Les Errants, 2

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« Enfermés dehors... Aux portes de nos foyers, dans une ville familière mais infestée d’Errants... Qu’allions-nous faire ? »


Après avoir réchappés aux premiers massacres, Marion et ses amis arrivent enfin à Lunéville, certains d’y retrouver leurs proches et un havre de paix.


Pourtant dès leur arrivée, tout ne se passe pas comme prévu.


Non seulement les zombies sont partout, mais en plus certains semblent avoir muté. D’abri, ils ne trouvent qu’un village en état de siège, dans lequel ils devront redoubler d’astuces et de forces, compter sur de nouveaux alliés et se serrer les coudes malgré les tensions, tout ça dans l’unique but de survivre.


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EAN13 9791090627581
Langue Français

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Denis Labbé Les Errants Tome 2 Evolution Editions du Chat Noir
À Audrey G., qui guide mon évolution.
Exorde Depuis la dernière fois où j’ai pris mon crayon pou r griffonner nos aventures, tant de choses nous sont arrivées. Tant de drames. De peurs. D’angoisses. D’espoirs et de désespoirs. Que je ne peux pas tout raconter. Le temps me manque et mes amis ont besoin de moi pour trouver de quoi survivre. Nous avons traversé tellement d’épreuves que je ne saurais de toute manière pas par où commencer pour tout évoquer. En y repensant, j’ai si mal que ma main tremble et qu’il m’est difficile d’écrire. Chaque mot que je transcris sur mon cahier d’écolie r me renvoie au visage difforme de l’un des nôtres transformé en zombie. En simulacre d’homme ou de femme. Chaque lettre que je pose sur ces pages me r appelle à la douleur de nos deuils. À la notion de perte. Aux proches qui o nt disparu et qui jamais ne reviendront. Et à ceux dont nous n’avons plus de nouvelles, comme Emma pour laquelle je m’inquiète ou nos parents qui doivent n ous croire morts. Et que nous souhaitons retrouver. Alors pour écrire… Dehors, la nuit va bientôt tomber et le calme qui s ’est installé n’est qu’apparent. Je le sais. Nous le savons tous. Louis a d’ailleurs voulu mettre en place des tours de garde afin de ne pas nous laisser surprendre par des errants ou par d’autres êtres bien plus inquiétants. Mais je vous en parlerai plus tard. Il ne faut pas que je laisse mon esprit dériver de la sorte. Depuis que nous ne cessons de courir, j’ai du mal à rassembler mes idé es et à les organiser. Cela ferait sourire certains de mes profs… de mes ancien s profs… Qu’elles me paraissent loin leurs remarques sur mes copies ! Je me demande ce qu’ils diraient de ce que je suis en train d’écrire. Monsieur Legrand aurait sans doute des choses à changer en ne trouvant pas le style de Proust ou de je ne sais plus qui d’autre. Même si je ne l’aimais pas, sa fi n a été si terrifiante que j’en viendrais presque à vouloir qu’il corrige une autre de mes compositions de bac blanc. Durant plusieurs semaines, je n’ai eu ni le courage , ni la force, ni le temps de m’atteler à une autre tâche que celle de survivr e. Même aujourd’hui, alors qu’un peu de calme semble s’offrir à nous, je ne sa is pas si nous allons pouvoir rester suffisamment longtemps dans notre abri de fortune pour nous ressourcer. Évidemment, à mes yeux, ces chroniques sont essentielles. Non seulement elles me permettent de laisser une trace de ce qui nous arrive, mais surtout elles m’aident à garder un certain équilibre mental . Sans elles, je crois que j’aurais depuis longtemps baissé les bras. Que je m e serais abandonnée à la Grande Mort. Vous devez me comprendre si, comme nou s, vous êtes des survivants et que vous tentez par tous les moyens d ’échapper aux hordes d’errants qui cherchent à se reproduire en vous pre nant la vie. Chaque jour est une bataille à mener pour maintenir la tête hors de l’eau et éviter de sombrer. Un combat épuisant dont on a l’impression de ne jamais voir la fin. Mais vous le savez, puisque vous en faites aussi l’expérience. Dans ce cas, vous savez comment tout a commencé, co mment la Grande
Mort a étendu son emprise sur le pays. Et surtout d ’où elle venait. Vous savez comment nous y avons échappé contrairement à nos co pains et copines de lycée qu’elle a rattrapés au camp du Struthof. Et à nos profs qui ont subi le même sort. À cause d’elle, beaucoup d’êtres chers ont disparu. Beaucoup trop. Et d’autres vont les suivre. C’est inéluctable. Je ne peux rien y faire. Vous non plus sans doute. Nous sommes tous prisonniers de ce cauc hemar dont il semble impossible de sortir. J’espère simplement qu’un jou r ou l’autre quelqu’un pourra s’opposer à cette épidémie en l’empêchant de s’éten dre et de toucher le monde entier. Pourtant, plus le temps passe et moins j’ai l’impression que nous pourrons en voir la fin. Sans savoir ce qui arrive ailleurs, j’ai la certitude que les errants se multiplient, qu’ils gagnent chaque heure de plus en plus de terrain et que, bientôt, ils seront plus nombreux que les vivants. Les dernières informations auxquelles nous avons pu avoir accès ne laissent rien présager de bon. Des journaux, trouvé s par hasard, évoquent des villes ravagées par la maladie, des campagnes déser tées, des centaines de milliers de victimes et un gouvernement incapable d e faire face à la situation. Rien de bien surprenant, quand on voit la manière dont nous avons été traités. Tout cela est terrible. Même si je ne me suis jamais intéressée à la politique, je croyais que ceux qui nous gouvernent savaient ce qu’ils faisaient. À présent, j’ai pris conscience qu’ils pensent d’abord à sauver leur peau avant de vouloir sauver la France. Cela ne vous surprend pas ? Ou alors, vous vous dites que j’étais naïve. Ne le sommes-nous pas tous à seize ans ? Si j’ai beaucoup grandi en quelques semaines, je n’ai pas encore suffisamment appris de mes erreurs pour croire que je suis devenue adulte. On dit que la proximité de la mort nous fait mûrir plus vite, en réalité la perte de nos proches n’a fait qu’ouvrir des blessures qui ne cessent de saigner. Est-ce comme cela qu’on s’aguerrit ? Qu’on se construit une carapace ? Je ne crois pas. En tout cas, ça n’a pas l’air de fonctionner sur nous. Plus nous souffrons et moins j’ai l’impression que nous sommes capables de faire face à l’épreuve suivante, tellement nous la craign ons. Il arrivera peut-être un jour où nous serons paralysés par l’émotion et, à c e moment-là, je crois qu’il sera temps de nous abandonner à notre destin. De nous laisser aller. Pour l’instant, ce n’est pas le cas. Il faut dire q ue notre groupe est plutôt vivant. Ce qui, dans notre situation, peut être perçu avec une certaine ironie. Depuis que nous avons échappé aux griffes du Struth of, Jean-Michel n’en fait qu’à sa tête, voulant à tout prix en découdre avec les zombies. Dans son sillage, Thibaut, qui pleure toujours la mort de sa copine, cherche de plus en plus à l’imiter, si bien qu’il semble s’être installée une sorte de compétition, entre eux deux ; un concours morbide et dangereux qui nou s fait courir des risques inconsidérés. Ce ne sont que des mecs, finalement. Après avoir cru s’en sortir, Nellie a pendant un te mps troqué son enthousiasme communicatif contre une moue boudeuse qui a effacé son sourire. Par moments, on ne la reconnaissait plus. Ce qui peut se comprendre. Mélina a aussi fait de même durant la première sema ine, avant de changer de
comportement. Dans son cas, on a l’impression que c et enfermement était plutôt dû à ses problèmes personnels qu’à la présence des errants. Lorsqu’elle en est sortie, elle s’est attelée à l’organisation de notr e quotidien. Sans s’en rendre compte, elle est devenue notre grande sœur ; soigna nt nos pépins physiques et psychologiques. Il faut dire qu’elle a un an de plu s que nous et que sa vie n’a pas toujours été facile, ce qui l’a endurcie. Seuls Cornélia et Louis ont conservé le comportement que je leur connaissais avant ces é vénements. Elle, à la fois souriante et mystérieuse, porte sa dégaine de gothi c Lolita avec grâce, n’hésitant pas à venir parler littérature avec moi, tandis que lui se découvre de plus en plus comme le meneur de notre groupe, capab le de prendre les bonnes décisions et de mettre fin aux prises de bec lorsqu’elles surviennent. Et moi, me direz-vous ? Eh bien, je ne sais pas par où commencer. Sans nouv elles de mes parents, ni du sort que la Grande Mort avait réservé à Emma, ma meilleure amie, j’ai erré comme une âme en peine lorsque les autres ne me reg ardaient pas. Durant un certain temps, je me suis même surprise à m’isoler dans mon coin afin de broyer du noir. Si Mélina n’avait pas été là pour m e redonner le moral, j’aurais pu exploser en plein vol et me laisser gagner par le désespoir. Il paraît qu’on passe tous par cette phase lorsqu’o n est en danger ou dans une situation critique. Enfin, c’est elle qui me l’a dit. Ne me demandez pas d’où elle tient ça, je n’en ai aucune idée. De nous tous , je crois que c’est elle la plus intelligente, avec Louis. Même s’il ne le montre pas toujours. Sans eux, nous ne serions pas arrivés là où nous en sommes aujourd’hu i. Je ne dis pas que nous ne serions pas encore en vie, mais en tout cas, nou s n’aurions pas atteint Lunéville. Pas tous. Heureusement, ce n’est pas encore le moment et nous gardons un mince espoir de voir la situation s’améliorer. Je sais qu e nous sommes à deux doigts d’y parvenir. Il suffirait d’un simple signe, d’une rencontre, de retrouvailles pour que notre ciel s’éclaircisse. Que nous réserve le destin ? Cette question cruciale n’a pas encore trouvé de réponse.
Première étape : Badonviller We lie in wait, the time is drawing near Earth crisis is all too clear The human virus starting to awake So we must manipulate Iced Earth : « Plagues of Babylon » En arrivant à Badonviller, nous pensions être à l’abri et trouver un endroit où nous reposer avant de rejoindre nos parents à Lunév ille. La fin du calvaire nous tendait les bras. Ou du moins, le pensions-nous. Un petit bourg comme celui-ci devait posséder tous les atouts nécessaires pour un rapide retour à la normalité. Il n’en fut rien. Lorsque nous entrâmes dans le village, le calme inh abituel qui nous accueillit nous fit comprendre que quelque chose de grave était arrivé. Une sorte de sixième sens qui s’était rapidement dévelo ppé durant les journées que nous avions passées dehors nous alerta immédiatemen t. Une étrange atmosphère d’abandon régnait autour de nous. Des ma isons typiques de la région ne s’échappait aucun bruit du quotidien, auc un éclat de voix, aucun rire. Les fenêtres, fermées ou cloisonnées par des volets , témoignaient d’une absence totale de réveil, alors que l’heure tardive aurait dû au moins laisser apparaître un semblant d’activité. Jean-Michel fut le premier à s’en émouvoir : Je crois que quelque chose ne va pas. Sérieux ? lui fit Cornélia. Tu as trouvé ça tout seul ? Eh ! Pas la peine de me clasher ! Je faisais simplement une remarque. Il accompagna ses paroles du claquement métallique qui nous signala qu’il venait d’armer son fusil d’assaut. En entendant cel a, je ne pus réprimer un frisson. Chaque fois que j’avais perçu ce son carac téristique, des scènes morbides avaient suivi.  Restons jà les environs. Noussur nos gardes ! dit Louis qui scrutait dé n’allons pas tarder à savoir ce qui se passe. Et qu’est-ce qui est arrivé, à ton avis ? lui dema nda doucement Nellie en se rapprochant de lui. Je n’ai pas envie de rencontrer à nouveau des errants. ien que nous n’allons Malheureusement, ma chérie, fit Mélina, je crois b pas avoir le choix. Pourquoi est-ce que tu dis ça ? reprit Nellie d’une voix plaintive. Elle n’avait pas tort. D’un geste du menton, notre amie nous indiqua une porte entrouverte sur un bras ensanglanté. Les erra nts étaient passés avant nous, abandonnant dans leur sillage des monceaux de cadavres prêts à revenir à cette effroyable semi-vie qui nous terrifiait. Ne restons pas ici, fit Louis. Il faut trouver un abri. Et de quoi manger, surtout, ajouta Mélina. J’ouvre le chemin, lança Thibaut en avançant d’un pas décidé. Attendez
une minute. Je vous ferai signe dès que j’arriverai au carrefour là-bas. te bien visible et au D’accord, lui répondis-je en sortant ma dague. Res milieu de la rue de manière à ce qu’on te voit et q ue tu ne te fasses pas surprendre par un zombie. Oui, maman ! Commence pas. Je le regardai un moment s’éloigner, avant de m’adresser à Louis : Surveille-le ! Je savais que je n’avais pas besoin de le lui dire, car il était déjà sur le qui-vive, l’arc en main et une flèche encochée dans sa corde. Pendant un instant, je ne pus détacher mes yeux de lui, tandis qu’à ses cô tés, Nellie faisait de même. Décidément, la compétition entre nous deux ne cesserait pas de sitôt. Je fus arrachée à mes pensées par un raclement répu gnant qui me fit lever la tête et balayer la rue du regard. Alors que mon cœur commençait à s’emballer, je compris ce qui venait d’arriver en v oyant Jean-Michel sortir de la maison que nous avait indiquée Mélina, un couteau à la main.  Mais… Qu’est-ce que tu as encore fait ? lui demand ai-je au bord de l’explosion. Mon boulot ! Ton… boulot ? Mais t’es un vrai malade, toi ! illé et nous aurait couruDans une heure, peut-être moins, il se serait réve au cul. Tu préférais qu’on le bute plus tard, sans doute… Je… il a raison, intervint Mélina. Ce la me dégoûte autant Malheureusement, que toi, ma puce, pourtant, il faut bien que quelqu’un le fasse. Et ce quelqu’un… c’est moi. Mélina se tourna vers lui en lui jetant un regard noir. Tu n’étais pas obligé d’ajouter ça ! D’un haussement d’épaules, il nous fit comprendre q u’il n’en avait rien à faire, ce qui me mit hors de moi. Après avoir marché durant plusieurs kilomètres afin d’échapper aux assaillants de la colonne militaire qui nous ramena it chez nous, nous avions tous les nerfs à fleur de peau. J’avais emmené le g roupe dans cette petite ville afin d’y trouver un refuge et de mettre fin à notre calvaire. Et j’avais eu tort. Cela ne faisait aucun doute. Mais qui ne s’est jama is trompé ? Nous n’avions aucune expérience, ni aucun recul par rapp ort à ce qui nous arrivait. Certes, les différentes aventures que nous avions v écues en deux jours nous en avaient beaucoup appris sur nos capacités, mais pas suffisamment pour nous enseigner tout ce qu’il fallait savoir sur la Grande Mort, les zombies et la manière d’y échapper. Après la perte de Steve, nous étions tous si marqués que nous n’avions pas la présence d’esprit pour prendre les bonnes décisions. Peut-être qu’en entrant dans Badonviller nous aurio ns pu choisir une nouvelle voiture, ce qui nous aurait permis de nous sauver p lus vite. Je crois qu’aucun de nous n’y avait pensé. De toute manière, personne ne savait, comme notre ami, démarrer un véhicule sans en avoir la clef. Pe ut-être aurait-il fallu fouiller
des maisons ou des morts afin de trouver un trousse au. Honnêtement, qui pourrait avoir envie de faire ça ? Comment sept adolescents auraient pu tout connaître ? Nous étions parvenus à nous en sortir jusqu’alors, mais sans ad ultes pour nous montrer le chemin à suivre, nous devions nous débrouiller par nous-mêmes, inventer nos propres règles, nos propres manières de nous compor ter. Ce qui est loin d’être facile. Les tensions entre les membres du groupe ne faisaient que s’accentuer. Et chacun cherchait à marquer son territoire aux dé pens de celui des autres. Jean-Michel n’était pas le dernier à rendre tout le monde cinglé. Avec ses idées malsaines, ses envies de macabre, il arrivait même à répugner Cornélia qui avait toujours vécu dans cet univers de cimetières et de vampires. Le passage du papier à la chair n’est pas si aisé que cela lor squ’on n’a que dix-sept ans et que l’on veut paraître peu sérieux ou contestataire. Face à la Grande Mort, nous étions tous égaux dans le traumatisme, que ce soit la gothic Lolita, le fan de metal, le fils de gendarme ou la soi-disant délurée qui avait passé son adolescence à sourire. Seul notre psycho de service semblait trouver cela à son goût. c’est comme ça, me lança-t-il, je vais rejoindr e Thibaut. Débrouillez- Si vous si un zombie arrive par-derrière. En l’entendant, Nellie se retourna par réflexe en poussant un petit cri. Ne t’inquiète pas, ma chérie, il n’y a rien, lui d it d’une voix douce Mélina en s’approchant d’elle. Arrête de déconner ! le cassa Louis. Et va plutôt voir si rien n’arrive par la route qu’on vient de prendre. Un quart d’heure plus tard, nous entrions réellemen t dans Badonviller sans avoir rencontré âme qui vive. Ou qui erre. Pour avoir plus de champ libre en cas d’attaque, no us décidâmes d’emprunter l’avenue du Maréchal Foch qui traverse de part en part l’agglomération et qui devait nous mener sur la rou te en direction de Lunéville. Si elle n’est pas si large que cela, comme beaucoup de rues de villages lorrains, elle offrait quand même des possibilités de repli. Et de ravitaillement. Même si nos sacs contenaient quelques paquets de bi scuits que les militaires nous avaient donnés pour le voyage, leur commandement n’avait pas prévu de nous lâcher à nouveau en pleine nature et n’avait donc pas envisagé de rations de survie.  On va devoir faire quelques achats, fit Mélina en apercevant une boucherie-charcuterie dont la devanture un peu défr aîchie rappelait une époque que nous n’avions pas connue. ichel par-dessusachats ? Tu te crois en vacances, lâcha Jean-M  Des son épaule. On entre et on se sert. e poursuive seston jeu débile ! le coupai-je avant qu’il n  Arrête démonstrations de survivalistes qu’il nous répétait à longueur de journée. Nous ne sommes pas en guerre. Il y a des gens qui travaillent ici. On ne peut pas les voler. Je vais me gêner.