//img.uscri.be/pth/6dad39e9ac576f3cab99da65257f0e346337b880
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 8,25 € Lire un extrait

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

Meurtre au lycée à Mayotte

De
100 pages
A Mayotte, petite île au milieu de l'Océan indien, un lycéen a découvert le corps d'une jeune fille dans la réserve du CDI du lycée. Qui a pu tuer une jeune fille si douée, qui s'apprêtait à commencer des études de médecine ? Son amoureux, avec qui elle venait de rompre ? Son père, fâché de voir sa fille lui tenir tête en refusant le mari qu'il lui a choisi ? Son futur mari, âgé et furieux de se voir préférer un plus jeune ? Pour le découvrir, suivez l'enquête de l'inspecteur Henry.
Voir plus Voir moins

!"# %&'#()*'+ ,(-, ."' )/ 0'1#/ -2("#('3 4(, /5',36+ 7/, #/7/#)'/7/-3, /3 7!- (7'3'68

&$-.'/!
J’ai attrapé une saucée en partant ce matin, peste Mathilde, à croire que la pluie avait attendu qu’on ait franchi le seuil pour déverser sur nous toute sa rage. En quelques secondes, je me suis retrouvée à l’état d’épouvantail, moi qui, pour cette reprise du dernier trimestre, avais repassé mon chemisier blanc brodé de fleurs bleues, acheté au marché Saint-Martin il y a deux ans, en compagnie de ma sœur et de mes filles. Je l’aime bien car il est assez vaste pour y cacher les rondeurs que m’ont offertes l’addition des années et des enfants, l’absence de sport et l’amour parfois immodéré du painbeurre. Le lycée n’a pas changé durant cette semaine de vacances : les rafales de vent font toujours voltiger des feuilles sous nos pas, pages de cahier dont l’encre se délaie, parfois même copies présentant aux yeux de tous les cicatrices rouges de leurs annotations. De temps à autre une poussée plus brusque fait dévaler une cannette jetée sur une des marches de l’escalier que j’emprunte pour accéder à l’allée menant à mon lieu de travail. La porte du CDI me résiste ; le bois a travaillé. Pour un peu je lui donnerais un bon coup de pied, histoire de lui apprendre qui est le maître, mais là encore il y a du public. Une demi-douzaine d’élèves sont appuyés contre le mur ou les petites grilles, tout à fait inutiles, qui encadrent l’entrée. On me regarde. Je tourne donc avec un maximum de sérieux la clé récalcitrante et elle finit par obéir.

J’entre. Il fait encore très sombre. Les murs aux pierres apparentes ont un aspect suintant et je me souviens qu’au début j’y passais la main croyant les découvrir humides. Humides ou non, ils donnent au lieu un aspect de caveau, malgré leur hauteur. Lorsqu’on appuie sur l’interrupteur, les suspensions émettent tout d’abord une lumière rose, dont la lueur est peu engageante… Huit fenêtres percent les murs ; elles sont toutes entourées d’une rangée de pierres blanches qui ressortent sur le gris de la muraille et sont recouvertes d’un store ardoise qui se soulève et vient parfois caresser le dos d’un lecteur. Ce lieu appelle à l’immobilisme. En y pénétrant on se sent comme pétrifié. Aucune envie ne me prend de me déplacer dans un de ses recoins d’ombre. Derrière les étagères, hors de vue du bureau perché sur son estrade, c’est comme un territoire inexploré. On y trouve des élèves assoupis, la tête entre les bras ; d’autres, mollement appuyés contre les rayonnages, semblent garder les yeux ouverts sur un monde invisible. Tout ici respire une sorte de mystère : la réserve, petit cagibi placé en arrière de notre perchoir, est une caverne emplie de poussière et de trésors que le temps réduit à leur matière originelle de chiffon. On ne touche qu’avec respect ces vieillards de papier, de crainte qu’ils ne vous restent entre les doigts : vétustes collections du 9!-&/, du :!"##'/# ;-3/#-(3'!-(0 ou des :06, &/ 02%)3"(0'36, dont les flancs et l’avant des boîtes d’archives affichent en lettres pâlies le nom et les numéros. Aucune vue n’est possible ; par les -()!,< situés presque sous le toit, on aperçoit la végétation qui peuple le moindre espace. Sur le côté gauche, tout est vert hormis le flamboiement des orgueils de Chine ou
1

Fenêtres composées de lames de verre. 10