La soupe aux amandes

La soupe aux amandes

-

Livres
45 pages

Description

Ram et sa mère connaissent les recoins de Roissy, ils comptent parmi les clandestins de l'aéroport.


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 06 septembre 2017
Nombre de lectures 0
EAN13 9782364743922
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
La maison de Ram est immense, même plus que ça, c’est un aéroport. Depuis qu’il y vit avec sa maman, il en connaît tous les coins, et aussi beaucoup de ceux qui y travaillent. Il faut chaque jour ressembler aux voyageurs, faire semblant pour passer inaperçu.
Collection animée par Soazig Le Bail.
Sylvie Deshors traverse des gares, prend des trains, grimpe dans des ferries. Patiente et râle à la douane de l’aéroport. Elle aime voyager. Aller où elle veut. Au retour elle a un « chez-soi » où ses amis la retrouvent. Avec eux, elle imagine que tous les habitants de la Terre soient libres d’aller et venir et d’avoir un toit.
1
J e choisis mon lavabo. Il y en a trois d’un beau blanc brillant. Les robinets étincellent et les poubelles sont vides. J’ouvre l’eau. Elle coule, j’aime bien le bruit de l’eau qui coule. Devant le miroir, j’étire ma bouche avec mes doigts. Reprends vite mon air d’enfant sage, l’oreille aux aguets. Personne ne vient. Je fais un saut glissé de chaque côté. Toujours personne. Je bondis deux fois les pieds joints. Le plus haut possible. Je souris à mon reflet. Après ces exercices, je commence ma toilette. Dans mon sac à dos, j’ai ce qu’il faut : brosse à dents, dentifrice, savon. Modèles réduits. Spécial voyage. J’ai aussi un gant de toilette pour m’essuyer. Je vis comme un lutin. Un minuscule lutin caché dans un monde trop grand. L’eau est chaude. Je m’asperge le visage et la tête. Avec mon mini-peigne, je partage mes cheveux. C’est plus facile de tracer une raie quand ils sont mouillés. Maman vérifie toujours ma coiffure, c’est ce que les autres remarquent. Le haut-parleur annonce le premier départ de la journée. Un vol pour Miami. Je reconnais la voix gaie de Rosy. Quand c’est elle qui parle on comprend bien la destination. Je range mes affaires de toilette dans un plastique que je mets dans mon sac à dos. La porte s’ouvre. Un homme débarque en crachant. Beurk ! Vite, je sors.