Les Timazo - Le Batut
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Les Timazo - Le Batut

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Description

Les Timazo sont trois enfants qui vont de ville en ville pour échapper à leur destin, et donnent des représentations pour gagner leur vie. Au fil de leur voyage, ils rencontrent toutes sortes de gens, des amis, des ennemis, d’inquiétantes figures qui les suivent, d’autres qui les aident... À chaque épisode, ils découvrent une nouvelle histoire à transformer en représentation théâtrale et des scènes de théâtre pour s’exercer.

Cet ouvrage s’adresse aux enfants qui ont de l’imagination, et à ceux qui aimeraient bien en avoir, à ceux qui rêvent de tout ce qu’ils ne peuvent pas encore faire, à ceux qu’on aime, à ceux qui sont seuls, à ceux qui ont des amis... en fait cet ouvrage s’adresse à tous les enfants, et aussi à ceux qui se souviennent encore un tout petit peu de l’époque où ils étaient enfants eux-mêmes.

L’ouvrage est en trois parties :

Le Batut : Le premier épisode de l’histoire des Timazo

Le Mauvais Violon : Un petite histoire racontée par un des personnages,

Quatre scènes de théâtre mettant en scène les personnages du Mauvais Violon.


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Informations

Publié par
Date de parution 03 septembre 2014
Nombre de lectures 3
EAN13 9782370870148
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Les Timazo

 

Premier épisode - Le Batut

 

Florence Delorme et Pierre Launay

 

Éditions Porta Piccola

 

 

Présentation

Qui ?

Les Timazo sont trois enfants qui vont de ville en ville pour échapper à leur destin, et donnent des représentations pour gagner leur vie.

Au fil de leur voyage, ils rencontrent toutes sortes de gens, des amis, des ennemis, d’inquiétantes figures qui les suivent, d’autres qui les aident…

À chaque épisode, ils découvrent une nouvelle histoire à transformer en représentation théâtrale et des scènes de théâtre pour s’exercer.

Quoi ?

Cet ouvrage s’adresse aux enfants qui ont de l’imagination, et à ceux qui aimeraient bien en avoir, à ceux qui rêvent de tout ce qu’ils ne peuvent pas encore faire, à ceux qu’on aime, à ceux qui sont seuls, à ceux qui ont des amis… en fait cet ouvrage s’adresse à tous les enfants, et aussi à ceux qui se souviennent encore un tout petit peu de l’époque où ils étaient enfants eux-mêmes.

Comment ?

L’ouvrage est en trois parties :

Le Batut : Le premier épisode de l’histoire des Timazo

Le Mauvais Violon : Un petite histoire racontée par un des personnages,

Quatre scènes de théâtre mettant en scène les personnages du Mauvais Violon.

Pourquoi ?

Pour s’amuser avec les pièces qui peuvent être montées en classe ou avec des copains ou tout seul dans sa chambre (mais franchement, le théâtre tout seul, c’est pas très drôle…).

Pour le plaisir de lire une aventure d’enfants qui se débrouillent tout seuls.

Pour découvrir qu’il existe des enfants qui n’aiment pas apprendre, qui préféreraient tout savoir tout de suite…

 

Les auteurs.

Florence Delorme.

Elle est professeur de théâtre, comédienne, metteur en scène. Elle enseigne le théâtre aux enfants, aux adolescents et aux adultes depuis longtemps, en écrivant des pièces spécialement pour eux. Elle pense que le théâtre est un bon moyen pour trouver ou retrouver du plaisir à la lecture parce qu’il permet de donner vie aux mots.

Pierre Launay

Il est musicien, écrivain, metteur en scène. Il a beaucoup fait de musique de scène pour accompagner des comédiens. Il pense que le théâtre aide les gens à grandir, tous les gens, pas seulement les enfants, et que c’est un espace idéal pour « jouer » avec les choses importantes : la vie, la mort, l’amour, la grandeur et le ridicule.

 

Florence Delorme et Pierre Launay ont écrit ensemble Même Pas Peur, une pièce pour les petits enfants qui a été jouée plus de cent fois dans les écoles de Haute-Savoie.

Les éditions Porta Piccola

Créées en 2013, elles ont un assez important catalogue de pièces de théâtre, mais aussi des histoires pour les adultes… On peut se rendre sur leur site à

http://portapiccola.com

ou sur la page Facebook :

https://www.facebook.com/portapiccola?ref=hl

On peut aussi leur écrire à

editions@portapiccola.com

 

Premier épisode.

Le Batut

1.Au Batut

– Titi ! Descends ! Tu es fou .

Dans la carrière, Ouragan trottait, portant, debout sur son dos, Titi, rayonnant.

– Mat, ne crie pas, tu vas faire peur au cheval.

Christian et Zoé, appuyés à la barrière, regardaient les évolutions de Titi d’un air approbateur.

– Et s’il tombe ? demanda Mat.

– Il se relèvera, répondit Christian, flegmatique.

Zoé regarda Mat droit dans les yeux.

– De toute façon il est déjà tombé… et moi aussi !

– Quoi ? Toi aussi tu fais ça !

Mat foudroya Christian du regard, il lui sourit.

– Ils sont doués, tu sais… je n’ai jamais vu ça !

Mat ravala sa fureur et sa peur. Christian lui inspirait une confiance absolue. Il les avait accueillis sans rien demander. Pourtant, trois enfants tout seuls sur les routes dans un vieux camion, ça en soulevait des questions. Mais lui n'en avait posé aucune. À croire que seuls les chevaux l’intéressaient. Il regardait tout le reste, les choses, les gens, comme s’il voyait à travers. C’était dérangeant, troublant, mais en même temps assez agréable, Mat n’aurait su dire pourquoi. En tout cas, c’était une bonne idée d’être venus se réfugier ici. Ils avaient pu se refaire une santé, se rassurer après leur « fuite » comme Mat appelait ce moment dramatique, longtemps médité, longtemps préparé et en même temps tout à fait improvisé : la dispute, le vol du camion déjà volé et les deux petits qu’il fallait protéger… Ça semblait loin et pourtant, ce n’était que deux semaines auparavant. Il y avait eu la route de nuit, la peur d’être rattrapés par Max, la fatigue, la volonté de faire bonne figure … Au petit matin, ils avaient dormi sur un parking quelque part dans la banlieue d’une grande ville. Mat voulait aller au Batut, un centre équestre dans la montagne dont le chemin lui était resté vaguement en mémoire… C’était près de Traguas, un bourg ramassé sur une rivière qui coulait en torrent. Zoé a fini par trouver sur la carte de France qui trainait dans la boîte à gants. Il a encore fallu toute une journée pour s’y rendre par les petites routes, parce que Mat, à quinze ans, n’avait pas vraiment le droit de conduire le camion, un camion volé en plus !… En cas de contrôle de police… mieux valait ne pas penser à ce qui arriverait.

Lorsque le camion s’arrêta au milieu de la cour, Zoé et Titi, silencieux depuis des heures, ont enfin prononcé quelques mots en voyant les chevaux. Christian est sorti pour voir qui arrivait. Mat l’a reconnu tout de suite. Il n’avait pas changé, toujours mince et nerveux comme une lame, avec un air farouche de musicien gitan, il regardait calmement le camion et Mat qui traversait la cour pour venir à lui.

– Bonsoir, Christian. Je m’appelle Mat.

Puis, en désignant les petits dans le camion,

– Eux, c’est Zoé et Titi.

– Comment sais-tu mon nom ?

– Vous connaissez mon père. Il s’appelle Gianni.

Il eut une lueur dans les yeux, et l’ombre d’un sourire.

– Ah oui… Vous êtes venus tous les deux, je me souviens… c’était il y a longtemps…

Mat ne dit rien, soutint le regard étrange et pénétrant de ses yeux bleus où flottait comme un petit rire. Après un long silence, il dit :

– Vous avez faim, je vous prépare quelque chose. Allez vous installer dans le fenil, là, en face. Evidemment, vous ne faites pas de feu. On parlera tout à l’heure.

Puis il tourna les talons.

Mat sentit un immense soulagement et aussitôt la peur et la fatigue longtemps contenues s’emparèrent de son corps. Ses mains se mirent à trembler et ses jambes menaçaient de céder sous l’énorme poids qui s’abattait sur ses épaules.

 

Ils s’installèrent dans le foin, enivrés par le silence et respirant à pleins poumons les parfums mêlés de l’herbe sèche, de la terre humide, des chevaux, de la vieille charpente. La tête encore bourdonnante des heures interminables dans le camion, ils s’allongèrent sous la surveillance attentive d’un pinson scandalisé par cette intrusion dans son territoire. Quand Christian vint les chercher, la faim avait pris le pas sur la fatigue et leurs estomacs gargouillaient.

 

Gavé de soupe, Titi faillit s’endormir sur la table. Avec Zoé qui ne valait pas mieux ils traversèrent la cour pour s’effondrer dans le foin et s’endormirent aussitôt. Pendant ce temps, Mat tâchait d’expliquer la situation sans trop en dire. Ce n’était pas bien difficile : Christian n’était pas curieux. Le nom de Gianni, le père de Mat, semblait être une garantie suffisante et il ne tenait pas à en savoir plus. Il dit :

– Vous pouvez rester ici, mais dans deux semaines, il y a un groupe qui vient. Quinze personnes. Je ne pourrai pas vous garder.

– Deux semaines c’est déjà formidable dit Mat. On pourra vous aider pour les chevaux…

– Si tu veux… Vous savez monter ?

– Non.

– Bon, on verra ça demain.

Mat à son tour traversa la cour, à bout de résistance.

Blottis dans le foin, les deux petits dormaient à poings fermés, bercés par le murmure lointain de la Traye parfois percé par le cri d’une chouette. Mat l’entendit crier une seule fois avant de s’endormir à son tour.

2.À l’abri.

Les deux semaines qui suivirent furent des moments de pur bonheur. Ils aidèrent à nettoyer les stalles des chevaux, à leur donner à manger, les brosser. Tous les travaux leur plaisaient et rien ne les rebutait, ni pelleter le fumier, ni curer les pieds des chevaux, changer les litières, réparer une clôture, entretenir le cuir des selles… Titi était tout fou. Il courait partout, suivait Christian comme son ombre, réclamait sans cesse de l’ouvrage, voulait savoir les noms de tous les chevaux, des poneys, des chiens, des chats, tout l’intéressait. Pour avoir la paix, Christian lui proposa de monter à cheval. De joie, Titi devint écarlate.

– Je veux monter sur celui-là, dit-il en désignant Ouragan, un magnifique étalon bai, le plus grand de tous les chevaux du Batut. Sans discuter, Christian le posa sur le dos nu du cheval.

– Tiens-toi à la crinière et débrouille-toi.

Les jambes de Titi étaient trop courtes pour descendre le long des flancs du grand animal, mais il avait un tel plaisir à occuper cette place de roi qu’il aurait fallu un tremblement de terre pour le déloger. Ouragan se mit paisiblement en marche. Un instant balloté, Titi trouva très vite le bon équilibre. De la voix, Christian encouragea le cheval à marcher plus vite. Lorsqu’Ouragan prit le petit trot , Titi se mit à rebondir comme une balle, mais trouva très vite le bon rythme pour épouser ses mouvements et faire corps avec lui. Parfaitement à son aise, il arborait un sourire qui semblait lui faire tout le tour de la tête.

Lorsque Christian arrêta Ouragan, Titi sauta par terre avec...