Zoélie l

Zoélie l'allumette T04

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308 pages

Description

Nous sommes en 1903 ! Comment est-ce possible ? Baptiste et moi n'en croyons pas nos yeux. La maison d'Ange est comme neuve et sent la tarte aux pommes. Un garçon blond rôde dans les parages : c'est le vrai Cléo ! Ange nous a dit de nous dépêcher et de ne pas interagir avec les gens du passé. Mais qu'arrivera-t-il si Cléo-fantôme rencontre Cléo-vivant ? Je ne veux même pas l'imaginer !!!!

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Date de parution 06 juillet 2018
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EAN13 9782875805799
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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© Les Éditions Les Malins inc. Montréal, 2017 Publié avec les autorisations des Éditions Les Mali ns inc., Montréal, Québec, Canada Éditrice au contenu : Katherine Mossalim Conception et mise en page : Shirley de Susini Illustratrice : BACH illustrations Correcteurs : Corinne De Vailly, Fanny Fennec, Jean Boilard © Kennes, 2018, pour l’édition française en Europe Rue de la Blanche Borne 15 6280 Gerpinnes (Loverval) – Belgique www.kenneseditions.com Légère adaptation : Dimitri Kennes, Cassandre Sobie ski ISBN : 978-2-8758-0579-9 Tous droits réservés
Pour Thierry
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Chapitre 1 - 1903
Table des matières
Chapitre 1
1903
Dès que nous pénétrons dans la maison d’Ange, une l umière très forte nous éblouit. Je m’attends à tomber dans un trou noir, c omme dans les films, quand les personnages tourbillonnent dans tous les sens pour finalement atterrir en catastrophe dans une forêt enchantée, mais ce n’est pas ce qui se produit. L’éclat flamboyant servait plutôt de voile séparant le prés ent du passé. Je sens aussi une vibration presque intenable, comme si j’étais dans un gros tremblement de terre. Malgré la terrifiante secousse, Baptiste ne lâche p as ma main. — Woaaaah… c’était quoi, ça ? demande-t-il, lorsque l’atmosphère redevient normale. — Sûrement la traversée dans le passé, dis-je d’une voix fébrile. — Est-ce que ça va, Zoélie ? Ç’a secoué pas mal, di t-il en serrant mes doigts doucement. — Je suis juste un peu ébranlée. Je ne m’attendais pas à tant de vibrations ! — Moi non plus ! s’exclame-t-il. Ensemble, nous faisons quelques pas hésitants dans une cuisine qui n’a rien de celle que j’ai entrevue par la fenêtre. Des rideaux de coton blanc couvrent les carreaux. La vitre est levée et tenue par un bout d e bois. Un parfum surprenant de pomme et de cannelle chatouille mes narines. Même si je sais que nous sommes maintenant dans le passé, dans la maison occupée par Ange de son vivant, une partie de moi n ’y croit pas vraiment. D’accord, il devrait être facile de convaincre une fille qui côtoie un fantôme de la possibilité de voyager dans le temps, mais quand mê me ! Peut-être que j’ai rêvé tout ça et que je dors enco re. Cléo, Ange, Malvina, Baptiste devenu gentil, la maison qui n’existe plus , et ma présence ici en 1903… tout ça n’est peut-être qu’un rêve ! Je suis probab lement dans un coma profond depuis que Baptiste et sa bande ont voulu me frotte r le visage avec du papier sablé, et que l’apparition de Cléo n’était pas réel le du tout ! Pour être sûre de ne pas rêver, je lâche la main de Baptiste et je me pince le bras. Ouch ! Je me pince l’autre bras. Ouchhh ! Je pince le bras de Baptiste. — Ayoye ! Zoélie ! Pourquoi est-ce que tu me pinces ? — Je voulais voir si je rêvais. — Visiblement pas ! rétorque-t-il. Et moi non plus d’ailleurs. — Chhhhut ! Ne t’énerve pas. Souviens-toi des parol es d’Ange : demeurer calmes, ne pas bouger, ne pas crier, ne poser aucun e question avant que le
fantôme de Cléo nous permette de le faire. — Alors, j’ai hâte de retrouver Cléo, marmonne Baptiste. — Moi aussi, je dois l’avouer… Une chose m’inquiète , par contre. — Quoi donc ? demande Baptiste. — Si Cléo avait besoin de nous pour revenir dans no tre époque, alors, comment être sûrs que nous, nous pourrons y retourner ? Je veux ma maman ! — J’imagine qu’il faut avoir confiance, répond Bapt iste, dont le front vient de prendre un pli soucieux. Rappelle-toi, Ange a dit q u’il avait besoin de l’aide d’êtres vivants pour revenir. Nous sommes encore vivants, ç a devrait aller, me rassure-t-il. — De toute façon, il est trop tard pour reculer, di s-je d’un ton paisible, beaucoup plus confiant que je ne le suis en réalité. Mainten ant que nous avons couru tous ces risques, aussi bien nous concentrer sur l’accom plissement de notre mission. — Tu veux dire nos deux missions ! précise Baptiste . Venir chercher Cléo et ramasser le pain empoisonné ! — Tu as raison. Je suis distraite. Ça doit être la secousse qui m’a dérangé le cerveau ! — Tu vas t’en remettre… Regarde-moi cette maison. C’est hallucinant ! Nous admirons le décor. — Très hallucinant, dis-je. — C’est fou à quel point elle est différente mainte nant, s’extasie-t-il. — C’est extraordinaire, tu veux dire ! Vue de l’extérieur, c’était une pièce sombre, aband onnée, pleine de toiles d’araignées et de meubles abîmés. Je ne m’attendais pas à voir ce poêle à bois, chaud et grésillant.
La table est mise pour une personne : une assiette, un verre, une fourchette et un couteau. La nappe est blanche, semblable à celles que mon ar rière-grand-mère Thérèse fabriquait au crochet. Il y a quatre chaises, mais seulement une qui est tirée. C’est logique : Ange vivait seule ici… ou devrais-je parl er au présent, puisque je suis dans le passé ? Ouf… je n’ai pas fini d’être confuse ! Une main sur mon épaule, Baptiste me guide vers la fenêtre. — Regarde ! Une tarte ! s’exclame-t-il. J’ai justem ent un petit creux… — N’y touche surtout pas ! C’est sûrement pour Cléo . Je me demande si nous le verrons venir la voler ? — Ça serait fou de l’apercevoir en vrai, s’ébahit B aptiste. À mon tour, je dirige Baptiste dans la direction op posée, vers la cuisine où un poêle à bois grésille. — Si Ange… euh… celle, vivante, de 1903, nous voit, ça va tout bousiller. Viens, nous ne pouvons pas rester au milieu de la pièce. C achons-nous dans la penderie le temps de nous assurer d’être seuls avant de sortir sans nous faire voir. — Si on lui explique qui nous sommes, Ange pourrait peut-être nous aider ? demande-t-il. Ça serait trop facile… — Si elle est de nature incrédule comme toi, ça pre ndra des jours pour la convaincre ! — Tu as raison, dit-il en ouvrant la porte du placa rd. Ange ne sait pas encore
qu’elle deviendra un fantôme et ne connaît rien en la matière en ce moment. — Exactement ! Ça pourrait la traumatiser de nous v oir arriver du futur. Je me demande si Cléo nous a repérés, dis-je en chuchotan t, une fois que nous sommes cachés dans la pénombre. Heureusement, il y a un espace entre la porte et so n cadrage pour que nous puissions surveiller ce qui se passe dans la maison . — Tu crois qu’il est sous sa forme invisible ? dema nde Baptiste. Avant notre départ vers le passé, j’avais expliqué les différentes formes que peut prendre Cléo en tant que fantôme. On dirait que Bap tiste n’a retenu que deux possibilités : visible et invisible. Je le comprend s, toute cette histoire de fantômes, ça représente beaucoup d’informations. — Je n’ai aucune idée sous quelle forme il apparaîtra ! CLÉO ? ES-TU LÀ ? (MOI) — Zoélie, qu’est-ce que tu fais ? demande Baptiste. Tu as une drôle de tête. — J’essaie de communiquer avec Cléo par télépathie, dis-je. — T’a-t-il répondu ? — Shhhh… si tu me parles, je ne peux pas entendre d ans ma tête. — OK, je me tais, chuchote Baptiste. — Shhh ! J’ai dit ! — Et moi, j’ai dit OK ! Pour en finir avec notre échange ridicule, je plaqu e une main sur sa bouche. Enfin, j’entends Cléo ! ZOÉLIE ? OÙ ES-TU ? (CLÉO) DANS LE PLACARD DE LA CUISINE D’ANGE ! (MOI) J’ARRIVE ! (CLÉO)