67 pages
Français

La Néréide

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

"Il était une fois, une petite fille aux grands yeux noirs et aux longs cheveux sombres comme une mer d’encre agitée un soir d’orage. Elle devait avoir quatre ans lorsqu’Albert, le gardien du château l’avait recueillie. Personne ne connaissait ses parents, ni sa famille, l’endroit d’où elle venait, ni même ce que fut sa naissance. Personne n’était jamais venu la réclamer. Il l’avait trouvée dans le désert, dans une toute petite oasis qu’on appelait « la mare aux diables », gazouillant et riant à la fois, tout en barbotant nue dans l’eau, insouciante. Et tout ce bruit était tellement agréable à l’oreille qu’il avait décidé de l’appeler Mélodie. Louta Mé vit en Suisse, elle est passionnée de littérature depuis sa plus tendre enfance. Elle nous livre son premier essai fantastique dont l'héroïne, une Néréide haute en couleurs, commande aux destinées de plusieurs nations. Elle nous liv"

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 mars 2015
Nombre de lectures 5
EAN13 9782370130204
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0750€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

GENDEDELANÉRÉIDE
É D I T I ONS L A P E R L E N OI R E
I S B N : 97 8 - 2 - 37 013 - 0 2 0 - 4
L O U TA M É
LÉGENDE DE LA NÉRÉIDE
I
Il était une fois, une petite fille aux grands yeux noirs et aux longs cheveux sombres comme une mer d’encre agitée
1
un soir d’orage. Elle devait avoir quatre ans lorsqu’Albert, le gardien du châteaul’avait recueillie. Personne ne connais-sait ses parents, ni sa famille, l’endroit d’où elle venait, ni même ce que fut sa naissance. Personne n’était jamais venu la réclamer.
Il l’avait trouvée dans le désert, dans une toute petite oa-sis qu’on appelait «la mare aux diables», gazouillant et riant à la fois, tout en barbotant nue dans l’eau, insouciante. Et tout ce bruit était tellement agréable à l’oreille qu’il avait déci-dé de l’appeler Mélodie.
Mélodie grandit dans le royaume du Soleil, un royaume pauvre et sec où jamais rien ne se passait. Le premier jour, elle disparut et Albert, pris de panique, passa le royaume en entier au peigne fin. Il eut l’idée de retournerà l’oasis et re-trouva Mélodie en train de rire et de jouer dans l’eau. Il la ra-mena au château mais chaque jour, Mélodie s’en allait barbo-ter dans sa mare, et chaque soir, le vieil Albert repartait la chercher. Il était clair que Mélodie adorait l’eau et possédait des capacités hors du commun: A quatre ans, elle savait déjà nager et pouvait rester en-dessous de l’eau des heures du-rant. Elle y passait ses journées, à barboter et à produire des sons qui valaient toutes les chansons de la terre, des mélo-pées tantôt tristes, tantôt entraînantes, mais toujours tou-chantes, qui avaient le pouvoir de dégivrer les cœurs les plus endurcis. De même, le vieil Albert avait constaté que lorsque
2
Mélodie se baignait, tout autour d’elle reprenait vie. Les fleurs repoussaient, les poissons sortaient de nulle part et l’eau gagnait en volume. De la petite mare dans laquelle Al-bert l’avait trouvée, elle en avait fait un magnifique étang au bout de quelques années.
A 17 ans, Mélodie était la plus belle fille de tout le royau-me: sa peau sombre, ses yeux couleurs d’ébèneet ses lon-gues boucles noires qui lui battaient la taille en faisaient une créature de songes. Albert avait bien essayé de les lui couper par le passé mais il n’y était jamais arrivé. De ce fait, ils avaient poussé drus et sauvages, comme la petite perle qu’il avait recueilli un après-midi au bord d’une mare dans le dé-sert. Sauvages comme la petite Mélodie qui ne portait jamais de chaussures, ne rencontrait jamais personne, ne parlait pas, se contentait de rire et d’émettre des sons magiques, tout en se prélassant dans l’eau.
Or, la sécheresse continuait à faire rage dans le pays et le peuple en souffrait terriblement. Albert alla voir le roi un jour et lui tint ce discours:
- Messire mon roi, j’ai avec moi une créature qui pour-rait faire les beaux jours de votre royaume. Elle s’appelle Mé-lodie et c’est ma fille. Elle a le pouvoir quand elle est dans l’eau de colorer tout autour d’elle. - Et où est-elle? Demanda le roi.
3
- A la mare aux diables. La petite mare d’il y a quinze ans, qui s’est transformée aujourd’hui enun magnifique étang au milieu d’un jardin tout en fleurs, où viennent se re-paître les cygnes et les canards. - Des cygnes et des canards? Sur mes terres? Ce que tu me dis là, est-ce vrai, vieillard? - Aussi vrai que je suis votre humble serviteur, mon bon roi. Vous pourrez allez vous en rendre compte par vous-même dès ce soir. - Je suggère qu’on y aille à l’ instant. Je ne suis pas occu-pé pour le moment. Alors, va: dis à mon écuyer de seller mon cheval et un autre pour toi. On ira à la mare aux frontiè-res de mon royaume. A ces mots, Albert prit peur pour sa fille. Il savait com-bien Mélodie était jolie et ne pensait pas qu’aucun homme pouvait lui résister lorsqu’elle jouaità la nymphe dans l’eau. Il avait tout essayé pour qu’elle cesse ses petits jeux ensorce-leurs mais, il n’avait pas réussi à la faire céder. Depuis qu’il l’avait recueillie, elle n’en avait d'ailleursjamais fait qu’à sa tête.
- Pardonnez mon impudence, mon bon roi, mais vous ne pouvez malheureusement pas la voir. A la seconde où tout autre que moi posera les yeux sur elle, elle perdraà jamais tous ses pouvoirs, inventa le vieil Albert.
4
- Quelle fable me racontes-tu là? Te moques-tu de moi, pauvre vieillard! S’énerva le jeune roi colérique. - Non, messire. Je ne dis que la vérité et vous prie de me croire. - Comment alors vais-je vérifier ce que tu avances si je ne peux la voir à l’œuvre? Comment puis-je être sûr que c’est bien elle qui fait pousser les fleurs et non mère nature qui a enfin pitié de nous? - Creusez un trou de la taille de votre château dans le royaume, et videz-ytoutes les réserves d’eau qu’on possède. Laissez-la faire son affaire en défendantà quiconque de l’ap-procher. Vous verrez que le royaume retrouvera des cou-leurs. - Vieillard, tu n’es pas sans savoir que le royaume en en-tier souffre. Mes pères m’ont laisséà diriger une terre aride où la moindre goutte d’eau vaut bien un âne portant deux cor-beilles de pépites d’or. Et tu oses me demander de rassem-bler tout l’eau du royaume pour que ta fille puisse s’y bai-gner? Vieillard, n’eut égardà ton âge, je t’aurais déjà tranché la gorge pour seulement avoir eu l’indécence de te présenter devant moi avec de pareilles idées. - Sur ma vie, mon roi, je vous jure que c’est vrai. Je me mettrai volontairement sous la justice de votre épée s’il adve-nait que ce dont je suis en train de vous entretenir n’était que chimères. Si je suis venu à vous, c’est que je sais que mon roi est un homme juste et bon, à qui l’avenir de ses pauvres hè-res importe plus que tout au monde. C’est de vous voir multi-
5