Winston, l
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Winston, l'espion qui miaulait

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Description

"Bond, James Bond. Ou, devrais-je dire, Churchill, Winston Churchill... James Bond est un agent secret célèbre qui présente bien et qui s'en sort toujours face aux criminels. Pour couronner le tout, il fait sensation auprès des femmes ! Au fond, il me ressemble. À ceci près que je ne suis pas célèbre. Mais ça, ça peut changer !" Voilà le flegme de Winston, chat de race pantouflard ; plein d'humour et de désinvolture ; espion aux pattes de velours, héros malgré lui... et pour le plus grand bonheur de ses lecteurs, le voici de retour pour de nouvelles aventures haletantes !

Un vol vient de se produire dans le lycée de Kira, la jeune maîtresse de Winston : les copies du baccalauréat ont disparu ! Nico, le frère aîné de Tom, est désespéré à l'idée de devoir repasser son examen. On dirait bien qu’une nouvelle mission se profile pour le chat Winston ! Avec son instinct aiguisé, son flair infaillible et le soutien de ses amis, Winston se lance à la poursuite des malfaiteurs et s'attire des ennuis...

Traduit de l'allemand, titre original : Winston – Jagd auf die Tresorräuber.


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 13 juin 2018
Nombre de lectures 28
EAN13 9782215139980
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0056€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Table des matières
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22
Chapitre 23
Chapitre 24
Chapitre 25
Chapitre 26
Remerciements

Notes
Déjà parus
Page de copyright
À Christiane. Noël prochain sera plus beau.
1
Bœuf Stroganoff, police et chat affamé.
P lus le temps passe, plus l’humeur de Babuchka se fait maussade. Installée dans la cuisine, elle jette régulièrement un regard par la fenêtre en secouant la tête, faisant alors dangereusement osciller son imposant chignon.
– Où donc Anna a-t-elle bien pu emmener sa fille ? peste-t-elle en retirant les plats du feu et en les déposant près de l’évier. Si elles tardent trop, le repas sera perdu !
Perdu ? Quel gâchis ! Ça sent si bon… Je rêve de pouvoir y goûter, ne serait-ce qu’un petit peu ! Le plat cuisiné par Babuchka s’appelle un bœuf Stroganoff. Nom étrange, certes, mais je dois dire que c’est succulent. Ce n’est pas la première fois que Babuchka fait cette recette. Je tiens à préciser que c’est vraiment une excellente cuisinière. Depuis plusieurs semaines, elle passe de plus en plus de temps dans la cuisine, et je ne peux que me réjouir de cette nouvelle arrivée dans la famille.
C’est vrai que moi, Winston Churchill, avec ma distinction naturelle et mes poils très noirs de british shorthair, j’ai par ailleurs un palais extrêmement développé. Il est donc vivement recommandé de me servir des plats fraîchement cuisinés si l’on ne veut pas subir ma mauvaise humeur. Babuchka fait des merveilles. Elle a gagné toute mon estime.
Mes autres colocataires humains ne partagent cependant pas tous cet avis. C’est le cas par exemple pour le seul homme de la maison à mes côtés : Werner Hagedorn. Quand Babuchka lui jette un regard noir parce qu’il a encore laissé traîner ses livres partout, il prend une profonde inspiration et se met à soupirer. Je crois qu’à ce moment précis, il repense avec nostalgie au temps où lui et moi occupions, seuls, son grand et bel appartement. Il pouvait alors poser ses affaires où il le voulait. Tout était si calme à cette époque. Le rêve !
Mais cela a profondément changé lorsque Werner a engagé une nouvelle femme de ménage : Anna. Elle s’est installée chez nous avec sa fille de treize ans, Kira. Kira est venue mettre de la vie dans cette maison. Au début, je trouvais tout cela saugrenu, mais peu à peu, j’ai pris conscience à quel point ma vie, avant son arrivée, était ennuyeuse. Kira est devenue ma meilleure amie. Ensemble, nous sommes venus à bout de plusieurs affaires criminelles 1 . Il faut le reconnaître : les enfants et les chats sont d’excellents détectives – une action conjointe les rend vraiment invincibles !
Que vient faire Babuchka dans cette histoire ? Assez simple : c’est la grand-mère russe de Kira. Elle habite depuis un certain temps chez nous. Au départ, elle était uniquement venue passer quelques jours. Cependant, devant le manque d’éducation de sa petite fille, l’ampleur de la tâche et l’urgence de la situation, elle a finalement jugé nécessaire de rester.
Anna est encore moins enthousiaste que Werner à ce sujet. Elle ne souhaite plus cohabiter avec sa mère. Je ne comprends pas vraiment pourquoi, mais arrivés à un certain âge, les gens n’ont visiblement plus envie d’habiter sous le même toit que leurs parents. Bref. Nous, les chats, nous devons généralement quitter nos parents alors que nous sommes encore petits. Ça ne m’aurait pas déplu de partager l’appartement de Werner avec ma mère. Même si elle n’a pas les talents culinaires de Babuchka.
D’un pas décidé, Babuchka se dirige vers l’entrée de l’appartement. Compte-t-elle descendre dans la rue et partir à la recherche d’Anna et de Kira ? Non. Elle s’empare simplement du téléphone posé sur la commode de l’entrée et compose avec énergie un numéro. Elle colle ensuite le combiné à son oreille.
– Nedodniza takaja, gdjezhe ty ? Pachemie nje padkhodish k tjeljefonu ?
Quand Babuchka s’énerve en russe, ça ne rigole pas. Elle s’efforce habituellement de parler allemand, mais quand elle passe au russe, ça ne me perturbe pas plus que ça : j’en ai gardé quelques notions. J’ai donc bien compris la situation : Babuchka est mécontente qu’Anna ne réponde pas. Comment cela se fait-il que je comprenne le russe ? C’est une longue histoire, mais en gros, alors que Kira et moi étions sous un orage, nous avons subitement échangé nos corps 2 . Cela vous paraît absurde, pourtant c’est la vérité. Heureusement, après un certain temps, nous avons chacun pu retrouver notre corps d’origine. J’ai toutefois gardé quelques capacités propres aux humains : je suis en effet capable de comprendre le russe, mais aussi de lire et d’écrire.
Babuchka se tourne vers moi.
– Viens, chat. Comme Anna et Kira sont en retarrrrd, nous allons commencer sans elles le repas. Je vais te serrrrrvir à toi aussi un peu de bœuf. C’est trrrès bon ! dit-elle en roulant les r .
Je ronronne de plaisir ! Un si bon plat ! Si Anna et Kira n’arrivent pas, il y en aura certainement plus pour moi ! Habituellement, Babuchka ne me donne qu’un petit morceau, mais là elle semble bien décidée à remplir mon écuelle. J’approuve entièrement.
Babuchka court en direction de la cuisine, et je m’empresse de la suivre. Une fois arrivée, elle pose mon bol sur le plan de travail, saisit une grande louche et…
Pile à cet instant, j’entends la porte d’entrée s’ouvrir. Anna et Kira sont de retour ! Babuchka pose immédiatement la louche et se précipite dans l’entrée.
Oh non ! Vais-je avoir droit à ma portion de bœuf Stroganoff ? Pourquoi reviennent-elles pile à ce moment-là ? Elles traînent pendant des heures et trouvent le moyen de revenir juste quand il ne faut pas. Fichtre !
– Mamie, mamie ! Tu ne vas pas me croire. La police était à l’école, aujourd’hui !
Kira se précipite dans l’appartement et jette son cartable par terre. Babuchka fronce les sourcils. Elle ne supporte pas que les affaires ne soient pas immédiatement rangées à leur place. Un cartable ne doit pas être jeté dans l’entrée mais rangé correctement dans la chambre.
Babuchka lui jette un regard plein de reproches, mais Kira, tout agitée, continue :
– L’école Sophie-Scholl a été cambriolée hier, dans la nuit ! Les voleurs ont dérobé le coffre-fort ! Ils sont allés droit au but, l’ont arraché du mur et se sont enfuis avec. Incroyable, non ?
Miaou ! J’avoue que cette histoire a quelque chose d’assez excitant. Un bref instant, j’en oublie même ma faim. L’école Sophie-Scholl se trouve juste à côté du collège Guillaume-I er , où est scolarisée Kira. Guillaume-I er , avec ses façades blanches et ses tourelles, ressemble à un château, alors que Sophie-Scholl est une imposante bâtisse en briques rouges. Je dois dire que j’ai passé du temps à attendre devant ces deux bâtiments. En effet, certains cours et certains groupes de travail sont communs aux deux établissements. J’ai vraiment du mal à imaginer comment des voleurs ont pu s’emparer du coffre-fort de cette école, qui ressemble à une immense forteresse, imprenable.
Contrairement à moi, Babuchka ne semble pas du tout impressionnée par le récit de Kira.
– Viens donc, installe-toi à table. Il faut manger avant que ça refroidisse !
– Mamie, as-tu compris ce que je viens de te raconter ? Des criminels se sont introduits dans l’école !
Dimitra Kovalenko soupire et hoche la tête.
– Da, da , dit-elle enfin, ce qui en russe signifie « oui, oui ». J’ai bien compris, mais pourquoi arrivez-vous si tard ? La police a-t-elle encore eu besoin de ton aide, mon enfant ?
Avant que Kira réponde, Anna arrive.
– Non, Mamuschka, ils ont eu besoin de la mienne ! Kira m’a simplement attendue.
– Ah bon ? Tu aides la police, toi aussi ?
– Oui. La police a interrogé toutes les personnes en possession d’un trousseau de clés de l’école Sophie-Scholl car les voleurs sont rentrés sans effraction, et notamment dans le bureau de la directrice.
– Et toi, tu as un trousseau ?
– Oui. Tous les jeudis après-midi, je dirige le petit orchestre, et les répétitions se font dans le gymnase de Sophie-Scholl. Il me faut bien une clé pour fermer la salle quand nous avons terminé ; j’ai donc un trousseau sur moi.
C’est vrai, Anna rentre effectivement toujours assez tard le jeudi soir. Elle passe bien plus de temps à donner des cours de musique qu’à gérer les tâches domestiques. Déjà en Russie, ce pays qu’elle a quitté avec Kira il y a cinq ans, elle enseignait le piano et le chant dans la ville d’Omsk. Mais depuis que Kira, nos amis et moi avons démasqué et fait emprisonner l’ancien professeur de musique 3 , Anna le remplace au collège Guillaume-I er . Au départ elle travaillait de manière occasionnelle, mais au fur et à mesure, de plus en plus d’heures de cours lui ont été confiées. Il ne lui reste donc plus énormément de temps pour s’occuper du ménage de l’appartement de Werner.
Heureusement que Babuchka a pris le relais ! Quand Anna travaille à l’école, Babuchka s’occupe de tout nettoyer. Et lorsqu’il n’y a plus rien à faire, elle veille à ce que Kira fasse bien ses devoirs ou s’entraîne au piano. Babuchka est toujours là où il faut. Tout est bien plus simple depuis qu’elle s’est installée dans l’ancien bureau de Werner : elle n’a jamais à aller très loin pour passer d’une activité à l’autre. Le pauvre Werner a, en revanche, été obligé de mettre de l’ordre dans ses affaires. Il a dû déplacer son bureau dans le salon et ranger ses livres, ses dossiers… dans un petit coin. Il se montre plutôt conciliant et accepte courageusement ce désagrément provisoire en attendant que Babuchka trouve son propre logement. Ça me va bien comme ça, même si je ne sais pas bien ce que signifie « provisoire ».
Ce qui me tracasse plus, c’est que je ne sais vraiment pas quand je vais pouvoir avoir droit à mon morceau de bœuf Stroganoff. J’ai une faim de loup ! Seulement voilà, mes colocataires entendent mes ronronnements mais ne semblent pas comprendre que ce ne sont pas de simples ronronnements : là, c’est mon estomac qui grogne !
Malheureusement, personne ne fait attention à moi. Anna, campée dans l’entrée, continue à décrire les événements :
– Nous avons dû répondre un par un à la police, ce qui a pris un certain temps. Les policiers voulaient savoir si nous avions repéré quelque chose de suspect, et si nous avions prêté ou perdu nos clés.
– C’était ton cas ? interroge Babuchka.
Anna secoue la tête.
– Non. Mon trousseau ouvre bien toutes les portes du collège et de l’école, mais j’y veille comme à la prunelle de mes yeux !
– Bien. Passons alors maintenant à table ! dit Babuchka sur un ton qui ne tolère aucune opposition.