La lune et le séquoia

La lune et le séquoia

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Français
66 pages

Description

Après Mes années sans reflet, Caroline revient avec une nouvelle aventure à partager avec ses lecteurs en herbe. Restant fidèle à ses thèmes fétiches, la nature, le fantastique et l’amour, elle nous livre ici l’histoire de son héros, Ari le séquoia.
Qui est Ari ?
Un arbre. Mais pas n’importe quel arbre. Un séquoia qui grandit parmi ses confrères, protecteurs suprêmes des forêts.
Mais Ari rejette en partie sa destinée d’arbre. Il est animé par le désir de vivre autre chose qu’une simple vie de conifère. Un désir ardent qui le poussera à aller plus haut et à toujours croire en ses rêves.

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Date de parution 10 juillet 2017
Nombre de lectures 1
EAN13 9782310035170
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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© Éditions Amalthée, 2017 Pour tout contact : Éditions Amalthée – 2 rue Crucy – 44005 Nantes Cedex 1 www.editions-amalthee.com
Dd MÊME AdTEdR Mes années sans reflet, 2016, É. Amalthée
PRÉFACE S ur cette Terre, où hommes, insectes, plantes et ani maux, vents, pluies, pierres et métaux, semblent isolés les uns des autres, Sur cette Terre, où banquises, déserts, forêts, océ ans, mers et cieux paraissent former des frontières naturelles, Dans le Système solaire, Ou le tourbillon de la Voie lactée, Quelque part aux confins de l’univers, En direction des limites du cosmos, Au-delà, même, de lui, Des bulles de savon aux photons, du plancton aux ac ariens, du fil à l’aiguille, De la larme à l’encéphalite, de l’opium à la fracta le, du dessin au parchemin, Au nom du lotus, parmi les ashrams, Faiseurs de rêves, brocanteurs de l’espace, Perdu, trouvé, gagné, bourré, Aïe, rouille, plume ou garçon, Du microcosme à l’infiniment grand, par l’invisible ment vrai, Tout ne fait qu’un. Tout est connecté. La terre continuera de tourner, la lune de briller, le soleil de chauffer, les hommes de croire, tant que les cœurs y seront attelés… … Le cœur s’arrête de battre, alors le corps se dét end, les pensées se diffusent et l’âme s’élève enfin. Caroline Berthézène (2016)
ans une contrée lointaine, très lointaine, existe u ne légende que peu connaissent. Et pour cause, nul n’habite ces lieux pratiquement inaccessibles. Un seul être humain s’est retrouvé là-bas, par méga rde peut-être ? Bien qu’il ne s’agisse pas de lui dans l’histoire qui va suivre, c’est grâce à sa malchance qu’est née parmi les hommes la légende d’Ari, le séquoia. ***** En ces lieux le soleil se lève sans bruit… Son réve il marque le début d’un nouveau cycle de vie. Tous les jours naît un élément de la nature. Tous les jours, quelque chose se transforme, embellissant cet endroit inconnu et sauvage, vierge de toute vanité. Tout y est si simple. Il n’y a pas de questionnemen t, il n’y a pas non plus de hasard. La Nature fait son travail en suivant un ordre bien ét abli, non par elle, mais par des lois universelles régies par on ne sait qui, ni dans que l but, a priori. Chaque jour est donc un commencement et une fin à l a fois. Et cette inéluctable vérité existe depuis la nuit des temps. ***** Dans ce pays, les arbres naissent et grandissent « arbres ». Ils vivent très longtemps. Tellement longtemps que si les hommes comprenaient leur langage, ils connaîtraient enfin leurs réelles origines ainsi que les raisons de leur existence sur Terre. Or, triste est de constater que la vaste majorité d es êtres humains n’entend pas les messages cruciaux que la Nature essaie de leur tran smettre. « Les arbres sont la source de vie », répète-t-elle inlassablement. En plus de leur connaissance sacrée (qui peine à êt re transmise du fait de la surdité du commun des mortels), sans eux rien ne survivrait. L es arbres protègent les proies des prédateurs par leur hauteur. Ils créent des refuges , de l’ombre, du compost, de la matière première… Et bien sûr, ils libèrent de l’oxygène, é lément vital à l’espèce humaine et bon nombre d’êtres vivants. Les arbres forment un temple et dans ce temple tous peuvent se sentir reconnaissants, pénitents devant leurs protecteurs. ***** C’est dans un de ces temples qu’un soir est né Ari, le séquoia. Bien sûr, cela ne s’est pas fait en une nuit. Il a d’abord fallu qu’une graine tombe et s’enfouis se dans la terre après avoir réuni les conditions propices à sa fertilisation. Alors la pe tite graine a germé. Utilisant ses radicelles pour tenir le cap contre les premiers ve nts et marées de son existence, elle est enfin sortie du sol.
En effet, qu’il soit climatique, faunique ou biolog ique, bien que se complétant, chaque élément naturel peut également se détruire l’un l’a utre. ***** Ainsi, Ari grandit doucement, très doucement. Il le sait, c’est dans ses gènes, il y aura d’innombrables levers de soleil avant qu’il ne ress emble à ses confrères séquoias, ceux dont il ne voit pas la cime, tellement elle pointe haut. Pour l’instant, Ari est tout petit. Cela semble lui convenir. Il ne va pas à l’encontre de son rôle de séquoia. Il accepte sa destinée de coni fère, pour l’instant… Ari n’est pas malheureux. Il n’est pas heureux non plus. Il est, et cela n’est déjà pas si mal. Puisque, selon les lois universelles qui régissent la vie dans cette contrée lointaine, parfois, il arrive qu’un séquoia reste au ras du so l à tout jamais. Ainsi soit-il… ***** Dès lors, le seul but avéré d’Ari est bel et bien d e prospérer longtemps en ces lieux. Pourquoi pas, en extrapolant légèrement, être le pl us haut de tous les arbres de cette forêt. Et ce pour aucune autre raison que celle d’a ccomplir les missions inhérentes à tout arbre : nourrir le cycle de la vie, protéger les pr oies des prédateurs, offrir de l’ombre, des graines… Avec un peu d’imagination, sa réalité prendrait la forme d’un poème vivant ou d’une pièce de théâtre. En grandissant, Ari acterait fais ant danser les oiseaux quand ils se perchent sur ses branches les plus hautes, piquant les belettes qui chassent les musaraignes, guidant les termites et les pucerons l e long de son tronc majestueux, se connectant aux bulbes des fleurs grâce à ses racine s vastement étendues… Mais, dans ce pays, si merveilleux et humble soit-i l, l’imagination n’a pas lieu d’être. Ari demeure ni plus ni moins un séquoia parmi tant d’autres. Telle aurait pu être, écrite, sa vie. ***** Cependant, le destin d’Ari est loin d’être ordinaire. Ari n’est pas comme l’ensemble des séquoias. La cha leur du désir jaillit en lui. Un désir brut. Peut-être celui de vivre autre chose qu’une s imple vie de séquoia ? Quelque part, inconsciemment, contrecarrer ainsi ces lois univers elles qui régissent son monde ?
***** « Ari a-t-il été conçu différemment des autres séqu oias ? » « Ari a-t-il été choisi pour montrer à ses frères a rbres un chemin nouveau ? » Répondre à ces questions a-t-il une l’importance ? Peut-être ? Dans un autre contexte, dans un autre récit. L’essence de la véritable histoire d’Ari, celle qui a mené à son mythe, celle qui est décrite dans les pages qui vont suivre, est ailleur s… au croisement du monde dans lequel il vit, de son expérience unique de séquoia et de coïncidences qui n’en sont jamais vraiment. ***** Un soir donc est né Ari. Voici son odyssée.