Le Président redouble son CE2

Le Président redouble son CE2

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Livres
128 pages

Description

La maîtresse de Valentin est une maîtresse on ne peut plus normale. Elle sourit quand on lui donne la bonne réponse, s’énerve quand on mâche du chewing-gum pendant ses cours et rougit si on lui dit qu’elle est belle. Enfin… elle était normale avant d’apprendre que le président de la République en personne serait de passage dans l’école, et qu’il resterait une heure dans SA classe, pour rencontrer SES élèves. Depuis, elle semble bouleversée, comme si elle avait vu un monstre sortir du placard des fournitures  ! Elle n’arrête pas de répéter que le jour de visite sera un jour comme les autres, qu’il faudra seulement être un peu plus «  sage comme une image  » que d’habitude. Mais quand l’hélicoptère présidentiel amorce sa descente dans la cour de récréation, Valentin en est sûr : ce sera tout, sauf «  un jour comme les autres  »  !

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Date de parution 28 mars 2018
Nombre de lectures 16
EAN13 9782013971898
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Illustrations intérieures et de couverture : © Joëlle Dreidemy
© Librairie Générale Française, 2018, pour la présente édition.
ISBN : 978-2-01-397189-8
À Marie D., Anne C. et autres camarades super sages de ma classe quand je bavardais… Finalement, nous nous en sommes toutes sorties !
Chapitre
1
Ma maîtresse est quelqu’un de normal. Elle sourit quand on donne la bonne réponse, elle s’énerve quand on mâche du chewing-gum en classe et elle rougit si on lui dit qu’elle est belle. (Pourtant c’est vrai : elle est très jolie.) Je tenais à le préciser, parce que là, tout de suite, Madame Fau n’a pas l’air normale. Mais alors, pas normale du tout ! Depuis au moins cinq minutes, elle est complètement figée, dos au tableau, la bouche et les yeux grand ouverts. On dirait qu’elle a vu un monstre sortir de l’armoire du fond. Or, c’est bien connu : il n’y a pas de monstre dans les armoires, en tout cas pas dans celles des écoles.
En fait, elle est dans cet état depuis que la directrice lui a parlé. Je ne sais pas ce que Madame Dumas lui a annoncé, mais ça doit être important.
Suppositions :
1/ Le programme de CE2 vient de changer. On remplace les maths, le français et l’histoire par des jeux de société et des ateliers de pâtisserie.
2/ Les œufs des poules de l’école ont enfin éclos. (On les surveille depuis plusieurs semaines.) Et ce sont des bébés dinosaures qui en sont sortis. 3/ L’école va fermer parce qu’il faut vite refaire la toiture, nous allons avoir vingt-deux semaines de vacances à la suite.
Bon, faut pas rêver, je sais. (Même si moi, j’aime bien ça. Ça me donne l’impression de bouger même quand je suis obligé de rester parfaitement immobile sur ma chaise. Ce qui m’arrive chaque fois que la maîtresse m’ordonne : « Valentin, arrête de gigoter comme un ver au bout d’une canne à pêche ! ») Le temps que j’imagine ces trucs super, notre maîtresse est revenue à la vie : elle a réussi à fermer la bouche et articule doucement : — Vous pensez que ça va bien se passer ?
— Bien sûr que oui, lui assure la directrice. Ce n’est qu’une visite. — Oui, mais pas de n’importe qui ! Cette fois, elle a crié et nous avons tous entendu. — Qui c’est qui va quand vient nous ici rendre voir visite ? Je vous jure, ça donne à peu près ça quand vingt-sept élèves parfaitement silencieux la seconde d’avant parlent tous en même temps. Je sais, j’ai écouté. Comme Madame Fau est une super institutrice, elle a compris ce que nous avons demandé. Elle se tourne de nouveau vers la directrice : — On leur annonce ? — Bien sûr qu’on leur annonce ! s’enthousiasme Madame Dumas. Puis, comme si elle se souvenait tout à coup qu’elle est la directrice, elle précise sur un ton sévère : Quand le silence total sera revenu. En une seconde à peine, le calme s’impose. Nous sommes tous très curieux de savoir qui est le mystérieux visiteur qui a changé Madame Fau en statue de sel avant même son arrivée ! La directrice toussote, joint ses mains, les écarte de nouveau, respire un grand coup et déclare : — Les enfants, je suis heureuse et fière de vous apprendre que, lundi, le président de la République en personne va venir ici. Monsieur Francis France veut rencontrer des écoliers et, pour cela, il a choisi notre école ! C’est tout ? Le président de la République, pas de quoi en faire un fromage, non ? (Même si j’aime le fromage, surtout celui de chèvre.)
Propositions de visites plus intéressantes que celle du président :
1/ Johnny Depp vient voir l’école parce qu’il veut tourner ici le prochain filmPirates des Caraïbes.
2/ Zlatan Ibrahimović vient tirer quelques ballons pour vérifier que notre cage de buts est droite. (Je sais déjà qu’elle est de travers.)
3/ Des astronautes viennent observer le ciel parce qu’ils veulent envoyer une fusée sur Mars depuis notre cour.
S’il y a donc, à mon avis, des invités bien plus impressionnants que le président de la République, Madame Fau, elle, est toute chamboulée. C’est d’une voix tremblotante qu’elle annonce : — Le président a demandé à passer une heure dans notre classe. Ce choix ne m’étonne pas. Si j’étais à sa place, que je devais aller m’enquiquiner à l’école alors que j’ai l’habitude de voyager dans des avions super rapides dans les plus beaux endroits du monde, je choisirais aussi la maîtresse la plus sympa. Mais je ne peux pas lui dire, elle va rougir. Elle est presque redevenue normale. Elle réussit à nous expliquer que le président viendra passer la journée. Que normalement, ce jour-là, on a piscine mais qu’on n’ira pas. (Ça commence mal !) Qu’il va aussi falloir suivre des « mesures de sécurité spéciales ». Elle a insisté sur chaque mot pour qu’on comprenne bien que c’étaient des mesures spéciales très spéciales. Mais on n’est plus des bébés, on se doute que la sécurité, quand le président vient dans la classe, ce n’est pas juste vérifier que les ciseaux ont bien des bouts ronds pour qu’il ne se coupe pas en les utilisant.