Une vie au galop

Une vie au galop

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336 pages

Description

Fille du propriétaire d’un centre équestre, Elena est une cavalière émérite. Malheureusement, l’entreprise familiale est menacée de faillite et ses parents ne cessent de se disputer. Au moment où son monde vacille, Elena fait la connaissance de Tim, fils du patron du centre équestre concurrent. Malgré la brouille qui sépare leur famille, les deux adolescents vont se rapprocher et se soutenir en cachette. A l’insu de tous, Tim aide Elena à relever son incroyable défi : inscrire à un concours de saut d’obstacles le cheval gravement blessé qu’elle a soigné puis dressé. Mais lorsque Elena tombe amoureuse de Tim, tous ces secrets deviennent bien trop lourds à porter pour les deux jeunes cavaliers…

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Date de parution 20 juin 2012
Nombre de lectures 28
EAN13 9782330012939
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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UNE VIE AU GALOP
Pour ma nièce Clara.
www.actessudjunior.fr www.actessudjunior.fr/collections/romans_ado/
Éditeur : François Martin. Conception graphique : Christelle Grossin et Guillaume Berga.
Titre original :Elena – Ein Leben für Pferde. Gegen alle Hindernisse. © 2011, Planet Girl Verlag (Thienemann Verlag GmbH), Stuttgart/Wien. Les droits de cet ouvrage ont été négociés par l’agence Editio Dialog, Michael Wenzel, Lille.
© Actes Sud, 2012 pour la traduction française ISBN997788-22-333300-001025994-468
Loi 49956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse
UNEVIEAUGALOP TNradEuiLE NEUHAUS t de l’allemand par Brigitte Déchin
PROLOGUE
LA PLUIE VENAIT DE CESSERlorsque l’épaisse cou verture de nuages noirs se déchira. De la porte de l’écurie, Elena Weiland jeta un coup d’œil dubitatif sur le ciel puis elle se décida à profiter de l’éclaircie pour partir en promenade bien que l’aprèsmidi fût déjà avancée. L’été était fini. Dans les mois à venir, elle n’aurait que trop souvent l’occasion de monter dans le manège. Elena glissa son pied dans l’étrier et se hissa sur la selle de son double poney blanc. Sirius redressa les oreilles dès qu’il comprit qu’ils tournaient le dos à la carrière pour couper à travers champs en direction de la forêt. Il emportait sa jeune cavalière au grand trot sur le chemin sablonneux qui menait à l’orée du bois lorsque Elena lui indiqua d’obliquer à gauche vers les chaumes et les prés. Elle leva les yeux pour observer dans le ciel triste d’octobre le vol des grues qui mi graient en formation vers le sud. Leurs coups de trom pette retentissaient comme un ultime et mélancolique adieu à l’été subitement si loin. En une nuit, les
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couleurs chamarrées du feuillage avaient perdu de leur éclat, l’or flamboyant tirait maintenant sur le jaune pâle et le pourpre sur le brun fané. La nature perdait de sa vigueur. Elena tourna la tête sur le côté pour protéger son visage du vent et remonta le col de sa veste. Les vio lentes bourrasques emportaient les feuilles, ébranlaient les arbres et chassaient le bel été indien. Elles annon çaient déjà les premiers frimas. Lorsque Sirius prit le galop, Elena ne le retint pas. Une fois arrivée au sommet de la colline, elle arrêta son poney et pivota sur sa selle. Elle aimait la vue qu’offrait en contrebas le centre équestre des Merles. Vu d’ici, on aurait dit une ferme miniature. Elena se dressa sur ses étriers et embrassa le paysage du regard. Les différents bâtiments se rassemblaient auprès du manège entouré de carrières qui dessinaient des taches claires et dénudées. Plus loin, quelques voitures sta tionnaient sur le parking entre le manège, l’auberge et la maison et, encore audelà, le tracteur rouge pareil à une coccinelle creusait son sillon entre la grange et les deux grands châtaigniers. En se concentrant bien, elle pouvait même entendre le ronronnement du mo teur à travers le sifflement du vent. Elena était née et avait grandi aux Merles, c’était sa maison. Elle ne manquait que très rarement de se re tourner à cet endroitlà. Mais Sirius s’impatientait déjà, il voulait avancer. Il connaissait chaque sentier, chaque tronçon de galop, et il aimait tout autant qu’Elena galoper à bride abat tue.
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Peu après, le poney et sa cavalière atteignirent la lisière de la forêt et s’enfoncèrent dans l’épaisse futaie. Il n’y avait presque plus de vent entre les troncs d’arbres ; seules les hautes frondaisons s’agitaient au gré des rafales. Le tapis de feuilles sur le petit sentier étouffait le bruit des sabots. Un chevreuil surgit sans bruit, écarquilla des yeux effarés, se figea quelques secondes avant de disparaître en bondissant avec grâce dans l’obscurité de la forêt. Feignant d’avoir eu peur, Sirius partit au grand galop. Elena se contenta de sou 1 rire en laissant le hongre aller à son train. À la croisée d’un chemin, elle ralentit sa course folle. La nuit n’allait pas tarder à tomber, il ne fallait pas qu’elle s’éloigne davantage. Elle dirigea Sirius vers la droite et repassa au pas. L’épaisse fourrure d’hiver que le poney venait de se constituer fumait dans l’air frais. De part et d’autre de la percée, les grands sapins et les douglas, déracinés au printemps dernier par une forte tempête, rappelaient à Elena la cathédrale go thique qu’elle avait visitée lors de la dernière excur sion scolaire. Ce spectacle la laissa songeuse. Une centaine de mètres plus loin, elle sortit de la forêt. Devant elle s’étendait la grande pâture où le trou peau de jeunes chevaux avait brouté paisiblement du rant tout l’été. Les nuits seraient bientôt si fraîches qu’il faudrait les redescendre aux écuries où ils pren draient leurs quartiers d’hiver sur les litières confor tables des stabulations.
1. Nom donné à un cheval castré, plus docile qu’un cheval en tier.
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Le brouillard du soir montait des prairies. On eût dit que les chevaux planaient audessus du sol. L’un des poulains, un alezan cuivré avec une grande étoile sur le chanfrein, leva la tête et, d’un air intrigué, sui vit du regard Elena et son cheval avant de pousser un hennissement joyeux. Les autres à sa suite l’imitèrent et s’approchèrent au pas, puis au trot. Elena connais sait chacun d’eux depuis sa naissance. Elle les inter pella l’un après l’autre par leur nom. Ils l’accompagnèrent jusqu’à l’autre bout de la clôture où ils s’arrêtèrent, devant se contenter de la regarder descendre l’étroit chemin jusqu’aux Merles. Les chevaux attendraient encore un moment – Elena le savait – pour retourner paître avant de s’égailler progressivement sur le grand pré. En bas, dans le centre, les premières lumières venaient de s’allumer. Elena sourit à la vue familière des Merles. Comme il faisait bon vivre ici !
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