Les cousins Karlsson Tome 6 - Papa et pirates
205 pages
Français

Les cousins Karlsson Tome 6 - Papa et pirates

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Description

Cet hiver, pour la première fois, les quatre cousins découvrent l'île aux Grèbes sous la neige. Patin à glace, course de luges, bataille de boules de neige... les enfants improvisent de véritables jeux olympiques d'hiver. Jusqu'à ce qu'une présence inquiétante vienne troubler la fête. Il en faudra plus pour effrayer les cousins Karlsson qui ne tarderont pas à lever ce mystère.


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Informations

Publié par
Date de parution 17 février 2016
Nombre de lectures 3
EAN13 9782364748675
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Pour la première fois, les cousins découvrent l’île aux Grèbes sous la neige. Le cadre idéal pour des vacances d’hiver inoubliables ! Au programme batailles de boules de neige, séances de patinage et goûters réconfortants…

Jusqu’à ce que les amis remarquent des phénomènes étranges.

Les bonshommes de neige se déplacent la nuit, des lumières s’allument dans la forêt : et si les cousins n’étaient pas seuls sur l’île ?

La neige et la glace suédoises n’empêcheront pas les cousins Karlsson de mener l’enquête !

Collection animée par Soazig Le Bail
assistée de Charline Vanderpoorte.

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Katarina Mazetti est née en 1944 à Stockholm.

Elle est journaliste et auteur de livres pour la jeunesse et de romans pour adultes. Elle a rencontré un succès phénoménal avec Le Mec de la tombe d’à côté, traduit en de nombreuses langues.

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Arbre généalogique des cousins Karlsson

Grand-père et Grand-mère Karlsson
ont eu quatre filles :

Ulla

chercheuse, mariée à Allan,

mère de Julia et Daniella,

surnommée Bourdon.

Molly

actrice,

mère de George.

Ellen

chef cuisinière,

vit en couple avec Claude Bouclé,

mère d’Alex.

Frida

artiste.

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La mer autour de la petite ville d’Östhamn est recouverte d’une épaisse couche de glace. Certains jours, le vent balaie la neige et dégage un espace sombre et lisse comme un miroir. L’idéal pour faire du patin à glace. Ces jours-là, on voit les habitants d’Östhamn patiner sur la mer gelée. Les débutants avancent prudemment près du rivage mais les plus aguerris s’aventurent plus loin et font des randonnées de dizaines de kilomètres.

Mais il y a aussi des jours de mauvais temps où des bourrasques peuvent rapporter plusieurs décimètres de neige sur la glace et la laisser en tas irréguliers. Les patineurs se réfugient alors dans leurs petites maisons douillettes pour faire du feu dans la cheminée, allumer des bougies devant les fenêtres et écouter le vent siffler dehors.

Un de ces après-midi venteux, au début du mois de février, deux individus avancent avec difficulté sur la mer enneigée. Il fait très froid. Bien qu’il ne soit que trois heures, le jour décline déjà. La neige donne une faible lumière bleutée au paysage hivernal mais la nuit tombe rapidement et il fait bientôt entièrement noir. Personne ne voit les deux personnes débarquer sur l’île aux Grèbes et se frayer un chemin à travers les monceaux de neige pour se rendre à l’ancienne tour du pilote côtier qui est le bâtiment le plus haut de l’île. L’été, c’est une magnifique tour de couleur rouge avec, à son sommet, une pièce entièrement vitrée qui donne dans toutes les directions et qui offre une vue imprenable sur l’eau. Autrefois cette tour permettait aux pilotes côtiers de surveiller la mer et de vérifier qu’il n’y avait pas d’embarcation en difficulté. À cette époque de l’année, elle est presque entièrement recouverte de neige. Même les fenêtres sont tapissées de cristaux de givre.

L’île semble abandonnée. À côté de la tour se trouve la petite maison où logeait le pilote côtier mais elle est plongée dans le noir. Pas la moindre lumière derrière les fenêtres. Les seuls à voir les deux individus pousser la lourde porte noire et pénétrer dans la tour sont une bande de bouvreuils sur une botte d’avoine et un petit cheval islandais à la longue crinière jaune qui, frigorifié, les observe de derrière les arbres.

– Tu sais ce qui s’est passé ? crie Daniella, surnommée Bourdon, en se précipitant dans la chambre qu’elle partage avec sa grande sœur.

Julia, sa sœur, est absorbée par un jeu sur son ordinateur et ne lève même pas la tête. Malheureusement, Bourdon se prend les pieds dans le tapis, fait un vol plané et atterrit sur Julia. La tasse de chocolat chaud qu’elle tient dans la main se déverse sur le lit, sur les genoux et sur l’ordinateur de Julia qui pousse un hurlement. Le gros chat tricolore, allongé à côté d’elle, renchérit en miaulant : « Iiiiiiii ! Oiiiiii ! »

– Qu’est-ce que vous avez à crier comme ça tous les deux ? râle Bourdon. C’est quand même moi qui me suis fait mal, non ! Et regardez ! J’ai plus rien dans ma tasse !

Julia est sur le point de gifler sa petite sœur.

– Bourdon, si tu as abîmé mon ordinateur, je te coupe les oreilles ! rugit-elle. Et après je te les ferai bouffer !

Elle essuie désespérément le clavier avec un coin de sa couette, ce qui n’arrange ni l’appareil ni la couette.

– Pfff, toi et ton vieil ordinateur, grogne Bourdon.

Julia la fusille du regard.

– Mon vieil ordinateur ! Tu sais très bien que j’ai économisé pendant des années pour me l’acheter !

– Bah, l’assurance t’en paiera un nouveau ! lui rétorque Bourdon avec légèreté. T’imagines même pas comment j’ai mal aux fesses… Aïe, aïe, aïe… dit-elle en agitant la main. Tu pourrais pas aller me chercher une nouvelle tasse de chocolat ?

Julia se lève sans dire un mot et sort de la chambre d’un pas lourd, l’ordinateur sous le bras. Chatpardeur saute du lit et la suit. Sentant qu’il y a de la tension dans l’air, il préfère s’en aller lui aussi. Le poil hérissé et l’air menaçant, il fait des huit avec sa queue.

Dans la salle à manger, Julia tombe sur sa mère qui l’accueille avec un large sourire.

– Alors, tu penses quoi de la nouvelle de Bourdon ? demande-t-elle. Ça te dit ?

Sans même entendre la question, Julia lui montre son ordinateur inondé de chocolat.

– Regarde ! dit-elle l’air déconfit.

– Aïe ! Effectivement, c’est un problème. Mais ne t’inquiète pas, on va arranger ça. Bon… peut-être pas avant votre départ.

Julia tend enfin l’oreille.

– Notre départ ? Comment ça ? On va où ?

– Bourdon ne t’a pas dit ? À l’île aux Grèbes, bien sûr ! Ce sont les vacances d’hiver et Frida a besoin de votre aide. Moi je trouve que c’est une excellente idée. D’autant plus qu’il y a une conférence à laquelle j’aimerais…

Julia soupire. Comme d’habitude, pense-t-elle.

Les parents de Julia et Bourdon sont chercheurs et ils sont souvent en déplacement. Ils ne ratent jamais une occasion de voyager. Chatpardeur, qui se tient à côté de Julia, essaie lui aussi de montrer son mécontentement : « Fnnnnnooorrrrrr… »

– Pourquoi est-ce qu’elle a besoin de notre aide, tante Frida ? finit-elle par demander.

– Elle m’a appelée aujourd’hui pour me prévenir qu’elle s’est cassé la jambe et se trouve à l’hôpital de Storvalla. Elle va devoir y passer au moins une semaine. C’est une fracture compliquée et il faut l’opérer. Puis elle devra rester allongée jusqu’à ce que l’os commence à se ressouder.

– Et on va pouvoir l’aider comment ? demande Julia toujours aussi énervée. Tu veux qu’on reste avec elle à l’hôpital à lui tenir la jambe ?

– Ne sois pas bête ! Frida s’inquiète pour son cheval qu’elle a dû laisser seul sur l’île, répond sa mère. Elle aimerait que quelqu’un s’en occupe et lui donne un peu de foin tous les jours. Si elle lui prépare un gros tas pour la semaine, il risque de tout manger d’une seule traite et ça serait dangereux pour lui. Ce cheval me semble être un vrai goinfre !

Julia sourit.

– Il s’appelle Gervir et ça veut dire « glouton » en islandais ! Mais je ne comprends pas bien… Comment on va s’en sortir là-bas en plein hiver, Bourdon et moi ? Nous deux seules à l’île aux Grèbes ?

– Vous ne serez pas seules ! répond sa mère joyeusement. J’en ai parlé avec Molly qui m’a assuré que George se fera un plaisir de vous rejoindre. Il a un nouveau projet. Apparemment il aimerait apprendre à peindre la neige. Frida, de son côté, a demandé à la mère d’Alex s’il ne peut pas venir, lui aussi, et il semblerait qu’ils ont deux semaines de vacances d’hiver en France ! Et encore une bonne nouvelle : vous allez pouvoir y rester près de deux semaines, vous aussi. On vient d’apprendre qu’il y aura des travaux dans votre école et que vous aurez quelques jours de plus de vacances ! Qu’est-ce que tu en dis ? Alex était fou de joie. D’après ce que j’ai compris, il a prévu d’en profiter pour essayer de nouvelles recettes. Il veut faire des grillades dehors sur feu de bois et il veut creuser un trou dans la glace pour pêcher du poisson !

– Mais elle a fait comment, Frida, pour se casser la jambe ?

– Je ne sais pas, lui répond sa mère. Il y a quelque chose d’étrange autour de ça. J’ai eu beau lui poser plusieurs fois la question, elle n’a jamais voulu me répondre.

– J’attends mon chocolat ! Qu’est-ce que tu fiches ? hurle Bourdon depuis la chambre des filles.

– Je l’ai renversé dans ton nouveau bonnet ! Sans faire exprès, évidemment ! Bien fait pour toi ! crie Julia avant de s’adresser de nouveau à sa mère : Oui, maman, j’ai très envie d’aller à l’île aux Grèbes pendant les vacances. Ça va être super ! On va bien s’amuser entre cousins. Et il n’y aura que nous  !

Mais là, Julia se trompe. C’est vrai que Frida se trouve à l’hôpital de Storvalla, pourtant… les fenêtres de sa tour sur l’île aux Grèbes sont éclairées…

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– NON, grand-mère, la Suède ce n’est pas le pôle Nord ! soupire Alex.

La petite grand-mère française d’Alex tient dans ses bras un énorme manteau en fourrure de loup rongé par les mites qu’elle a trouvé dans le grenier. Elle habite dans une vieille maison sur la côte française et c’est chez elle qu’Alex passe généralement ses vacances lorsque ses parents, tous les deux chefs cuisiniers, travaillent sur des bateaux de croisière.

– Où t’as trouvé ce monstre ? On dirait qu’il va s’animer et nous engloutir tous les deux ! frissonne-t-il.

– Au grenier. Et je crois bien que c’est cette fourrure qui a sauvé la vie de ton grand-père le terrible hiver d’il y a cinquante ans ! Mon cher petit, je ne veux pas que tu meures de froid là-haut dans la toundra. Ta grand-mère aimerait tellement te revoir ! ajoute-t-elle d’une voix chevrotante.

Elle ravale ses larmes après lui avoir tendu la fourrure. Alex lui fait un bisou.

– Grand-mère, en Suède il y a des cheminées pour faire du feu et il y a aussi du chauffage. Et surtout, il ne fait pas aussi froid que ça !

– Et les ours alors ? lui siffle-t-elle. J’ai lu quelque part qu’ils mangent des hommes ! Tu es vraiment obligé d’y aller ?

Alex a une idée.

– Tu sais quoi, grand-mère ? dit-il. Ce serait bien que tu me tricotes un nouveau pull ! Un qui soit vraiment très chaud !

Sa grand-mère se lève d’un bond et file chercher sa corbeille remplie de pelotes de laine de toutes les couleurs. Le tricot est son activité préférée, elle a déjà fait une vingtaine de pulls pour son petit-fils.

Pendant les quelques jours qui suivent, elle tricote du matin au soir en prévision du voyage de son petit-fils dans le Nord. Au grand désespoir d’Alex, elle lui confectionne aussi un caleçon long en laine rouge. Il l’enfile par politesse mais il gratte tellement qu’il croit devenir fou. La première chose qu’il fait à l’aéroport après avoir dit au revoir à sa grand-mère, c’est d’aller le retirer aux toilettes et de le jeter à la poubelle.

Chez George c’est exactement le contraire. Sa mère, Molly, vient de voir un documentaire à la télé sur les Indiens des Plaines d’Amérique du Nord qui laissaient leurs enfants presque nus dans le froid hivernal.

– Ça endurcit les gosses, tu comprends, lui explique sa mère. Et quand ils sont adultes, ils ne portent que des habits en cuir très fin même par les froids les plus rigoureux ! C’est formidable, non ? George, mon chéri, enlève ton pull et va sur le balcon ! Enlève aussi ton T-shirt ! Et ton jean ! Par contre, tu peux garder ton caleçon…

– Maman ! Il fait moins douze dehors !

– Oui mais… Faut que tu te dépêches de t’endurcir ! Je ne me suis pas du tout occupée de cette chose pourtant si importante quand tu étais petit, dit-elle soudain avec tristesse. J’ai été une mauvaise mère ! Une très mauvaise mère !

Molly est comédienne et George est habitué à ce qu’elle joue la comédie aussi à la maison. Il ne prête donc pas attention à son ton larmoyant.

– Maman, si tu m’avais enfermé sur le balcon à moins douze degrés quand j’étais bébé, je ne serais certainement pas là aujourd’hui. En tout cas, mon nez aurait gelé et serait tombé ! Merci, maman, de ne pas l’avoir fait ! Tu es une bonne mère !

Mais George est tout de même un peu préoccupé. Il pense à l’unique paire de baskets qu’il possède et qui a de gros trous aux orteils. Et aussi à ses pulls de l’année dernière qui sont bien chauds mais qui sont aujourd’hui beaucoup trop petits. Ils le serrent de partout et les manches s’arrêtent au niveau de ses coudes. Le problème c’est qu’ils n’ont pas beaucoup d’argent, sa mère et lui.

Comme si elle avait lu dans ses pensées, Molly lui dit :

– Bon, alors il va falloir qu’on aille t’acheter quelques vêtements chauds et aussi des chaussures, mon chéri.

– Quoi ? Tu viens d’être augmentée?

– Non mais ton père nous a envoyé plein d’argent il y a quelques jours ! Bon, voyons voir, où est-ce que j’ai bien pu le ranger ? réfléchit Molly. Je me souviens d’être allée déposer le chèque à la banque et d’avoir sorti les sous mais après… Qu’est-ce que j’ai bien pu en faire ?

Elle ouvre tous les placards de la cuisine et fouille sur les étagères du garde-manger. Molly a l’habitude de cacher des choses un peu partout, surtout dans la cuisine, mais comme c’est quelqu’un de très distrait, elle oublie souvent où. Elle finit par retrouver la liasse de billets dans la corbeille à papier.

– Ah, les voilà ! Quelle chance ! Et moi qui avais pensé vider la corbeille à papier dans la grosse poubelle de la cour aujourd’hui.

George la regarde bouche bée.

– Papa ? Mais on n’a aucune nouvelle de lui depuis Noël dernier et encore, il nous avait juste écrit une carte ! Pourquoi tu ne m’as rien dit ? Et qu’est-ce qui lui prend de nous envoyer une somme pareille ? D’ailleurs, d’où lui vient tout cet argent ?

George n’a presque jamais rencontré son père qui est comédien, lui aussi. Il est parti en tournée quand George était tout petit et n’est jamais revenu. George reçoit parfois une carte postale de différents endroits dans le monde mais leurs relations s’arrêtent là.

Molly sourit.

– Il m’a aussi écrit une lettre ! Il vient de décrocher un rôle dans un film hollywoodien sur les pirates. D’après ce que j’ai compris, il a reçu une grosse avance. Et tu sais quoi ? Quand tu reviendras de l’île aux Grèbes, il sera peut-être là. Il aimerait bien passer un peu de temps avec toi, m’a-t-il expliqué dans sa lettre. Il veut voir si tu lui ressembles !

Parfois les parents sont vraiment désespérants.

– Il était temps ! fait remarquer George en poussant un gros soupir. Et si je ne lui ressemble pas ? Qu’est-ce qu’il fera ? Il repartira aussi sec ? Dans le fond, ça ne changerait pas grand-chose vu qu’on s’en est toujours très bien sortis sans lui.

Molly acquiesce tristement de la tête.

– Viens, George, on va t’acheter des habits chauds ! Je pense que le violet t’irait très bien ! Ou peut-être un pull avec un motif fleuri ?

– Un motif fleuri ? s’offusque George. Mais maman… En fait, je préfère aller faire les courses tout seul !

Il attrape quelques gros billets et quitte rapidement la cuisine avant que sa mère ait eu le temps de le suivre.

– Ou peut-être avec des pois ? crie-t-elle derrière lui. Des pois violets !

Chez Julia et Bourdon, les bagages se font en un temps record. Les parents de Julia sont habitués à voyager. En l’espace d’une heure, les sacs à dos des filles sont prêts et posés dans l’entrée, remplis de vêtements chauds et pratiques, de grosses chaussures, de sous-vêtements, de chaussons et de pyjamas en flanelle tout doux. Bourdon a tenu à faire son sac elle-même et l’a bourré de sachets de bonbons et de gâteaux au chocolat mais son père est rapidement intervenu pour tout recommencer.

Les parents embrassent leurs filles puis les déposent devant le car qui doit les conduire à Östhamn. Ils ont acheté une grosse boîte de chocolats pour la pauvre Frida. Quand Bourdon propose de la porter, sa mère éclate de rire et préfère la ranger dans le sac à dos de Julia.

– Si je te confie ces chocolats, Daniella, il ne restera plus que l’emballage quand vous arriverez à destination ! rit-elle.

– C’est mal me connaître, ma chère ! répond Bourdon en se donnant des airs.

Elle vient de lire cette réplique dans un livre. Julia pousse un soupir. Elle sait déjà que ce sera la nouvelle expression favorite de sa sœur.

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– Salut Alex ! hurle Bourdon en sautant du car qui vient de s’arrêter à la gare routière d’Östhamn.

Mais elle rate la marche et s’étale de tout son long dans un gros tas de neige. Elle se relève rapidement, ramasse ses affaires éparpillées autour d’elle et se précipite dans la gare pour retrouver son cousin français. Alex, qui est son cousin préféré, est assis bien au chaud dans la salle d’attente et les cherche du regard à travers la vitre.

À quelques mètres derrière Bourdon suit Chatpardeur, le gros chat multicolore. Il avance dans la neige fraîche, l’air furieux, en s’ébrouant et en maudissant le monde devenu froid, mouillé et désagréable. « Nièèèèèèèhhhh ! » miaule-t-il avec dégoût.

Il a dormi pendant tout le trajet, confortablement installé dans le car chauffé.

– Tais-toi, Chatpardeur, lui ordonne Bourdon. Arrête de te plaindre ! Qu’est-ce que tu veux que je fasse contre ce temps ? Imagine plutôt que tu es un beau léopard des neiges. Allez, prends un air majestueux, marche avec souplesse et tiens-toi tranquille !

Impatiente, elle pousse la porte de la salle d’attente et se jette dans les bras d’Alex qui éclate de rire. Il lui fait une bise sur chaque joue, comme c’est la coutume en France, puis la regarde en frissonnant.

– Comment t’as fait pour avoir de la neige partout, de la tête aux pieds ? J’ai l’impression d’embrasser un bâtonnet de glace. Tu en as même dans les sourcils !

– Ça me va bien, non ? lui sourit Bourdon. Au fait, bienvenuuue !

– Tu pourrais peut-être me souhaiter la bienvenuuuuue à moi aussi ? lui dit une voix derrière eux.

La voix vient d’un banc un peu plus loin. C’est celle de George.

Tout excitée, Bourdon court retrouver son deuxième cousin et lui donne des petits coups de poing sur le bras.