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MétaWars

De
157 pages
Les Téléversés ont trouvé un passage vers le vrai monde. À présent, le combat pour la
survie de la métasphère et du monde hors ligne dégénère en une bataille sans merci
entre le virtuel et la réalité. Jonah Delacroix est en mission pour sauver la métasphère, mais tandis que les allégeances changent, il est confronté à un choix terrible: secourir son père téléversé ou faire le sacrifice ultime. Qui l’emportera dans la bataille des immortels? Voici le troisième livre de l’incroyable série METAWARS. De quel camp êtes-vous?
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Copyright © 2013 Awesome Media & Entertainment Ltd Titre original anglais : MetaWars: Battle of the Immortal Copyright © 2014 Éditions AdA Inc. pour la traduction française Cette publication est publiée en accord avec Hachette UK Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire. Éditeur : François Doucet Traduction : Mathieu Fleury Révision linguistique : Marie Louise Héroux Correction d’épreuves : Nancy Coulombe, Katherine Lacombe Conception de la couverture : Matthieu Fortin Photo de la couverture : © Thinkstock Mise en pages : Sébastien Michaud ISBN papier 978-2-89733-757-5 ISBN PDF numérique 978-2-89733-758-2 ISBN ePub 978-2-89733-759-9 Première impression : 2014 Dépôt légal : 2014 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque Nationale du Canada Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes, Québec, Canada, J3X 1P7 Téléphone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99 Imprimé au Canada
Participation de la SODEC. Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition. Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC. Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Norton, Jeff [Battle of the Immortal. Français]
La bataille des immortels (Métawars ; Tome 3) Traduction de : Battle of the Immortal. Pour les jeunes de 13 ans et plus. ISBN 978-2-89733-757-5 I. Fleury, Mathieu. II. Titre. III. Titre : Battle of the Immortal. Français. IV. Collection : Norton, Jeff. Métawars ; Tome 3. PS8627.O785B3714 2014 jC813’.6 C2014-940722-X PS9627.O785B3714 2014
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Pour Jack et Patrick… et leur essor en Haut vol.
4 Haut vol »
1 Le poème,Haut vol, est celui de John Gillespie Magee fils, un aviateur américain qui rejoignit l’Aviation royale du Canada (ARC) durant la Deuxième Guerre mondiale. Il participa aux opérations en Europe avant l’entrée en guerre des États-Unis d’Amérique. Il est mort en service commandé à l’âge de 19 ans, en 191, dans une collision en plein ciel au-dessus des terres du Lincolnshire, en Angleterre. Haut volest un grand poème que l’ARC a officiellement adopté dans sa coutume protocolaire. Jason Delacroix avait pour habitude d’en réciter les vers à son jeune fils, Jonah. 1. N.d.T.: Dans sa version originale, ce poème s’intitule 4 High Flight ».
1
Jonah se pencha à l’avant du hors-bord qui filait à travers Times Square. Sam poussait le moteur à fond, exigeant un maximum de la charge des piles électriques. Le hors-bord en kevlar noir fendait l’eau dans les rues inondées de Manhattan, direction Hell’s Kitchen. Jonah plissa les yeux dans le soleil aveuglant de fin d’après-midi. Il s’imaginait déjà auprès de son père, heureux de le retrouver. Après deux longs mois de captivité, il allait enfin l’arracher à sa prison. Les néons de Times Square montraient toujours les mêmes lumières tapageuses, enchaînant en boucle leurs messages fluorescents, malgré que la rue, juste en bas, se noyât sous un mètre d’eau. On voyait défiler sur les écrans plats des publicités qui vantaient le luxe, des choses hors de prix, un forfait extravagant de métavacances. C’était irréel. Jonah aurait ri… en d’autres circonstances, peut-être. Or, la ville était plongée dans un chaos bien réel et Jonah y était décidément pour quelque chose ; c’était lui qui avait convaincu les Gardiens d’inonder Manhattan. L’eau montait encore, retenue par les digues qui devaient en principe défendre l’île nation contre les marées et les sautes d’humeur de la mer. L’inondation laisserait derrière elle une ville brisée, comme le serait aussi la relation qu’avait Jonah avec la jeune présidente de Manhattan, Lori Weisberg. En s’attaquant à la ville, c’était une amie que Jonah trahissait. — Jason fait mieux d’être prêt ! cria Sam par-dessus le bruit de l’eau, sa voix tirant aussitôt Jonah de sa rêverie, le ramenant à la tâche présente, celle de l’évasion qu’ils s’apprêtaient à aider. Techniquement, le père de Jonah était mort, mais les faits disaient une tout autre histoire. Avant de mourir, Jason avait fait une copie de lui-même, préservant la somme de ses souvenirs et de son être sous la forme numérique d’un avatar. Jonah avait découvert cette copie et l’avait assimilée, intégrant en partie les expériences de son père, avant de la téléverser dans la métasphère. Sous sa forme téléversée, Jason avait trouvé le moyen de revenir à la vie en usurpant l’esprit et le corps d’un résidant de Manhattan. Le corps qu’il habitait à présent était celui d’une véritable célébrité, Luke Wexler, l’un des plus grands designers de jeux vidéo au monde. Dans le corps de Lucky Luke Wexler, Jason s’était fait arrêter deux mois plus tôt et depuis, sous des accusations de rapt d’un corps, les autorités l’avaient assigné à résidence, dans les appartements de Luke Wexler. Depuis deux mois, Jonah n’avait eu droit qu’à de brèves visites et s’affairait, pour ne pas trop y penser, à épauler les Gardiens dans l’extraction des serveurs du Coin ouest, ceux qu’on avait découverts sous la ville, dans les tunnels de métro abandonnés de Manhattan. — Il sera prêt, t’inquiète ! lui répondit d’un cri Jonah, espérant que ce soit vrai. De toute façon, Sam, il faut le sortir de là. C’est devenu trop dangereux pour lui. En effet, la ville n’était plus sûre pour les Téléversés comme le père de Jonah. La colère et la paranoïa gagnaient les vivants et les gens voyaient des morts partout. On n’allait plus en ligne, on avait peur de se brancher, craignant, non sans raison, de ne plus jamais revenir du monde virtuel. Dans la métasphère, on ne comptait plus le nombre d’usurpations rapportées. Dans le monde physique, on ne savait plus qui était qui. La colère et l’indignation étaient galopantes, la violence éclatait de plus en plus. Dans sa « prison », Jason était à l’abri des foules émeutières, mais ce n’était plus qu’une question de temps avant que les rési-dents de Manhattan fassent pression sur le Conseil de la République, qu’ils exigent des conseillers une action radicale. À
cause de la médiatisation de son histoire, Jason était une cible facile et son extraction ferait un bon exemple. Le hic, c’était que la procédure d’extraction risquait de tuer à la fois le Téléversé usurpateur et son hôte. Bref, il y avait urgence d’agir et c’est pourquoi Sam, Axel, son père, et Jonah avaient mis en branle un plan audacieux. Ils libéreraient Jason puis fuiraient tous ensemble Manhattan. e Sam vira brusquement sur la 11 Avenue, ses cheveux roux et courts fouettant dans le vent, et freina le hors-bord dans une manœuvre en demi-cercle serré. Il alla s’arrêter en pointant plein sud. L’édifice en brique de huit étages se dressait sur la gauche. — C’est parti ! lança Jonah en enfilant son gilet de sauvetage jaune orange. Sam en vérifia les boucles et tira fort sur les courroies. — Aïe ! fit Jonah. J’ai quand même besoin de respirer. — Il reste une sangle à boucler, lui dit-elle, indiquant l’attache de sécurité qui lui pendait entre les jambes. Mais je te laisse te débrouiller avec celle-là. Jonah se pencha pour attraper la courroie et vint la fixer à sa taille. — Voilà, maintenant tu ne le perdras pas lorsqu’il se gonflera d’air. Elle lança un gilet supplémentaire à Jonah qui grimpait déjà dans l’escalier de secours en fer noir. e Les marches montaient presque à la verticale comme une échelle. La 11 Avenue sous Jonah était inondée et, d’où il se trouvait maintenant, il voyait l’eau s’étendre jusqu’au centre-ville. La vue lui rappela Venise, une ville dont il avait appris l’existence en classe d’histoire. Venise était depuis longtemps disparue, avalée par la mer. Quand Jonah atteignit le dernier étage, il se pencha devant la fenêtre des appartements de Jason et frappa six petits coups : trois coups rapides, puis deux et un dernier court. La fenêtre s’ouvrit et Jonah vit poindre la tête de Luke Wexler, le célèbre designer de jeux vidéo. Il avait un grand sourire accroché au visage. Derrière ce sourire, Jonah reconnaissait son père. — Comme c’est gentil d’être venu, fiston, dit Jason avec le lourd accent texan de Luke Wexler. — Nous allons sauter ensemble, dit Jonah, tendant le gilet orange à son père. Jason sortit dans l’escalier de secours et attacha le gilet comme si c’était quelque chose qu’il faisait tous les jours. Soudain, il y eut une explosion et la fenêtre vola en éclats. Dans une pluie de verre, Jason se jeta sur Jonah, le tirant au sol et lui couvrant la tête. Jonah avait le visage écrasé contre la grille du palier. Il entendit une rafale de balles, la mitraille sèche et assourdissante des fusils d’attaque. Partout autour, il pleuvait du verre et des balles. — Reste à couvert ! cria Jason. Jonah se laissa glisser dans l’escalier vers le septième étage et Jason le suivit. Les grilles de fer noir se mirent à grésiller comme des feux de Bengale tandis qu’une autre salve de balles venait ricocher sur le métal. — Allez viens, papa ! cria Jonah, tournant le coin pour se jeter dans la prochaine volée de marches. En bas de celles-ci l’attendait un atterrissage douloureux contre la rambarde. Jason venait derrière lui, glissant élégamment sur les bras, sans toucher les marches. Les briques tout près de la tête de Jonah éclatèrent sous l’impact d’une rafale. Jonah put goûter à la poussière rouge des briques éclatées.Ça, c’était moins une, se dit Jonah. Il fallait sauter, tout de suite. Il fit signe à son père de sauter.
Tandis que Jonah passait par-dessus la rampe, il se revit en pensée, quatre mois auparavant, juste avant de plonger du haut d’un gratte-ciel. En sautant, il avait abandonné sa mère à une mort certaine. — On tire et on saute ? demanda Jason, arrachant Jonah à cet horrible souvenir. — Non, saute d’abord, tireensuite, cria Jonah avant de sauter dans le vide, tirant une seconde après la boucle à déclenchement rapide du gilet de sauvetage. Le gilet se gonfla d’air. Jonah ne voyait plus rien, enveloppé dans la grosse sphère orange. Le caoutchouc gonflé lui écrasait la bouche et le nez. Jonah crut pendant un court moment qu’il allait s’asphyxier, puis il y eut un choc violent au contact de l’eau. Après le premier choc, Jonah sentit une poussée inverse et la boule orange l’amena tournoyer dans les airs, rebondissant une autre fois avant de s’arrêter dans les vagues. Jonah avait avalé une bonne goulée d’eau froide et salée et se débattait à présent avec la corde qui devait en principe dégonfler le gilet. Il n’eut pas à se débattre bien longtemps, car une balle siffla tout près et transperça le caoutchouc orange. Tandis que le gilet se dégonflait, Jonah vit que son père était en mauvaise posture. Il se mit à nager vers lui pour l’aider. Une fois la corde tirée, Jason émergea vite de la boule orange. Il ne leur restait plus qu’à nager vers le hors-bord où Sam les attendait. Jonah leva un bras vers la main tendue de Sam. Elle tira Jonah hors de l’eau et par-dessus la coque en caoutchouc de fabrication militaire. Une fois à bord, aidé de Sam, Jonah hissa Jason dans l’embarcation. Tout autour, les balles piquaient en rafales la surface de l’eau, mais Sam e mettait déjà le moteur à pleine puissance, leur faisant tourner le coin qui les ramenait sur la 45 Rue et hors de la ligne de feu. Jonah pouvait enfin respirer.