Le premier romantisme au Canada

Le premier romantisme au Canada

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352 pages

Description

Longtemps considéré comme une version édulcorée et tardive du courant européen, le romantisme canadien fait ici l’objet d’une réévaluation complète. C’est un regard neuf, nourri par les récentes avancées de l’histoire littéraire et culturelle, qui est porté sur ce mouvement traditionnellement réduit à sa seule dimension esthétique, mais dont les impacts bouleversent tout l’ordre sociopolitique de la première moitié du XIXe siècle.
Étroitement associé à l’« éveil des nationalités » qui bat son plein dans les grandes nations anglaise, allemande, française, américaine, tout comme dans les nations périphériques italienne, polonaise, irlandaise, le romantisme joue à cette époque un rôle capital dans l’émergence des identités et des littérature
nationales. Dans les oeuvres de ces premiers intellectuels engagés, empruntant la double posture romantique d’hommes de lettres et d’hommes d’État, se découvrent des thématiques et une rhétorique indéniablement modernes, que la critique a trop souvent négligées. Remettant également en question plusieurs idées reçues sur les années 1860, perçues à tort comme le véritable point d’ancrage du mouvement et qui en ont forgé une image conservatrice et passéiste, ce réexamen montre qu’un premier romantisme, libéral et pleinement ancré dans l’actualité, a bel et bien été importé et adapté au Canada dès les années 1830-1840.

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Publié par
Date de parution 19 septembre 2018
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EAN13 9782895186069
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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ISBN 978-2-89518-605-2
9 782895 186052
MarieFrédérique Desbiens
LE PREMIER ROMANTISME AU CANADA
Entre engagement littéraire et politique
LE PREMIER ROMANTISME AU CANADA. ENTRE ENGAGEMENT LITTÉRAIRE ET POLITIQUE
Coectîon « Romantîsmes » dîrîgée par Étîenne Beauîeu
Déjà paru
e Marîe-AndréeBEAUDETet Myène BÉDARD (dîr.),le Relire XIX siècle québécoisà travers ses discours épistolaires.
DE LA MÊME AUTEURE
La vie littéraire au Québec,:tome VI 19191933.« Le nationaliste, l’indi vidualiste et le marchand »,sous a dîrectîon de LucîeROBERTet Denîs SAINTJACQUES,Québec, Presses de ’Unîversîté Lava, 2010. FILTEAU, Gérard,Histoire des patriotes,texte étabî et annoté parMarîe-Frédérîque Desbîens, avec une întroductîon de Gîes Laporte, Québec, Édîtîons du Septentrîon, 2003. LORIMIER,Chevaîer de, 15 février 1839. Lettres d’un Patriote condamné à mort,édîtîon préparée par Marîe-Frédérîque Desbîens et Jean-Françoîs Nadeau, Montréa/ Parîs, Comeau & Nadeau édîteurs/ Agone, 2001.
MARIE-FRÉDÉRIQUE DESBIENS
Le premîer romantîsme au Canada Entre engagement îttéraîre et poîtîque
NOTA BENE
Le Groupe Nota bene remercîe e Conseî des arts du Canada et a Socîété de déveoppement des entreprîses cuturees du Québec (SODEC) pour eur soutîen inancîer.
Gouvernement du Québec Programme de crédît d’împôt pour ’édîtîon de îvres – Gestîon SODEC
Nous reconnaîssons ’aîde inancîère du gouvernement du Canada par ’entremîse du Fonds du îvre du Canada pour nos actîvîtés d’édîtîon.
Cet ouvrage a été pubîé grâce à une subventîon de a Fédératîon des scîences humaînes, dans e cadre du Prîx d’auteurs pour ’édîtîon savante, à ’aîde de fonds provenant du Conseî de recherches en scîences humaînes du Canada.
Financé par le gouvernement du Canada Funded by the Government of Canada
© Édîtîons Nota bene, 2018 ISBN : 978-2-89518-605-2 ISBN PDF : 978-2-89518-606-9
INTRODUCTION
VARIATIONS SUR UN MÊME TERME
Sî une împressîonnante masse de travaux ont abordé depuîs près de deux sîèces e romantîsme et en ont proposé des înter-prétatîons dîverses, a pupart des commentateurs ont avant tout porté attentîon à sa dîmensîon esthétîque. Dans maînts ouvrages généraux ou pédagogîques, î a été et contînue d’être présenté excusîvement comme un courant îttéraîre ou artîstîque, aors qu’î constîtue putôt un mouvement de fond, à ’orîgîne de boueversements radîcaux dans es mentaîtés comme dans es structures socîaes, poîtîques et cuturees. C’est cette perspec-tîve engobante, partagée par e récentDictionnaire du roman 1 tisme, quî sous-tend ’ensembe du présent ouvrage consacré au romantîsme canadîen : à son înitratîon au pays dès es premîères e décennîes duXIXsîèce et à ses nombreux poînts de contact avec es romantîsmes européens, à sa prîse en charge par a génératîon
1. « À ’aube de notre modernîté, e romantîsme a transformé a îttérature, a musîque, es Beaux-Arts. Maîs, pus généraement, î a bou-eversé notre manîère de penser, d’aîmer, de percevoîr a nature ou ’Hîs-toîre – en un mot, de vîvre. Né en terre germanîque, î a brîé d’un écat formîdabe dans a France postrévoutîonnaîre, avant d’essaîmer dans ’Europe entîère et, au-deà, dans es empîres coonîaux et en Amérîque, où î a toujours accompagné a naîssance des États natîonaux » (Aaîn VAILLANT(dîr.),Dictionnaire du romantisme,Parîs, CNRS Édîtîons, 2012, quatrîème de couverture).
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LE PREMIER ROMANTISME AU CANADA
des Patrîotes de 1830 aînsî qu’aux premîères œuvres de a îttéra-ture natîonae auxquees î donne ’împusîon. Maîs, avant de ponger au cœur du sujet, î convîent dans cette optîque de réévauatîon de revenîr sur certaînes notîons hîstorîques déjà bîen connues et documentées à propos de ’ap-parîtîon et de ’évoutîon du termeromantisme. Les premîères occurrences de ’adjectîf quî en est dérîvé sont attestées dans des e œuvres îttéraîres majeures duXVIIIsîèce. Ayant à ’orîgîne servî à caractérîser es romans de chevaerîe angaîs, e terme (roman tic) se transforme peu à peu pour décrîre ’émotîon vîve ressentîe devant un paysage rustîque, brut. Aînsî Jean-Jacques Rousseau écrît-î dans a cînquîème promenade desRêveries:
Les rîves du ac de Bîenne sont pus sauvages et pus roman-tîques que cees du ac de Genève, parce que es rochers et es boîs y bordent ’eau de pus près ; maîs ees ne sont pas moîns rîantes. S’î y a moîns de cuture de champs et de vîgnes, moîns de vîes et de maîsons, î y a aussî pus de verdure naturee, pus de praîrîes, d’azyes ombragés de boccages, des contrastes 1 pus fréquents et des accîdents pus rapprochés .
À peu près au même moment, en 1776, Pîerre Le Tourneur întègre e terme à son « Dîscours des préfaces » quî précède sa traductîon de Wîîam Shakespeare. I en justîie ’empoî, dans une ongue note, en ’opposant àpittoresque,quî tîent pour uî du vocabu-aîre du peîntre et s’appîque mîeux à un tabeau, puîs àroma nesque,quî évoque surtout e chîmérîque et e fabueux. Seon e traducteur, es deux termes sont égaement rejetés parce qu’îs ne sauraîent être assez forts pour décrîre « une vue, une scène d’ob-jets, un paysage, quî attachent es yeux et captîvent ’îmagînatîon » et « éveîe[nt] dans ’âme émue des affectîons tendres et des îdées
1. Jean-Jacques ROUSSEAU,Œuvres complètes,t. I : Les confessions et autres textes autobiographiques,Parîs, NRF Gaîmard, co. « Bîbîo-thèque de a Péîade », 1959, p. 1040.
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