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Les aventures de Petit Marc et de Günthrand le gentil canard

De
296 pages

Petit Marc est orphelin. Ses parents ayant péri lors d’un naufrage, il est alors élevé par une vieille cousine acariâtre intéressée par son immense héritage. Ne supportant plus les brimades incessantes de cette dernière, il s’enfuit et part dans la malfamée forêt voisine.
Alors qu’il est perdu, Petit Marc va faire la rencontre d’un canard, Günthrand, et va ainsi découvrir un monde féerique où les animaux ont la parole. Cette aventure lui permettra de découvrir l’amitié, la loyauté, le respect, mais aussi la haine et la jalousie. Mais afin d’être intégré pleinement parmi ce monde, Petit Marc devra affronter une ultime étape décisive pour sa vie future.


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-59959-9

 

© Edilivre, 2013

 

Conte pour enfants de 3 à 6 ans…
A lire chaque soir par leurs parents restés de grands bambins !

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Chapitre I

– Non… je ne retournerai pas à la maison. Jamais… jamais. Elle est vraiment trop méchante la cousine Géraldine.

Petit Marc pleurait pendant qu’il marchait dans la forêt. Il parlait tout haut pour se donner du courage, car la nuit tombait et il commençait à trembler, un peu de froid, un peu de peur aussi.

– Quoique je fasse, quoique je dise, elle n’est jamais contente. Après le repas, si je plie ma serviette en triangle, elle me gronde car elle veut que ce soit en rectangle. Et le lendemain, quand je le fais en rectangle, elle me crie dessus en disant que c’est en triangle, que ce n’est pas la première fois qu’elle me le dit, que décidément je suis un bon à rien et gnagnagna et gnagnagna.

La cousine Géraldine n’aimait pas Petit Marc. L’élever avait toujours été un fardeau. En voyant à la maternité le joli bébé joufflu, blond et aux yeux bleus comme un ciel sans nuage en train de gazouiller comme un oisillon, elle était devenue jalouse de la maman, du papa et du fils, car ils rayonnaient de bonheur et de beauté. Mais elle, se trouvait malheureuse et laide. Alors Petit Marc devait devenir son souffre-douleur.

Ses parents sont morts quand il avait six ans, lors du naufrage d’un gigantesque et flambant neuf paquebot dans les mers glacées du grand nord. Ils étaient partis faire un long voyage dans le nouveau monde et l’avaient laissé en nourrice chez la cousine Géraldine…

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Unique parente proche, elle était devenue au décès de ses cousins la tutrice légale de Petit Marc et gardienne de son héritage jusqu’à sa majorité. Selon le notaire de famille, Maître Latriche, c’était une vraie petite fortune, en or, en propriétés et en terrains. Il avait donné tous les détails à la cousine Géraldine, qui s’était empressée de vendre son appartement en ville pour s’installer dans la belle demeure à la campagne des parents de Petit Marc.

Deux années avaient passé. La vieille cousine avait envahi la jolie maison et pris possession de tous les biens qui revenaient de droit à Petit Marc, avec la complicité de Maître Latriche… Elle avait changé toute la décoration intérieure et chamboulé tout l’agencement des jardins. Petit Marc en était blessé dans son cœur. En agissant ainsi, elle effaçait un tout petit peu plus chaque jour la mémoire de son papa et le parfum de sa maman. Seule sa mignonne chambre aux murs couleurs pastel avait échappé à l’invasion destructrice.

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Mais pour combien de temps encore ?

Tous les jeudis, Maître Latriche venait rendre visite à la cousine Géraldine à l’heure du thé. Il lui apportait toujours une grosse boîte de succulents macarons multicolores, dont elle s’empiffrait devant Petit Marc toute la semaine au moment du goûter, sans jamais lui en proposer un…

Ensuite, il l’invitait à dîner au très chic restaurant « Spaghetto et Chamalo », rendez-vous incontournable de la bonne société locale.

Pour l’occasion, elle portait une des onéreuses robes du soir faites sur mesure par le même tailleur, dit-on, que celui de la tsarine…

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Mais la cousine Géraldine n’avait pas un corps de rêve et ne possédait aucune noblesse dans ses manières. Bref, elle était ridicule dans ses vêtements haute-couture ! Le modèle rose était le summum du mauvais goût car il la faisait ressembler à une truie tellement il la boudinait.

– Là, je n’en peux plus… Elle a été trop loin cette fois-ci la cousine Géraldine. Qu’est-ce que je lui ai fait pour qu’elle soit aussi mesquine avec moi ? Je suis gentil, obéissant et je travaille bien à l’école.

C’est vrai que tout le monde l’aimait bien Petit Marc, car il était calme, poli et intelligent.

Le curé, le Père Théodule, disait pendant les cours de chant que de tous ses enfants de chœur, il était le seul à avoir un point en commun avec une partition de musique : le silence.

La boulangère, la plantureuse Madame Bricheton, disait qu’il était aussi bon que ses petits pains blancs sortis du four.

Quant à son instituteur, Monsieur de la Virgule, il aimait souvent à l’appeler « son petit Wolfgang », sans qu’il comprenne très bien pourquoi…

Mais la cousine Géraldine ne l’entendait pas de cette oreille et ne ratait jamais une occasion d’humilier Petit Marc. Et sa dernière brimade envers son jeune parent fut la goutte qui fit déborder le vase.

– Tes jouets, il faut les laisser tranquilles. Ils s’usent à force de trop t’amuser avec. Il vaut mieux les ménager, si tu veux les garder en souvenir… pour plus tard. Et puis, tes automates m’agacent particulièrement… surtout quand je fais la sieste. Ça m’épuise ; moi qui n’ai jamais un moment de répit dans cette maison ! Alors voilà… si je vois que toutes ces babioles puériles ont bougé ne serait-ce que d’un pouce sur leur étagère, je les expédie illico presto à la poubelle. Mais si tu es raisonnable, tu les retrouveras intacts dans vingt ans… Compris ?!?!?!?

Petit Marc, résigné et apeuré, n’avait pu qu’acquiescer.

Pendant plusieurs jours, il avait regardé assis sur son lit ses autos, ses peluches et ses jeux de constructions prisonniers et agonisants peu à peu sous la poussière.

Puis, il y eut le déclic une après-midi. Il était sûr d’avoir vu son nounours préféré pleurer. C’en fut trop. Il s’était levé d’un bond pour aller ouvrir la fenêtre. Depuis sa chambre, il pouvait voir au loin la belle forêt où la cousine Géraldine lui interdisait d’aller alors qu’il rêvait de l’explorer.

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Les arbres resplendissaient sous le soleil et leurs branches majestueuses ressemblaient à des milliers de bras grands ouverts qui l’invitaient à venir s’y réfugier. Sa décision fut prise ; il s’enfuirait de la maison et irait s’échapper dans cette nature inconnue mais si accueillante au demeurant.

– Oui, je ne veux plus la revoir. Jamais… jamais. J’irai au bout du monde s’il le faut. Je n’ai pas peur moi !

Pourtant, Petit Marc n’était pas rassuré. Cela faisait plusieurs heures qu’il marchait droit devant lui, s’enfonçant dans une végétation verdoyante mais qui devenait de plus en plus dense, à sa grande surprise. Sa progression n’en était que plus difficile, surtout que la fatigue commençait à se faire sentir. Et il avait faim… et froid aussi. Nous étions au printemps et Petit Marc avait oublié que même si la journée avait été ensoleillée et douce, la nuit tombait vite et les soirées pouvaient être très fraîches. Il n’était parti qu’avec son petit costume de marin et ses culottes courtes.

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Il avait depuis longtemps bouloté la belle pomme rouge chipée dans la cuisine avant de prendre la poudre d’escampette et son estomac émettait maintenant quelques grognements.

C’est en pensant à de succulentes endives au jambon bien fumantes, qu’il avait aperçu cette lueur bleutée au loin. Instinctivement, il s’était dirigé vers elle, se laissant guider comme un petit navire en perdition sur l’océan. Il sentait que là où elle l’amenait, il trouverait le repos. Elle devenait intense au fur et à mesure que Petit Marc amorçait sa manœuvre d’approche. Et après un long moment, il était enfin arrivé à bon port. C’était une belle lumière azur qu’il voyait maintenant, posée par terre et qui illuminait le lieu. Cela ressemblait à une petite clairière et il pouvait entrapercevoir un peu plus loin une rivière qui coulait.

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Mais devant lui, il distinguait un arbre et en dessous un beau tas de feuilles bien épais. Epuisé, Petit Marc sauta dans ce matelas moelleux et providentiel sans hésiter. Il s’enfonça sous ces couvertures de chlorophylle et pensa « – Qui dort, dîne », avant de sombrer dans un sommeil bien mérité, bercé par le doux son de l’eau derrière lui.