Minouche II

Minouche II

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76 pages

Description

Pourquoi Minouche, petite chatte futée
de quatre ans, se serait-elle laissée
décourager, après avoir déménagé dans
une tour, par les portes verrouillées d’une
copropriété de neuvième étage? Nenni.
C’est très mal la connaître. Elle continuera
à sortir comme auparavant. Des enfants et
des adultes de tous les âges lui viendront
en aide.
Cette étonnante chatte échappe cependant un cri le jour où elle se découvre
investie de pouvoirs spéciaux : «Ah! bien, là ! Ah ! bien, là, par exemple, c’est
trop!... » Elle n’en croit ni ses mirettes ni ses petites oreilles.

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Date de parution 15 mars 2012
Nombre de lectures 29
EAN13 9781771200424
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Minouche II La chatte du neuvième étage Germain Dion VERMILLON Illustrations Pierre LEGRAND
CONTE COLLECTION PAROLE VIVANTE
Minouche II la Chatte du neuvième étage
Les Éditions du Vermillon reconnaissent l’aide financière du Conseil des Arts du Canada, du Conseil des arts de l’Ontario, de la Ville d’Ottawa, et du gouvernement du Canada (Programme Fonds du livre du Canada, FLC, du ministère du Patrimoine canadien) pour leurs activités d’édition.
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada
Dion, Germain Minouche, la chatte du neuvième étage : conte pour tous / Germain Dion.
ISBN 978-1-897058-95-4
1. Chats--Romans, nouvelles, etc. pour la jeunesse. I. Titre.
PS8557.I647M56 2010 C843'.54 C2010-900630-5
Les Éditions du Vermillon 305, rue Saint-Patrick Ottawa (Ontario) K1N 5K4 Téléphone : (613) 241-4032 Télécopieur : (613) 241-3109 Adresse électronique : leseditionsduvermillon@rogers.com Sites Internet : leseditionsduvermillon.ca et livres-disques.ca Distributeur au Canada : Prologue 1650, boulevard Lionel-Bertrand Boisbriand (Québec) J7H 1N7 Téléphone : (1-800) 363-2864 (450) 434-0306 Télécopieur : (1-800) 361-8088 (450) 434-2627 en Suisse : Albert le Grand 20, rue de Beaumont CH 1701 Fribourg Téléphone : (26) 425 85 95 Télécopieur : (26) 425 85 90 en France : Librairie du Québec 30, rue Gay-Lussac 75005 Paris Téléphone : 01 43 54 49 02 Télécopieur : 01 43 54 39 15 ISBN 978-1-897058-95-4 Édition numérique (PDF) : ISBN 978-1-771200-42-4 COPYRIGHT © Les Éditions du Vermillon, 2011 Dépôt légal, premier trimestre 2012 Bibliothèque et Archives Canada Tous droits réservés. La reproduction de ce livre, en totalité ou en partie, par quelque procédé que ce soit, tant électronique que mécanique et en particulier par photocopie, par microfilm et dans Internet, est interdite sans l’autorisation préalable écrite de l’éditeur.
GERMAIN DION
Minouche II la Chatte du neuvième étage
Vermillon
Les amoureux fervents et les savants austères Aiment également, dans leur mûre saison, Les chats puissants et doux, orgueil de la maison, Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.
Charles Baudelaire,Les Fleurs du Mal(1857), « Les chats », LXVI
I
J’oseme présenter
Arriverait-il un jour à une jeune chatte d’Espagne, comme moi, de pouvoir me servir d’un ordinateur pour vous raconter comment j’ai persisté à sortir « solo » à la rue, après que ma Maîtresse eut acheté une copropriété au neuvième étage d’une tour ? Miaou, miaou, miaou... j’avoue que j’y ai pensé. Vous passeriez jusqu’à l’an 2100 ou 2200 à décrypter ce que j’ai écrit. Humble quadrupède, vous vous sentez infiniment petite en longeant au sol votre superstructure de vingt-quatre étages, copiée en hauteur sur le flanc d’une montagne ou sur le mât du Stade olympique de Montréal. Un immense berger allemand se pointe pour m’intimer : – Tasse-toi de mon chemin, méchante vermine, indigne insecte. Tu m’offenses... – Disparais, à ton tour, que je lui réponds ! Tu te prends pour qui ? Après mon courageux rituel dechsssh !chsssh ! chsssh ! chsssh !...exécuté en suivant à la lettre le manuel de défense que m’avait enseigné ma mère avant de mourir, je me sauve à une vitesse vertigineuse vers la plus grosse branche d’un arbre. De là, je peux narguer, comme je le veux, l’andouille de chien s’étouffant à aboyer en bas.
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Mon autre problème, sortie, c’était de devoir réintégrer par moi-même l’étage approprié de mon « Château ». Chaque fois je voguais vers la liberté. Mes sorties non autorisées m’ont permis de connaître des enfants, des adultes, des étrangers, des endroits et des modes de vie qui me seraient restés cachés. De mon quar-tier, j’ai côtoyé des animaux, aidé un vieux chien à mourir, rendu le même service à une infortunée enfant que la maladie a arrachée très jeune à cette vie. En d’autres occasions, je me suis servie de mesPOUVOIRS SPÉCIAUX(patientez, je vous expliquerai plus tard lesquels...) pour gagner une course annuelle entre chats; arrêter un vol de banque; assister à une partie de hockey du Canadien et pour pratiquer du « tourisme » international. J’ai fait sentir mon influence jusque dans les plus hautes sphères de la politique !... Je serais malheureuse que vous me jugiez juste comme unepauvrechatte qui a absolument besoin de voir son nom dans les journaux. Oh ! pourquoi ce snobisme deMinouche II dans mon nom ? À mes quelque cinq mois, ma mère est décédée sous les roues d’une auto. Comme de la dernière portée j’étais celle qui lui ressemblait le plus, ma Maîtresse a décidé de me garder et de me donner le même nom qu’elle – le numéro en plus. Compter les mouches et regarder les reprises... deGarfield à la télévision a vite lassé ma patience, à ce neuvième étage, accroché à la voûte du ciel. Soudain veuve, ma Maîtresse a vécu une deuxième épreuve : sa mise à la retraite anticipée, de l’en-seignement. Elle s’était estimée incapable de garder seule sa maison sous les arbres, avec chatière à la porte arrière. C’était mon sauf-conduit vers le monde. Ni mini-hélicoptères, ni ascenseurs externes, ni nacelle reliée à un câble et un palan, ni montgolfière en format réduit: les mordus de technologie n’ont encore rien inventé pour satis-faire le goût d’évasion d’un chat prisonnier de ces hauteurs. Dans un édifice neuf, il est improbable de trouver des murs
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lézardés, un couloir secret, des trappes à boutons-poussoirs, des fenêtres amovibles, des murs escamotables ou des espaces évidés pour permettre à un quadrupède de sortir. Donc, j’ai pro-fité du concours de tous les bipèdes bien pensants qui m’ont offert leur aide : hommes, femmes, enfants de tout âge. J’ai surtout osertrouver moi-même des moyens de sortir et de revenir au bercail, après avoir goûté mes précieuses minutes d’autonomie, si réconfortantes.
*
Ma Maîtresse, je crois, s’est très vite rendu compte de l’er-reur qu’elle avait faite en déménageant avec moi dans cette copropriété. Elle comptait sur mon obéissance. À regret, je suis obligée de dire je suis devenue une adepte invétérée de l’insou-mission. L’enchaînement des choses a pris une tendance unique que je n’ai pu déraciner.
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