41 pages
Français

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La Reine Margot - Les amants sacrifiés

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Description

Marguerite de Valois, celle qu’on surnomme « Margot », hélas trop courtisée par ses frères alors qu’elle n’est qu’une adolescente, commence une vie amoureuse bien compromise dans une Cour royale à la fois brillante et sanglante, partagée entre le raffinement extrême, la débauche, l’amour, la haine et l’art de mener les complots.

Grande amoureuse, passionnément éprise, talentueuse dans ses lettres d’amour ! Hélas, aux yeux de la Cour, rien de cela ne compte. On lui impose, pour des raisons politiques, un mariage avec Henri de Bourbon, roi de Navarre, le futur Henri IV.

De ses amours malheureuses, Margot n’a plus que de tristes regrets et l’effroyable image de ses amants sacrifiés.



Informations

Publié par
Date de parution 20 novembre 2015
Nombre de lectures 150
EAN13 9782374530901
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait
Émoustillés, les yeux pétillants, les trois adolescents entouraient la princesse Marguerite de Valois, leur sœur.
Depuis qu’elle était revenue à Amboise, ils ne la lâchaient plus. Henri lui pressait les épaules, Charles le bras. Quant à l’aîné, François, il observait sa jeune sœur sans rien dire.
— Ah ! Margot, tu es devenue, sans conteste, une très jolie fille, s’extasia Henri en lâchant enfin son épaule.
— Mon frère a raison, tu as grandi et embelli ces deux dernières années, renchérit Charles en pressant toujours son bras.
La princesse Marguerite de Valois se laissait faire tout à la fois ravie de constater combien ses frères semblaient heureux de la revoir, mais inquiète à l’idée que, sans doute, ils ne la quitteraient pas d’une semelle.
Comment allait-elle pouvoir respirer à Amboise dans ce château qu’elle avait quitté depuis plusieurs années et dont elle connaissait chaque couloir pour y avoir couru enfant ? N’allaient-ils pas vouloir l’étouffer sous le prétexte de la protéger ?
— Le château de Fontainebleau t’a réussi, ma sœur, reprit Henri. Tu as des formes épanouies que vont t’envier toutes les jeunes filles de la Cour.
Ses formes épanouies ! Il est vrai qu’elles lui donnaient à présent une silhouette de jeune fille très attrayante. Ses adorables petits seins étaient délicieusement galbés, ses hanches un peu plus rondes qu’avant et, dans ses yeux, brillaient des petites lueurs dorées, joyeuses et vivaces.
Henri, détaillant Marguerite avec insistance, ne put s’empêcher de lui tourner un autre compliment :
— Oui, c’est un ravissement que de te regarder, ma chère sœur.
Puis, penché vers son frère, il ajouta :
— À présent, Margot cultive sa séduction dans… dans…
— Dans son giron, acheva Charles, d’un ton un peu narquois et le regard tenace. Oui, dans le satin et la dentelle de ses cotillons.
— Notre sœur n’a point de giron, jeta François, l’aîné des trois frères qui, jusque-là, n’avait rien dit. Ce n’est point une servante. On l’habille à présent comme une princesse.
— Mais, ne suis-je pas la princesse de Valois ? s’offusqua Marguerite.
Charles glissa son bras autour de sa taille et la pressa d’une caresse légère :
— Certes, et la plus belle des princesses. Ah ! Margot, sur toi la grâce s’accorde si bien à la séduction de ton visage et au charme de ton corps que notre regard ne peut se détacher de ton image.
 Margot ne savait que dire devant ce flot d’éloges à sa beauté. Si elle n’avait été aussi enjôleuse, elle en aurait été gênée. Mais comme elle n’avait nulle envie de leur retourner un compliment par crainte de ne plus pouvoir se libérer, elle prit le parti de se taire et de laisser son visage se teinter du pourpre rosé qui lui allait si bien.
— Mon giron n’est pas pour vous, mes frères, ironisa-t-elle à son tour.
— Vraiment, tu es injuste, Marguerite, feignit de s’offusquer Henri.
— Et tu devrais mieux considérer nos louanges, reprit Charles en lâchant cette fois sa taille parce que sa sœur venait de faire un brusque écart pour se dégager de sa main trop pressante.
 Il est vrai qu’à présent on commençait à vêtir Marguerite de satin broché, de lourds brocards florentins, de velours flamand, de fraises empesées à dentelle vénitienne ou brugeoise et de souliers en fine peau de chevreau. L’ensemble s’accordait en effet si joliment à ses formes souples, parfaites, voluptueuses, que l’on était obligé de saluer sa grâce et sa beauté.
Ses frères, François, Charles, Henri, fruits mâles des derniers Valois, feraient parler d’eux dans le cours de l’Histoire de la France qui, au tournant des guerres de religion, allait vivre une bien triste nuit orchestrée par leur terrible mère. Mais pour l’instant, la nuit de la Saint Barthélemy était encore loin.
Cependant, laissons le proche futur et revenons dans un proche passé. Henri II, leur père, était mort dans un tournoi, l’œil transpercé jusqu’à l’arrière de la tête par la lance de son ami Montgomery qui s’était montré plus habile que lui.