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L'humanité, ça sent fort

De
200 pages
Dans son quotidien tragi-comique, Émilie Dubreuil a dressé son chien pour qu’il lui signale des choses ridicules. C’est aussi ce qu’elle fait dans ses chroniques depuis plus de quinze ans. Avec son flair de journaliste, son indignation redoutable et sa douce ironie, elle se questionne sur les causes de la fatigue culturelle du Québec et de l’endoctrinement religieux, sur la disparition des sacres québécois comme du sexe dans la cité. Elle révèle l’absurde chez ses contemporains, mais leur rappelle aussi comment recevoir l’absurdité sans dégénérer. Tout l’intéresse du genre humain, une bibitte qu’elle observe sous divers prismes avec un mélange inimitable de candeur et de férocité.
« L’humanité, ça sent fort. C’est plein de sel et de calories émotives. Ça épuise, ça désespère, ça envahit », écrit-elle avec ce franc-parler qui la caractérise. Qu’il soit question de langue, de religion, de politique ou de culture, Émilie Dubreuil observe le Québec tantôt avec tendresse, tantôt avec désespoir, émue et peinée devant son esprit de village, son manque d’amour-propre, malgré la grandeur de ses paysages, l’amour des gens. Entre son rire contagieux et sa lucidité philosophe s’immisce, au fil des textes, le murmure d’une âme sensible qui forme une véritable voix littéraire.
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ÉMILIE DUBREUIL CH2R0O11NI2Q0U17ESL’humanité, ça sent fort
É C R I T S CHRONIQUES L’humanité, ça sent fort a été publîé sous la dîrectîon d'Elsa Pépîn.
Conceptîon de la couverture et mîse en pages : Camîlle Savoîe-Payeur Dîrectîon de l’édîtîon : Elvîre Marcland Dîrectîon artîstîque : Renaud Plante Dîrectîon de la productîon : Marîe-Claude Poulîot Révîsîon : Marîe-Andrée Duresne Correctîon : Marîe Lamarre
© 2017 Émîlîe Dubreuîl et les édîtîons Somme toute
ISBN 978-2-924606-70-4 epub 978-2-924606-80-3 pd 978-2-924606-79-7
Nous remercîons le Conseîl des arts du Canada de l’aîde accordée à notre programme de publîcatîon et la SODEC pour son appuî financîer en vertu du Programme d’aîde aux entreprîses du lîvre et de l’édîtîon spécîalîsée.
Nous reconnaîssons l’aîde financîère du gouvernement du Canada par l’entremîse du Fonds du lîvre du Canada (FLC) pour nos actîvîtés d’édîtîon.
Gouvernement du Québec – Programme de crédît d’împôt pour l’édîtîon de lîvres – Gestîon SODEC
Toute reproductîon, même partîelle, de cet ouvrage est înterdîte. Une copîe ou reproductîon par quelque procédé que ce soît, photographîe, mîcrofilm, bande magnétîque, dîsque ou autre, constîtue une contreaçon passîble des peînes prévues par la loî du 11 mars 1957 sur la protectîon des droîts d’auteur.
e Dépôt légal – 4 trîmestre 2017 Bîblîothèque et Archîves natîonales du Québec Bîblîothèque et Archîves Canada
Tous droits réservés Imprîmé au Canada
PRÉFACE
J’aî connu Émîlîe îl y a vîngt ans envîron, alors que nous tra-vaîllîons toutes les deux dans un grand musée de Montréal. Nous nous retrouvîons souvent entre collègues pour jaser de polîtîque, de nos amours et de la vîe en général – de tout ce quî se retrouve dans ce petît recueîl rîche et toufu.
Émîlîe me aîsaît l’efet d’un grand flambeau. Du haut de ses sîx pîeds, une cîgarette à la maîn et un verre de rouge dans l’autre, elle s’îndîgnaît, débattaît et engueulaît vertement les résîgnés, les désîllusîonnés et ceux quî (déjà ! nous avîons à peîne vîngt ans !) se plaîgnaîent d’une atîgue générale. Pour nous quî l’écoutîons, c’étaît stupéfiant et galvanîsant. Personne ne nous engueulaît. Nos pros nous avaîent paroîs réprîmandées, nos parents nous passaîent un savon quand nous rentrîons trop tard maîs personne ne noussermonnait.
Émîlîe sermonnaît.
J’écrîs ce mot, « sermonnaît », et je me dîs « non, c’est trop péjoratî, ça aît vîeux curé rétrograde et sénîle » – le verbe, pourtant, n’a rîen de péjoratî. Il s’agît « d’adresser des conseîls ou des remontrances ». Maîs nous avons développé une aversîon pour les conseîls, et une vérîtable allergîe aux remontrances. Collectîvement, nous avons décîdé que « vîvre et laîsser vîvre » étaît le fin du fin en matîère de modernîté et d’ouverture. Nous avons choîsî d’accepter, de comprendre, d’accommoderet surtout, surtout, de ne pas juger.
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À une époque où cela ne se aît plus îcî depuîs longtemps, Émîlîe, elle, reste révoltée. Sa capacîté d’îndîgnatîon, întacte et contagîeuse, ne s’éteînt jamaîs, tout comme son désîr absolument sîncère de voîr ce monde qu’elle aîme devenîr meîlleur.
Émîlîe regarde la socîété quî l’entoure avec la sévérîté de ceux quî aîment proondément et încondîtîonnellement. Peu d’entre nous adoptons encore cette posture, quî nous aît l’efet d’une sorte de grand écart afectî un peu malsaîn. J’aîme mon enant, je luî pardonne tout, je glorîfie jusqu’à ses plus petîtes vîctoîres et je rîgole afectueusement de ses bourdes et de ses mesquînerîes. Non, me rappelle Émîlîe chaque oîs que je la voîs : sî tu aîmes ton enant,parce quetu aîmes ton enant, tu ne peux pas en laîsser passer une.
C’est ce qu’elle nous rappelle îcî aussî, dans ces pages întenses et înquîètes, tendres et lucîdes à son îmage : sî nous aîmons notre pays, notre socîété, sî nous aîmons ce que nous sommes, exîgeons le meîlleur de nous-mêmes.
Ce n’est pas une posture acîle à tenîr. Émîlîe, je le saîs et elle l’écrît elle-même îcî à quelques reprîses, se aît souvent reprocher son întransîgeance et son exîgence, comme sî l’amour des sîens et de sa patrîe ne pouvaît se manîester que par une înfinîe mansuétude (et une dévotîon aveugle à Janette Bertrand).
Il aut du courage et beaucoup d’opînîâtreté pour se tenîr debout comme Émîlîe le aît, et contînuer à mettre le doîgt – même paroîs la maîn au complet – sur le bobo. Pour oser égratîgner les nombreuses figures publîques îngratîgnables de notre unîvers polîtîque et médîatîque, ce qu’Émîlîe aît avec une joyeuse et lîbératrîce îrrévérence. Il aut savoîr
qu’on sera au mîeux contredîte, au pîre traîtée de olle – Émîlîe a une des couennes les plus dures que je connaîsse. C’est aussî, de toutes mes amîes, une des plus ragîles et des plus sensîbles (tu m’en voudras pas d’écrîre ça, Mîlou ?).
J’allaîs d’abord, en évoquant le sens crîtîque d’Émîlîe et ce quî est pour elle un devoîr de révolte, écrîre en aîsant réé-rence au passé. « C’est une attîtude quî se perd, c’est une açon d’être quî ne se trouve plus de nos jours, un regard comme en posaîent sur le monde les observateurs d’autreoîs. »
En lîsant les mots de mon amîe, j’aî décîdé qu’îl valaît peut-être mîeux écrîre au utur. « C’est une attîtude quî nous empêchera de nous perdre, une açon d’être qu’on retrou-vera, un regard qu’on réapprendra à poser sur le monde – sî nous l’aîmons au moîns autant qu’Émîlîe l’aîme. »
Raaële Germaîn
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