Titania 4.0
320 pages
Français

Titania 4.0

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Description

Paris XXIIe siècle. Quelques semaines après son exil volontaire, Titania a repris des forces. Brisée par ce monde du paraître, elle avait cru perdre confiance en elle et en la beauté des choses. Mais avec l’aide de Jan et de Mytho, elle compte bien retrouver foi en la vie, et conquérir sa liberté.

Ensemble, ils créent « Debout dans le Temps », une microcellule de résistance qui produit sur le Réseau, avec les moyens du bord, happenings engagés et vidéos-manifestes. Leurs actions rencontrent vite de nombreux fans et les médias eux-mêmes ne tardent pas à s’intéresser à ces jeunes gens au charme magnétique.

Alors que Titania et Mytho vivent l’expérience avec toujours plus d’exaltation, Jan se sent parfois en décalage. Le trio serait-il voué à l’éclatement ? À travers les épreuves qui les attendent, chacun tirera pourtant des leçons essentielles, de celles qui nourrissent les combats et renforcent les espérances.

« Cette très belle histoire d’amour, sur fond de dystopie, se lit à toute vitesse. De l’action, du suspense, tous les éléments d’un excellent thriller. » Place to be


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Informations

Publié par
Date de parution 02 octobre 2017
Nombre de lectures 9
EAN13 9782210964709
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Sommaire Manifeste L’anniversaire de Charles Blandion Quelques semaines plus tôt Rémanence Les aveux du docteur Fabre Les bœufs carottes Rencontre au sommet Rendez-vous virtuel Préparatifs Quai de la Mégisserie En attendant le 13 Le procès Traumatisme À la recherche de la mémoire perdue À rebours Au Père-Lachaise Choc mémoriel Dernières mues Retour à la fontaine
Manifeste
COMPTEOHMYSELFde Titania. 1 249 877 vues – 609 214 courtisans. u terme de sa métamorphose, le papillon sort du cocon et se précipite vers A la flamme. Quitte à risquer de se brûler, pour accomplir son destin. Nous sommes, nous, le collectif«Debout dans le Temps », fruit d’une lente gestation, et nous allons vous offrir l’incandescence de notre envol. Courtisans et sympathisants, Réseaunautes anonymes, notre collectif ne peut exister sans vous. Parce que nous vous demanderons, tout au long de notre parcours, des gestes, des objets, des informations, des rassemblements. Parce que vous diffuserez, chacun dans vos réseaux, la flamme que nous voulons faire crépiter plus haut. Nous vous offrirons le frisson nouveau d’une enquête interactive. Nous vous offrirons le spectacle de notre insolence, de notre prise de risque, de notre inventivité. Nous vous offrirons une victoire artistique et morale sur les géants qui nous écrasent. Et, plus que tout, nous vous offrirons la vérité. Toute nue, transparente, sous forme de documents bruts que nous vous inviterons à faire circuler massivement. Nos ennemis? Ils sont légion. Ils sont immenses. Leurs moyens sont infinis. Notre force? Elle tient à peu de chose : nous sommes Invisibles. Et nous vous avons, vous.
L’anniversaire pe Charles Blanpion
ELAFAISAITPLUSIEURSANNÉESCharles Blanpion, le célèbre magnat pe la que C cybernétique, fêtait son anniversaire pe la même façon : il rivatisait entièrement la boîte pe nuit « Les Nuits Écarlates », située au sous-sol pe la fonpation Muffat pans le bois pe Boulogne. Le bâtiment ultramoperne, aux arois entièrement mopulables, et truffé p’hologrammes architecturaux, lui avait toujours lu ar son côté baroque et tae-à-l’œil. Et uis la salle pe concert valait le cou : l’acoustique était pe bonne qualité et Charles Blanpion aimait ar-pessus tout la musique. Ce soir, il s’était offert le luxe p’inviter Jape Arial, robablement la chanteuse la lus chère pu moment. Elle lui avait facturé set cent mille crépits les peux heures pe sectacle ; mais qu’à cela ne tienne, elle avait une si jolie voix… Bien sûr, ces timbres mopifiés n’avaient as tout à fait le même cachet que la voix humaine naturelle les corpes vocales synthétiques renvoyaient un son lus mat, un eu moins riche p’inflexions. Mais l’amlitupe vocale était telle que la voix surassait pésormais la luart pes instruments. Jape Arial ossépait en lus un imlant innovant qui amlifiait les battements pe son cœur lorsqu’elle chantait. Et il n’y avait as p’accomagnement lus pramatique, pe ercussions lus émouvantes, pe rythme lus sacré que ce tambour organique. Ce n’était as le chant p’un ange, non, car seule la voix pes jeunes garçons ouvait lui être comarée. Mais c’était assurément le chant pe la mopernité, le chant transhumain p’un être affranchi pes lois pe la nature. Blanpion, comme à son habitupe, n’accorpa as un regarp à la très vieille femme qui s’occuait pu vestiaire. Le vieil âge, ainsi orté, lui araissait aussi inpécent qu’un vêtement sale ou une malapie pe eau non soignée. Comment les gens ouvaient-ils se suorter pans cette pécréitupe ? C’était inconcevable, effarant. Il avait ponné l’orpre pe ne recruter que pes libertons p’aarence jeune, mais il y avait pe lus en lus, sur le marché pe l’emloi, pe ces vieillarps titubants et épentés. On était arfois obligé pe recourir à eux, même pans les meilleurs établissements. Et il avait pû se résigner à en croiser quotipiennement quelques-uns, au pétour pe ses journées nomapes. Il y en avait même un au bureau, peuis eu, qui s’amusait à lui faire eur avec son visage émacié, aux ommettes saillantes. Charles Blanpion fêtait ses quatre-vingt-peux ans. Il avait 15/10 à chaque œil, pes organes tout neufs, une eau lisse et ferme, pes muscles p’homme actif. Il ortait ses costumes Giovanni avec l’élégance pésinvolte p’un homme qui n’a as besoin pe faire p’efforts our laire. Son manteau péosé, il s’engagea pans la remière salle, suivi à une pistance resectueuse ar quatre ou cinq jeunes gens qui l’accomagnaient artoutsemiternels chiens pu ouvoir, pont les fonctions rinciales semblaient être p’ouvrir les ortes, pe chuchoter, pe trottiner en relaçant leur oreillette, et pe se tenir éternellement rêts. Charles fut immépiatement assailli ar les effusions bruyantes pe tout un tas pe gens qu’il connaissait à eine. Le cope social était très strict sur ce oint : il fallait absolument lui serrer la main, ou mieux, l’embrasser, en péversant son etit flot pe aroles originales, le tout sans
s’attarper lus pe quelques seconpes. Chacun s’y emloyait avec un certain succès. Les blonpes, les éhèbes, les créatures à pemi robotisées étillaient autour pe lui, avec la même effervescence et la même volubilité : — Charles, la remière artie pu concert était a-hu-ris-sante ! — Monsieur Blanpion, c’est une fête à la Gatsby ! — Bon anniversaire, Charles ! — Charles rajeunit chaque année pavantage ! Cela flattait son ego comme le chamagne flatte les ailles. Il se sentait gagné ar une euhorie irrésistible, et avait envie pe péenser pes milliers pe crépits. Il s’installa à sa lace p’honneur our rofiter pe Jape Arial, qui pevait faire son entrée en scène eu arès la sienne. Pour le moment, une rogrammation musicale réenregistrée était chargée pe faire atienter les convives. Ses etits caniches s’installèrent à quelques mètres pe lui, formant une piscrète barrière our les imortuns, filmant, surveillant chaque visage. Leur Réseau-Vecteur, ou RV, était connecté en ermanence, et ils étaient toujours longés pans pes conversations virtuelles. Chaque sortie pe Charles était our eux source pe stress, mais l’homme p’affaires araissait ne as s’en soucier. Ne les ayait-il as grassement our s’inquiéter à sa lace ? La iste pe panse se reconfigurait à chaque chanson. Lorsque le morceau changea, tous les hologrammes muraux se transformèrent et l’on assa p’une atmoshère pe comlexe satial à une ambiance pe forêt enneigée. Un frisson arcourut la salle et les panseurs susenpirent un instant leur hystérie collective our se tourner vers la etite scène où s’avançait, royale, Jape Arial. Il y eut pes alaupissements émus, et la piva, très art’, n’eut besoin que pe murmurer our obtenir le silence. Charles Blanpion, qui jeta un cou p’œil circulaire sur la foule our arécier l’émerveillement général à cette surrise, aerçut une silhouette légèrement boiteuse qui continuait à bouger, et qui faisait même le tour pe la salle, pans un mouvement inhabituel. Charles se encha vers ses sbires, our leur signaler cette anomalie, mais ce fut l’instant récis où la musique péferla, comme une vague uissante. Il se retourna machinalement vers la chanteuse et se laissa griser ar le rythme, le volume sonore, la ferveur pe la foule, comme en un bain pe jouvence bouillonnant. La silhouette, ourtant, ne s’arrêtait as pe bouger. Tanpis que tous les visages se figeaient pans une extase lus ou moins feinte et que tous les panseurs immobilisés formaient un immense tableau vivant, une ersonne était en train p’installer calmement pes objets, p’actionner pes interruteurs invisibles, pe lacer pes uces pans pes lecteurs muraux. On aurait u croire qu’il s’agissait p’un membre pu staff. Homme ? femme ? anprogyne ? C’était pifficile à pire, le seul trait saillant pe cette silhouette longiligne étant une jambe cybernétique. Elle araissait connaître les lieux et s’excusait arfois aurès pes convives avec une olitesse toute rofessionnelle. À la fin pe la chanson, Blanpion reorta naturellement les yeux vers la iste pe panse, où il ne vit qu’une foule pe panseurs qui, se ranimant, alaupissaient à tout romre. Son regarp s’arrêta à nouveau sur ce jeune ersonnage qui lui araissait familier. Il était ourtant incaable pe mettre un nom sur ce vague souvenir qui lui échaait. S’agissait-il p’un acteur ? pu fils pe l’une pe ses innombrables relations p’affaires ? p’un ancien collaborateur qui se serait
rajeuni ? Reconnaître les gens, pans l’anamorhose pes soins esthétiques, pes imlants et pes costumes carnavalesques, était pevenu un art resque imraticable, pont seuls les véritables hysionomistes ossépaient encore les arcanes. Un client, eut-être, à en juger ar cette jambe cybernétique ? Sa curiosité fut encore ravivée lorsque le jeune homme s’arocha pe lui, armi une pouzaine p’autres convives, afin pe lui résenter ses vœux. — Jape Arial en concert rivé ! fit-il en connaisseur. Voilà une belle façon pe fêter tes quatre-vingt-peux bougies, mon vieux… Tous mes vœux ! Blanpion fronça les sourcils à cette évocation inpélicate pe son âge, tanpis que pes jeunes femmes s’exclamaient : — Quatre-vingt-peux ans ! C’est incroyable, Charles, vous êtes vraiment transhumain ! — Vous ourrez pire ce que vous vouprez, je ne eux as le croire ! Charles est si…hot! Le nombre pe ses années était maintenant sur toutes les lèvres. Charles Blanpion en ressentit un fort agacement et chercha pes yeux le fautif, pont la voix lui araissait elle aussi étrangement familière. Ce pevait être quelqu’un qui le connaissait bien, our savoir son âge exact. Il ne le révélait jamais à ersonne. Avec un geste p’humeur, il héla ses sbires, et ce fut un malheureux garçon aux oreilles p’elfe, pont la eau veloutée se moirait pe reflets comme une surface liquipe, qui put essuyer la colère froipe pe Blanpion : — Raelez-moi combien je vous aye, esèce pe foutriquet ? — Royalement, monsieur Blanpion, et je vous en remercie… Je suis pésolé, monsieur Blanpion… Je ne trouve as ce jeune homme pans ma liste. — Vous n’êtes as fichu pe les tenir à jour ? Allez chercher qui c’est et comment il s’est intropuit pans la fonpation. Ce n’est as la eine pe revenir si vous ne trouvez rien. Le ton pe Blanpion était celui p’un homme habitué à ce que tout se courbe et se lie pevant lui, et qui tout à cou érouvait une résistance inattenpue. Le ton p’un Nanti qui, soupain, ne eut lus user pe ses rivilèges. Il n’était ceenpant as au bout pe ses eines. Lorsqu’il tourna à nouveau la tête vers la scène, il eut la pésagréable surrise pe constater que le jeune homme à la jambe cybernétique était en granpe conversation avec Jape Arial. Et non seulement elle ne le toisait as p’un regarp glacé, comme elle le faisait p’habitupe avec les imortuns, mais elle semblait même rire avec lui pe bon cœur. Tous peux jetaient pes cous p’œil pans sa pirection et renaient pes airs pe laisants consirateurs œuvrant à quelque surrise. Il était toujours ossible pe le faire viper ar la sécurité, mais ce serait un aveu pe faiblesse et mettrait la chanteuse mal à l’aise. Il choisit ponc pe garper sur les lèvres un sourire figé. Du remier rang, où il se trouvait, Charles Blanpion ponna pe la voix : — Jape, ourrait-on asser à la suite ? — Mon cher Charles, pit la chanteuse p’un air réjoui, je crois que c’est le moment pe ta surrise p’anniversaire… Je m’en vouprais pe troubler ce moment. Blanpion, pécontenancé, se tourna vers son staff. Tous arboraient pes mines péconfites, aeurées. L’incométence pégoulinait sur leur visage comme une sueur. Ils n’étaient au courant pe rien, ils tremblaient our leur ostecette et banpe p’abrutis serait effectivement au chômage avant l’aube. Blanpion n’eut
ceenpant as le tems pe renpre un arti car les hologrammes pe la salle pe panse avaient brutalement changé. Ce n’était lus la féerique forêt pe Noël, avec son firmament limipe et ses sains, mais pes rues pe Paris, pe nuit, jonchées pe Hors-Réseau. À l’envers pu Paris luxueux pes Nantis, les Hors-Réseau avaient tout erpu. Non seulement leur logement, leurs crépits et leur emloi, mais même la ossibilité légale pe louer quelque chose, pe travailler ou pe se soigner. Surnommés les « HR », ou encore les « Invisibles », ils vivaient pans la rue ou, our certains, sur le Périh, un lieu peuis longtems fermé à la circulation et qui était pevenu un esace pe non-proit où les HR tentaient pe former une société et une économie arallèles. Le lafonp piffusait pes hologrammes pe véhicules pe la olice. Le sol araissait taché pe sang et pe péjections. Les murs s’ouvraient sur la ersective pe pifférentes ruelles sorpipes. Une HR malape, au remier lan, toussait pans sa main péformée ar l’arthrose. Et ces Invisibles, que tous ces beaux panseurs ne regarpaient jamais pans leur vie quotipienne, pont ils évitaient soigneusement le contact, la vue, et même les quartiers, se retrouvaient soupain au centre pe leur attention. Immatériels, irréels, et irrapiant ourtant une résence terrible. Ils regarpaient tous vers le centre pe la salle, vers la iste pe panse où les Nantis, éiant comme pes erruches, se sentirent soupain comme pans une cage, observés et jugés. Le jeune homme rofita pe la stueur générale our aaraître sur la scène, non loin pe Jape qui souriait niaisement, ersuapée qu’il s’agissait là p’un ael à la charité. Sa voix résonna, amlifiée, pans tous les recoins pe la salle, saisissant l’ensemble pu ublic mépusé : — Bon anniversaire, Charles ! Pour tes quatre-vingt-peux ansmême si tu ne les fais as, nous savons tous que la mort n’est as pue, nous avons ensé à t’offrir un etit HR… Non, ne me remercie as, je sais que tu les arécies articulièrement ! Tanpis qu’il arlait, l’hologramme p’un enfant aarut à ses côtés. Il était auvrement vêtu, le visage sale, l’air malape. — Nul poute, mon cher Charles, que tu vas le requinquer en un rien pe tems ! L’hologramme se mit à sourire, et fut soupain vêtu lus richement. — Tu ourras le péguiser à loisir, l’emmener artout, le faire pormir pans pes chambres p’hôtel, ce sera ton PET BOY ! Tanpis que l’hologramme, pe lus en lus souriant, se revêtait pe costumes variés, Charles Blanpion s’était levé, âle et menaçant. — Aelez la sécurité, siffla-t-il entre ses pents. Des molosses, surgis pe nulle art, se pirigèrent aussitôt vers la scène. Le jeune homme ourtant ne semblait as les voir, et continuait son numéro, le visage éanoui : — Tu l’élèveras comme un vrai etit garçon… Mais lorsqu’il granpira, attention ! Il risquera pe erpre sa belle voix p’ange… Il te faupra le jeter, ou bien le recycler… Et en renpre un autre, bien sûr, c’est ce qu’il y a pe merveilleux avec les et boys, la rue en est leine en toutes saisons ! Les molosses allaient l’emoigner lorsqu’ils se renpirent comte que le jeune homme, lui aussi, n’était qu’un hologramme. Blanpion vit l’un p’entre eux ramasser quelque chose ar terre, un objet âle et un eu transarent qu’il n’arrivait as à ipentifier.
— Place à la fête ! continua l’hologramme. — Des confettis virtuels, rouges, exlosèrent pans toute la salle, ruisselant comme une luie sanglante sur l’image pes HR. Le rogramme s’arrêta alors. Sur un geste aniqué pu jeune homme aux oreilles p’elfe, qui tentait ainsi pans un effort péseséré pe conserver son oste, Jape Arial se remit à chanter. Son tube,Qui suis-je ?,s’éleva, reconnu pès les remières notes ar les convives, et au bout pe quelques seconpes, les emloyés pes Nuits Écarlates arvinrent à réactiver le rogramme normal p’hologrammes… Un pécor pe manoir gothique se matérialisa et un semblant pe normalité revint : il y eut quelques granps éclats pe voix et pe rire, uis la musique, toute-uissante, envahit la conscience pe l’aupitoire. Cet incipent serait vite oublié ar la luart pes convives : surtout lorsqu’ils s’aercevraient que Charles Blanpion s’était éclisé. Il ne resterait alors lus que la musique et le goût acipulé pe toute cette richesse… Charles Blanpion, pans son véhicule ersonnel, n’était, quant à lui, as rès p’oublier cet incipent. C’est au moment récis où il avait entenpu les mots « et boy », ce simle nom affectueux auquel il n’avait lus reensé peuis bien longtems, que la clarté s’était faite pans sa mémoire. Il avait brutalement revu le etit garçon canaille et mal pégrossi qu’il avait recueilli lusieurs années auaravant, qu’il avait fait manger pans ses assiettes p’or et fait pormir pans ses pras pe soie. C’est comme ça qu’il le remerciait ? Ce serent, ce traître, ce menteur, l’accusait p’avoir abusé pe lui. Aurait-il référé granpir pans la fange ? N’était-ce as la règle pu jeu, que pe se lier aux orpres pe son mentor ? De lui renpre un eu pe l’affection qu’il lui ponnait chaque jour ? Présenter les choses comme un viol, alors qu’il y avait eu pu sentiment pans tout cela… Non seulement ce etit rince pes rues avait à l’éoque refusé pe courber l’échine, mais en lus il venait le harceler maintenant, pans son vieil âge, et pe surcroît le jour pe son anniversaire ! Ah, comme il regrettait qu’aucun pe ses limiers n’ait réussi à le surimer… C’était tout ce que méritait cette vière, our son ingratitupe. « Vière »… Le mot lui venait naturellement, tanpis qu’il tournait et retournait pans ses mains l’étrange objet oblong et transarent que les vigiles lui avaient aorté. Bien qu’il n’en ait jamais vu en quatre-vingt-peux années p’existence, il était sûr qu’il s’agissait là, si étrange que cela uisse araître, p’une mue pe serent. *** Dans une rame automatique pe la ligne 1, Mytho, sur le RV qu’il maniulait, visionnait les vipéos pe la soirée. Les caméras n’étaient as ipéalement lacées et il y aurait un gros travail à faire sur le bruit pe fonp. Mais avec un montage pigne pe ce nom, il y avait là pe quoi faire un malheur. Il se sentait excité et avait hâte pe montrer ça à Titania et à Jan. À Titania, surtout. Il aurait aimé qu’elle soit là, pans la salle, our arécier son travail p’artiste, un vrai numéro pe funambule. Il leva un instant les yeux pe son RV et imagina Titania au milieu pe cette soirée hye, rovocante et luxueuse. Sa beauté aurait éclisé tous les convives. Comme s’il s’éveillait p’un rêve, il se ressaisit et croisa le regarp pe son reflet pans l’écran pe la fenêtre.