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Seconde Floraison

De
360 pages

C’est le grand jour. Bérénice, Pénélope et Gabriel, accompagnés de leur EC, leur Essence Complémentaire, s’embarquent à bord de leurs fleurs mouvantes afin de rejoindre enfin leur monde, l’Anthidzalaha. Un magnifique tableau s’offre à leurs yeux lorsqu’ils arrivent à destination, où la nature, dans toute sa luxuriance, a bien repris ses droits. Là la reine Michèle leur montre une vidéo où ils peuvent enfin connaître leurs parents biologiques, retenus en otage par la créature. Ceux-ci leur délivrent un unique message : tous doivent extrêmement bien se préparer avant leur intervention car Datura entend bien n’en faire qu’une bouchée. Un peu plus tard, au cours d’une partie inoffensive d’Anthapancra entre filles, Bérénice et Pénélope se transforment soudain en bêtes furieuses et connaissent leur première transe. Sans l’intervention de Will et Gabriel, elles se seraient tout bonnement entretuées. Cette trop forte montée d’adrénaline est provoquée par leur retard de croissance dû aux mensonges de leurs parents adoptifs quant à leur véritable identité. Dès le lendemain, l’entraînement commence avec notamment une attaque d’épines particulièrement venimeuses et parfaitement aiguisées que Bérénice doit apprendre à esquiver.


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175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-414-12159-5

 

© Edilivre, 2017

Seconde Floraison

 

 

– Je suis sûre que c’est Datura, il me menace. Dis-je, soucieuse.

– Il en est incapable tant que nous sommes ici. Phil nous protège. Je le regardai et fronçai les sourcils, réfléchissant.

– Elle m’a effectivement dit qu’elle nous protégeait, mais pour ça, elle doit chanter et elle doit dormir en ce moment, non ?

– Phil ne dort jamais, elle est insomniaque, et tant mieux car Datura aurait tout intérêt à nous attaquer pendant notre sommeil ! Je levai un sourcil.

– Elle ne dort jamais ? Mais c’est impossi-William me coupa en posant un doigt sur mes lèvres, souriant devant ma mine d’enfant ahuri.

– Ne cherche pas quelque chose de logique chez Phil, c’est perdu d’avance !

– C’est vrai que l’on ne mène pas une vie tout à fait banale ! Et ça ne va pas vraiment s’arranger. Dis-je en baissant la tête mais William me força à le regarder.

– Ne t’en fais pas, tout ira bien ! Tu me fais confiance ? Je hochai vivement la tête.

– Tu en as d’autres des comme ça ? Plaisantai-je.

– Oui, j’en ai une. Ne serait-il pas plus raisonnable de nous endormir ? J’approuvai, William s’allongea tout en m’invitant à rester blottie contre lui. Cette fois, je m’endormis sans heurt, mais je n’oubliais pas ce qui nous attendait.

Chapitre I
Emménagement

Le lendemain, je me sentis bien mieux. Une réelle cohésion régnait au sein de notre groupe, la discussion de la veille sur notre départ avait uni tout le monde au profit d’un même but : vaincre Datura et sauver les nôtres. Je n’avais pas le temps de penser à une éventuelle défaite tellement nous étions déterminés et de bonne humeur. Nous étions tous autour de la même table que la veille où un délicieux petit déjeuner préparé par Philippine nous attendait : jus de fleurs frais, croissants, confitures, pain au pavots et beurre, tout était là pour se régaler. La Cantamage se comporta comme une parfaite maîtresse de maison en nous servant du café ou chocolat chaud. Tout cela avait l’air de la rendre heureuse. Je craignais sa réaction au moment de notre départ.

Voir Caren et Louis complices me donna du baume au cœur. Je les surpris même en train de se partager une tartine. Visiblement, ils avaient trouvé un compromis et je respectais Caren de prendre aussi bien le choix de son EC. Je ne sais pas si j’aurais réagi de la même manière. Quant à Pénélope et Arthur, ils étaient toujours autant dans leur bulle. Ils s’étaient probablement unis cette nuit. Mais je ne pouvais leur en vouloir, je devais être dans le même état quand j’avais partagé cet instant magique avec William. Gabriel et Julia, quant à eux, étaient penchés sur je ne sais quoi, peut être une énigme ou une grille de Sudoku, Gabriel était un expert là dedans. Toutefois, Julia n’avait pas l’air de comprendre grand-chose ! Cela m’amusa particulièrement.

Une fois sortis de table, je retrouvai les filles dans la salle de bain qui nous était destinée. La demeure était en effet si grande qu’il avait été facile de répartir les pièces comme bon nous semblait. Alors que Pénélope se prélassait dans un bain moussant parfumé à la fraise, Julia, Caren et moi étions devant la glace pour nous coiffer et nous maquiller. Étant uniquement avec les filles, je me décidai à lancer la fameuse conversation qui m’amènerait à savoir comment se sentait réellement Caren.

– Tout se passe bien avec vos EC ? Demandai-je.

– Merveilleux ! Arthur est un vrai gentleman, il est romantique et sensible. Ça me change de tous ces gamins avec lesquels je suis sortie ! Répondit Pénélope, en frottant ses jambes avec une petite éponge rose en forme d’étoile.

– Quant à moi, avec Gabriel, tout va bien mais quelque chose me tracasse. J’entendis Pénélope cesser tout mouvement, et j’étais moi-même pendue aux lèvres de Julia. Cette dernière eut un rire gêné. Je me demande simplement s’il a vraiment oublié cette fille, cette humaine dont il était amoureux, comment s’appelle-t-elle déjà…

– Elsa ?? Dis-je en chœur avec Pénélope.

– Oui, c’est ça, Elsa ! Répondit Julia.

– Mais pourquoi penses-tu une chose pareille ? C’est toi l’élue de Gabriel ! Elsa n’est rien à côté de toi ! Affirma Pénélope, éberluée.

– C’est étrange mais il me parle souvent d’elle, je ne sais même pas si il s’en rend compte. Comme tout à l’heure, à table. Il m’a montré une énigme en me proposant de la résoudre avec lui, il m’a aussi précisé qu’avant, il passait beaucoup de temps à en faire avec Elsa. Mais je n’y comprends rien et je pense que ça le peine beaucoup. J’ai l’impression qu’il doit renier cette part de lui-même à cause de moi, ça me rend triste. Nous expliqua Julia, l’air sombre. Le désespoir flagrant de mon amie me fit mal au cœur, surtout que cette histoire me prenait réellement au dépourvu. Jamais je n’aurais imaginé que Gabriel puisse repenser à Elsa.

– J’en ai assez d’entendre parler de cette Elsa ! Je vais de ce pas en toucher deux mots à Gab ! Scanda Pénélope en se levant alors que son corps était partiellement couvert de mousse. Elle sortit comme une furie de la baignoire, enfila un peignoir et quitta la salle en fulminant.

– Je ferais mieux de l’accompagner, je ne veux pas qu’elle le traumatise ! Et puis qui sait ? Je me trompe peut être ? Dit Julia avant de filer elle aussi. Je me retrouvai seule avec Caren et nous ne pûmes nous empêcher de glousser devant cette scène théâtrale à laquelle nous venions d’assister.

Ce moment avec Caren allait me permettre d’en savoir un peu plus sur elle. Je lui proposai timidement de lui brosser les cheveux pour faciliter le contact. Elle accepta, à ma grande surprise.

– Tout se passe bien avec Louis ? M’enquis-je, tout en passant mes doigts dans ses cheveux couleur rubis, pour enlever les plus gros nœuds.

– Nous en sommes au tout début. Nous faisons connaissance. Répondit Caren, je souris mais cette réponse était loin de me satisfaire. J’osai insister.

– Vraiment ? Je sais que Louis est un peu sauvage alors s’il se montre un peu distant avec toi, il ne faut pas t’en faire, il

– Tu sais ce qu’il a l’intention de faire, n’est ce pas ? Caren souriait, amusée par mon comportement.

– Oui, Will me l’a dit. Mentis-je. Il veut devenir Faune ?

– Et tu te demandes comment je fais pour l’accepter ?

– Je n’ai jamais été très douée pour les approches subtiles, désolée. Caren gloussa. Pour mon plus grand bonheur, elle n’était pas du tout agacée par ma curiosité. J’aurais aimé que William fasse preuve de la même patience !

– J’apprécie que tu t’inquiètes pour moi, Bérénice. Avant, dans mon lycée, les gens ne se préoccupaient pas de moi. Ils me trouvaient trop étrange alors je me suis réfugiée dans les livres. Je passais mes journées à lire, et c’est grâce à cela que j’en sais autant sur notre monde, j’ai parcouru quelques archives concernant des textes de grecs, connus ou non, qui avaient vécu avec des Nymphes. Les descriptions qu’ils faisaient m’étaient familières : des yeux et des cheveux colorés, une aura magique, des pouvoirs… Et c’est comme ça que j’ai appris comment vivaient les nôtres. C’est également à partir de là que j’ai commencé à rêver de mon EC, alors quand j’ai posé les yeux sur Louis hier, j’ai tout de suite compris que je le suivrais jusqu’au bout du monde. Je restai impressionnée devant le débit de paroles qu’avait Caren, elle semblait vraiment passionnée par les mœurs de notre race.

– Tu n’étais pas populaire, alors ? M’enquis-je tout de même, étonnée qu’une fille aussi belle puisse n’être qu’un rat de bibliothèque.

– Non, et finalement, c’était mieux ainsi. Je ne manquerai à personne ! Parce que toi, tu l’étais ?

– Oui, je l’étais, avec Pénélope et Gabriel. Mais celui qui a fait tourner le plus de têtes, c’est Will ! Je crois que j’aurais préféré vivre comme toi. Dis-je en repensant à Victor et Claire. Être aimé et observé de tout le monde, c’est barbant ! Caren se remit à rire, alors qu’elle se faisait une queue de cheval.

– En tous cas, tu ne dois pas t’inquiéter pour moi ! Tout va bien avec Louis. Et sache que tu as le même mérite que moi, toi aussi tu suis ton EC dans sa folie par amour, c’est bien William qui veut combattre Datura ? Je hochai la tête, me rendant compte que Caren avait raison, moi aussi je m’étais embarquée dans une aventure périlleuse pour celui que j’aimais. J’avais accepté de me lever contre un dieu. Même si je n’avais pas la rage de William, je le suivais aveuglément. Comment reprocher à Caren ce que je faisais moi-même ?

– Je te fais confiance, tu es intelligente et je sais que tu sauras poser les limites.

Au même moment, Pénélope repassa devant la porte de la salle de bain, toujours en peignoir. Elle nous signala en filant vers sa chambre que le départ était pour bientôt. Caren et moi allâmes rapidement nous doucher pour ensuite nous habiller dans nos chambres. Dans la mienne, je retrouvai William qui était également prêt. Il avait noué un bandana blanc sur sa tête, détail qui me plaisait particulièrement. Je restai là, à l’admirer pendant qu’il faisait le lit. Lorsqu’il me vit, il prit une mine contrariée.

– Qu’est ce que tu fais encore en peignoir ? Va vite t’habiller ! Je lui lançai un sourire innocent.

– Je suis désolée, mon ange, j’y vais tout de suite ! Je choisis dans ma valise une tenue confortable. Puis, je tressai mes cheveux le plus doucement possible pour observer William piaffer comme un cheval qu’on s’apprête à remettre dans son champ.

Une fois prête, je me tournai et allai embrasser mon EC sur la joue pour lui murmurer à l’oreille :

– Tu as beau être prince, il faut que tu apprennes à patienter !

Voyant son air outré, je décampai en riant. J’entendis William fulminer et courir derrière moi avec nos valises. Je ne savais d’ailleurs pas comment il faisait pour me rattraper avec le poids qu’il avait au bout de ses deux bras. Nous rejoignîmes de justesse les autres qui nous attendaient avec Philippine. Je remarquai que Julia et Gabriel se tenaient loin l’un de l’autre, mais que lui, la regardait avec insistance, un peu triste. Quant à Pénélope, elle fusillait littéralement Gabriel du regard, tout en caressant la main d’Arthur. Quelque chose me disait que tout cela était en rapport avec Elsa, je grimaçai. Même lorsqu’elle n’était pas là, elle continuait de mettre la pagaille dans notre groupe ! Toutefois, je me refusai à faire la morale à Gabriel, Pénélope avait déjà dû lui passer un sacré savon et ce dernier avait réellement l’air de regretter la situation.

Les adieux avec Philippine furent difficiles car nous ne savions pas quand nous la reverrions, mais la Cantamage nous assura que notre réunion serait pour bientôt. Chaque couple monta dans une fleur mouvante, du moins celui de Caren et le mien, car à ma grande surprise, Julia alla avec Pénélope et Gabriel dût rejoindre Arthur dans sa fleur. Le problème qu’avait posé Elsa était bien plus grave que ce que je pensais. Ce qui m’effraya était que même si j’étais seule avec William, je ne pouvais m’empêcher de penser aux autres et à leurs problèmes de veuvages, à Elsa, et à Philippine et sa réaction face au retour de la solitude. Mais je ne pouvais pas utiliser la télépathie pour discuter avec eux, je ne tenais pas à violer leur vie privée et les empêcher de se parler n’allait pas résoudre leur situation.

Je me forçai à penser à autre chose alors que je sentis notre fleur s’enfoncer dans la terre, car de plus en plus de questions concernant notre monde m’assaillaient. Je me disais que William serait en mesure de me répondre, à condition toutefois qu’il ne me lance pas son éternel « On verra sur le moment ».

– Will, si je te pose une question, tu vas me répondre ? M’enquis-je, il me regarda, amusé.

– Je réponds toujours à tes questions, ma rose. Je levai les yeux au ciel.

– Si on considère que « on verra » est une réponse, alors oui, tu me réponds tout le temps. Il pouffa.

– Demande-moi, on verra. Se moqua-t-il, je lui tapai gentiment l’épaule.

– Sérieusement, je me suis toujours demandée quel était le nom de notre monde, on n’arrête pas d’en parler et pourtant, on l’appelle tout le temps « chez nous » ou « de l’autre côté ». Il a bien un nom, non ?

– Il a un nom officiel, mais il est tellement pompeux qu’on préfère ne pas le dire. Certains ne s’en souviennent même pas.

– Alors c’est quoi ? Demandai-je, impatiente.

– Anthidzalaha. Un long silence s’installa. Je regardai William, incrédule, tentant de déceler une quelconque plaisanterie. Mais mon EC était très sérieux. Je me mis à rire tellement ce nom me faisait penser à celui d’un pays dans un roman d’Heroic Fantasy.

– C’est l’effet que ça fait à tout le monde, c’est pour ça qu’aucune Nymphe ne l’utilise, même Michèle ne veut pas en entendre parler.

– Je la comprends ! Ça veut dire quelque chose en particulier ?

– C’est une Nymphe qui a trouvé ce nom dans l’Antiquité, elle a étudié le grec chez les humains et elle a trouvé comment on disait « Pays en fleurs » dans cette langue. Elle a proposé cette dénomination tordue chez nous et comme on n’en avait pas à l’époque, les conseillers de la Reine l’ont convaincue de l’accepter, pour avoir une existence plus officielle.

– Tu crois que Michèle accepterait un nouveau nom ? Parce que c’est hors de question qu’on garde celui-là ! Je vais avoir l’impression d’appartenir à un club de jeux de rôles !

– Je crois qu’elle préfère appeler notre monde « Le Jardin », beaucoup chez nous l’appellent ainsi depuis que Michèle a prononcé ce nom. Je dois avouer que c’est beaucoup plus joli mais malheureusement, on n’arrivera pas à le changer. Je levai un sourcil.

– Pourquoi ?

– Ce sont ceux qu’on appelle Frères Racines qui ont proclamé ce nom. Ces vieilles souches sont très attachées aux traditions et à l’histoire de notre peuple et Anthidzalaha correspond très bien par son origine grecque. En bref, on n’arrivera jamais à le changer ! Je suis désolé, ma rose. Je grimaçai, puis me mis à sourire de nouveau. Il suffisait de ne pas le dire !

– Tant pis, on se contentera d’Anthidalahaz ! Répondis-je en haussant les épaules.

– Anthidzalaha ! Rectifia William. Tu oses égratigner le nom de mon royaume ? Dois-je te rappeler que je suis le prince, et que tu es la princesse ? Alors un peu de respect ! Il se mit à me chatouiller, me faisant glousser. Puis, il me caressa la joue.

– Justement, on va faire comment, là-bas ? Comment dois-je me comporter en tant que princesse ? Demandai-je, inquiète quant à l’avenir, William me rassura d’un sourire attendrissant.

– Ne t’en fais pas, ma rose. Je vais demander à Michèle d’organiser le couronnement après le sauvetage de nos parents. Notre priorité, c’est de nous battre, pas de parader ! Dit William, je souris. Je savais que le rôle de prince ne lui plaisait pas contrairement à ce que pensait la Reine : il était un guerrier voulant être sur le terrain, pas tout observer assis sur un trône mais je me demandais si la Cour allait réellement laisser le futur chef risquer sa vie.

– Tu as raison, sauvons le monde d’abord ! Ironisai-je, toutefois, j’étais loin d’avoir envie de rire. Retarder mon couronnement était quelque chose de rassurant certes, mais ce délai m’était accordé uniquement pour que nous éliminions une divinité malfaisante.

Lorsque nous arrivâmes à destination, la fleur mouvante, en s’ouvrant, nous fit découvrir un paysage incroyable. Je sortis, suivie de William et admirai le magnifique tableau qui s’offrait à nous : un immense portail en fer forgé presque entièrement recouvert de lierre, derrière lequel on pouvait voir d’immenses jardins où poussaient visiblement différents types de fleurs multicolores. Autour de nous, les autres observaient également la vue, émerveillés, et c’est lorsque William se décida à avancer, suivi de Louis et Julia que nous fîmes de même, quelque peu intimidés.

Le portail s’ouvrit tout seul et nous marchâmes à travers la végétation luxuriante. La nature était ici sauvage, tout le contraire des jardins chez les humains qui étaient en général taillés à la feuille près. D’énormes insectes aux couleurs vives volaient autour de nous. Ma mère adoptive aurait détesté cet endroit, elle qui avait peur des mouches !

Nous arrivâmes dans un village, les habitations, qui ressemblaient à des cabanes, étaient perchées dans de hauts arbres que j’imaginais centenaires. Nous ne croisâmes personne, ce qui m’étonna quelque peu vu la taille du lieu, mais William nous assura que Michèle lui avait expliqué que les Nymphes se levaient tard dans la matinée mais travaillaient jusque tard le soir. Arrivés sur une grande mosaïque en forme de fleur, nous croisâmes ce que je présumais être des gardes qui, dans leur tenue verte, semblaient protéger le Palais qui trônait derrière eux. Le bâtiment ne ressemblait en aucun cas à l’idée que je m’en étais faite puisque ce n’était qu’une cabane plus grande que les autres.

Tout autour se trouvaient des buis taillés en forme d’animaux tels des oiseaux ou des écureuils. Il y avait également des parterres de fleurs bien plus entretenus que chez les humains. Elles scintillaient comme des pierres précieuses, c’était magnifique. A l’entrée du Palais, se trouvaient deux gardes armés d’une lance qui nous ouvrirent les portes dès qu’ils virent William. Ils baissèrent même la tête, signe de respect qui me remplit de fierté. Quand nous entrâmes, je me rendis compte que Michèle, qui restait tout de même la Reine de ce village, avait l’air de vivre comme ses sujets, c’est-à-dire de la manière la plus modeste qui soit. Il y avait une cheminée en pierre grise où crépitait un feu, une petite salle à manger, un salon avec des fauteuils sculptés en bois, recouverts de fourrure, séparé de la cuisine par un comptoir impeccable. Je vis d’ailleurs une Nymphe Pinkama, ressemblant à une femme de ménage en train de le lustrer.

L’endroit était vide de la présence de Michèle ou de quiconque de la Cour. Un garde sortit alors de nulle part, nous menant vers une porte qui était dissimulée derrière une étagère où s’entassait des bibelots. Lorsque celle-ci s’ouvrit, nous découvrîmes un escalier qui descendait. Comme d’habitude, William commença à descendre sans hésiter comme si il rentrait chez lui. Louis et Julia le suivirent, avec derrière eux, Caren et Gabriel. Pénélope et Arthur leur emboîtèrent le pas. Je fermai la marche, ayant remarqué que William n’avait même pas vérifié que j’étais bien derrière lui, il était probablement pressé de revoir Michèle. L’escalier s’avéra extrêmement long, j’avais presque envie de bailler lorsque nous vîmes enfin une superbe porte faite de jade sculpté. William la poussa sans la moindre difficulté malgré le poids de celle-ci que j’imaginais conséquent. Nous arrivâmes alors dans ce que je pensais être la salle du trône. Le sol était un champ de fleurs, qui s’étendait à perte de vue et le chemin vers le fauteuil royal qui était en fait un tronc transformé en trône, et prisonnier de plantes grimpantes, était encadré de statues de Nymphes féminines, semblables à Michèle mais dont l’identité m’échappait pour le moment. Dès que la Reine nous vit, elle se précipita vers nous, ne pouvant contenir sa joie.

– Enfin vous voilà ! Bienvenue chez vous ! Je vois de nouvelles têtes ! S’exclama la Reine, en se dirigeant vers Arthur et Caren, qui semblaient un peu effrayés. Qui êtes-vous ? Dites moi tout !

– Je m’appelle Caren, je suis l’EC de Louis. Balbutia ma consœur.

– Je suis Arthur, l’EC de Pénélope, ravie de faire la connaissance de Votre Majesté. Répondit le chanteur en posant un genou à terre et en baisant la main de Michèle. Cette dernière gloussa comme une adolescente. William leva les yeux au ciel.

– Enchantée jeunes gens. Michèle se retourna et se mit à fixer William en souriant. Je sentais que ma moitié allait encore finir asphyxiée dans les bras de la Reine.

– C’est magnifique ici. Dis-je pour détourner l’attention de Michèle de mon pauvre EC. Ce qui fonctionna à merveille. Elle me fit un sourire radieux.

– Cela est tout à fait normal, c’est votre monde après tout ! Mais vous n’avez pas encore vu vos dortoirs, ce sont de vrais bijoux, voulez-vous que je vous y mène ?

– Volontiers, j’aimerais déposer mes affaires. Commenta William.

– Et ce voyage m’a épuisée ! Se Plaignit Pénélope.

– Aurais-tu trop réfléchi ? Vous avez eu une conversation fructueuse avec Julia ? Lui demandai-je, faisant référence à Gabriel. Ce que ce dernier comprit, puisque je le vis baisser la tête.

– Plutôt oui. Des mesures vont sûrement être prises. Dit Pénélope en fusillant Gabriel du regard.

– On peut y aller ? Clama alors ce dernier, désirant visiblement couper court à la conversation.

Mais tout d’un coup, je vis Michèle prendre une mine sombre. Ce changement d’humeur m’inquiéta, cela n’était pas dans la nature de notre Reine de se montrer si fermée. Dans mon esprit, cela voulait forcément dire qu’elle avait quelque chose de mauvais à nous annoncer. J’espérais que cela n’ait pas de rapport avec la santé de nos parents. Datura serait-il capable de leur faire du mal ? Les cadavres de Nymphes que j’avais vus en rêve étaient-ils ceux de ses captifs ? Cette pensée morbide provoqua une vague de chaleur en moi, je me sentis tout d’un coup nauséeuse. En observant Michèle, je sentis mes yeux me piquer. La Reine prit un air dépité et s’empressa de me rassurer :

– Bérénice, tu te sens mal ? Je hochai négativement la tête.

– Non ça va, je suis trop fragile c’est tout. Le voyage m’a fatiguée. Mentis-je, Michèle m’observa quelques secondes, compatissante, avant d’annoncer enfin ce qu’elle avait à dire.

– J’ai une dernière chose à vous annoncer avant de vous mener dans vos dortoirs. Quelque chose de délicat. Mais de très important pour vous. Michèle claqua des doigts, et deux gardes amenèrent dans leurs bras une grande fleur fermée qui semblait dormir. Ils la déposèrent devant nous, sous nos regards perplexes. L’un des valets se mit à siffler et c’est là que la fleur s’ouvrit enfin. Elle était superbe. Son cœur se mit à rayonner et bientôt, une lumière fut projetée vers nous et une image qui me glaça le sang s’y afficha comme sur un rétroprojecteur. C’était ceux que je soupçonnais être nos parents biologiques. A mon grand étonnement, ils avaient l’air bien. Ils ne semblaient pas blessés, ni même fatigués. Était-ce possible que Datura les traite bien ? En parlant, l’un des otages qui ressemblaient beaucoup à Pénélope, affichait un léger sourire, probablement ravie de pouvoir s’exprimer même indirectement, à son enfant. Il ne parlait pas fort, alors que les autres regardaient dans un coin de la pièce, l’air méfiant. Faisaient-ils cela dans le dos de Datura ? Tout ce que j’espérais, c’était qu’il n’entende rien et qu’il ne débarque pas, en plein milieu du message, nous empêchant d’entendre ce que nos chers parents avaient à nous dire.

– Bonjour mes enfants. J’espère de tout mon cœur que vous aurez ce message. Sachez que nous allons bien, Datura nous traite comme des invités. Nous mangeons à notre faim et nous dormons dans de vrais hamacs, alors ne vous inquiétez pas pour nous. Dit une Nymphe Silveri, ayant des similitudes avec Pénélope.

– Si nous vous disons cela, c’est pour que vous ne veniez pas ici sans préparation ! Datura ne ferait qu’une bouchée de vous, mes chéris ! Ajouta une autre, Blure, ayant des yeux semblables à ceux de Gabriel.

– Datura n’attend qu’une chose, c’est que vous veniez à toute hâte, sans avoir préalablement réfléchi ! Il sait très bien qu’il vous aura par les sentiments, ne lui faites pas ce plaisir, s’il vous plait ! Expliqua un mâle, Dorae, assez imposant. En le regardant, je sentis une curieuse impression de familiarité. Etait-ce mon père ? A côté de lui, se blottissait une Pinkama avec des yeux doux et un port de tête altier. J’étais persuadée qu’elle était ma mère.

– Faites ce que nous vous disons, c’est pour votre bien, et le nôtre. Nous vous aimons, mes adorales pétales. Affirma un Redone, suppliant.

– Restez forts. Et vous tiendrez le coup. Dit alors celle que je soupçonnais être la mère de William, elle était aussi magnétique que lui.

Nous restâmes silencieux, encore sous le choc de ce message. Nous venions enfin de voir nos parents biologiques et les voir en bonne santé fut un véritable bol d’air frais. Toutefois, ce qu’ils nous demandaient de faire me laissait perplexe. Comment faire pour ne pas s’inquiéter pour eux ? Et surtout pour croire que Datura était un hôte de marque ? Cela me paraissait tout bonnement impossible. Michèle remarqua nos traits tirés par la tristesse, car elle nous dit d’une voix très douce :

– Comme vous l’avez vu, ils vont tous les six biens. Et ils ne cessent de penser à vous.

– D’où vient cette vidéo ? S’enquit Julia.

– Vos parents sont parvenus à l’envoyer à Philippine qui me l’a envoyée à son tour, hier. Je me devais de vous la montrer à votre arrivée avant que vous vous entraîniez, afin que vous preniez pleinement conscience de la nécessité de cette démarche.

– J’ai du mal à croire que Datura les traite bien. Affirma Pénélope. Ils nous préservent, c’est tout. Ce sont des parents.

– C’est vrai mais on ne peut mentir sur son état de santé. Ils ne sont pas blessés, et ont un teint frais. Je ne pense pas que ce soit en plus dans l’intérêt de Datura de les malmener, ce sont des otages de marque.

– Alors le bilan de ce message, c’est qu’on doit bien travailler pour être capable de sortir nos parents de ce trou à rats ? Conclut William, quelque peu contrarié. Michèle hocha positivement la tête, timidement.

– C’est hélas le cas.

– Mes parents sont vraiment beaux. Dis-je, encore fascinée parce que je venais de voir. Michèle me sourit, touchée.

– Et ma mère a les mêmes yeux que moi ! Ajouta Gabriel, tout aussi excité.

– Mes parents ont l’air beaucoup plus sympathique que ceux qui m’ont accueillie chez les humains. J’ai vraiment hâte de les rencontrer. Constata Pénélope, ravie.

– Vous les reverrez, mais vous ne devez pas tomber dans le piège de Datura. Si vous allez à la rescousse de ses captifs sans préparation, il vous fera prisonniers et rien n’aura changé pour nous. Nous expliqua Michèle.

– Alors ces dortoirs ? Intervint Julia, dans l’espoir d’amener nos esprits vers un sujet plus joyeux. La Reine acquiesça et nous guida vers l’extérieur.

Michèle nous fit sortir de son Palais et nous repartîmes pour le village. Il n’y avait toujours personne, mais j’entendis une légère musique résonner. Je ne savais pas pourquoi, mais j’avais l’impression de la connaître, comme si elle me rappelait un souvenir d’ici, avant que mes parents biologiques m’envoient chez les humains. Je me mis à sourire en repensant à leurs visages. Michèle nous expliqua que cette mélodie servait à réveiller les habitants du village. Nous arrivâmes finalement devant un arbre gigantesque aux racines monstrueuses. Je ne savais pas quel âge il avait, mais il devait probablement être le plus vieux de tous les arbres bordant le village. En nous approchant des racines, je remarquai qu’un liquide circulait à l’intérieur, comme le sang dans mes veines. C’était très étrange.

– Je vous présente votre centre d’entraînement, c’est ici que vous résiderez et que vous vous entraînerez ! Je levai un sourcil. Comment un centre d’entraînement pouvait-il tenir sous un arbre ?

La Reine remarqua nos airs confus.

– J’aurais dû vous en parler avant, mais une nuit, Datura a envoyé ces sbires pour brûler l’ancien centre d’entraînement. Il fera tout pour que vous vous livriez sans pouvoir vous défendre. Il veut nous montrer qu’il a le dessus. Expliqua-t-elle, amère.

– Datura n’a absolument pas le dessus. Au contraire, c’est un lâche qui envoie ses valets pour faire le sale boulot ! Jamais je ne pourrais avoir de respect pour un être pareil ! Lâcha William, la mâchoire serrée.

– On est condamnés à vivre dans un bunker, c’est ça ? S’enquit Julia, ne pouvant dissimuler sa déception.

– C’est très bien aménagé à l’intérieur, vous verrez ! Les autres Nymphes vous attendent d’ailleurs. Elles sont plus âgées que vous mais je suis sûre que vous vous entendrez avec elles. Je tiens juste à préciser que filles et garçons seront séparés. C’est une question de convenance… Répondit la Reine. Je vis que William était de plus en plus agacé.

– Séparés ? Génial ! J’étais justement en train de me dire que tout ça était trop beau pour être vrai… Ironisa-t-il.

– Calme toi Will, on n’a pas le choix de toute façon. Majesté, nous vous suivons. Intervint alors Caren, toujours aussi sage.

Michèle nous ouvrit la voie en descendant dans un creux entre deux racines. Il y faisait noir et je ne savais pas du tout où je mettais les pieds, ce qui ne me rassurait pas du tout. J’allais jusqu’à me demander comment nous allions faire pour vivre là dedans sans devenir fous ! Toutefois, après quelques marches, je vis deux lanternes vertes s’allumer toutes seules sur les murs en calcaire. Au fur et à mesure de notre progression, d’autres lanternes s’enflammèrent pour nous éclairer le chemin. Je me rendis compte que le décor n’était pas si effrayant que ça, il était même plutôt agréable avec son odeur de terre mouillée. Au bout de ce long chemin, nous nous retrouvâmes devant une intersection avec deux chemins partant à droite et à gauche. Ils portaient chacun un symbole, une spirale à gauche et une sorte d’étoile à droite, je me demandais à quoi cela pouvait se référer. Michèle s’arrêta et se retourna pour nous faire face.

– Voici l’entrée des dortoirs. C’était assez primaire jusque là, mais plus loin, c’est nettement mieux ! Les autres vont vous expliquer ! Nous expliqua-t-elle. La spirale est le symbole des garçons, l’étoile est celui des filles.

– Pourquoi tu ne nous as pas prévenus pour l’attaque du centre ? S’enquit soudainement Louis, alors que je pensais cet épisode clôt.

– Je n’ai pas souhaité le faire. Répondit simplement la Reine, ne voulant visiblement pas s’attarder sur le sujet.

– Mais pourquoi ? On serait venus plus tôt ! Ajouta Julia.

– Il en était hors de question ! Vous deviez d’abord vous sevrer de vos attaches humaines. C’est une procédure complexe, le faire trop hâtivement vous aurait portés préjudice.

– Cela nous concernait, on aurait pu vous aider à tout réparer ! Il y a eu des blessés ? Lança William, impliqué. Cette histoire allait trop loin. Ce n’était qu’un bâtiment. A quoi bon insister s’il n’y avait pas eu de victimes ? Je sentis à son regard que Michèle perdait patience.

– Il n’y en a pas eu ! Datura a attaqué le soir au moment où les Nymphes travaillent encore. Ce n’est pas son intention, de faire du mal. Il veut simplement nous empêcher de nous défendre.

– Comment peux-tu être aussi sûre des intentions de cette créature ? Elle est instable, Michèle ! Eclata William.

– Ça suffit William ! Ça fait plus d’un siècle que je suis à la tête de notre peuple et je côtoie Datura depuis longtemps ! Je le connais ! Je peux vous certifier que vous auriez été parfaitement inutiles, vous êtes inexpérimentés ! Vous n’êtes pas des élus, nous n’avons pas de prophétie annonçant que vous allez vaincre Datura alors soyez sages, et par respect pour la volonté de vos parents, apprenez d’abord à vous battre comme il se doit ! Explosa Michèle. William se crispa, mais j’étais certaine qu’il avait compris que la Reine avait raison. Je savais toutefois qu’il allait continuer à s’impliquer outre mesure, c’était dans son caractère.

– Et si on allait s’installer ? Proposai-je, pour détendre l’atmosphère. Tout le monde acquiesça, épuisés.

– C’est une bonne idée, allez vous reposer. Cela fera du bien à tout le monde. Dit la Reine en posant un regard lourd de sens sur William.

Chacun quitta son EC pour rejoindre son dortoir. Julia, Caren, Pénélope et moi nous dirigeâmes vers le nôtre, nous engouffrant une nouvelle fois dans l’obscurité éclairée seulement par des lanternes aux murs. Au bout, se trouvait une pièce circulaire avec huit hamacs attachés les uns aux autres par de solides poutrelles. Au centre, étaient entassées les affaires des filles déjà présentes. Ce désordre m’arracha un sourire, il n’y avait visiblement pas de règlement intérieur ici, j’allais pouvoir m’éparpiller comme bon me semblait ! Je remarquai qu’il y avait quatre hamacs vacants, ce qui signifiait que nous étions arrivées au maximum de la capacité d’accueil de la pièce. Nous posâmes timidement nos affaires sur nos couchettes pour regarder aux alentours, étonnées de ne pas voir les quatre autres Nymphes qui résidaient ici. C’est alors que nous entendîmes des éclats de voix venant d’une autre pièce que je n’avais pas remarquée jusqu’alors.

Chapitre II
Incontrôlables

Deux silhouettes firent leur apparition en se criant dessus.

– Mais puisque je te dis que je n’ai pas ta brosse à cheveux ! Scanda l’une d’elle, une Nymphe Purpla arborant de jolis yeux en amande comme Gabriel, en petit robe à fleurs, avec une queue de cheval négligée.

– Sonia ! Léonie en a quatre, pourquoi m’aurait-elle pris la mienne ? Toi tu n’en as pas ! Répondit vivement la seconde qui était une Dorae à cheveux courts, en jean déchiré avec un t-shirt arborant une tête de mort à strass. Elles avaient l’air d’avoir des styles très différents, ce qui pouvait rendre notre cohabitation très enrichissante.

– Vous n’en avez pas marre, les filles, de vous crêper le chignon pour des histoires aussi stupides ? Intervint une troisième voix, lointaine. Sa propriétaire ne tarda d’ailleurs pas à se montrer. C’était une Pinkama avec une longue frange aussi lisse que le reste de ses cheveux. Je remarquai qu’elle était plutôt petite par rapport à ses camarades, comme Pénélope avec nous. Contrairement à ses deux camarades, elle remarqua notre présence et se chargea de nous accueillir.

– Oh vous êtes enfin arrivées, les filles ! On ne vous attendait plus ! Moi, c’est Léonie mais vous pouvez m’appeler Léo. Et les deux hystériques là, c’est Sonia et Roxane. Nous dit-elle en nous enlaçant, comme pour nous mettre à l’aise.

– Je vous présente Julia, Pénélope, et Caren ! Moi c’est Bérénice, enchantée ! Lui répondis-je chaleureusement, tout en désignant tour à tour mes amies.

– Ah les voilà !! Hurla une autre voix qui semblait être dans la même pièce adjacente. Nous vîmes arriver une Blure qui était uniquement habillée d’une serviette. Son visage en cœur et sa petite bouche lui donnaient un air de poupée. Moi c’est Flavie ! Ravie de vous connaître, les filles ! Sinon Roxy, c’est moi qui t’ai piquée ta brosse à cheveux ! Je l’ai rangée par mégarde dans mes affaires ! Tu ne m’en veux pas, j’espère ?

– Et voilà, qu’est ce que je vous disais ? Flavie la cleptomane a encore sévi ! S’exclama Sonia, sous le regard exaspéré de ses camarades.

Sonia et Roxane finirent par venir se présenter et elles nous invitèrent à nous installer pour faire plus ample connaissance. Nous avions en effet quelques heures avant le repas où nous attendait visiblement un succulent buffet. Il me tardait de poser tout un tas de question à nos colocataires qui devaient connaître les lieux comme leurs poches. Mais Flavie, qui semblait être la plus enjouée du groupe, me devança. Allongée sur le ventre sur son hamac, elle nous regardait, comme fascinée.

– Alors ça vous plaît, ici ? S’enquit-elle. Pénélope hocha vivement la tête.

– C’est magnifique. Bien que ça s’éloigne de ce que nous avait dit Will ! Répondit mon amie, je vis Flavie tiquer.

– Will comme William ? Vous connaissez le prince ? Le fils adoptif de Michèle ? S’enquit Léonie, dont les yeux brillaient.

– La Reine nous en a tellement parlées, elle est vraiment très fière de lui ! J’ai hâte...