sport. Une brume tenace engloutissait encore les contours de la piste de course, et Lily distinguait à peine les élèves officiers qui venaient de boucler leur parcours matinal. Pour être à l’unisson de leur effort, elle avait couru ses sept kilomètres d’une traite, sans se mêler au groupe. C’était la condition imposée par les instructeurs sportifs : elle pouvait utiliser les installations et suivre les épreuves, mais de loin, afin de ne pas perturber les élèves.
– Allez, allez ! on enchaîne ! tonna la voix de l’entraîneur. Respirez ! Soufflez !
Un jour, je serai parmi eux , songea-t-elle en baissant la fermeture de sa veste de jogging pour évacuer la transpiration qui l’inondait, avant d’entamer les nécessaires étirements musculaires. Elle n’avait pas besoin de beaucoup se concentrer pour se voir , en tenue de sport bleu marine ornée de l’écusson de l’ENSP 1 , effectuant le parcours d’obstacles, se mesurant aux autres sur un tatami… Il lui fallait juste encore quelques années d’études et d’efforts…
Toutefois, maintenant, elle devait admettre qu’elle n’avait jamais été aussi près de son rêve. Trois mois auparavant, tout s’était précipité avec l’affectation de ses parents à l’école de formation des officiers de police. Une chance inouïe, dont Lily savourait chaque seconde. L’établissement, implanté depuis les années 1960 autour du château de Cannes-Écluse, en Seine-et-Marne, couvrait une vaste superficie et offrait tout ce dont une jeune fille se destinant au métier de policier pouvait rêver. Si, pour Lily, la vie quotidienne au sein de l’ENSP était idéale, il n’en allait pas de même pour Lucas, son frère jumeau, qui n’envisageait pas de carrière dans la police et trouvait que le complexe était vraiment trop loin de tout.
 
Le groupe de sportifs commençait à s’égailler après les minutes indispensables à la récupération. Un coup de sifflet et les vingt garçons et filles se remirent à courir à petites foulées pour rejoindre les bâtiments de l’internat. Ils disparurent dans le brouillard, et Lily resta seule. Elle sortit son téléphone de sa poche et regarda l’heure : 8 heures. La raison voulait qu’elle aille prendre une douche, un petit déjeuner copieux, puis qu’elle se mette à réviser ses cours. La rentrée des vacances de Toussaint était proche et elle devait s’y préparer. De mauvaise grâce, elle se dirigea, en contrebas du parc, vers la petite maison attribuée à sa famille par le directeur de l’école.
En longeant le terrain de rugby, elle aperçut un groupe d’élèves qui venaient dans sa direction. Elle ralentit pour les regarder passer.
– Bonjour ! lui lança l’un d’entre eux. Tu as bien couru, Lily ?
– Oui ! Vous allez où comme ça ?
– Au tir ! Ça commence dans dix minutes !
Céline, une jeune brigadière qui accompagnait le groupe, lui adressa un petit salut complice de la main en se dirigeant vers la rampe qui menait au stand de tir. Creusé sous la terre, il communiquait avec un fouillis de galeries et de sous-sols qui quadrillaient l’ensemble de l’unité pédagogique. Un endroit magique, truffé de coins et de recoins mystérieux qui faisaient le bonheur de Lily quand elle avait le temps de s’y aventurer.
Le cœur de la jeune fille battit un peu plus vite. Le tir était, de toutes les activités physiques dispensées aux élèves officiers, une de ses préférées. Par la force des choses, elle n’était pas encore autorisée à y participer. Toutefois, grâce à Jeanne Eloi, son amie commissaire de police qui venait enseigner le maintien de l’ordre aux futurs policiers, elle avait été admise par les FTSI 2 à observer les séances, de l’arrière du pas de tir. À l’abri des regards et de tout danger, elle se glissait dans un espace réservé au système de ventilation, séparé du stand de tir par une cloison percée de trous qui la faisaient ressembler à un moucharabieh 3 . De là, elle assistait aux exercices sans troubler les tireurs. Alors qu’elle était sur le point d’arriver à la maison, elle changea brusquement d’avis et de direction pour courir jusqu’au stand et se glisser dans sa cachette.
 
La première vague des tireurs – cinq au total – venait de s’installer. Chacun avait posé sur ses oreilles un casque antibruit, pour se protéger de la violence des détonations, et chaussé des lunettes de tir, pour éviter d’être blessé au moment de l’éjection des douilles. Ils étaient vêtus des tenues spécifiques aux exercices d’intervention : treillis bleu marine, rangers et ceinturon qui supportait le holster.
Derrière les tireurs, trois instructeurs surveillaient les préparatifs. Lily avait appris de l’un d’entre eux que les nouveaux élèves passaient d’abord par deux épreuves de tir « en position ». En d’autres termes, ils se tenaient debout à dix ou quinze mètres des cibles et tiraient, à l’arrêt, le contenu du chargeur de leur Sig Sauer, le pistolet réglementaire, sur les silhouettes de carton immobiles. Dans la deuxième phase de leur entraînement, les élèves tireraient en progressant vers les cibles qui apparaîtraient un bref instant avant de s’escamoter, ne laissant ainsi aux jeunes recrues qu’un très court laps de temps pour atteindre leur but. Les spécialistes appelaient cela la « fenêtre de tir ».
– Messieurs, en position ! ordonna le FTSI le plus à gauche. Introduisez les cartouches dans le chargeur, vérifiez la chambre de tir, engagez le chargeur dans la crosse !
De sa position, Lily ne pouvait pas apercevoir les cibles que les dos des élèves lui dissimulaient. En revanche, elle voyait très bien les tireurs. Le deuxième dans le rang peinait visiblement à mettre les cartouches dans son chargeur. Le garçon tremblait, et Lily devina, à ses gestes saccadés, qu’il n’était pas à l’aise du tout. C’était une réaction assez courante, surtout au début de la scolarité. Tenir une arme à feu pour la première fois de sa vie procurait à certaines personnes une immense appréhension. Celui-là, qui en était pourtant à sa deuxième séance, paraissait toujours très embarrassé. Pire, terriblement gêné.
Les apprentis policiers assurèrent leur prise sur leur Sig Sauer et exécutèrent l’ordre suivant : désarmement du marteau, une action destinée à libérer la sécurité et préparer le tir.
– Prêts à tirer ?
Cinq bras armés se levèrent à l’unisson. Lily vit que la main du numéro deux flageolait toujours et qu’il était très pâle. Avant le coup de sifflet du moniteur qui donnerait le signal de l’ouverture du feu, Lily plaqua ses deux mains contre ses oreilles et ferma instinctivement les yeux. Quand elle les rouvrit, elle vit le numéro deux en train de tourner son arme dans tous les sens. L’instructeur le plus proche se précipita sur lui. Le pistolet semblait enrayé et le moniteur le lui prit des mains.
– Qu’est-ce que je vous ai dit cent fois, bon sang ? martela l’homme à l’élève sur un ton parfaitement maîtrisé, bien que son attitude exprimât une grande contrariété.
Et de lui rappeler, en détachant bien chaque syllabe, les consignes de sécurité : ne pas garder le doigt sur la détente en dehors du tir proprement dit, toujours manipuler son arme en la dirigeant vers le sol ou un angle mort, ne rien viser d’autre que la cible…
Le garçon écoutait en s’agitant, l’air vraiment perturbé. Sur son front perlaient des gouttes de sueur, et Lily crut qu’il allait tomber, là, au milieu des autres qui attendaient la suite, immobiles. Le FTSI montra les bons gestes, vérifia l’arme récalcitrante.
– Évidemment, dit-il, ça ne pouvait pas marcher, le chargeur n’était pas complètement engagé ! Je le répète : vous devez entendre le « clic » d’accrochage !
Puis il ordonna de ranger les armes dans leurs étuis et d’aller « au résultat ». Le groupe se dirigea vers les cibles, examina les trous dans les silhouettes de carton et revint en commentant le bilan des tirs.
– Deuxième série ! cria l’instructeur. Reprenez la position.
Il tendit au numéro deux son Sig Sauer qui, à l’évidence, fonctionnait parfaitement. Le garçon saisit la crosse sans enthousiasme, et Lily, qui mourait d’envie de prendre sa place et de montrer de quoi elle était capable, se mordit les lèvres.
Comment peut-on être aussi peu motivé au moment de s’engager dans ce métier exaltant ? se demanda-t-elle en le scrutant pour voir comment il allait s’en sortir cette fois. Mais elle n’eut pas le loisir de se pencher davantage sur son cas. Son téléphone vibrant au creux de sa main lui apprit que sa mère la cherchait et qu’elle devait rentrer à la maison sans attendre.


1 . École nationale supérieure de police.


2 . Formateurs en techniques et sécurité en intervention.


3 . Dispositif de ventilation naturelle utilisé dans les pays arabes.
2

Mardi, 16 h 30
L ucas s’était entraîné une partie de l’après-midi dans sa chambre. Club de golf en main, il avait répété « À blanc », c’est-à-dire sans balle, les gestes qui lui permettraient, un jour peut-être, de devenir un grand champion. La passion pour le golf l’avait pris au début des vacances, quand il était allé en Écosse pour un séjour linguistique, près de Saint Andrews, un lieu mythique où les plus grands golfeurs étaient tous passés un jour. Il avait découvert cette activité que Lily refusait, bien sûr, d’appeler sport. Pour elle, tout ce qui ne conduisait pas à dépasser ses capacités physiques et ses limites – comme la course à pied à haute dose, les sports de combat, la boxe, dont elle raffolait, les parcours d’entraînement extrêmes auxquels elle rêvait de participer avec les élèves officiers – n’était qu’amusement sans intérêt. Aussi Lucas devait-il se cacher afin de s’exercer en toute tranquillité.
Aujourd’hui, après presque une heure d’une gestuelle répétitive, il lui fallait autre chose que cette chambre trop confinée pour peaufiner sa technique, perfectionner ses mouvements. Ce n’était pas l’espace qui manquait dans l’enceinte de l’école de police. Entre le terrain de rugby, celui de foot et les quelques hectares de parc et de prés qui cernaient les bâtiments, il n’avait que l’embarras du choix. Mais il n’avait pas encore assez confiance en lui pour afficher ses performances en public. Il sortit, camouflant comme il le pouvait un club sous son blouson et trois balles de golf dans sa poche. Il remonta l’allée en direction du bâtiment central où se trouvaient les installations communes (restaurant, bar, administration), puis passa devant la lingerie. Il y jeta un coup d’œil mais ne vit pas sa mère, probablement occupée ailleurs. Il longea le centre sportif où il ne mettait jamais les pieds, contrairement à Lily qui y aurait installé sa chambre si elle l’avait pu. Un peu plus loin, les courts de tennis jouxtaient des baraquements dans lesquels il entendit des bruits suspects. Des cris, des détonations. Les élèves étaient en train de s’y exercer. Pas moyen d’être tranquille, décidément. Le rayon de soleil qui était apparu en début d’après-midi laissait de nouveau place à la brume et il sembla à Lucas que la nuit tombait à toute vitesse. S’il voulait taper quelques balles, il devait se dépêcher.
Il se souvint subitement du jardin public, pas loin de la mairie du village et de l’église. Un parc situé tout près de l’école de police mais où, au moins, personne ne le reconnaîtrait.
Il fit demi-tour pour quitter l’enceinte de l’ENSP. Il aperçut son père qui venait dans sa direction sur son petit tracteur, des branches mortes plein sa remorque. Jean Rose, à présent jardinier en chef de l’école, ralentit à sa hauteur.
– Tu vas où comme ça, Lucas ?
– Faire un tour ! éluda le garçon, un peu embarrassé.
– Amuse-toi bien alors ! sourit Jean en redémarrant.
Lucas comprit que son père n’était pas dupe mais qu’il approuvait son enthousiasme pour le golf. Enfin une activité qui le motive ! semblait exprimer son attitude. Car Lucas ne cessait de chercher sa voie, une passion, un but dans sa vie, alors que Lily, elle, l’avait trouvé depuis longtemps. Le tracteur s’éloigna et disparut dans le parc, salué par une salve d’aboiements quand il aborda la zone des chenils. Une centaine de chiens policiers étaient formés dans cette partie de l’ENSP. On les voyait parfois à l’exercice sur le « ring » d’entraînement qui leur était réservé, et Lucas, qui préférait les voir de loin, frissonna en remontant son col. Puis il se laissa glisser dans la rue en pente qui descendait au village.
À cent mètres de là, le clocher de la vieille église le dirigea tout droit vers l’espace public, déserté par les enfants qui y jouaient l’après-midi par beau temps. Aucun promeneur non plus, sans doute parce qu’il faisait déjà trop sombre et très froid.
Le terrain n’était pas grand mais bien entretenu et parfaitement isolé de la rue par une haute haie de troènes. À son extrémité, l’église dominait, silencieuse et abandonnée. Après une rapide exploration, Lucas trouva l’endroit idéal pour ses exercices. Il déballa son club et se mit en position. Sa première balle gicla à une dizaine de mètres. Pas encore sûr de lui, il avait retenu son coup. Il repéra la boule blanche, décida de la laisser où elle était et disposa la deuxième au sol. Cette fois, il lâcha davantage son geste. Trop. Libérée par la frappe plus franche, la balle s’éleva et traversa le parc pour aller se perdre au-delà du muret qui entourait l’église.
– Zut ! ronchonna Lucas tout en s’estimant, quand même, assez content de lui.
Ses coups s’affirmaient, il était en progrès.
Comme il n’y avait personne à proximité, il s’avança jusqu’au mur, finalement plus haut qu’il ne l’avait cru – un bon mètre cinquante – et surmonté d’une grille. Il se hissa sur la pointe des pieds, pour découvrir, de l’autre côté, la présence de quelques vieilles pierres tombales émaillées d’ornements funéraires déglingués et délavés. Une surprise – et pas une bonne – pour Lucas qui n’avait pas encore surmonté toutes ses peurs. Notamment celle de l’obscurité, qui ajoutait à l’ambiance sinistre de cette fin de journée automnale. Peur, aussi, des cimetières. De celui-ci, maintenant, où il allait devoir récupérer cette maudite balle de golf, coincée entre deux tombes ! Il la distinguait parfaitement et elle semblait le narguer, le mettre au défi de venir jusqu’à elle.
– J’y vais ou j’y vais pas ? murmura-t-il sans conviction.
Il faillit renoncer mais finalement se décida : il n’avait pas envie de perdre bêtement une balle. Et à plus de quatorze ans tout de même, il n’allait pas se laisser impressionner par un cimetière à l’abandon !
Il respira un grand coup, vérifia que les environs étaient toujours déserts et, s’agrippant à la base de la grille, se hissa sur le mur. Ses baskets toutes neuves raclèrent la pierre et il s’inquiéta de les avoir abîmées. Heureusement, il n’y avait pas trop de dégâts !
Il passa une jambe par-dessus les extrémités pointues de la barrière et se retrouva bientôt de l’autre côté. Il sauta à terre et là, seul parmi ces tombeaux, il sentit l’effroi le gagner pour de bon.
Les cimetières, Halloween, les vampires, quelle horreur, décidément !
Il marcha néanmoins jusqu’à la balle. Sur la pointe des pieds, comme s’il avait eu peur de réveiller les morts. Au moment où il se penchait pour saisir la petite sphère blanche, il remarqua une chose étrange. Il bloqua son geste et sa respiration, orienta son regard vers la pierre tombale sur sa droite. Ce qu’il vit le pétrifia.
– C’est quoi, ce délire ? émit-il, comme pour se rassurer par le son de sa propre voix.
C’était une pierre à l’ancienne, les inscriptions étaient abrasées par le temps, illisibles. Mais si le vent et la pluie avaient effacé les lettres, ils n’avaient pas pu déplacer le bloc de pierre qui était tout de travers. Lucas distingua nettement l’ouverture libérée par le glissement du granit. Il suffisait de se pencher pour apercevoir le caveau et, pourquoi pas, le cercueil.
– Ah non ! ça, jamais de la vie ! souffla-t-il, terrifié.
La balle serrée dans sa main, il entreprit de faire demi-tour sans demander son reste. Mais un discret frottement le long du mur de l’église l’obligea à tourner la tête. Son sang se figea dans ses veines quand il distingua un mouvement derrière un buisson de genévrier. Il y avait quelqu’un, là, qui le guettait. Quelqu’un que, sûrement, sa présence dérangeait. Glacé, il attendit sans oser respirer, se demandant quoi faire. Partir en courant ? Mais le temps qu’il escalade le mur, l’inconnu pouvait lui sauter dessus.