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L'épopée du roi Marco

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Livres
334 pages

Description

S'enfuyant de sa ville natale pour échapper à l'esclavage, Sonia rencontre une dame mystérieuse qui lui transmet son pouvoir de dragon.
Découvrant ses nouvelles capacités, Sonia voyage et rencontre Elliot, le prince des Elfes en fugue. Ensemble, ils devront combattre un dragon, bâtir un nouvel empire, recruter et former des alliances.
Le pouvoir et le trésor, le but ultime de tout dragon qui se respecte.

Informations

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Date de parution 04 septembre 2018
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EAN13 9782923375670
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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L’épopée du roi Marco
Caroline Boivin
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Montréal, Québec H1V 1X6
(514) 256- 9000
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Juan@ca
Mise en page et infographie
Danielle Simard et Raymond Viger
Corrections
Francis Sasseville
Copyright
Tous droits réservés à Caroline Boivin
Toute reproduction, distribution et vente interdites sans l’autorisation
de l’auteur et de l’éditeur.
Dépôt légal
Bibliothèque et Archives nationales du Québec 2018Archives du Canada 2018
ISBN papier 978-2-923375-58-8
ISBN epub 978-2-923375-66-3
ISBN PDF 978-2-923375-67-0Table des matiéres
L’épopée du roi Marco 1
Prélude 6
Sonia 7
Le roi des elfes 22
L’évasion 24
La prémonition 27
Les marchands nordiques 29
Antoine 32
La dame en blanc 34
Elliot 38
Le feu et la glace 45
Le monstre 47
Le bloc de glace 50
Alan 58
L’Oracle 60
La nouvelle du village 62
La prémonition des quatre 69
Le rendez-vous au village voisin 72
Le mariage 78
La séparation des chemins 84
En retard à la fête d’Antoinette 90
L’elfe élevé par des nains 92
L’homme venu du futur 106
Le baiser du dragon 109
Le capitaine de la garde et le bal masqué 116
Les gateaux au miel 125
Le bal 126
Le Roi Marco 135
Trois ans plus tôt 147
Un nouvel homme 155
Robin 160
La princesse Dorothée 163
Le roi Henri 180
Mission au royaume des Elfes 187
Noël 208
Le tournoi dans l’autre monde 226
Un bonne nouvelle 247
La rencontre 258
Le tournoi. 262
Le prisonnier 281
L’exilé 289
Pénéloppe 313
4 Le soir du bal 322
Les quatre héros 331
5Je dédie ce livre à mes cambrioleurs.
Sans vous, je n’aurai pas eu le courage de recommencer… en mieux.Prélude
Le roi Marco était nerveux, ce qui n’était vraiment pas dans ses
habitudes. Le royaume entier l’attendait dans la grande salle de bal, certains
pour le tuer, certains pour négocier le mariage de sa flle unique. Marco
savait qu’il y avait de très grandes chances qu’il parte en guerre après
cette soirée. Il n’avait pas peur pour sa sécurité, mais son peuple dans
la salle de bal l’inquiétait… Son enfant aussi. Sans compter qu’il y avait
une créature puissante dans le camp ennemi. Marco prit une grande
respiration et ricana. Il n’avait jamais pensé, même dans ses rêves les plus
fous, être dans une situation aussi précaire. Le pays était jeune, riche et
l’armée assez nombreuse; de quoi faire quelques envieux.
Il avait déjà deux alliés non-négligeables. Les rois Guillaume et Henri
avaient de solides armées, mais pas assez d’hommes pour contrer celle
de leur ennemi. Il faudrait jouer en fnesse. Le roi du Tryma lui avait clai -
rement fait comprendre ses intentions de lui donner redevance à chaque
pleine lune pour acheter sa paix. Il en était hors de question! Cependant,
l’armée du Tryma était si immense qu’il se demandait comment il allait
réussir à repousser une attaque. Le roi du Tryma s’était fait escorter au
château du royaume des dragons avec tellement d’hommes que Marco
craignait pour la sécurité de tous. Il ne pouvait pas dire qu’il refusait, ni
qu’il allait y réféchir. Il devrait lui dire qu’il acceptait, amadouer le roi
du Tryma et le mettre en confance, le temps qu’il retourne chez lui avec
sa petite armée. Ensuite, Marco trouverait un joyeux petit moyen pour
l’assassiner en espérant que son successeur soit moins catégorique.
Marco ricana sans joie. Comment pouvaitil penser à assassiner un roi?
La réponse était simple : ce roi avait enlevé et tué son dragon. Il ne lui
pardonnerait jamais et de ses propres mains, il allait lui retirer sa vie et
il allait le faire lentement.
Marco se calma avant que la colère ne l’envahisse et qu’il ne prenne en
feu.
Vingt-sept ans plus tôt…
C’est dans la ville de Tryma que commence notre épopée…Sonia
Il y a de ces endroits dans ce royaume où il ne fait pas bon être un enfant,
mais bon, tout le monde le sait déjà, n’importe quel voyageur le dirait. Il
est aussi de savoir commun que la ville de Tryma en est le pire exemple.
Un enfant sur deux atteint la majorité, les autres meurent d’infections,
de maladies, de faim, battus à mort, tués, chutes, mordus par un serpent,
affaissement d’une maison en boue, sacrifce pour je ne sais quel dieu
et je passe les pires pour vos âmes sensibles. Bon d’accord, voici un
des exemples les plus horribles que j’ai entendu. Pendant la grande
sécheresse, une famille a tiré parmi les enfants à la courte paille celui qui
allait être mangé… Bref, malgré toutes ces morts, ce ne sont pas les
enfants qui manquent à Tryma, ils se cachent un peu partout dans cette
ville, véritable labyrinthe de maisons en boue jaune, dans laquelle les
voyageurs se perdent si facilement. En fait, il y en avait tellement que les
marchands gardaient avec eux des longs bouts de bois pour frapper les
éventuels voleurs de nourritures. Certains y plantaient des clous qu’ils
laissaient dépasser pour blesser leurs victimes et essayaient de viser le
cou. Quelques enfants en mouraient au milieu de la place publique avec
absolument personne pour leur venir en aide. On les ramassait et les
jettait dans la fosse à la sortie de la ville. C’est ainsi que les choses
fonctionnaient à Tryma. Quand un enfant ne revenait pas à la maison le soir,
sa mère comprenait qu’il était mort. Elle le pleurait un temps et
l’oubliait, car à Tryma, la seule manière de rester sain d’esprit était d’oublier
les innombrables personnes qui nous quittaient.
Une autre chose qu’il faut savoir à propos de Tryma; elle a un immense
port reliant les océans de l’Est et de l’Ouest, ce qui en fait la capitale
du commerce de la région. Les marins s’y arrêtent pour boire, manger,
trouver une femme pour la nuit et les commerçants y jacassent pendant
des heures sur la place publique devant la muraille en pierre importée du
nord de la ville. La ville ayant grandi trop vite pour sa muraille, moins de
la moitié de la population était réellement protégée par celle-ci.
L’un des commerces les plus forissants de la place était la vente
d’esclaves. Les trois quarts de la population de Tryma se composaient de
ceux-ci. La fllette n’en faisait pas exemption. Elle devait bien avoir
12 ans maintenant, mais comment le savoir quand on ne sait même pas
compter. Elle se souvenait très vaguement de son passé. Son village avait
été ravagé par des bandits, les maisons brûlées, les récoltes volées et elle,
enlevée. Elle le savait uniquement parce que d’autres enfants lui avaient
dit, parce que sa maison était très à l’écart du village et que son oncle lui
avait dit de rester en attendant son retour de la chasse. Elle devait avoir
8quoi, trois ans à l’époque? Le plus chanceux reste son oncle qu’elle n’a
jamais revu depuis. Le temps l’ayant changé, il ne la reconnaîtrait sûrement
pas et elle était bien jeune quand elle l’avait connu. L’espoir qu’elle avait
qu’il la retrouve était vite disparu. Quand on entre dans Tryma, on devient
une aiguille dans une botte de foin. C’est d’ailleurs une ville de
prédilection pour n’importe quel malotru désirant disparaître pour quelque temps.
La fllette avait été vendue à l’enchère sur la place publique près du port
et depuis, elle travaillait pour un vieil homme qui avait une trentaine
d’esclaves, presque tous des enfants. Ses principales tâches consistaient
à aller chercher de l’eau pour l’apporter à la cuisinière ou dans les
bassins de teintures. Elle pouvait faire l’aller-retour une trentaine de fois
dans une journée et une quarantaine les jours d’été. Le vieil homme
possédait une teinturerie. Les autres enfants trempaient les tissus blancs
dans les bassins toute la journée et fnissaient les bras couverts de rouge,
de mauve, de orange. Au moins, on pouvait les reconnaître dans la rue,
on savait qu’ils appartenaient au teinturier et on les battait moins. Le
teinturier faisait passer un mauvais quart d’heure à ceux qui touchaient
ses esclaves et pour cela, la fllette était reconnaissante. Mais il ne faut
pas se méprendre sur ses intentions, ce n’était pas pour le bien-être de
ses esclaves qu’il les gardait indemnes.
En effet, le vieil homme n’était pas un idiot. Il n’achetait que des fllettes
exceptionnellement mignonnes afn de pouvoir les revendre quatre fois
le prix quand elles auraient atteint la puberté. Il ne pouvait pas se
permettre de vendre de la marchandise endommagée. La fllette se
rapprochait dangereusement de cette échéance et cela l’inquiétait énormément.
À force de transporter de l’eau, son corps s’était endurci et elle ne
paraissait pas trop maigrichonne, car le teinturier voyait à ce qu’elles mangent
toutes suffsamment. On pouvait même espérer qu’elle devienne très
belle en grandissant. Cela l’inquiétait aussi. Elle pouvait bien être
vendue dans un bordel et mourir battue dans le fn fond d’une ruelle. Elle
en voyait si souvent de ces flles presque nues, poignardées, gisant sur
le sol. Les hurlements la nuit réveillaient souvent tout le quartier, mais
dont personne n’allait voir la provenance. On pouvait tuer ses esclaves à
Tryma sans autre conséquence. Tu ne vis pas longtemps à Tryma quand
tu es une jolie flle, mais assez pour avoir quelques enfants. Qui voudrait
d’une vie comme ça? C’était déjà mieux que beaucoup d’autres…
Les plus chanceux étaient les garçons d’écurie. Tant que les chevaux
étaient propres et se portaient bien, ils n’étaient pas dérangés par leurs
maitres. Liberté peu commune dans le milieu.
Malgré tout, la fllette n’avait pas à se plaindre, car ce qui était encore pire
9qu’être jolie à Tryma était d’être malade. Les gens jettent des cailloux aux
visages des lépreux jusqu’à ce qu’ils soient forcés de quitter la ville. Les
gens malades faisaient aussi peur à la fllette qui ne voulait absolument
pas attraper leur mal. Être malade était presque synonyme d’être mort.
Cette nuit-là, collée entre Martha et Coralie, deux enfants plus jeune
qu’elle, la fllette eut ses premières règles. Martha cria en découvrant le
sang au matin en se levant. Le cœur de la fllette voulait sortir de sa
poitrine. Et maintenant quoi? Qu’allait-il advenir d’elle? La cuisinière,
attirée par les cris, découvrit le sang en premier. Elle regarda la fllette et la
tira par le bras jusqu’au bureau du vieil homme. Celui-ci avait toujours
de l’insomnie et se réveillait terriblement tôt. Dès qu’il fut au courant
de la nouvelle, il enferma la fllette dans le garde-manger jusqu’à midi,
heure de la vente sur la place publique.
La fllette en profta pour manger avidement tout ce qui lui tombait sur la
main : saucissons, pommes, pains et un morceau de fromage. Elle lâcha
ce dernier dès qu’elle entendit les gonds de la vieille porte en fer grincer.
La gouvernante des enfants, celle qui organisait le travail, entra avec une
robe couleur vert émeraude sur le bras. La fllette n’avait toujours porté
que des guenilles sales brunes et grises, alors voir la gouvernante avec ce
vêtement à son intention était étonnant. Mais avant de porter un tissu
aussi cher, elle se ft laver violemment, frotter jusqu’à ce que sa peau en soit
toute rouge et brosser ses longs cheveux noirs qui formaient une tignasse
frisée noire diffcilement domptable. La gouvernante en vint à bout,
faisant crier la fllette de douleur. La maquilla ses yeux de
noir, lui perça les oreilles avec une aiguille et y inséra des anneaux en or.
Puis, la fllette fut fnalement autorisée à vêtir la robe verte ouverte au
niveau du décolleté et le long des cuisses. La fllette ne se vit pas, il n’y
avait pas de miroir dans la pièce. Dommage, elle aurait bien aimé.
− On pourrait bien avoir un bon prix pour toi, commenta la gouvernante
satisfaite de son œuvre.
Elle la tira solidement par le bras et l’amena à la carriole-cage où le vieil
homme l’attendait. Ce dernier inspecta la fllette de la tête aux pieds et
lui ft ouvrir la bouche pour examiner si elle avait des dents pourries.
Satisfait, il la ft monter dans la carriole-cage pour aller sur la place
publique.
La fllette ft le chemin habituel vers le port, mais contrairement à
d’habitude, elle ne passa pas du tout inaperçue. Les passants regardaient la
cage avec attention et certains la suivirent pour se rendre à l’enchère.
Elle se sentait si nue avec ses jambes entièrement à découvert sur
les10quelles beaucoup de regards se posaient. Elle voulait crier. Casser le
métal et courir… courir jusqu’à l’un de ces bateaux marchands et se cacher
dans la cale et disparaître à l’horizon. C’était un beau plan jusqu’à ce
qu’elle imagine que l’équipage la trouve et festoie sur son corps vierge.
Au milieu de la place se tenait une scène en bois où un hurleur public
faisait parader toutes sortes d’esclaves; des jeunes enfants ou des
vieillards vendus à rabais, des femmes ayant des jeunes enfants et pouvant
encore allaiter, des hommes forts, des garçons et des jeunes vierges et
bien d’autres. Dès qu’elle fut arrivée à la hauteur de la scène, on la ft
monter au centre pour donner une belle vue à tous.
- Jeune vierge à la beauté exceptionnelle! Vous ne trouverez pas mieux
sur le marché! Ses bras et ses jambes sont solides, elle a toutes ses dents.
Qui s’emparera de ce joyau? Nous commençons à 20 coins! cria l’hurleur.
- Moi, cria Mufta, l’homme possédant les plus grands bordels de la ville.
La fllette en eut le souffe coupé de peur.
- 22 coins! cria la gouvernante des bonnes du château.
- 24 coins, enrichit Mufta.
- 25 coins, dit encore la gouvernante.
- 50! cria une mystérieuse femme habillée tout de blanc immaculé.
Un silence inhabituel envahit la place publique et la foule dirigea son
regard vers la dame en blanc. La fllette ne l’avait jamais vue. Jamais
non plus quelqu’un avait autant misé pour un esclave. On pouvait voir
le hurleur frissonner devant ce montant. La fllette ne pensait pas valoir
autant. Elle se voyait déjà aux côtés de cette élégante femme en blanc,
la suivant dans ses voyages et ses aventures, partager ses secrets et la
soutenir pour sa vie entière. Cependant, le destin a parfois le don de nous
jouer des tours…
- 51, cria Mufta.
- 51 une fois, 51 deux fois, 51 trois fois, adjugé pour M. Mufta!
Féliciations!
Il vous est surement déjà arrivé d’avoir cette boule de stress qui monte
de l’estomac jusqu’à la tête, vous donnant le tournis? De voir tout en
noir durant quelques secondes et reprendre vos esprits, juste avant de
11tomber? C’est ce qui arriva à la fllette. C’est dans une complète
confusion qu’on la propulsa vers Mufta qui examina ses grands yeux bruns de
biche et lui demanda :
- Quel est ton nom mon trésor?
- Je ne m’en souviens pas, répondit la fllette.
C’était très commun que les enfants esclaves n’aient pas de nom. Il était
interdit que ceux-ci se nomment, ils devaient attendre que leur maitre
leur donne un nom. Donc, plusieurs restaient sans nom, car leur maître
avait négligé de les nommer.
- À partir de maintenant, tu t’appelleras Sonia.
Sonia. Ça sonnait bien. La fllette était contente d’avoir un nom.
Cependant…
- D’accord, répondit Sonia terrifée.
- Bon, allons-y nous avons beaucoup de travail à faire.
Dois-je vraiment vous expliquer la suite? C’est violemment que Sonia
perdit sa virginité. Un marchand de soie accosté au port prêt à payer
le plein prix pour une vierge. Sonia ne se rappelle pas du tout de son
nom, mais ne pourra jamais oublier son visage. Ensuite, valant beaucoup
moins et n’ayant pas l’expérience de ses compatriotes, elle connut les
matelots ayant peu d’argent. Puis, devenant rapidement meilleure que
les autres et étant plus jolie, elle fnit par rapporter plus d’argent que
toutes les autres. Cependant, elle voyait les plus vieilles qui pouvaient
se faire chasser à coup de pierres si elles avaient la peste ou la toux en
sang. Son avenir continuait de l’inquiéter constamment. Les vieilles…
étaient bien jeunes.
Un beau soir, un homme cagoulé entra dans le bordel. Cela n’avait rien
de surprenant, la plupart des clients entraient ainsi pour ne pas causer
de ragots. Seuls les matelots s’en fchaient éperdument, sachant qu’ils
allaient partir le lendemain de toute façon. Ce qui était étrange, c’était
la façon dont Mufta s’occupait de lui. Mufta était un homme très fer et
c’était avec assurance qu’il montrait ses flles. Mais là, on pouvait sentir
sa nervosité. Habituellement, il négociait un bon prix avant de se rentre
jusqu’à Sonia. Là, il se dirigea directement vers elle sans même parler
d’argent. Toutes les flles remarquèrent le comportement étrange.
12- Sonia, peux-tu aller dans la plus belle suite, ordonna Mufta.
- Mais bien sûr, répondit Sonia avec son sourire le plus charmeur.
Elle se rendit dans la chambre et attendit dans les oreillers en soie
environ cinq minutes avant que l’inconnu cagoulé n’entre dans la pièce. Il
ferma la porte derrière lui et resta debout immobile comme une barre.
- On dirait que quelqu’un est un peu tendu, rigola Sonia. Je peux peut-
être vous détendre.
Elle se leva pour se rapprocher. L’inconnu ft un geste brusque de recul.
- Ce n’est pas ce que vous croyez. Je… je me… Je vous explique, je me
marie demain.
- Toutes mes félicitations! répondit Sonia qui n’en était pas à sa première
veille de mariage.
- Non! Je… D’accord, je suis puceau voilà. Et on ne m’a jamais expliqué
comment. Et je me marie demain, je ne veux pas avoir l’air d’un niais
devant ma femme. Enfn, vous comprenez mon malaise?
- Oui… s’intrigua Sonia, Ça m’étonne que vous ne l’ayez pas appris
dans les rues quand vous étiez enfant.
- Je n’ai jamais été dans les rues quand j’étais enfant. Puis-je compter sur
votre discrétion pour ne raconter cela à personne?
- Mais bien sûr, ce n’est pas tous les jours qu’on montre à un prince
comment baiser.
L’inconnu se fgea et rigola avant de rejeter sa cagoule par en arrière.
Sonia reconnut le jeune prince Jacob, héritier du trône.
- Je suis si terrible acteur?, demanda le prince.
- Vous parlez trop. Le seul enfant à ne pas aller dans les rues est le prince.
- Touché, avoua le prince.
- Bon. Laissez-moi vous expliquer, commença Sonia.
Après deux bonnes heures à bavarder techniques, les sujets de
conver13sations entre le prince et Sonia dérivèrent vers leurs métiers respectifs.
Alors, le prince demanda :
- Que feriez-vous si vous étiez à ma place?
- Moi? Prince du royaume du Tryma? demanda Sonia.
- Hypothétiquement, vous êtes prince du royaume du Tryma demain
matin. Que faites-vous?
La possibilité que cela arrive était tellement absurde. Mais bon, Sonia
réféchit quelques minutes avant de répondre :
- J’abolirais l’esclavage.
- Oh, rien de moins! ricana le prince.
- Non, sérieusement! Vous ne trouvez pas cela injuste que certaines
personnes appartiennent à d’autres sous le motif qu’ils sont nés de parents
esclaves ou qu’ils soient orphelins ou enlevés de force à leurs parents
fermiers par les raids ?
- Des raids? J’ignorais cela, répondit le Jacob.
- Les enfants travaillent tellement fort que beaucoup meurent avant
d’atteindre l’âge de douze ans.
- Et ce n’est pas normal? demanda le prince.
- Ça ne devrait pas l’être.
Ils discutèrent politique pour le reste de la nuit. Le lendemain, le prince
se maria et il ne sembla rencontrer aucun problème à accomplir son
devoir conjugal. Trois jours plus tard, il revint au bordel et demanda
spécifquement Sonia. La dernière conversation qu’il avait eue avec elle
l’obsédait depuis trois jours.
- Que feriez-vous de l’économie s’il n’y avait pas d’esclave? demanda-
t-il sans préambule. Qui ferait le travail?
- Tout le monde ferait le travail, répondit-elle. Il y aurait plus de justice
dans la répartition de la richesse, je crois même que l’économie s’en
porterait mieux. J’ai entendu les histoires des hommes du nord, ils sont
libres et leur économie se porte mieux qu’ici à ce qu’ils disent.
14- Je commence à penser que vous avez peut-être raison, avoua-t-il. C’est
une idée si originale, c’est une énorme évolution…
- Ça vous fait peur?
- Oui, énormément. Comment implanter cela sans effusion de sang,
sans complot pour m’assassiner? demanda le prince. Les maitres
esclavagistes sont nombreux et puissants.
- Mais vous êtes le prince!
- Je suis aussi un homme qui peut saigner.
- Alors là, je n’en ai pas la moindre idée…
Ils discutèrent ainsi à fréquence régulière pendant près de deux ans. Le
prince apprit même à Sonia comment lire pour qu’ils puissent
argumenter. C’était le couple d’amis le plus improbable du royaume et
étrangement le plus raisonné. Le prince était si excité à l’idée de bientôt devenir
roi et de concrétiser tous ces projets. Sonia devait avouer qu’elle l’était
aussi. S’il réussissait, elle pourrait partir de cet endroit, et qui sait, peut-
être pourrait-elle ouvrir un petit café près du port. La simple perceptive
de ne plus être esclave la faisait frissonner. Mais bon, il y avait
énormément de travail à faire avant d’y parvenir.
Un soir, Esmeralda, la meilleure copine de Sonia ne rentra pas au bordel.
Elle s’était déplacée chez un nouveau client, ce qui était habituel. Elle
et Sonia avaient été achetées en même temps et avaient immédiatement
créé un lien d’amitié. Elles se ressemblaient un peu, mais Sonia était
plus jolie. Elles discutaient toutes les nuits ensemble. Sonia la
considérait comme sa sœur.
Esmeralda n’était pas la première flle que Sonia ne voyait pas revenir
le soir. La dernière avait été retrouvée sur la rive trois jours après sa
disparition. On l’avait reconnue à ses vêtements, car l’eau l’avait rendue
méconnaissable. Cela ne pouvait pas arriver à Esmeralda. Cela ne devait
pas arriver à Esmeralda! Sonia sentit monter sa colère et cela lui donna
un courage qu’elle ne croyait pas avoir.
Avant même qu’on l’arrête, Sonia prit un couteau servant à trancher les
fruits dans un panier pour les clients et courut dehors en petite tenue
aguichante. Elle allait se rendre chez le nouveau client et récupérer
Esmeralda.
15C’était le milieu de la nuit à Tryma. Sonia grognait en montrant en
évidence son gros couteau pour chacune des ombres qu’elle croisait et qui
osaient la dévisager. Il faisait frais en soie bleue dans le désert la nuit,
mais Sonia était si furieuse qu’elle ne ressentait pas le froid qui mordait
son ventre nu.
Personne n’osa l’approcher… Et avec raison. Une prostituée furieuse
armée d’un gros couteau, on pouvait facilement imaginer un homme
perdant son membre viril. Et Sonia l’aurait fait sans hésiter. Elle avait changé
depuis qu’elle travaillait pour Mufta. Elle avait perdu son innocence et sa
naïveté. Elle détectait la différence entre la vérité et le mensonge et elle
était beaucoup plus agressive qu’auparavant. Par le passé, elle s’était fait
battre par des clients. Cela devait lui être arrivé deux ou trois fois.
Maintenant, quand ils s’essayaient, elle les battait en retour, elle les maitrisait
et les dominait. Sonia était grande et forte pour une femme. Elle pouvait
soulever un homme et le plaquer contre le mur. Ils revenaient souvent
la voir par la suite, ayant apprécié l’expérience. Esméralda n’était pas
comme elle. Elle était douce, sensuelle, timide et soumise. Si son client
avait en tête de la battre à mort, elle serait incapable de répliquer. Sonia
se sentait l’obligation de la protéger, comme une petite sœur.
Sonia tourna à gauche, puis passa entre deux maisons de boue, dans un
passage à peine assez large pour elle. Elle tourna à droite et se retrouva
devant la maison en boue jaune du client d’Esméralda. Elle s’y dirigea
sans attendre pour être certaine de ne pas hésiter. Elle ouvrit la porte
sans cogner et découvrit Esméralda en sang gisant dans le milieu de
la pièce. Elle fxa Sonia de son œil enfé, son nez semblait brisé et elle
saignait de la joue, mais elle était toujours en vie. Sonia remercia le ciel
d’avoir porté ses pas à temps. Son client se retourna pour lui faire face.
- Qui es-tu? pesta-t-il. Sors de chez moi.
- Entendu, mais j’emmène Esméralda avec moi.
- J’ai payé pour elle.
- Pas assez pour sa vie, elle appartient à Mufta, répliqua sèchement Sonia.
- Je ne reçois pas d’ordres d’une sale pute!
C’en était trop et Sonia était en colère. Et elle l’était encore plus depuis
qu’elle avait vu l’état d’Esméralda. Ce client stupide n’avait peut-être
pas vu, mais elle tenait un gros couteau à melons. Sans hésiter, pour ne
pas penser, elle transperça le client au milieu du ventre. Le client était si
16surpris qu’il en oublia de crier.
- Non…, fut la dernière parole de son insignifante vie.
Sonia retira le couteau et laissa l’homme tomber au sol. Elle tremblait.
Elle recommença à penser : elle venait de tuer un homme. Pas juste un
homme : un homme libre! On pouvait l’arrêter et la pendre pour cela.
Elle avait son sang chaud sur les mains. Esméralda tenta de bouger, mais
cela la ft gémir de douleur. En l’entendant, Sonia sortit de sa torpeur et
alla à sa rencontre. Elle était très mal en point, ce salaud n’y avait pas
été de main morte…
- Comment tu sens-tu ma belle? lui demanda-t-elle. Peux-tu marcher?
- J’ai mal, lui répondit Esméralda. Je ne peux pas marcher.
- D’accord, lui répondit Sonia en tentant de se faire rassurante, Je te
ramène à la maison.
Sonia mit ses bras sous le corps d’Esméralda et la souleva doucement.
Cela lui arracha un hurlement de douleur. Elle devait avoir des côtes
cassées. Sonia ne put s’empêcher de pleurer en la voyant souffrir ainsi, mais
il fallait bouger et vite! Elle enjamba le cadavre et poussa la porte d’un
coup de pieds. Elle ramena Esméralda, toujours à moitié nue, lentement
pour ne pas la blesser. Les regards se portèrent sur elles, deux prostituées
couvertes de sang. Elles étaient dégoutantes à souhait. Sonia envoya des
regards noirs de haine pour quiconque oserait l’approcher. Elle entra
dans le bordel de Mufta en utilisant ses pieds pour ouvrir les portes et
posa Esméralda sur des coussins. Quand elles les virent, les autres flles
crièrent. Mufta entra dans la salle en catastrophe, ne portant qu’une
chemise de nuit et un bonnet. Il aperçut les deux flles en sang et sursauta.
- Que s’est-il passé? grogna-t-il.
- Le client d’Esméralda a voulu la tuer, répondit Sonia comme toute
réponse. Esméralda a besoin d’un médecin!
- Il en est hors de question! répondit Mufta. Ces hommes sont hors de
prix! Ça me coûterait moins cher l’achever ici et maintenant que
d’appeler un médecin.
La phrase perça Sonia comme de l’acier. Mufta avait l’intention de
laisser Esméralda mourir. Sans médecin, elle mourrait d’infection sans
aucun doute. Rester au chevet de sa meilleure amie agonisante sans rien
17faire n’était pas une option acceptable pour Sonia. Elle reprit Esméralda
dans ses bras, celle-ci était endormie. Sonia avait un plan.
- Dans ce cas, répondit Sonia à Mufta. Je me débarrasse d’elle cette nuit.
- Bonne idée, et tu prendras un bain après, ajouta Mufta.
Il ouvrit la porte à Sonia qui se retrouva une fois de plus dans la rue en
pleine nuit. Cette fois-ci, elle se dirigea vers le palais avec en tête une
idée très risquée. Des gardes l’arrêtèrent aux portes avant même qu’elle
ne les rejoigne.
- Qui va là? demanda l’un d’entre eux.
Le temps d’arriver jusqu’à la porte, Sonia s’était remémorée toutes ses
conversations récentes avec le prince. Alors, elle ne sut pas comment
elle réussit à imaginer un mensonge aussi parfait, mais elle dit :
- Je suis la servante de la princesse Argany que je tiens dans mes bras, la
cousine du prince Jacob. Nous avons été attaquées par des pirates dans
notre voyage du Tyllon jusqu’à Tryma. Les pirates nous on fait
porter d’affreux vêtements et danser. Nous nous sommes enfuies, mais ma
maitresse a reçu des coups. Ma maitresse ne va pas bien, elle a besoin
d’un médecin. Allez chercher le prince, si vous doutez de nous, mais
dépêchez-vous!
Le garde était méfant, il hésitait entre réveiller le prince ou jeter à la rue
ces deux menteuses. Mais, Sonia était convaincante et les noms étaient
les bons. Sonia savait que la princesse Argany devait leur rentre visite
bientôt. Personne ne l’avait jamais vue à Tryma à part le roi lors de son
voyage au Jourdanie il y a de cela 8 ans. Elle devait avoir changé depuis
et son visage était si enfée.
Le garde décida de ne pas réveiller le prince, mais de les faire entrer et
d’envoyer le médecin voir la supposée princesse Argany. Le lendemain,
il avertirait le prince de leur venue. Sonia resta à son chevet. Des
servantes leur apportèrent des tenues convenables et de quoi se laver. Le
médecin arriva tout de suite après, encore tout endormi. Il salua Sonia et
examina le corps d’Esméralda.
Elle avait des côtes cassées, des marques de couteau. Pendant qu’elle
dormait, il replaça son nez d’un petit coup sec qui ne la réveilla même
pas. Il mit un baume sur les blessures, recousit deux marques de
couteau particulièrement profondes avec du fl, désinfecta les plaies avec
18un baume et apaisa la fèvre avec une tisane qu’il ft boire à Esméralda
lentement. Elle délirait en l’avalant, mais le liquide fnit par être bu. Elle
se rendormit immédiatement après.
- Je reviendrai voir comment son état s’améliore demain matin.
Sonia le remercia. Elle lava Esméralda avec une lingette et l’habilla
doucement. Elle ft de même avec elle-même pour se débarrasser du
sang séché sur sa peau. Elle mit les vêtements neufs. Elle était nerveuse,
elle avait hâte de voir le prince et lui expliquer… À chaque fois que la
porte ouvrait, elle avait l’impression que c’était la garde royale qui
venait mettre fn à ses jours. Qu’est-ce qui lui avait pris! Elle connaissait
le prince, certes, mais lui-même ne pourrait pas la sauver de la corde s’il
advenait qu’on découvre qu’Esméralda n’était pas la princesse Argany.
Mais pour l’instant, elle s’installa sur le grand lit à côté d’Esméralda
comme sa dame de compagnie et tenta de dormir un peu malgré son
cœur battant à en sortir de sa poitrine.
Cette nuit-là, Sonia ft un étrange cauchemar. Un vieux souvenir, celui
de sa vente sur la place publique lui revint en mémoire. La dame en
blanc la regardait de ses yeux presque noirs. Elle lui souriait. Elle
s’approcha de l’estrade et prit la main de Sonia tendrement. Elle était d’une
beauté terrifante. Puis, ses yeux devinrent jaunes, des crocs poussèrent
dans sa bouche et sa main devint rugueuse au toucher. Sonia tenta de se
sauver, mais le monstre était trop fort. Des ténèbres rouges et noirs les
envahirent et le monstre attira Sonia à elle pour mettre sa bouche près
de son oreille.
- Je te veux! murmura le monstre. Tu seras bientôt à moi!
Cela réveilla Sonia en sursaut au beau milieu de la nuit. C’était l’un des
pires cauchemars qu’elle avait eu durant son existence entière, et elle en
avait eu beaucoup. Elle ne réussit pas à trouver le sommeil par la suite,
troublée par la dame en blanc qu’elle avait à peine croisée une fois dans
sa vie. Pourquoi rêver à elle dans un moment pareil?
Le lendemain à la première heure, le prince, le roi et ses trois conseillers
se retrouvèrent dans leur chambre sans même cogner. Sonia ft semblant
de dormir, les yeux entrouverts. Esméralda n’eut pas à faire semblant.
Le prince Jacob reconnut immédiatement Sonia et la surprise pouvait
se lire dans ses yeux. Il serra les lèvres. Malgré les blessures, il avait
reconnu Esméralda.
Ils fgèrent devant le visage boursoufé de la princesse Argany. Le roi
19Les quatre héros
On entendit le hurlement du dragon au moment même de dire «Y a-t-il
des gens qui s’opposent à l’union?». Sonia se tourna vers la fenêtre et vit
un dragon cracher du feu. La puissance de ses fammes étaient au moins
trois fois plus forte que celles de Sonia. Il attaquait les quartiers bondés
de la ville. L’horreur la fgea pendant une seconde. Pourquoi Elliot tuait-
il des innocents? Pourquoi sentait-elle que son âme était si noire? Elle se
retourna vers son époux avec sérieux.
- Jacob, je vais devoir me battre. Je ne pense pas revenir vivante. Ce
monstre va détruire le monde et s’il le fait, ce sera de ta faute!
Elle arracha littéralement les parties de sa robe qui la gênaient pour
courir et courut dehors. Dès qu’elle le put, elle se transforma en dragon,
détruisant la robe de mariée et fonça sur Elliot pour le contenir. Elle
ferait tout ce qu’elle pouvait. Elle voyait qu’il était plus fort qu’elle. Un
combat de titan commença alors dans la ville où les dragons se
mordaient et détruisaient les édifces de boue. La population criait et courait
en dehors de la ville. Leur combat tua des centaines de gens.
Le roi Jacob regarda par la fenêtre de l’église et réalisa son erreur. Il
allait détruire son royaume. La moitié de la ville était déjà un champ de
ruines.
Une elfe entra alors en courant dans l’église directement vers le roi
Marco.
- Donne moi la fole Antoine! hurla l’elfe. La fole avec le sang!
Le roi Marco se transforma sous les yeux ahuris de tous en jeune homme
en armure.
- Je t’en donne la moitié, je vais avoir besoin de l’autre pour t’aider.
Le sorcier sortit de ses tatouages deux foles. Une verte et une rouge. Il
tremblait à l’idée de devoir boire ce liquide à nouveau. Il but la moitié
du liquide vert pour l’anesthésie et tendit la fole à Robin qui but le
reste. Il fxa une seconde le liquide rouge avant de se forcer à en avaler
la moitié. Robin attrapa l’autre moitié pendant qu’Antoine se débattait.
L’anesthésiant ne faisait pas encore effet. Robin échappa la fole qui se
cassa au sol. La douleur était atroce! On aurait dit que son sang bouillait
de l’intérieur. Comment allaient-ils se battre avec cette douleur?
332Mais la potion verte ft effet.
- Allons-y, ragea Antoine. Nous n’avons pas beaucoup de temps.
Robin l’embrassa.
- Si nous en sortons vivants, lui dit Robin. Marions-nous.
Antoine ria. Il l’aimait tellement.
Ils coururent à la rencontre de leur destin sous la forme d’un immense
dragon meurtrier.
La maison en boue venait de s’écrouler. La flette courut se cacher
ailleurs. Les gens dans la maison était morts, brulés. Elle pleurait.
Pourquoi? Pourquoi ils se battaient? Elle allait leur demander. Elle
commença donc à courir dans leur direction, mais à chaque fois qu’elle arrivait,
ils bougeaient à l’autre bout de la ville et elle devait les poursuivre dans
l’autre direction. Il ne pouvait pas s’arrêter une minute.
Antoine arriva en volant et encanta un sortilège pour faire sortir la terre
du sol et ensevelir Elliot. Cela réussit à le maintenir un moment et à le
fâcher. Robin tenta de lui percer les yeux avec des épées, sans succès,
mais cela permit à Sonia de lui mordre le cou. Elle aurait pu mettre plus
de force, mais elle avait peur de le tuer. Elle voulait le maitriser et le
ramener. Elliot lui asséna un coup de queue et réussit à se défaire de ses
trois adversaires. Robin saignait du bras gauche. Heureusement, elle ne
sentait rien. Elle cria et retourna à l’attaque. Le combat était violent.
N’importe qui d’autre que ces légendes serait mort face à ce monstre.
Sonia lui envoya du feu à la fgure. Des écailles tombaient des deux
côtés laissant l’opportunité à Robin et Antoine de blesser Elliot. Mais
ce dernier réussit à assommer Sonia, qui perdit la carte pendant une
bonne minute. Le démon était furieux! Comment des êtres vivants
réussissaient à lui résister. Mais il était plus fort et moins fatigué. Dans peu
de temps, il réussirait à les tuer.
C’est à ce moment précis qu’un nouveau dragon ft son apparition. Une
petite dragonne vola dans leur direction. Quand Sonia vit Pénélope, elle
paniqua.
- Va-t-en Pénélope! lui hurla mentalement Sonia.
- Non, vous ne devez pas vous battre! répliqua naïvement sa flle.
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