Les Pierres du pouvoir - I

Les Pierres du pouvoir - I

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Français
204 pages

Description

« Au beau milieu d’une nuit sans étoiles, dans la plus haute tour d’un château, un homme se tient au centre. Appuyé à un pupitre sur lequel trône un livre ouvert, rouge et aux enluminures étranges, le vieillard semble marmonner dans sa longue barbe blanche. Ses longs cheveux blancs sont coiffés d’un chapeau pointu bleu nuit. Il porte une tunique, et une aube de la même couleur. »


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Date de parution 29 février 2016
Nombre de lectures 3
EAN13 9782334057349
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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ISBN numérique : 978-2-334-05732-5
© Edilivre, 2016
Chapitre 1 L’Oracle
Au beau milieu d’une nuit sans étoiles. Dans la plus haute tour d’un château, un homme se tient au centre. Appuyé à un pupitre sur lequel trône un livre ouvert rouge aux enluminures étranges, le vieillard semble marmonner dans sa longue barbe blanche. Ses longs cheveux blancs sont coiffés d’un chapeau pointu bleu nuit. Il porte une tunique, une aube de la même couleur.
Derrière le pupitre, se trouve une table en granit sur laquelle sont posées de nombreuses fioles de différentes couleurs, ainsi qu ’un chaudron bouillonnant sur un réchaud. Contre les murs, de grandes bibliothèques remplies de vieux livres, d’éprouvettes, de bocaux, et de boîtes étranges ; font le tour de la pièce. L’homme récite à voix basse des phrases qui semblent venir d’un dialecte ancien, inconnu. Il tourne les pages du livre, qui est en fait un grimoire contenant des incantations en latin, les dessins, et les images d’êtres fantastiques, de monstres, de démons. L’homme tourne machinalement les pages, feuillette le grimoire. Soudainement, derrière lui, il entend la porte qui grince en s’ouvrant, puis claque sèchement en se refermant. Le vieux monsieur, tout à ses incantations, sursaute. Il se retourne brusquement.
– Hortencia, enfin vous voilà ; dit-il. Je commençais à m’inquiéter. Que s’est-il passé ? Est-ce que tout va bien, mon amie ?
La femme qui vient d’entrer semble être âgée de qua tre-vingt-cinq ans. Elle a les cheveux gris bouclés et les yeux bleus. Elle porte une tunique et un chapeau pointu noirs. – Oui, rassurez-vous Arimus, tout va bien. Excusez-moi du retard, dit-elle d’une voix légèrement essoufflée. Mais je dois vous avouer que j’ai dû néanmoins fausser compagnie à un groupe de Golems. Vous savez, ces horribles géants de glaise aux gros yeux globuleux et avec une multitude d’épines qui parcourent leurs corps, de deux mètres de haut, qui utilisent leurs poings comme armes. Il s étaient une dizaine et figurez-vous qu’ils se trouvaient à la lisière de la Forêt aux Licornes, à vingt kilomètres du château. J’ai dû utiliser le sortilège« Inflamento» (J’enflamme). – Le sortilège de feu, de combustion instantanée ! Bien joué, Hortencia ! répondit Arimus. Mais cela confirme l’Oracle : Hadès, le Maître du Mal, augmente ses forces et a de plus en plus de serviteurs. Le voilà qui nous lance des invocations de Golems ! Si cela continue, La Confrérie ne pourra plus rien faire. H adès veut conquérir les onze dimensions et être le maître de l’univers. Je suis sûre qu’il est à la recherche des dix Pierres du Pouvoir et de l’Élue. La Prophétie est formelle : si les dix Pierres du Pouvoir sont rassemblées par les Forces des Ténèbres, la Pierre du Destin apparaîtra et donnera le pouvoir absolu au Seigneur du Mal. Ce sera l’apocalypse et Hadès règnera en maître dans tout l’univers. Il pourra faire de nos mondes, son huitième Enfer. Ce sera la souffrance éternelle. Si au contraire, c’est l’Élue qui rassemble les Pierres ; alors les forces démoniaques disparaîtront de la surface des onze dimensions parallèles et la paix et l’harmonie règneront dans tout le cosmos et la Terre sera sauvée. Et notre mission est de protéger l’Élue et de combattre les envoyés du D iable. Donc, on ne peut pas laisser faire Hadès. Il est temps que la Prophétie s’accomplisse. On ne peut plus attendre ! – Je ne le sais que trop bien, Arimus ! répondit Ho rtencia. Combien de membres de notre Confrérie de Merlin, dont vous êtes Arimus le fondateur, sont déjà morts ? Beaucoup trop à mon goût. Les forces du Mal sont de plus en plus puissantes, on ne
pourra pas tenir encore longtemps. Jusqu’à présent, on a réussi à les maintenir mais maintenant, cela devient très difficile. Nos amis m eurent les uns après les autres, dans des circonstances affreuses et mystérieuses. Nous a vons cherché les Pierres, mais en vain. Nous ne pourrons pas stopper la progression des arm ées des envoyés des enfers, bien longtemps. – C’est pour cette raison que je vous ai convoquée Hortencia, dit Arimus. Nous allons créer le passage, le vortex entre notre dimension e t celle de l’Élue, qui est la dimension des Humains sans pouvoirs magiques. Là, vous la tro uverez, et vous lui ferez prendre conscience de sa destinée et de sa véritable identité. Je compte sur vous. Le vieil homme fait signe à la femme de s’approcher encore un peu plus. Puis, d’une voix à peine perceptible, il lâche : – Et ce n’est pas n’importe quelle fille, Hortencia. C’est la fille de Miranda Mirror et de Paul Duchène. – De Miranda ? Vous voulez dire que l’Élue, serait une descendante de Merlin et de la Fée Viviane, la Dame du Lac. Nous savons tous que M iranda était leur fille. D’ailleurs, c’est vous qui me l’aviez dit lorsque vous aviez dé cidé d’être son tuteur. Nous connaissons tous cette histoire. Voilà comment cela s’est produit : « Peu de temps après avoir enfermé Merlin dans une prison de glace, dans la forêt de Brocéliande, dans la onzième dimension parallèle, c elle des Humains ; Viviane a accouché d’une petite fille. Ne voulant pas qu’elle soit poursuivie par l’Inquisition et qu’elle soit brûlée comme une vulgaire sorcière, comme un e nvoyé de Satan, comme cela se faisait à l’époque ; elle l’a protégée et élevée da ns le sixième monde parallèle, celui du Temps. Là-bas, le temps passe plus lentement que dans les autres mondes parallèles, y compris le nôtre. Pendant qu’ici et que dans les au tres dimensions il s’était passé plusieurs siècles, dans la sixième dimension il s’é tait passé plusieurs années. Les manuscrits sacrés de la Fée Morgane racontent que lorsque l’enfant de Viviane fût âgée de trois ans ; celle-ci l’aurait cachée dans une ab baye, le couvent de Sainte-Joséphine, non loin de la forêt de Brocéliande. La suite, nous la connaissons tous. Lorsqu’elle a eu dix ans, vous êtes allé la chercher dans ce couvent , Arimus ; et vous l’avez ramenée. Ainsi, vous avez pu la protéger, lui apprendre tous nos secrets et en faire la magicienne que nous savons, et qui a fait partie de notre Confrérie de Merlin. À ce qu’il paraît, à vingt ans, elle serait retournée du côté de la forêt de B rocéliande et aurait rencontré dans un village voisin, en Bretagne, Paul Duchène. Ils sont tombés amoureux, se sont mariés ; et peu de temps après Miranda lui aurait avoué son identité et l’aurait ramené avec elle dans notre septième monde. Elle l’aurait convaincu de faire partie de la Confrérie ». D’ailleurs, ils ont combattu avec nous durant cinq ans, les for ces du Mal. Je savais qu’elle était tombée enceinte et qu’elle avait accouché ; mais je ne savais pas que c’était une fille. Malheureusement, Miranda serait morte elle aussi et aurait succombé aux attaques des forces des ténèbres, avec son mari. Donc, si j’ai bien compris ce que vous venez de me dire, la fille de Miranda aurait survécu et serait l’Élue ? Mais en êtes-vous sûr ? Et comment le savez-vous ? L’Oracle en parlait-il ? – En fait, c’est un peu plus compliqué que cela, Hortencia ; rétorqua Arimus. L’Oracle parle seulement d’une descendante de Merlin et de la Fée Viviane. Je pensais même à l’époque que c’était Miranda. Mais le destin en a d écidé autrement. Ce serait donc son enfant, sa fille Samantha. Quand je pense que je n’ai su cela qu’il y a quelques jours. J’ai même cru que la Prophétie ne se réaliserait jamais. Que puisque Miranda était morte, nous avions quasiment perdu face au Seigneur du Mal ; mais qu’il fallait néanmoins qu’on résiste, qu’on ne perde pas espoir. Dire que Philéa s a gardé ce secret pendant si
longtemps, pendant plus de vingt ans. Je n’arrive toujours pas à y croire. – Donc, la fille de Miranda et de Paul a survécu au massacre de ses parents, et qu’elle s’appellerait Samantha. Comment Philéas était-il courant et pourquoi avoir attendu plus de vingt ans avant de vous en parler ? Je ne c omprends pas. Comment cela est-il possible ? – C’est une longue histoire, Hortencia, mais je vais vous la raconter. Il y a plusieurs jours de cela, alors que j’étais en train de chercher dans le Grimoire des Esprits, le moyen de ralentir la progression d’Hadès ; on frappa à ma porte. Quelle ne fût ma surprise de voir mon vieil ami Philéas Nimbus : – Alors, mon ami, lui dis-je ; comment allez-vous ? Entrez donc. – Je suis venu vous voir car j’ai des choses très importantes à vous avouer et cela fait trop longtemps que je garde ce secret pour moi, me répondit-il. Vu l’importance de la situation, je me devais de tout vous dire. Peut-être cela nous aidera à vaincre le Maître du Mal. – C’est vrai que vous m’avez l’air soucieux, mon pa uvre ami. Vous avez une mine bien pâle. Qu’est-ce qui vous inquiète ? Ce ne doit pas être aussi grave. – Si, c’est très grave au contraire. Je croyais que ça pouvait attendre, que le Seigneur des Enfers ne se manifesterait pas avant longtemps ; qu’on avait encore le temps. Alors, j’ai gardé ce secret au fond de moi, mais maintenant… – Parlez mon ami. Vous pouvez tout me dire. Libérez votre conscience. Asseyez-vous. Je vais nous préparer du thé. Alors, à peine installé, Philéas commença à me raconter son histoire : – « C’était il y a une vingtaine d’années, dit-il. Il se faisait tard. J’étais parti dans la Forêt aux Sortilèges, la forêt de la Fée Morgane ; pour cueillir du gui, des herbes magiques et surtout de la Mandragore. Je savais que la Mandragore pouvait nous aider à repousser certains êtres démoniaques envoyés par le Dieu des Morts. De plus, on m’avait informé de la mort tragique d’une superbe Licorne. Comme vous le savez, le sang de licorne a un très grand pouvoir de guérison, et raj outé à la Mandragore ; il devient une potion qui empêche la possession de l’Esprit par de s forces des ténèbres. Il empêche ainsi les intrusions. Comment a-t-on pu assassiner un être aussi pur, un cheval blanc aussi parfait, paré avec une magnifique corne d’or au milieu du front. Tuer une aussi douce créature est un acte abject. Seul un être san s scrupules, sans âme, sans cœur ; peut être capable d’ôter la vie à un animal aussi pur qu’une licorne. Je savais donc que ça ne pouvait être qu’un envoyé du Diable, un habitant des Enfers. Donc, me voilà parti dans la Forêt aux Sortilèges. J’inspectais chaque pierre , chaque arbre ; lorsque je la vis, au milieu d’une clairière, à côté d’un ruisseau. Sa beauté étincelait avec la lumière de la lune. Elle baignait dans une mare argentée de son propre sang. Par chance, la licorne n’était couverte d’aucune morsure, d’aucune marque. Quel so ulagement, mais aussi quelle tristesse ! La mort de cette licorne montrait un acte gratuit de violence, de barbarie. Après avoir délicatement recueilli son sang dans une épro uvette et après avoir fait les rituels magiques pour protéger son âme ; je repartis dans les sentiers obscurs de la forêt. Plus j’avançais dans la pénombre et plus je sentais une lourde fatigue. J’avais l’impression que quelque chose m’étouffait. Je sentais comme un froi d me parcourant tout le corps. Je reconnus cette sensation : c’était le froid de la m ort. À ce moment précis, j’entendis des hurlements, venant des profondeurs de la forêt. Je courus vers ces cris. Mais plus j’avançais, plus je pensais que quelque chose m’empêchait d’y aller. Comme si au bout de mes pieds, j’avais des semelles de plomb. Je ne voyais pas à un mètre devant moi, je m’enfonçais dans un épais brouillard. J’avais de plus en plus peur. Je dus, pour y voir un 1 peu plus clair ; utiliser le sortilègeLuminosa, qui permet de faire apparaître, par ma
main, une lampe torche pour allumer le passage que j’empruntais au milieu du brouillard. Trop tard ! Quelle vision d’horreur, j’eus devant l es yeux ! Trois Nécromanciens se tenaient alignés au milieu du sentier. Je les ai re connus de suite : habillés de longues tuniques noires à capuche, élimées aux manches et f aisant apparaître de longs bras décharnés avec de longues griffes au bout des doigts. À la place de leur visage, on ne pouvait voir que deux yeux rouges qui vous fixaient intensément. Ces adeptes de la Magie Noire survolaient deux corps étendus sur le sentier. Celui du milieu tenait dans ses mains crochues, une boule de cristal dans laquelle on pouvait distinguer un sceptre rouge avec deux fourches ; dont le rayon de la même coule ur illuminait les cadavres d’un homme et d’une femme, ceux que j’avais vu étendus en dessous des Nécromanciens. Ce sceptre, c’était celui d’Hadès, le Dieu des Enfers. Les êtres démoniaques se retournèrent et avancèrent vers moi. Le seul réflexe que j’ai eu ; c’est de leur lancer le sortilège Inflamento, qui les transforma en poussière et détruisit ainsi la boule de cristal. J’accourus alors vers les deux corps étendus. Quelle stupeur ! C’était ceux de Miranda et de Paul Duchène. Quelle horreur ! Ils semblaient être vidés de tout leur sang et pourtant ils ne portaient aucune morsure de Vampire, aucun coup de griffes ou d’objets tranchants. Ils ne baignaient même pas dans une mare de sang et pou rtant ils n’en avaient plus. Leurs yeux étaient grands ouverts et leur teint était aus si blanc que le brouillard qui nous entourait. Je supposai les circonstances de leur mort : Miranda avait protégé de son corps son mari Paul. En tout cas, c’était ce que je pensais à ce moment-là. En m’approchant un peu plus de Paul, j’entendis les pleurs d’un nourri sson mais aussi une respiration très lente : Paul était encore vivant ! Les pleurs venai ent d’une poche que tenait Paul, en bandoulière. Quelle ne fût ma surprise lorsque je vis une petite fille âgée à peine de deux ou trois mois ! Me penchant un peu plus, Paul me dit d’une voix très faible : – Je vous en prie, je vais mourir et rejoindre mon épouse, ma tendre et douce Miranda. Protégez notre fille Samantha. Elle a un destin hors du commun. C’est l’héritière de Merlin l’Enchanteur et de la Fée Viviane. Empêch ez les forces des ténèbres de s’en prendre à elle. Confiez-la à ma mère, qui est dans le onzième monde parallèle, celui des humains. Sur un parchemin qui est à l’intérieur de la poche avec Samantha, vous avez toutes les informations qu’il vous faut. Vous avez l’adresse de ma mère, qui habite non loin de la forêt de Brocéliande. Je vous en prie, protégez ma fille ! Puis, dans un dernier soupir, la vie le quitta. Je fermai les yeux de mes deux amis, morts dans des circonstances bizarres à cause du Seigneur du Mal. Je pris donc la poche en bandoulière, avec la petite fille. Je fis la promesse de revenir après ma mission, pour pouvoir les enterrer comme il se doit, dans le cime tière de Tendora, où ils habitaient à l’époque. Effectivement, dans ce parchemin, il y avait non seulement l’adresse de la mère de Paul ; mais aussi la formule pour ouvrir le vort ex vers le monde des Humains. J’entendis du bruit : il fallait que je fasse vite car le Dieu des Enfers avait dû envoyer d’autres créatures démoniaques, et Samantha n’était pas en sécurité. Je mis donc par terre le parchemin où était inscrite l’adresse de l a mère de Paul et je dis l’incantation marquée pour l’ouverture du passage :« Ad mortales cosmo transitus aperis et urbi 2 volo »osé le parchemin ; et un trou avec. Alors, la terre s’ouvrit à l’endroit où j’avais p une eau miroitante prit sa place. J’entendis des pas se rapprocher. Ma décision fût prise : je devais sauter dans l’eau miroitante ; ce que je fis. Lorsque je me réveillasse, j’étais dans un parc arboré de pins, de parterres de rosier s et de tulipes : c’était magnifique. Samantha semblait s’être endormie durant le voyage. J’entendais le bruit des oiseaux et le ciel au-dessus de nous était d’un bleu superbe, sans nuages. Le soleil commençait à éclairer l’endroit : on était sûrement en début de matinée, vers huit ou neuf heures du matin. Je vis non loin de là des bâtiments de plusieurs étages, mais aussi de très belles
maisons. Maintenant, je devais retrouver l’adresse, la rue où habitait la mère de Paul et lui remettre Samantha. Mais je ne pouvais pas y aller vêtu de cette manière.« Vestimento et 3 Omnibus »dis-je ; et nous voilà parés à traverser le parc sans encombres et à retrouver la grand-mère paternelle de Samantha. J’étais habil lé avec un costume et un long pardessus, et la petite fille se retrouva dans un landau. J’avais fait cela bien sûr derrière les fourrés pour ne pas être pris. À la sortie du parc, on pouvait y voir en face, des trottoirs et des habitations à perte de vue. Je partis donc le long des trottoirs, à la recherche de la mère de Paul. Au bout d’au moins une bonne heure de marche, j’arrivai devant un ème magnifique manoir. Son architecture était du XIX siècle. Pour y accéder, il fallait traverser une longue allée de feuillus. La porte d’entrée de la résidence était une grande porte en bois avec un anneau en cuivre en guise de serrure et de sonnette. Je frappai trois coups avec l’anneau, lorsque la porte s’ouvrit. Derrière, se tenait une femme d’une soixantaine d’années. Elle portait une robe sombre simple et avait un chignon parsemé de quelques mèches blanches au milieu d’une chevelure blonde. Derrière de grosses lunettes, elle me dit : – Qui êtes-vous ? Qu’est-ce que vous voulez ? – Je suis Philéas Nimbus, dis-je. Je suis un ami de votre fils Paul. – Comment va-t-il ? – C’est assez long à vous expliquer. Laissez-moi entrer, je vous dirai tout. Je vous en prie Madame Duchène, permettez-moi de rentrer chez vous. – D’accord. Madame Duchène nous guida à travers un long couloir . D’un côté, il y avait une grande commode où trônaient de nombreuses photograp hies de famille. De l’autre, des tableaux de paysages bretons, de phares et de batea ux ; ornaient les murs. Nous arrivâmes dans un salon au centre duquel on pouvait voir une grande table de merisier avec six chaises de type Louis XVI, sur laquelle on distinguait une nappe en dentelles blanches avec trois magnifiques napperons de couleur ivoire. Une corbeille de fruits était au milieu de la table. Vers le fond de la pièce, il y avait une dormeuse, qui était en forme de U. Un tapis avec de nombreux motifs hexagonaux, ainsi qu’une petite table en carrelages ; faisaient face au reste du salon. Mada me Duchène me demanda de m’asseoir et m’offrit une tasse de thé. – Alors, vous êtes un ami de Paul. Comment va-t-il ? Qui est cette petite fille dans ce landau ? Elle est très mignonne. C’est étrange, elle a les yeux de Paul et les cheveux de la même couleur que ceux de Miranda. – C’est normal, Madame Duchène. C’est votre petite- fille Samantha. Si je vous l’ai amenée, c’est parce que malheureusement votre fils n’est plus : il a été assassiné, ainsi que votre belle-fille. Je suis désolé. – Oh, mon pauvre petit, me dit-elle les yeux pleins de larmes. Je savais pour Miranda et Paul m’avait dit pourquoi il devait repartir. Mon Paul, mon fils est mort ! Et elle éclata en sanglots. – Je suis vraiment désolé, lui répondis-je. Je n’ai rien pu faire. Mais il vous reste Samantha, votre petite-fille. Avant de mourir, Paul m’a dit de vous la confier et de vous remettre ceci. Je sortis de la poche de mon pardessus le parchemin que Paul avait écrit à l’attention de sa mère. – Voici pour vous. Il m’a dit de vous le remettre. Vous devez élever votre petite-fille comme si c’était votre fils. Elle doit ignorer qu’elle est une sorcière. Elle doit vivre comme toutes les filles de votre dimension ; c’est très important. – Que lui dirai-je, pour la mort de ses parents ?
– Vous lui direz qu’ils sont morts dans un accident d’avion. Il vaut mieux qu’elle ne sache pas tout de suite ce qui leur est réellement arrivé. Madame Duchène, en prenant l’enfant dans ses bras, dit : – Comme tu es belle ! Ne t’inquiètes pas mon ange, Mamie va bien s’occuper de toi. Je serai toujours là pour toi, ma petite Samantha. Elle l’embrassa sur le front ; et la petite fille se mit à sourire et à gazouiller, comme le ferait un oiseau. – Bon, je vais vous laisser, lui dis-je. Ma présenc e risque de faire venir ceux qui ont tué votre fils et votre belle-fille, Madame Duchène . Je vais prendre congé. Prenez bien soin de vous et de la petite Samantha. – Bon retour, Philéas. Prenez aussi soin de vous et merci pour ce que vous avez fait pour mon fils, ma belle-fille et Samantha. – Je vous en prie, Madame Duchène. Au revoir. – Au revoir, Philéas. Madame Duchène me raccompagna à la porte et je repartis vers le parc. Me mettant derrière le tronc d’un grand chêne, sans que person ne ne puisse me voir ; je récitai la formule de téléportation, en la modifiant légèremen t pour que je puisse revenir dans le septième monde parallèle : « Ad cosmo transitus aperis urbi volo ».Je me retrouvai dans le sentier de la Forêt de la Fée Morgane ; mais les corps de Paul et Miranda avaient disparus. Je repartis vers Tendora, en espérant que ce soit un bon sorcier qui s’était occupé des cadavres de mes deux amis. Voilà toute l’histoire, Arimus ». – C’est moi qui me suis occupé d’eux, Philéas ; lui répondis-je. Je les ai enterrés au cimetière, près de notre repère. – J’en suis ravi, Arimus. – Pourquoi avoir attendu si longtemps avant de m’en parler ? – Je vous l’ai dit, Arimus. Je ne pensais pas qu’Hadès continuerait ses massacres et détruirait tout sur son passage. Je ne savais pas que rien ne l’empêcherait de conquérir les onze dimensions. J’espère qu’il n’est pas trop tard. – Non, mon ami ; lui dis-je. Vous avez protégé l’Élue, l’héritière de Merlin et de la Fée Viviane. Nous avons encore de l’espoir. – Je l’espère, Arimus ! Bon, je vais vous laisser. À bientôt. – À bientôt Philéas, lui répondis-je. – Voilà comment cela s’est passé, il y a quelques j ours, Hortencia. Nous devons maintenant retrouver Samantha, pour que la Prophétie s’accomplisse. Je vais utiliser à peu près la même formule, mais je vais rajouter une potion de localisation. C’est vous qui la retrouverez, Hortencia ; et vous l’aiderez à comprendre qui elle est, à ne pas avoir peur de ses pouvoirs et vous la guiderez dans les choix qu’elle fera, bien sûr tout cela sans qu’elle s’en aperçoive. Vous devez la mener jusqu’ici. – D’accord, comme vous voudrez, Arimus. J’espère que tout se passera bien ; et que je serai la première à la retrouver. J’ai peur qu’H adès aie les mêmes idées que nous et qu’il envoie ses adeptes, ses démons à la recherche de Samantha. – Alors, dépêchons-nous, Hortencia. Le vieux sorcier continua à tourner les pages du grimoire rouge et s’arrêta net. – Je savais bien qu’il manquait quelque chose à cet te potion, dit-il. Sans cela, Hortencia, vous ne pourriez pas la retrouver. Arimus se retourna et se dirigea vers une armoire, dont on pouvait voir à travers les vitres de nombreuses fioles et de bocaux. Cette arm oire avait aussi de nombreux tiroirs. Le magicien ouvrit le tiroir du centre de l’armoire. Là, il prit une petite boîte en bois, ornée