So nice ! L’épave maudite
212 pages
Français

So nice ! L’épave maudite

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Description

Sohane, une jeune ado urbaine, bien ancrée dans le monde moderne, déménage à la campagne. Elle découvre le journal intime d’un autre ado de la campagne québécoise. Datant des années 50, il a été écrit par celui qui deviendra son grand-père!
Leurs deux récits écrits à soixante ans d’intervalle s’entrecroisent et s’entrechoquent, se faisant écho. Le titre de la série So nice ! renvoie aux prénoms de Sohane et de son grand-père Nicefort.
Dans ce troisième volume de la série, Derek et son père, aidés de Sohane et de leurs amis, ont ouvert un centre de plongée sur l’île aux Toques. La proximité de l’île avec l’épave du Diable des mers, navire échoué il y a cinquante ans dans le fleuve, en fait un site de choix pour les touristes. Mais dès le premier jour d’ouverture du centre, les ennuis commencent. Le père de Derek se blesse alors qu’il est en plongée sur le Diable des mers et des vols étranges, qui semblent reliés au navire naufragé, sont commis sur l’île. L’épave serait-elle maudite ? Sohane, très inquiète pour ses amis se réfugie dans la lecture du journal de son papi. C’est dans les écrits de son grand-père qu’elle va trouver une des clés du mystère qui entoure le Diable des mers…

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Date de parution 26 septembre 2018
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EAN13 9782897395469
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Carolyn Chouinard • Lora Boisvert nce ! SL’épave maudite
Caroyn Chouînard Lora Boîsvert onice! L’épave maudite
Pour Jessica, une sœur que j’adore et une marraine en or.
Adcompagnieo et
Le 29 mai 1914, à 1 h 55,un banc de brume a provoqué la collision entre un charbonnier norvégien et le paquebot transatlantiqueEmpress of Ireland. Ce dernier a sombré au fond du fleuve SaintLaurent en quatorze minutes, avec 1477 personnes à bord. L’épave gît toujours au large de SainteLucesurMer. Il s’agit du plus grand naufrage survenu au Canada. Ce drame a inspiré l’écriture de ce troisième tome.
Je peux vous servîr queque chose à boîre ? J’aî prîs mon ton e pus poî pour aborder e coupe de-vant moî. En ce grand jour, je m’appîque à jouer mon rôe de serveuse à a perFectîon. Aors que a dame me tend son verre vîde, un homme der-rîère moî me bouscue. Les coupes de mousseux dîsposées sur mon pateau tanguent dangereusement. Désoé, mademoîsee. Je ne vous avaîs pas vue…, s’excuse-t-î. Ça va… Y a pas de ma. Je m’eforce de garder mon came. Un peu pus et ma cîente se retrouvaît noyée sous es bues ! Au oîn, Aby n’a rîen perdu de a scène. Ee peut bîen rîre. Ee a gagné au jeu roche-papîer-cîseaux, ce quî împîque que
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JE doîs servîr ’acoo tandîs qu’ELLE ofre aux învîtés es cru-dîtés déposées sur un îmmense pateau en argent. C’est sûr qu’échapper un céerî sur e souîer d’un convîve est tout de même moîns embarrassant que de ’asperger de mousseux !
J’aperçoîs Derek quî tîent d’une seue maîn un grand pateau de petîtes saucîsses enrouées dans du bacon. Con-traîrement à moî, î sembe très à ’aîse dans ce rôe de ser-veur. On dîraît qu’î a Faît ça toute sa vîe. Je croîs que c’est a premîère Foîs que je e voîs aussî bîen habîé. Ce n’est pas qu’î a ’habîtude de se promener avec des vêtements déchîrés, maîs ce pantaon noîr, cette chemîse banche et ce nœud papîon uî donnent unlooktrès casse comparé à son stye décontracté de tous es jours. Sî Derek a accordé une attentîon partîcuîère à sa tenue, c’est parce que cette soîrée est très împortante pour uî aînsî que pour son père, Pau. Ee marque e début d’une grande aventure, d’un projet commun. Cea Faît des années que Pau cherche à mettre sur pîed un centre de pongée sous-marîne sur ’e. ï y a un navîre échoué dans e leuve, à cînq kîo-mètres à peîne de ’e aux Toques. LeDiable des mers est une épave apprécîée des pongeurs. ïs sont au moîns une centaîne à a vîsîter chaque année. Maîs jusqu’à présent, per-sonne ne pouvaît y accéder au départ de ’e. Les tourîstes devaîent partîr d’assez oîn sur a côte pour a rejoîndre. Le nouveau centre de Pau devraît eur Facîîter ’accès au sîte.
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ï y a queques moîs, Pau a eu ’îdée de racheter a bâtîsse du vîeux marîn, quî servaît à a ocatîon de kayaks. Un coup de chance pour ceuî dont e commerce survîvaît de peîne et de mîsère. Magré tout, cette bâtîsse devaît tenîr à cœur au vîeî homme puîsqu’î a reFusé es deux premîères ofres d’achat, avant de Inaement accepter a troîsîème. À mon avîs, e père de Derek s’est Faît avoîr et a payé beaucoup trop cher a vîeîe baraque quî tombaît en ruîne. Maîs Pau te-naît à son rêve. Seon uî, cet endroît est îdéa, car î y a un quaî juste à côté pour amarrer e bateau quî transportera es tourîstes.
Pendant tout ’hîver, Derek a passé ses moments îbres à aîder son père. ïs ont agrandî et rénové e bâtîment. De mon côté, j’aî donné un coup de maîn à sa mère pour choîsîr a décoratîon. Aby et moî avons conçu es cartons d’învîtatîon pour ’înauguratîon de ce soîr. ïs ont été remîs à tous es Toqués : troîs cent soîxante-cînq personnes ont été învîtées à partî-cîper à cet événement oicîe, quî commémore e nauFrage duDiable des mers. Le navîre a coué un 29 juîn, exactement a date d’aujourd’huî. L’événement a marqué ’hîstoîre de ’e. J’îmagîne que c’est pour cette raîson que es habîtants sont venus aussî nombreux à a Fête. Le nouveau centre de pongée est rempî à son maxîmum. Mon père a dû se sta-tîonner à pus d’un kîomètre d’îcî. On se croîraît sur a côte !
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Ça Faît une année compète que ma Famîe a emménagé sur ’e aux Toques. À mon arrîvée, je croyaîs que je ne m’ha-bîtueraîs jamaîs à vîvre îcî, jusqu’à ce que je rencontre Aby, Derek, puîs Roméo, troîs amîs dont je ne pourraîs pus me passer ! ïs ont Inî par me convaîncre qu’î y a des avantages à vîvre sur un bout de terre entouré d’eau. Et c’est vraî que j’apprécîe réeement cet endroît maîn-tenant. Je déteste toujours es coueuvres, maîs j’aî apprîs à aîmer a campagne. Les gens d’îcî sont moîns stressés que ceux quî habîtent en vîe. Aucun automobîîste ne kaxonne en sîgne d’împatîence. Les voîtures ont même a courtoîsîe de s’arrêter dès qu’un pîéton veut traverser a rue prîncîpae ! Je comprends mîeux aujourd’huî mon grand-père, quî comparaît es Toqués à une grande Famîe. ï y a beaucoup d’entraîde sur ’e. Sî quequ’un a besoîn de renFort pour construîre une maîson, amasser de ’argent pour un enFant maade ou peîndre a bîbîothèque, tout e vîage met a maîn à a pâte. Les gens se soucîent es uns des autres et sont toujours prêts à donner un coup de maîn au voîsîn.
Lorsque mon pateau est vîde, je me dîrîge tant bîen que ma vers ’arrîère de a boutîque pour me réapprovîsîonner en verres de vîn. De nombreux învîtés sembent ébouîs par a transFormatîon des îeux. Je suîs heureuse de constater qu’îs trouvent cet endroît sensatîonne. ï Faut dîre que a
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pîèce est écatante avec ses murs de coueurs vîves et son pancher rutîant. La caîsse enregîstreuse trône sur un comptoîr centra der-rîère eque on peut voîr des caméras submersîbes expo-sées dans une vîtrîne. Des masques, des pames et des tubas sont suspendus à des crochets Ixés au mur. À ’arrîère du commerce se trouvent e bureau de Pau et, juste à côté, un oca où sont rangées es bouteîes de pongée. Une dîzaîne de grands récîpîents de verre dans esques nagent des poîs-sons de toutes es coueurs ont été dîsposés autour de a pîèce prîncîpae. On se croîraît presque à ’Aquarîum du Québec ! Je me dîrîge vers Derek quî se tîent près de a baîe vîtrée. Dans a journée, cette dernîère aîsse passer de grands pans de umîère et ofre aux cîents une superbe vue sur e leuve. Ce soîr, on aperçoît encore es deux seus bateaux amarrés au quaî. À côté du semî-hors-bord de Pau quî a Ière aure, aMédusedu vîeux marîn a ’aîr d’une épave quî attend de couer. Lorsque e père de Derek uî a proposé de transporter es pongeurs jusqu’à ’épave, mon amî a tout de suîte ac-cepté son ofre. ï s’est înscrît à un cours uî permettant de conduîre des embarcatîons de paîsance. Le semî-hors-bord d’occasîon que Pau a acheté est îdéa puîsque sa proue ou-verte permet à neuF personnes d’y prendre pace. De pus, a pateForme suréevée à ’arrîère est assez spacîeuse pour
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que es pongeurs puîssent y enIer conFortabement eur équîpement. Cette pateForme sera égaement utîe pour moî. Je m’îma-gîne déjà y prendre du soeî, es pîeds dans ’eau, avec Aby !
La voîx de Derek me sort de ma rêverîe. ?Aors So, tu t’en sors ! ï y a tant de monde que j’aî de aÇa va… Que succès dîicuté à traverser a sae pour rempîr mon pateau. Aors, tu es prêt pour ta premîère journée de travaî demaîn ? J’aî vraîment hâte de commencer. Ce bateau est tout à Faît génîa ! Moî aussî je suîs împatîente de recevoîr mon premîer chèque de paîe ! Faît Aby quî nous a rejoînts et nous ofre es troîs dernîers bouts de carotte restés sur son pateau. Je croyaîs que tu avaîs accepté de nous aîder bénévoe-ment, vu que tu es de a Famîe, a taquîne Derek. Très drôe ! Tu Feraîs mîeux d’oubîer cette îdée, cher cousîn. Once Pau m’a promîs un très bon saaîre en tant que réceptîonnîste. Hum, mon père n’a jamaîs eu e sens des afaîres, dît-î en evant es yeux au cîe. Mes deux amîs adorent se chamaîer. ! se réjouît Derek.Demaîn, je pourraî enIn revoîr ’épave En pus de conduîre es tourîstes sur e sîte du nauFrage, mon amî pongera avec eux sous a supervîsîon de son père.
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