Le chercheur face aux défis méthodologiques de la recherche

Le chercheur face aux défis méthodologiques de la recherche

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Français
240 pages

Description

Les chercheurs, qu’ils soient séniors ou à leurs premières armes en recherche, font face à de nombreux défis. De nature réflexive, le pré­sent ouvrage veut les outiller en explorant des freins et des leviers rencontrés par des chercheurs de formations et disciplines diverses, en sciences humaines et sociales. Compte tenu de la variété d’angles présentés pour aborder certains défis et de la diversité des expériences vécues par les auteurs, il offre un éclairage original sur des défis à prendre en considération durant la réalisation d’une recherche.
Cet ouvrage constitue une importante source d’information et de réflexion sur le vaste domaine du processus rigoureux de la re­cherche. Il s’adresse autant aux étudiants et au corps professoral qu’à toutes les personnes préoccupées par la question des choix méthodologiques.

Informations

Publié par
Date de parution 01 février 2017
Nombre de lectures 1
EAN13 9782760543935
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Collection ÉDUCATION-RECHERCHE
Sous la direction de NADIA ROUSSEAU
Les développements récents de la recherche en éducation ont permis de susciter diverses réflexions pédagogiques et didactiques et de proposer plusieurs approches novatrices reconnues. Incidemment, la collection Éducation-Recherche des Presses de l’Université du Québec offre un lieu de présentation des plus récents résultats de recherche susceptibles d’intéresser d’autres chercheurs dans le domaine. Cette collection a également l’intention de soutenir le développement des compétences des acteurs de l’éducation (en formation initiale ou continue) œuvrant dans différents contextes d’intervention (secteurs des jeunes, des adultes, professionnel, postsecondaire) en favorisant l’accès aux connaissances issues de la recherche. Le but est d’offrir aux universitaires et praticiens des ouvrages pertinents et utiles en contexte éducatif.
Respectant les critères de scientificité des revues arbitrées, notamment à travers un processus d’évaluation par les pairs, cette collection se présente sous deux formes, soit un ouvrage faisant état de connaissances propres à un domaine particulier, soit un ouvrage collectif sur un sujet d’intérêt.
La collection Éducation-Recherche est dirigée par Nadia Rousseau, forte d’une grande expérience de recherche et de valorisation des résultats de la recherche.
Le chercheur face aux défis méthodologiques de la recherche
Presses de l’Université du Québec Le Delta I, 2875, boulevard Laurier, bureau 450, Québec (Québec) G1V 2M2 Téléphone: 418 657-4399Télécopieur: 418 657-2096 Courriel:puq@puq.caInternet:www.puq.ca
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FRANCE
BELGIQUE
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Le chercheur face aux défis méthodologiques de la recherche
Freins et leviers
Sous la direction de PAULINE BEAUPRÉ RAKIA LAROUI MARIE-HÉLÈNE HÉBERT
Préface de JEAN-MARIE VAN DER MAREN
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Vedette principale au titre:
Le chercheur face aux défis méthodologiques de la recherche: freins et leviers
(Collection Éducation-recherche; 39) Comprend des références bibliographiques.
ISBN 978-2-7605-4391-1
ISBN EPUB 978-2-7605-4393-5
1. Recherche – Méthodologie – Manuels d’enseignement supérieur. 2. Éducation – Recherche – Méthodologie – Manuels d’enseignement supérieur. I. Beaupré, Pauline, 1953- . II. Laroui, Rakia, 1956- . III. Hébert, Marie-Hélène, 1977- . IV. Titre. V. Collection: Collection Éducation-recherche; 39.
H62.C43 2017
Révision Karine Morneau
001.4’2
Correction d’épreuves Julie Pelletier
Conception graphique Richard Hodgson
Image de couverture iStock
Mise en page Info 1000 Mots
er Dépôt légal: 1 trimestre 2017
C2016-942219-4
› Bibliothèque et Archives nationales du Québec › Bibliothèque et Archives Canada
© 2017 – Presses de l’Université du Québec Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés
Imprimé au Canada
D4391-1 [01]
PréfacE
Jean-Marie Van der Maren
La recherche en éducation peut viser plusieurs objectifs dont celui d’acquérir une compréhension plus approfondie des choses afin de mieux les enseigner (visée pédagogique), celui de contrôler ou d’améliorer l’environnement physique ou humain afin de vivre plus heureux (visée pratique ou technologique), ou celui, le plus important dans toute société démocratique, de remettre en question, voire de contester, les opinions et les discours dominants afin de protéger la liberté de penser – soit, en fin de compte, la liberté d’être et d’agir. Mais la recherche elle-même, en particulier la recherche universitaire, doit elle aussi être soumise à l’interrogation, à la discussion et à la controverse, car aucune recherche n’est parfaite ni n’assure de vérité absolue.
Dans cette perspective, le présent ouvrage, sous la direction de Pauline Beaupré, Rakia Laroui et Marie-Hélène Hébert, apporte une contribution fort intéressante, en particulier pour la formation critique à la recherche en éducation. Leur ouvrage me rappelle mon grand intérêt lors de la découverte, il y a 22 ans déjà (1994), d’un livre dirigé par Jacques Chevrier,La recherche en éducation comme source de changement. Cet ouvrage aussi était issu d’un colloque, organisé à l’Université du Québec à Hull (UQAH, maintenant UQO – Université du Québec en Outaouais) en 1993 dans le cadre du programme de doctorat en éducation de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Lui aussi présentait différentes thématiques et des obstacles à la recherche, illustrés par des récits de pratique de recherche. Cet ouvrage me servit pendant longtemps à former de jeunes chercheurs, car il permettait de discuter des mérites et des faiblesses de chacune des entreprises exposées. Mais il y a 22 ans de cela, et l’histoire de la recherche en éducation ne s’est pas arrêtée pendant ces deux décennies: les thématiques, comme les tensions, ont évolué, tout comme les politiques relatives à la recherche adoptées par les gouvernements fédéral et provincial.
Voici donc maintenantLe chercheur face aux défis méthodologiques de la recherche: freins et leviers. Cet ouvrage rapporte des pratiques de recherche actuelles qui s’inscrivent non seulement dans les préoccupations contemporaines découlant des appels que les praticiens font aux chercheurs universitaires, mais aussi dans les perspectives contractuelles imposées par les politiques gouvernementales relatives à la recherche et aux manières de promouvoir et de soutenir (un peu) certaines formes de recherche. De plus, la variété des contributions, du questionnement relatif au rapport objectivité/subjectivité jusqu’aux propositions de recherche hybride, d’un côté, et de la prise en compte de perspectives philosophiques, de l’autre, pointe bien les questions et les débats qui animent la période charnière actuelle. En effet, nous sommes sans doute à l’aube d’une troisième phase dans l’évolution des modèles de recherche. Depuis son apparition en Europe (en Allemagne, plus précisément) e à la fin du XIX siècle, la recherche en pédagogie s’est efforcée de se développer selon le modèle de la recherche expérimentale, car elle se voulait neutre par rapport aux
idéologies et aux pressions religieuses, au service de l’épanouissement de tous les écoliers, et ce, en se basant sur une connaissance scientifique de leur développement physique, cognitif, social et moral ainsi que sur une évaluation scientifique de l’efficacité des dispositifs d’enseignement. En témoignent les livres de Claparède,Psychologie de l’enfant et pédagogie expérimentale(1905), et de McCall,How to Experiment in Education (1923). L’apogée de cette période moderne de la recherche fut marqué par la création, en 1954, de l’Association internationale de pédagogie expérimentale de langue française (AIPELF), à l’initiative de Gilbert de Landsheere et de Gaston Mialaret, et par la parution, en 1966, de l’ouvrage de Campbell et Stanley,Experimental and Quasi-experimental Design for Research.
Mais, dès la fin des années 1960, la recherche en éducation a subi elle aussi l’influence de la pensée postmoderne (Lyotard,La Condition postmoderne: rapport sur le savoir, 1979) et des sciences sociales, en particulier de leurs champs ethnographiques, interactionnistes et phénoménologiques. Dès lors, devenus sensibles à la difficulté d’utiliser les plans expérimentaux, les chercheurs en éducation se sont ouverts à une variété de solutions de rechange parfois radicales, devenant souvent antipositivistes et antistatistiques plutôt que vraiment constructivistes. Ils élargirent l’objet d’étude de l’école à l’ensemble des pratiques de formation et prônèrent une recherche collaborative (en distinguant tout de même nettement le chercheur du praticien). Au Québec, c’est dans ce mouvement que l’Association pour la recherche qualitative (ARQ) fut créée en 1985. En Francophonie, cette ouverture fut marquée par le remplacement, en 1990, de l’AIPELF par l’Association francophone internationale de recherche scientifique en éducation (AFIRSE), à l’initiative de Jacques Ardoino et de Gaston Mialaret. On voit que, dans ce passage d’une appellation à l’autre, la pédagogie a été remplacée par l’éducation et le caractère expérimental de la recherche, par une visée scientifique, sans que l’extension du m otscientifique ne soit précisée. Toutes les formes d’éducation ont pu faire l’objet de recherches, et la porte était ouverte à toutes les perspectives (paradigmes?) et méthodes des sciences sociales. S’en suivit une profusion de recherches parfois très riches en idées et en solutions originales, mais parfois banales, ne faisant que reproduire un récit à l’aide de mots autres que ceux déjà entendus. Par ailleurs, ce courant a relativisé les idéologies, les philosophies, les perspectives et les choix; les croyances individuelles sont devenues des absolus, chacun pouvant construire son école de pensée et justifier ses pratiques par une épistémologie personnelle.
e Mais, avec le XXI siècle, on semble assister au retour du balancier: une perspective néomoderne de recherche. Celle-ci répond à deux exigences méthodologiques qui font contrepoids à la croyance postmoderne selon laquelle le discours produit au cours des entretiens suffit à expliquer la réalité.
D’une part, certaines critiques sont formulées à l’égard de la signification théorique et de la validité des données obtenues lors des entretiens employés par de nombreuses recherches qualitatives. En résumé, on retient d’abord que le contenu du matériel recueilli au cours d’un entretien dépend du contexte de l’interaction du chercheur sur le sujet (l’apparence, le statut et le style de la personne qui pose les questions, son écoute, les lieux où l’entretien se déroule et la manière de procéder). Ensuite, lors d’un entretien rétrospectif (p. ex. «Comment avezvous fait?» «Que s’est-il passé?» «Que faites-vous dans une telle situation?»), l’effet de centration produit sur la pensée de l’acteur en ce qui concerne la gestion de son action réduit ses possibilités de mémorisation: il ne se souvient plus, ou alors plus tout à fait, et, dès lors, il reconstruit, pour pouvoir répondre à la question, le déroulement de l’action selon le scénario qui lui semble correspondre le plus probablement à ce qu’il fait habituellement. Enfin, de toute manière, la mémoire ne restitue jamais le passé; elle le reconstruit à partir du présent. On ne peut donc que se méfier de
la réalité d’un récit rétrospectif. En outre, l’analyse du travail montre que l’exécution observée d’une tâche ne correspond ni à la consigne (le manuel officiel), ni à son adoption (l’interprétation et l’intériorisation de ce qu’il faut faire, et qui devient ce que l’acteur souhaite faire), ni à son explicitation (la description qu’en fait le praticien lors d’un entretien de recherche), ni à son récit (la présentation ou la narration faite à des collègues, à des comparses ou à des amis). Bref, pour un même événement, le chercheur se trouve devant cinq objets de recherche différents, et la compréhension de la dynamique de l’événement se trouve dans l’analyse des écarts entre la consigne, la planification, la réalisation, l’explicitation et la narration, ce qui impose une collecte de données multiples et une analyse au moyen de la confrontation. Et ce, sans parler de l’hybridation entre le qualitatif et le quantitatif.
e D’autre part, tout comme, au début du XX siècle, les promoteurs d’une pédagogie scientifique furent, entre autres, des pédagogues-médecins (Alfred Binet, Ovide Decroly, Maria Montessori), l’éthique médicale contemporaine a transmis à l’éducation une nouvelle exigence: celle de fonder les pratiques éducatives sur des données probantes préalablement recueillies et analysées. Il en découle diverses exigences dont, entre autres, celles d’une démarche hybride collectant et analysant des données tant quantitatives que qualitatives, des plans de recherche documentés et standardisés permettant le cumul des données et la réplication des expériences, des recherches construites à partir de situations critiques vécues et formulées par les praticiens, et des dispositifs de recherche dont le contexte et le déroulement sont semblables (homomorphes) à ceux de la pratique.
La recherche en éducation semble ainsi être appelée, après des phases modernes et postmodernes, à migrer vers une position de synthèse, néomoderne, qui combine une ontologie matérialiste et objectiviste avec une ontologie spiritualiste et subjectiviste, prenant les avantages de l’une comme de l’autre pour en réduire les lacunes manifestes. Par exemple, s’il est clair qu’une seule observation de l’activité, parfaitement instrumentée, ne peut en fournir le sens, il est tout aussi clair que le discours explicitant l’activité passée est une construction du présent qui n’en restitue pas la réalité. Les deux perspectives doivent être confrontées afin de découvrir la dynamique relative à l’éducation, qui se situe dans les actes accomplis, les objectifs qui les ont suscités et les interprétations qui les justifient.
Après avoir parcouru les chapitres du présent ouvrage, j’ai le sentiment qu’il se situe très bien à ce moment de réflexion dans lequel les pratiques de recherche, convoquées à la rencontre des terrains sociaux où l’éducation se déploie, se posent la nécessité de prendre en compte tant la subjectivité des acteurs que de la réalité des actions possibles dans les conditions et avec les moyens disponibles. Et cela ne peut pas se faire en évitant de penser l’Éthique (bien plus que la déontologie) qui rend responsables devant la société tant l’activité que la recherche sur l’activité.
Aussi, si l’âge de la retraite ne m’avait pas rattrapé, voilà un ouvrage que j’utiliserais dans mon enseignement, car il complète les présentations théoriques des différents chapitres de la méthodologie de recherche en éducation. Il ouvre aux futurs chercheurs l’horizon des fondements de la recherche et de la critique, laquelle doit toujours s’opposer à la recherche pour que celle-ci ne devienne pas, à son tour, un autre discours normatif aussi dogmatique que celui qu’elle est censée contester. Bonne lecture.