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Le mystère de l'orchidée fantôme

De
88 pages
Hugo, 11 ans, passionné par les plantes, est impatient d'accueillir son correspondant japonais. Une nuit, un cambriolage bien particulier a lieu dans sa maison. Hugo et son ami décident de mener l'enquête ! Leur aventure leur permettra de découvrir le monde fascinant des orchidées, mais aussi un mouvement artistique réputé, l'Art Nouveau.
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Le mystère de
l'orchidée fantôme
 
      
               
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© LHarmattan, 2011 5-7, rue de lEcole polytechnique ; 75005 Paris  http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr  ISBN : 978-2-296-14036-3 EAN : 9782296140363  
 
 Les mains étaient vêtues de gants blancs. Doux, soyeux. Aucune importance. Il ne fallait pas laisser de traces. C'était tout. Aucune empreinte. Rien. La nuit était tombée depuis longtemps sur la ville de Nancy. Les lampadaires illuminaient les ruelles et la place royale. Stanislas 1 , de marbre ou plutôt de bronze, souriait sous ses plus beaux éclairages et montrait un nouveau visage. Il pointait toujours son doigt dans la même direction. Voulait-il montrer le chemin qu'avait emprunté le voleur ?  Un silence de mort régnait dans le jardinet. La maison était vide. C'était sûr. L'individu se faufila entre les buissons et contourna le bâtiment. Pas un son. Juste un souffle de vent dans les feuillages. Pas une ombre dans les parages. Personne. La main gantée tourna la poignée de la porte arrière et s'introduisit dans la maison. Un miaulement se fit entendre. Une légère lumière entrait naturellement par la fenêtre. C'était la pleine lune. Les pieds avancèrent délicatement, doucement, lentement. Dans le salon, la main caressait les objets tendrement, calmement, habilement. Une statue de bronze africaine. Très jolie. Très fine. Mais ce n'était pas intéressant. Une sculpture en bois, une déesse venue d'Inde. Un tableau d'un artiste connu dans la région. Une                                                  1  Stanislas Leszczynski (1677-1766) : roi de Pologne, duc de Lorraine. Il fit construire à Nancy une place royale qui porte aujourd'hui son nom (et sa statue).  
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gravure très originale. Des objets de goût mais inutiles. Sur le meuble, une photo de famille. L'individu se déplaça dans la pièce, observant, touchant, réfléchissant. À quoi bon... Il savait exactement ce qu'il était venu chercher. Il ouvrit des tiroirs, à tout hasard. Simple curiosité. Des papiers, des factures, quelques billets. Mais il ne fallait pas s'encombrer. Il prenait son temps. Il savait que la maison était inoccupée. Du moins le pensait-il. Il sortit du salon, inspecta la cuisine puis la salle à manger, avant d'emprunter l'escalier qui menait au premier étage. Le vieux plancher de bois grinçait.   Son cur battait à chaque pas. Il se tint à la rampe, mais elle aussi couinait. Il aurait voulu être léger comme un oiseau, comme une colombe. Il aurait aimé que ses pieds ne touchent plus le sol.  Il ouvrit la porte de la chambre. Enfin ! Les volets empêchaient la lueur de la lune de s'immiscer dans la pièce. Il dut allumer sa lampe frontale. Position économie d'énergie. On peut cambrioler en étant écolo, surtout qu'on se fait moins remarquer ! Le lit était impeccablement fait, recouvert d'une couette ornée de motifs japonais. Un miroir immense habillait l'armoire. C'est alors qu'il l'aperçut. Il était là. Simplement posé sur la table de nuit. C'était bien lui. Merveilleux et unique. Les pupilles de l'intrus se dilatèrent. Son cur tambourinait. Il avançait à pas de velours. Ses mains vêtues de blanc s'approchèrent, tremblotantes, effleurèrent la chose exceptionnelle et parcoururent ses formes.
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