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La fantastique histoire du petit Paulin

De
82 pages

En ces temps reculés, l'hiver était rude dans les montagnes de France. Des vents glacés blanchissaient les plaines en y déposant un linceul de givre. Paulin était le seul enfant d'Irina : il était aussi brun que sa mère était blonde. Celle-ci était arrivée de nulle part un soir de grand vent et avait frappé à la première porte trouvée : c'était la demeure de la Vieille Baba, la sorcière du village. La Vieille Baba savait depuis longtemps la venue de la femme aux cheveux d'or et de son enfant...


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ISBN numérique : 978-2-332-53145-2
© Edilivre, 2013
À Ambre, Pierre-Olivier, Jade, Agate, mes petites pierres précieuses. À René, mon infatigable rêveur…
Marianne-Amina
Irina et le Petit Paulin
En ces temps reculés, l’hiver était rude dans les montagnes de France. Et cette année là, l’hiver était plus rude encore. Des vents glacés blanchissaient les plaines en y déposant un linceul de givre. La nature était silencieuse comme anesthésiée par ce froid mordant. Le cri strident d’un oiseau de proie perçait de temps à autre ce silence pesant. Paulin était le seul enfant d’Irina. Il était aussi brun que sa mère était blonde. Son teint prenait la couleur du pain d’épice en été, tandis que celui de sa mère gardait le rosé et le velouté de la pêche. Ses yeux très noirs contrastaient avec le bleu limpide du regard d’Irina mais dans les traits de l’enfant on retrouvait sa douceur toute féminine. Ils vivaient tous deux dans un petit village de pierre accroché à la montagne. On y accédait par un chemin caillouteux. Son tracé tortueux était souvent arrêté par des chutes de monolithes énormes qu’il fallait alors escalader avec précaution. Ces barrières naturelles protégeaient les villageois des rapines qui étaient courantes dans la région. Les robustes bâtisses semblaient tenir à la paroi rocheuse par l’unique volonté d’un obscur magicien. Mais pour le pèlerin de passage, seule la main de Dieu avait aidé l’homme à maîtriser les lois vertigineuses de l’équilibre.
Irina et laVieille Bàbà
Irina était arrivée de nulle part un soir de grand vent. Elle avait frappé à la première porte trouvée. Recouverte de hardes sales, fatiguée à l’extrême, Irina ne dit mot lorsque l’occupante de la modeste masure lui ouvrit la porte, l’invitant à entrer. C’était la demeure de la Vieille Baba. Les plus vieux des plus vieux du village l’avaient toujours connue. Ils ignoraient son âge mais elle était là, dans les recoins les plus profonds de leurs mémoires. Elle connaissait les secrets des plantes qui guérissent, mais aussi les secrets de celles qui tuent et pour cela, elle était à la fois respectée et crainte des villageois. Baba avait accueilli Irina sans poser de question : en vérité, la Vieille Sorcière savait depuis longtemps la venue de la femme aux cheveux d’or, un songe particulièrement violent la lui avait annoncée : … Il y avait du feu, beaucoup de feu. Une grande demeure brûlait : des gens criaient affolés. Des chevaux, une femme blonde à cheval qui s’enfuyait… Des épées, des guerriers, du sang, des pleurs… La vieille Baba s’était réveillée un matin en sueur en criant : « Sauvez mon bébé ! » Et elle avait enfoui cette vision au plus profond de son âme. Mais quand elle vit Irina, elle sut que c’était elle ; le cri éclata dans sa tête comme un coup de tonnerre : « Sauvez mon bébé ! » Tranquillement, les deux femmes avaient appris à s’apprécier et à s’aimer. Petit à petit la Vieille avait transmis son savoir à sa fille adoptive et quand elle partit pour son dernier voyage la Vieille Baba s’envola le cœur heureux et léger : la vie allait continuer. Irina était restée dans sa maison : elle était définitivement installée au village. Elle fascinait par ses boucles blondes et ses grands yeux bleus : elle était tellement différente des autres femmes mais, en dépit de cette différence, elle avait su se faire accepter. Elle soignait et apaisait comme l’aurait fait sa mère avec en plus un charme et une sensibilité extraordinaires.
Ya � �
Un jour, Yann le franc et vigoureux chasseur osa faire sa demande en mariage à Irina. Yann : « Irina, tu me connais, je ne suis pas très bavard et je suis plus habile avec des flèches qu’avec des mots ! Mais aujourd’hui, j’ai quelque chose d’important à te demander : veux-tu devenir ma femme ? » Et c’est ainsi que le Petit Paulin vit le jour quelques mois plus tard. Irina était pensive en regardant la nature : l’hiver serait exceptionnellement froid et son mari n’était toujours pas rentré des dernières chasses. Elle était inquiète mais savait qu’il n’y avait pas meilleur chasseur que Yann le Taureau. Il avait grandi dans ces contrées et connaissait la montagne mieux que personne. Lorsqu’il était sur la piste d’un cerf, ce dernier n’avait aucune chance d’échapper à sa flèche. L’animal tombait au premier trait, car Yann respectait la bête et avait horreur de la voir souffrir. De plus, il ne prélevait à la nature que ce dont sa famille avait besoin pour vivre. Yann : « Merci, merci ma bête. » Il reconnaissait et suivait la trace d’un vieux loup solitaire entre mille autres. Il savait s’orienter de nuit comme de jour en n’importe quelle saison. La nuit, l’étoile la plus brillante lui servait de guide et la chouette de sentinelle. Sa venue était un bon présage et alors Yann redoublait de courage et de vigueur. La journée il saisissait les odeurs, interprétait les cris des bêtes, un vol d’oiseau là-haut dans le ciel… Yann (dans ses pensées) : « Le busard est comme moi il a faim et il cherche sa proie. Sans le savoir il va me guider vers elle. » … ou s’agenouillait sur les empreintes laissées au sol par les animaux en marche.
Irina, prémonitions…
Ce matin là, Irina percevait dans l’air un danger imminent qu’elle ne réussissait pas à identifier. Sa mère l’avait initiée à la Magie et aux Secrets de l’Autre Monde, et la fumée dégagée par la cheminée ce jour-là lui augurait de grandes peines. Irina : « Comme c’est étrange. Il n’y a pas un souffle de vent et...