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Mortelle attirance

De
672 pages
THE CLANN - TOME 2

Au lendemain d’une étrange maladie, Savannah se réveille mi-sorcière comme sa mère, mi-vampire comme son père. Elle ne se reconnaît plus, ne se comprend plus. Ses amies non plus ne la comprennent plus. Mais le pire est ailleurs : elle est devenue un danger pour Tristan, le garçon qu’elle aime depuis l’enfance et qui appartient au puissant Clan des sorciers. On leur interdit de se revoir. Renoncer à leur amour ? Jamais. Savannah et Tristan sont des rebelles. Mais jusqu’où les entraînera leur désobéissance?…

A propos de l'auteur :

Née en Californie, Melissa Darnell a vécu un peu partout aux USA avant de s’installer au Nebraska. Ancienne danseuse de haut niveau, elle a noué un lien particulier avec la musique et ne commence jamais à écrire sans avoir préalablement constitué une play-list en rapport avec le climat de son récit. Elle est l’auteure de nombreux romans pour adultes et s’illustre en Jeunesse avec « The Clann », une série paranormale originale, qui met en scène vampires et magiciens, avec pour héroïne une jeune fille sang-mêlé unique en son genre.

Dans la série « The Clann » :

Tome 1 : Le baiser interdit
Tome 2 : Mortelle attirance
Tome 3 : Ultime sacrifice

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Savannah
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Le jet privé du Conseil des Vampires, immense cocon de cuir blanc paré de boiseries exotiques, fredonnait sa berceuse sournoise, comme pour m’inciter à sombrer dans le sommeil. Pourtant, j’avais beau être au chaud et en sécurité entre les bras du seul garçon que j’aie jamais aimé, je ne parvenais pas à céder à l’épuisement qui me plombait le corps. Pas encore. Il me restait si peu de temps pour proîter de cette illusion de paix et de bonheur parfait… il fallait que je lutte contre le sommeil aussi longtemps que possible. Assis à côté de moi, Tristan avait déjà perdu cette bataille. Il s’était effondré sur un coin du canapé que nous partagions à l’arrière de la cabine. Son menton, ombré d’une barbe de trois jours, reposait inconfortablement sur sa poitrine. Pourtant, un léger sourire relevait la commissure de ses lèvres, et ses bras, solidement noués autour de moi, ne relâchaient pas leur étreinte. Même en plein rêve, il essayait de me protéger. En réalité, c’est moi qui aurais dû le protéger. En dépit du cuir moelleux où nous étions installés, Tristan ne devait guère être à l’aise. Après tout, contrai-rement à moi, il était humain, et il y avait des limites à ce que son corps pouvait endurer. La première fois que
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ses paupières avaient commencé à s’alourdir, quelques heures plus tôt, j’avais tenté de le convaincre d’aller s’allonger sur l’un des sièges inclinables ou, du moins, de s’approprier la totalité du canapé aîn de pouvoir s’y étendre de tout son long. Mais il avait refusé, s’obstinant à dormir assis aîn que nous puissions rester serrés l’un contre l’autre. Connaissant le sort qui nous attendait, j’avais cédé… C’était égoïste de ma part, je sais — mais moi non plus, je ne voulais pas m’éloigner de lui. Une boucle de cheveux blonds, aussi rebelle que son propriétaire, lui était tombée sur le front. Avec précau-tion, j’ai tendu la main pour la repousser en arrière, m’efforçant de ne pas m’appesantir sur le contraste frappant entre sa peau et la mienne, si blanche qu’elle en était presque translucide. Dans quelques heures, même ce genre de contact furtif nous serait interdit à jamais. Je me suis efforcée de graver dans ma mémoire chacun des détails de son visage. En règle générale, celui-ci afîchait une détermination abrupte, ou bien l’un de ces sourires si célèbres qui aveuglaient son entourage. Pour l’heure, ses traits étaient adoucis par le sommeil et par le fait que Tristan était persuadé que désormais, tout irait bien — ce en quoi il se trompait, malheureusement. Il n’avait pas la moindre idée des sacriîces auxquels j’avais dû consentir pour que le Conseil des Vampires accepte de le relâcher après s’être servi de lui et de la force de son sang, empreint de la magie du Clan, aîn de mettre ma résistance à l’épreuve. Menotté à une chaise placée dans une salle d’interrogatoire en béton nu, juste à côté de la pièce où je me trouvais, il n’avait pu entendre les terribles
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promesses qui m’avaient été arrachées par l’assemblée de créatures implacables qui le retenaient prisonnier. Des créatures auxquelles je ressemblerais bientôt — la transformation se faisait lentement,mais sûrement. J’aurais pu tout avouer à Tristan après que le Conseil nous avait autorisés à quitter leur quartier général à Paris. Mais je n’en avais rien fait, en partie parce que je craignais sa réaction, mais aussi parce que je tenais à proîter de chaque seconde de bonheur qu’il nous restait à passer ensemble. Les muscles de ma poitrine étaient contractés, m’em-pêchant de respirer aussi librement que je l’aurais voulu ; une nouvelle larme s’est mise à glisser le long de mon nez. Saletés de larmes. Depuis que Tristan et moi avions émergé du labyrinthe de tunnels qui constituait le siège du Conseil, il ne s’était guère écoulé plus de quelques minutes sans que je craque de nouveau. Sachant ce qui m’attendait aîn de préserver la sécu-rité de Tristan une fois que nous serions de retour chez nous, à Jacksonville, au Texas, j’avais le pressentiment que je ne cesserais plus jamais de pleurer. Je représentais un danger pour Tristan — il existait une foule de bonnes raisons, toutes plus logiques les unes que les autres, qui conîrmaient ce fait et m’obligeaient à respecter ma promesse de mettre în à toute relation avec lui. Alors pourquoi est-ce que je ne parvenais pas à convaincre mon cœur que c’était la meilleure solution ? La tête appuyée contre le dossier du canapé, Tristan a laissé échapper un soupir en m’attirant plus près de lui. Même si je savais que je n’aurais pas dû le laisser faire, et qu’en gardant mes distances, j’œuvrais pour sa sécurité, j’ai laissé parler mon cœur — une dernière
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fois. J’ai enfoui ma tête dans le creux de son épaule, dans cette courbe chaude et solide qui semblait avoir été modelée spécialement pour moi. J’ai pris une profonde inspiration, et mes narines ont frémi en perce-vant les notes piquantes de son après-rasage, à peine perceptibles désormais — la dernière fois qu’il avait eu accès à un rasoir, c’était vendredi dernier. Et sous ce parfum, je sentais une autre odeur, subtile, riche, et surtout, interdite : celle du sang de son Clan, le sang qu’il avait été obligé de verser pour que le Conseil me mette à l’épreuve. J’avais été à deux doigts d’échouer. Cette épreuve avait failli lui coûter la vie. Avalant ma salive avec peine, j’ai chassé ces images de mon esprit. Bientôt. Bientôt, je tiendrais ma promesse envers le Conseil. Mais… pas tout de suite. J’avais besoin de ces quelques heures durant lesquelles, dans cet avion, nous pouvions déîer tout à la fois les lois de la gravité, celles du Clan et du Conseil des Vampires. J’avais besoin de quelques souvenirs de plus à chérir avant que nous atterrissions et soyons séparés une fois de plus. Je voulais être certaine de me rappeler les bras de Tristan serrés autour de moi, et l’amour qu’il me portait. Je voulais garder en moi la sensation de mes bras à moi autour de sa taille, des muscles durs de son torse contre ma joue, conserver dans mes oreilles le battement de son cœur. Entretenir encore un peu l’illusion de la sécurité, blottie entre ses bras ; il avait posé ses grandes mains sur ma hanche et mon dos, aussi délicatement que s’il protégeait un trésor fragile au lieu du monstre que j’étais en réalité… — Savannah ? a murmuré une voix familière près
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de mon oreille, aussi importune que le bourdonnement d’une mouche. J’ai marmonné une vague réponse. Je voulais que cette voix s’éloigne. Il n’y avait qu’une seule voix masculine que j’avais envie d’entendre à ce moment précis — et ce n’était pas celle-là. — Savannah, réveille-toi, a insisté mon père en haussant légèrement le ton. Pour les oreilles humaines de Tristan, son chucho-tement restait imperceptible. Avec une grimace, j’ai soulevé une paupière. — Dans une heure, nous arriverons à l’aéroport de Cherokee County, et le pilote vient de m’annoncer que l’atterrissage se fera dans des conditions météo-rologiques difîciles. Tu devrais appeler ta mère et ta grand-mère pour les prévenir. Mon père m’a tendu un téléphone portable arborant, en lettres d’or, l’inscription « A n’utiliser qu’en phase de vol ». Je me suis emparée du téléphone, et mon père est retourné s’asseoir sur son siège à l’avant de la cabine. Craignant que ma conversation ne réveille Tristan, j’ai tenté de me dégager doucement de ses bras aîn de me rapprocher de l’endroit où mon père s’était rassis. Mais j’avais à peine esquissé un mouvement qu’il s’est réveillé. — Désolée, ai-je murmuré. Il faut que je passe quelques coups de îl. Rendors-toi. — Non, ça va. De nouveau, il m’a attirée face à lui et m’a fait rasseoir sur ses genoux tout en frottant son nez contre le mien — sa façon à lui, si familière, de me réclamer un baiser en silence. A la dernière seconde, j’ai détourné la tête
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et, au lieu de ma bouche, ses lèvres ont rencontré ma joue. Il a basculé la tête en arrière pour me regarder dans les yeux. Son regard, encore lourd de sommeil, était à la fois étonné et blessé. — Il ne faut pas… pas avant que nous ayons atterri et que tu puisses refaire le plein d’énergie. Je pouvais dire merci à la démone Lilith, la créatrice de la race de vampires hybrides à laquelle appartenait mon père, grâce à qui, ou plutôt,à cause de quij’étais capable d’absorber l’énergie d’un être humain par l’entremise d’une morsure ou d’un baiser, chose que j’avais apprise tout récemment, et à mes dépens. Tant que nous nous trouvions loin du sol, un simple baiser de ma part pouvait tuer Tristan, et ce malgré le fait qu’il était l’héritier de la plus puissante famille de sorciers du Clan. Il avait le pouvoir de capter l’énergie de la terre par simple contact avec le sol, et c’était la seule chose qui l’avait sauvé quelques jours plus tôt, quand nous nous étions embrassés trop longtemps et qu’il s’était battu avec Dylan Williams, un autre membre du Clan. Si je n’étais pas parvenue à traner Tristan sur une bande de gazon à proximité, où il avait alors pu se recharger en énergie, il serait sans doute mort ce soir-là. Avec une moue déçue, il a acquiescé et m’a laissée me glisser à côté de lui puis m’installer à l’extrémité opposée du canapé, les jambes repliées entre nous deux. Aussitôt, il a posé une main sur mes chevilles, juste sous l’ourlet de mon pantalon. Ce besoin inhabituel qu’il avait de maintenir un contact physique constant avec moi me surprendrait toujours.Soupçonnait-il ce que le Conseil m’avait fait promettre ?A moins que l’épreuve à laquelle j’avais été soumise ne lui ait mis les nerfs à vif, et qu’il s’inquiète simplement pour moi ?
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J’ai posé une main sur la sienne et, de l’autre, composé le numéro sur le téléphone de l’avion. Chez moi, la sonnerie a retenti quatre fois, puis le répondeur s’est déclenché. Surprise, j’ai jeté un coup d’œil à ma montre, toujours réglée sur le fuseau horaire de Jacksonville. Il était 10 heures du matin, et nous étions dimanche. Granny, avec qui ma mère et moi vivions depuis presque toujours, aurait dû être à la maison, en train de se préparer pour aller à l’église. En tant que pianiste attitrée, elle ne manquait jamais la messe du dimanche. Pourquoi ne répondait-elle pas ? J’ai de nouveau essayé de la joindre ; peut-être était-elle dans sa chambre, en train de s’habiller. Une fois de plus, je suis tombée sur le répondeur. Envahie d’un mauvais pressentiment, j’ai laissé un message. Aussitôt après, j’ai appelé ma mère sur son portable. Elle était probablement encore sur la route, pour l’un de ses fréquents voyages d’affaires. Elle a décroché à la première sonnerie, me faisant sursauter. Contrairement à Granny, maman avait rarement du réseau — elle livrait des équipements de protection et des produits chimiques à des sylviculteurs perdus au beau milieu des bois ou en pleine campagne. — Oh ! salut maman. Je voulais juste te dire que tout va bien et que… — Savannah ! Dieu soit loué ! Je… Nous… ta grand-mère… Elle était à la limite de crier. Sa voix, habituellement basse, était montée dans les aigus au point de me faire mal aux oreilles. Je me suis raidie. — Je suis sur le chemin du retour, a-t-elle repris d’une
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voix où perçaient toujours des accents hystériques. Mais je ne serai pas à Jacksonville avant plusieurs heures, et… Mes mains se sont crispées autour du téléphone et des doigts de Tristan. — Attends, maman, du calme ! Que se passe-t-il ? Une expression inquiète sur le visage, Tristan a glissé sa main sous la mienne pour entrelacer nos doigts. Soulagée d’avoir quelque chose de solide à quoi m’agripper, je l’ai serrée très fort. — Savannah, ils ont enlevé Granny ! Ils m’ont appelée, et… — Attends une minute. Comment ça?Quil’a enlevée? Le peu de chaleur que m’avait jusqu’alors prodigué Tristan s’est instantanément retiré de mon corps. Le Conseil des Vampires avait-il décidé de s’en prendre à ma grand-mère, à présent ? — Le Clan ! Ils m’ont appelée en me demandant où était le îls Coleman, comme si je pouvais le savoir. Pour une raison que j’ignore, ils pensent que vous sortez ensemble, tous les deux. J’ai essayé de leur dire qu’ils se trompaient, que tu n’enfreindrais jamais les règles de la sorte. Mais ils ne m’ont pas crue. Oh ! mon Dieu.Le Clan était au courant.Dylan avait dû leur raconter qu’il nous avait surpris, Tristan et moi, en train de nous embrasser après l’entranement de danse vendredi soir. Doucement, j’ai dégagé ma main de celle de Tristan et l’ai posée sur mes cuisses. Avec un froncement de sourcils, il s’est avancé pour s’asseoir sur le bord du canapé, les coudes appuyés sur les genoux, sans cesser de me dévisager. — Ils m’ont afîrmé qu’il était avec toi, a repris ma mère. Je leur ai dit que ce n’était pas possible, que tu
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étais partie en voyage avec ton père, et alors ils sont devenus comme fous ! Ils prétendent qu’ils détiennent ta grand-mère et qu’ils ne la relâcheront pas tant que nous ne leur aurons pas ramené le îls Coleman. J’ai essayé d’appeler Granny, mais elle ne répond pas. Bon sang. — Maman, attends une seconde. Je vais chercher papa. Mon père avait dû entendre notre conversation depuis l’avant de la cabine, car il nous a aussitôt rejoints pour s’emparer du téléphone. Pendant que ma mère lui résu-mait la situation, je me suis tournée vers Tristan et, les yeux plantés dans les siens, me suis efforcée d’assimiler les paroles de ma mère et leur portée. — Le Clan… ils ont kidnappé ma grand-mère, ai-je murmuré. Alors même que je les prononçais, les mots qui sortaient de ma bouche me semblaient impossibles à croire. — Ils ne feraient jamais une chose pareille, a protesté Tristan. Il s’agit certainement d’une erreur. Je lui ai alors répété mot pour mot les paroles de ma mère. Quand j’ai achevé, son visage était devenu livide et son genou gauche tressautait de façon si rapide que seul un colibri aurait pu en suivre le rythme. Il a serré les poings. — Je vais arranger ça, a-t-il promis. Passe-moi le téléphone, je vais appeler mes parents. — Joan, nous sommes à une demi-heure de la piste de Rusk, était en train d’annoncer mon père à maman. Je vais tirer les choses au clair et je te rappellerai dès que j’aurai des nouvelles. Il a raccroché avant de tendre le téléphone à Tristan.
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Celui-ci a tout d’abord tenté de joindre son père, puis sa mère et, en désespoir de cause, sa sœur Emily. Avec une grimace frustrée, il a essayé d’appeler d’autres Descendants, chez eux ou sur leur portable. En vain. Personne ne répondait. — Je ne comprends pas. Ils devraient pourtant attendre ton appel, non ? Tristan a froncé les sourcils. — Ouais, ils devraient. A moins que… Il a détourné un instant le regard, puis croisé de nouveau le mien, les mâchoires serrées. — A moins qu’ils se soient déjà réunis dans le Cercle et qu’ils n’utilisent leurs pouvoirs. S’ils ont rassemblé assez de pouvoir, tous ensemble, cela peut bloquer les ondes radio et celles des téléphones portables. C’est déjà arrivé. — Pourquoi rassembleraient-ils autant de pouvoir, d’un seul coup ? ai-je demandé. J’espérais qu’il me répondrait que c’était une pro-cédure normale dans toutes les réunions du Clan, une sorte de cérémonial ou quelque chose dans le genre. Pour toute réponse, Tristan m’a regardée en silence, et mon estomac s’est mis à faire des nœuds. Cela n’avaitriend’une procédure classique pour le Clan. Ce qui signiîait qu’ils étaient en train de faire quelque chose à Granny… Un goût de bile m’a empli la bouche et soudain, j’ai été incapable de soutenir le regard de Tristan plus longtemps. Si quoi que ce soit arrivait à Granny, si les Descendants lui faisaient du mal aîn de le retrouver, ce serait de notre faute à tous les deux. Nous avions enfreint la loi pour pouvoir être ensemble. J’avais cru que le Conseil des Vampires constituait
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