//img.uscri.be/pth/d7c8d76f8bd2bb191ca71c85fa5c032d26f36969
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 5,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB

avec DRM

Le pianiste sans visage

De
192 pages
Le pianiste sans visage est d’abord un jeune et mystérieux virtuose, Paul Niemand, qui éblouit Jeanne à l’occasion d’un concert. Mais c’est aussi le père de Jeanne, compositeur mort alors qu’elle était enfant. De lui, la jeune fille ne possède que quelques partitions qu’elle peine à déchiffrer. Pour y parvenir, elle compte sur Pierre, un ami du lycée dont elle devient amoureuse…
Voir plus Voir moins

Une soirée au concert

Le garçon du banc

Débat autour d’un piano…

Pierre est au rendez-vous

Révélations, trahison, explications

Les disques de mon père

De mystérieuses bandes magnétiques

Mon père était compositeur

Chez Pierre

Qui était Oscar Lefleix ?

Des semaines difficiles

Un concert de Paul Niemand

Un après-midi chez Pierre

Le Sacre du Printemps

L’équipée de Toulouse

Une fin d’année amère

Le visage du pianiste

Épilogue

978-2-700-23789-4

ISSN 1951-5758

© RAGEOT-ÉDITEUR - PARIS, 1995-2003-2010.

Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés pour tous pays.
Loi n° 49-956 du 16-07-1949 sur les publications destinées à la jeunesse.

Du même auteur, dans la même collection :

La fille de 3e B

Dans la collection Heure noire :

LES ENQUÊTES DE LOGICIELLE

L’ordinatueur
Coups de théâtre
Arrêtez la musique !
@ssassins.net
Simulator
Big Bug
Des nouvelles de Logicielle
Mort sur le Net
Cinq degrés de trop

« Une histoire, ce n’est jamais simple. Un fait n’existe pas tout nu. Et s’il y avait autant d’événements que d’individus ? »

La fille de 3e B

Une soirée au concert

C’était un samedi, le 1er octobre. Ce soir-là, je m’en souviens comme si c’était hier. Je venais de finir mes devoirs pour lundi. J’avais même demandé à Mutti de vérifier mes exercices d’allemand. Mais elle avait refusé.

– Ma fille, tu es en troisième. Et avec M. Schade, Dieu merci, pas question que je te donne un coup de main. Désormais, tu te débrouilles toute seule.

Mutti est prof d’allemand à Chaptal. L’an dernier, j’étais élève dans sa classe. J’avais toujours les meilleures notes. Bien sûr, mes camarades ricanaient : « Avec une mère allemande, ça facilite les choses. Et quand en plus, c’est ta prof… »

Je rétorquais que Mme Lefleix n’était pas vraiment ma mère. Et d’ailleurs qu’elle ne m’aidait pas. Est-ce ma faute si je parle aussi bien l’allemand que le français ? À la maison, Mutti s’exprime indifféremment dans ces deux langues.

Donc, ce soir-là, juste après le dîner, je m’apprêtais à consulter le magazine télé lorsqu’on sonna à la porte, trois coups brefs : c’était Oma. Elle entra en brandissant un petit billet rose.

– Quelqu’un veut-il aller au concert ce soir ?

Florent, mon demi-frère, se précipita :

– C’est quoi ? Johnny Hallyday ? Phil Collins ?

Oma haussa les épaules.

– Pourquoi pas les Stones ? Mais non, gros bêta. C’est un récital de piano. Par le célèbre Amado Riccorini1.

Célèbre ? Pas pour tout le monde. C’était la première fois que j’en entendais parler.

– Tu as combien de places, maman ? demanda Mutti.

– Une seule hélas ! Pourquoi n’irais-tu pas, Grete ?

Mutti eut un petit sourire crispé que je fus bien seule à traduire.

– Et toi, maman, rétorqua-t-elle, pourquoi n’irais-tu pas ?

– Parce que ce soir, sur la six, fit Oma avec enthousiasme, ils rediffusent Un amour d’été !

Ce fut à mon tour de faire la grimace. Je n’ai rien contre les séries à l’eau de rose. Mais à la pensée de rester trois heures en compagnie d’Oma devant la télévision, j’aurais jugé une vraie récréation la lecture de Germinal « obligatoire avant la fin du mois » avait spécifié le prof de français le matin même.

La vérité, c’est qu’Oma ne sait pas se taire. Elle assaisonne chaque film de commentaires incessants : « Ah, c’est merveilleux ! Comme c’est émouvant… Mais pourquoi lui a-t-il dit ça puisqu’au fond, il l’aime, n’est-ce pas ? Vraiment, elle exagère, vous ne trouvez pas ? » Avec elle, inutile de suivre l’action sur l’écran : Oma remplace à elle seule l’image et la bande-son.

Oma est la maman de Mutti, c’est-à-dire quelque chose comme ma grand-mère.