Le Rêve de Charlotte

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Description

« Vendredi, à 6 heures du matin, nous sommes partis pour la France. (…) Aussi loin que remontaient mes souvenirs, nous avions toujours passé un mois de vacances sur l’île de Noirmoutier (…). J’avais emporté tout un tas de livres et avais laissé mes affaires d’équitation à la maison. Je ne voulais pas entendre parler de chevaux cet été. Je n’avais plus mis les pieds à l’écurie depuis la vente de Gento. Il était parti… Qu’est-ce que je pouvais y faire ? »
Pour participer à un stage d'équitation avec son centre équestre, Charlotte décide de ne pas partir en vacances avec sa famille à Noirmoutier. Elle pourra ainsi s'occuper de son cheval favori, Gento. Mais rien ne se passe comme prévu : Gento est vendu et quitte le centre équestre avant de début de ses vacances.
Charlotte annule son stage, part en vacances avec sa famille et décide même de ne plus jamais monter à cheval. Mais une fois arrivée à Noirmoutier, Charlotte découvre qu'un nouveau centre équestre vient de se monter sur l'île.
Traduit de l'allemand ; Titre original : Charlottes Traumpferd.


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Date de parution 02 octobre 2015
Nombre de visites sur la page 491
EAN13 9782215130703
Langue Français

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Nele Neuhaus
Le rêve de Charlotte
Traduit de l'allemand par Adeline Valland
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Pour Doro
1 Les grandes vacances
C’était le dernier jour d’école avant les grandes vacances. Les années précédentes, j’avais toujours attendu ce moment avec impatience, car il signifiait que nous allions passer un long et merveilleux mois en France, à Noirmoutier, sur la côte atlantique. Mais cette année, tout avait changé. Je n’avais aucune envie de partir en vacances, et l’idée de ne pas pouvoir aller au centre équestre* pendant quatre longues semaines m’était particulièrement pénible. Quand nous avions quitté Paderborn pour nous installer à Bad Soden, toujours en Allemagne, trois ans plus tôt, j’avais été la seule de mes frères et sœur à me réjouir, car notre nouvelle maison se trouvait à moins de cinquante mètres d’un centre équestre. Mon rêve s’était réalisé quand j’avais eu le droit de faire de l’équitation et, à compter de ce jour-là, je passai tout mon temps libre au centre. Situé à la lisière d’une forêt de chênes, il était plutôt petit et démodé. Il ne disposait que d’une quarantaine de box* et d’un seul manège* couvert que les cavaliers, propriétaires de leur cheval, devaient partager avec les apprentis cavaliers. En hiver, on était plutôt à l’étroit. L’heure d’équitation hebdomadaire était sans aucun doute le clou de la semaine, mais chaque journée était quand même passionnante et amusante, car il se passait toujours quelque chose. Ni mes amis ni moi n’étions dérangés par le fait que, en tant qu’apprentis cavaliers, nous existions à peine pour les propriétaires des chevaux. Nous aimions tous passer du temps dans les écuries* et, depuis quelques mois, j’avais une nouvelle raison, particulièrement importante cette fois, d’y passer encore plus de temps. Cette raison s’appelait Gento. Gento était un hongre* bai* âgé de 9 ans qui appartenait à M. Lauterbach, un cavalier de saut d’obstacles de notre centre. Il logeait dans l’un des box extérieurs et, pour moi, c’était le cheval le plus fantastique de toute la Terre. Malheureusement, M. Lauterbach s’occupait assez peu de lui : il prétendait que son entreprise ne lui laissait pas assez de temps. Les autres propriétaires chouchoutaient leurs chevaux, ils les étrillaient avec soin pour que leurs robes* resplendissent. Mais Gento, lui, ne sortait de son box que pour être monté par M. Lauterbach. Je plaignais toujours secrètement le cheval quand je le retrouvais la robe collante de sueur et les sabots crottés. Je trouvais ça plutôt triste. Gento espérait peut-être, lui aussi, que quelqu’un vienne régulièrement le panser et le dorloter. Moi, j’avais bien envie d’être ce quelqu’un. Les neuf chevaux d’école du centre étaient bouchonnés le matin par les palefreniers*, et chacun d’entre eux avait un vrai fan-club. J’aimais bien Liesbeth, une jument* alezane* à la robe cuivrée, à la liste* large et à la queue et la crinière* claires. J’avais le droit de la panser tous les jeudis, et c’était déjà ça. Mais comme les adolescents plus âgés que moi veillaient jalousement sur « leurs » chevaux, il n’était pas rare qu’ils ne pensent pas à moi et que je n’aie pas l’occasion de bouchonner* Liesbeth. Pendant des semaines, je m’étais creusé la cervelle pour trouver une manière de devenir la palefrenière attitrée de Gento. Pour une apprentie cavalière de 13 ans, c’était vraiment faire preuve d’une audace stupéfiante que d’enfreindre la hiérarchie informelle du club et d’aborder le propriétaire d’un cheval. J’étais donc à peu près sûre d’essuyer un refus. Pourtant, un jour, je pris mon courage à deux mains et je demandai à M. Lauterbach si je pouvais m’occuper de Gento. Il m’examina d’un air amusé. – Je viens à l’écurie tous les après-midi. J’habite juste à côté. Comme vous avez peu de temps à consacrer à Gento, j’ai pensé que je pourrais venir le bouchonner tous les jours et peut-être aussi le faire brouter* de temps en temps. Voilà les arguments que j’avais avancés. Je ne lui dis pas que ça faisait déjà des mois que je gâtais Gento en lui donnant des carottes et des pommes et que, maintenant, il hennissait en me voyant arriver. – Eh bien, pourquoi pas, en fait ! avait fini par répondre M. Lauterbach. C’est vrai que je n’ai pas assez de temps. Mais ne fais pas de bêtises avec lui, c’est un cheval d’une assez grande valeur. Je crus que j’allais m’évanouir de bonheur. – Non, bien sûr que non, dis-je dans un souffle.