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Le tumulte du désir - Des retrouvailles impossibles

De
288 pages
Le tumulte du désir, Scarlet Wilson 
 
En voyant Gabrielle s’approcher de lui, le sourire aux lèvres, Sullivan se sent gagné par une colère irrépressible. Comment cette femme dont il était fou amoureux, et qui a disparu sans lui donner la moindre explication trois semaines plus tôt, ose-t-elle se comporter avec lui comme si de rien n’était ? Croit-elle pouvoir jouer ainsi avec son cœur ? Exaspéré, Sullivan refuse d’écouter ses explications. Pourtant, il le sait, le pouvoir de séduction que Gabrielle exerce sur lui est toujours aussi puissant...
 
Des retrouvailles impossibles, Lucy Clark
 
Tandis qu’elle patiente au Victory Hospital, Maybelle se sent blêmir : est-ce bien le Dr Arthur Lewis qu’elle aperçoit au loin ? Jamais elle ne pensait revoir un jour l’homme qui a fait battre son cœur d’adolescente et qu’elle n’a jamais pu oublier. Pourtant elle n’a qu’une envie : fuir. Car, même si – elle en est persuadée – Arthur est le grand amour de sa vie, renouer avec lui signifierait l’exposer au plus grand des dangers…

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Couverture : Scarlet Wilson, Le tumulte du désir, Harlequin
Page de titre : Scarlet Wilson, Le tumulte du désir, Harlequin

1.

— Sullivan, c’est une urgence.

Le Dr Sullivan Darcy leva les yeux vers le plafond de la tente militaire qui lui servait à la fois de cabinet, de bureau et de chambre, et laissa échapper un rire sans joie.

— Comme toujours, Gibbs, maugréa-t-il.

— Cette fois, c’est la catastrophe ! Asfar Modarres a fait une péritonite ce matin. Heureusement, on a pu l’emmener à l’hôpital.

Sullivan serra le téléphone, atterré.

Depuis trois ans qu’il travaillait pour Médecins Sans Frontières, il avait côtoyé des professionnels dévoués et compétents de toutes nationalités, mais il appréciait beaucoup Asfar, son sympathique collègue iranien.

— Comment va-t-il ?

— Il s’en sortira, assura le coordinateur. Seulement…

On y était. Quelle était l’urgence annoncée ?

— Notre équipe se retrouve avec un seul médecin. La tuberculose atteint des seuils critiques à Narumba, et le temps presse. La mission s’arrête dans quinze jours. On a vraiment besoin d’aide, insista le coordonnateur.

— Je suis chirurgien, pas généraliste, et encore moins épidémiologiste ! La dernière fois que j’ai entendu parler de la tuberculose, c’était à la fac. Quant à la tuberculose multi-résistante aux médicaments, c’est de la science-fiction pour moi !

— Peu importe, il faut quelqu’un. La situation risque de dégénérer, et pas seulement d’un point de vue médical, précisa Gibbs d’un ton grave.

— En clair, ça veut dire quoi ?

— Il n’y a plus que des femmes sur place. La doctoresse s’appelle Gabrielle Cartier. Elle est secondée par les infirmières Lucy Provan et Estelle Duschanel. Gretchen Koch s’occupe de la pharmacie. Elles sont géniales, mais…

— OK, j’ai compris. Inutile de me faire un dessin.

Les tribus de la région de Narumba vivaient encore de manière très traditionnelle. Certains chefs risquaient de ne pas vouloir adresser la parole à ces quatre femmes. Par ailleurs, des incidents mineurs impliquant des humanitaires avaient été rapportés. Il était donc exclu de les laisser seules pendant quinze jours.

— Quand dois-je partir ? demanda-t-il. Je suppose que tu t’occupes du transport ?

— Je viens de t’envoyer un e-mail avec toutes les données récentes sur la tuberculose MDR, ainsi que les protocoles cliniques. Tu pourras lire ça en vol. L’hélicoptère a déjà décollé, il devrait atterrir dans ton secteur d’ici une quarantaine de minutes. Ciao, bon voyage !

Bouche bée, Sullivan fixa son téléphone.

Gibbs avait dû commander l’hélicoptère bien avant ce coup de fil ! Mais au fond ça n’avait rien d’étonnant. À force, son responsable le connaissait par cœur…

Sullivan disait toujours oui. Il ne se sentait jamais mieux qu’en mission. Nul ne savait pourquoi, et tant mieux. Moins il racontait sa vie, et mieux il se portait. Il voulait juste travailler.

En trois ans, il avait pris deux fois huit jours pour rentrer aux États-Unis. Il n’avait toujours pas pu se résoudre à vider les placards de son défunt père. Ce père qu’il adorait, pilote d’élite dans l’US Air Force, décédé alors que lui-même se trouvait en Afghanistan.

Après les funérailles, il y était retourné. Il avait fini sa mission. Puis il avait quitté l’armée pour s’enrôler dans l’humanitaire, et depuis, il ne se posait plus de questions.

Se penchant, il prit son sac à dos sous son lit de camp.

Ses bagages seraient vite faits, il avait l’habitude de voyager léger. De toute manière, il n’avait pas besoin de grand-chose.

* * *

Une musique funky assourdissante avait remplacé le sifflement des pales de l’hélicoptère.

Qui pouvait bien supporter un pareil volume sonore ? Les voisins ne risquaient pas d’être dérangés, naturellement, mais c’était bizarre.

Intrigué, Sullivan suivit la direction du bruit. Il prit sur une vingtaine de mètres l’unique chemin tracé entre les arbres jusqu’à une petite clairière. Il sut qu’il était arrivé à destination quand il repéra une dizaine de tentes kaki, en tout point semblables à celles qu’il avait quittées trois heures plus tôt. Sur la droite, l’une d’elles — l’épicentre du vacarme — avait les pans relevés…

Intrigué, il s’y dirigea tout droit et fit deux pas à l’intérieur.

Ce qu’il vit lui coupa le souffle.

L’inconnue qui chantait à tue-tête lui tournait le dos. Grande et mince, elle portait un pantalon kaki transformé en minishort qui découvrait — Quelle bonne idée ! — ses longues jambes bronzées. Au-dessus, un T-shirt rose noué à la taille mettait en valeur la courbe de ses hanches. Ses cheveux bruns étaient retenus en une queue-de-cheval qui sautait à chaque mouvement.

Car elle ne faisait pas que chanter. Elle se trémoussait, et plutôt deux fois qu’une !

Avec ses boots noires assortis de chaussettes retroussées aux chevilles, elle entrait carrément dans la catégorie sexy.

Il admira son déhanché tandis qu’elle reproduisait la chorégraphie associée à la chanson. Le clip était passé en boucle sur toutes les télévisions de la planète. Même lui, il l’avait vu, tout déconnecté qu’il était.

Waouh, cette fille avait du chien. Elle avait quelque chose de… de spécial.

C’était incroyable tout de même l’effet qu’elle lui faisait ! Pour la première fois depuis trois ans, une véritable étincelle venait de s’allumer en lui. Si seulement il pouvait enregistrer cette sensation pour la revivre plus tard, il n’en serait pas mécontent.

Qui était-elle ? La doctoresse, une infirmière, la pharmacienne ? Dans les nombreuses missions auxquelles il avait participé, il n’avait encore rencontré aucune de ces femmes. En tout cas, ce déplacement prenait soudain une tournure passionnante. Il pouvait remercier Gibbs de l’avoir envoyé là, c’est sûr !

Fasciné, il continua d’observer l’inconnue.

En discothèque, il l’aurait probablement suivie sur la piste pour danser tout près, façon collé serré.

Allons, un peu de bon sens ! D’une, il ne fréquentait pas les discothèques. De deux, il était en mission humanitaire au fin fond de la jungle…

Il venait tout juste de se faire cette réflexion, quand l’énergique danseuse croisa ses boots pour opérer un tour complet. Lorsqu’elle le vit, elle poussa un cri de stupeur et trébucha. Elle serait tombée s’il n’avait eu le réflexe de tendre le bras pour la retenir.

Elle se retrouva plaquée contre lui, les deux mains à plat sur sa poitrine, et le temps se figea, dans la chaleur de la nuit tropicale et le rythme assourdissant de la musique.

Cette nouvelle collègue avait la peau douce et les plus beaux yeux noirs qu’il ait jamais vus. Un visage lisse, des pommettes hautes, le teint mat. Elle était… renversante.

Quand elle se dégagea, il se ressaisit à grand-peine et prononça le premier prénom qui lui vint à l’esprit.

— Je… Hum… Gabrielle ?

* * *

Gabrielle recula d’un pas.

Ce type ressemblait à une star de cinéma. Il avait une voix à tomber. Et comme si ça ne suffisait pas, voilà maintenant qu’il souriait ! Un sourire hollywoodien comme il n’en existe que dans les films.

Sous le choc, électrisée, elle peina à reprendre son souffle. Ses paumes fourmillaient après avoir été en contact avec le torse viril de l’inconnu.

Grand et mince, il était néanmoins très musclé. Elle aurait pu parier qu’il avait servi dans l’armée. Ses vêtements, un pantalon kaki, un T-shirt en coton vert olive et une paire de boots, semblaient en attester. Et surtout, il dégageait cette impression de force tranquille qu’elle avait déjà remarquée chez de nombreux militaires.

— M’accorderez-vous cette danse ? demanda-t-il d’un ton taquin, en lui tendant la main.

Au prix d’un énorme effort, elle se détourna pour aller couper la musique.

Elle ne devait pas avoir un look phénoménal… Mais quand on passe douze heures couverte de la tête aux pieds, sans un centimètre de peau visible, c’est normal de vouloir respirer, non ?

Elle inspira à fond pour recouvrer son calme. Puis, se tournant de nouveau vers l’étranger et mobilisant son sourire le plus professionnel, elle s’avança pour lui serrer la main.

— Je suis bien le Dr Gabrielle Cartier, confirma-t-elle. Mais vous avez un avantage : vous semblez savoir qui je suis. Moi, je n’ai jamais entendu parler de vous.

Le nouveau venu fronça les sourcils, l’air surpris.

— Gibbs ne vous a pas appelée ?

— Oh que si ! « Les filles, vous ne pouvez pas rester là-bas toutes seules. Je vous envoie quelqu’un. » Voilà ce qu’il m’a dit, texto. Je suppose que vous êtes le « quelqu’un » en question ?

— Absolument. Dr Sullivan Darcy.

— Vous êtes de l’US Army ? demanda-t-elle.

— Autrefois, mais plus maintenant. J’ai quitté l’armée pour faire de l’humanitaire.

— Et quelle est votre spécialité ? La médecine tropicale ? Les maladies infectieuses ?

— Je n’ose pas vous le dire.

Son sourire en coin l’alerta.

Pourvu que ce renfort leur soit utile ! Un collègue inexpérimenté serait plus encombrant qu’autre chose.

— Je suis chirurgien, expliqua-t-il.

— Ah. D’accord.

Un chirurgien pouvait être une aide précieuse. Mais dans son secteur, elle avait surtout besoin d’un généraliste, option épidémiologie !

Comme s’il avait lu dans ses pensées, il fit un pas en avant.

— Ecoutez, dit-il. Gibbs m’a envoyé les dernières infos sur la tuberculose par e-mail, ainsi que vos protocoles thérapeutiques. J’ai lu tout ça dans l’hélicoptère, et je suivrai vos consignes à la lettre, ne vous inquiétez pas.

Il avait tendu les mains et, l’espace d’une seconde, elle éprouva la folle envie d’y placer les siennes.

Avec sa vie trépidante, elle n’avait guère le temps de penser à autre chose qu’à ses missions. Depuis quand ne s’était-elle pas intéressée à un homme ? Ce serait agréable de pouvoir rire et plaisanter avec ce beau brun, voire de flirter avec lui…

Au fond, elle avait de la chance. Contrairement à son frère, rien ne l’obligeait à trouver un prétendant digne de ce nom ni à se marier, et encore moins à diriger son pays.

Pendant seize ans, elle avait été sous les feux de la rampe. Princesse de Mirinez, sa photo avait souvent fait la couverture des magazines. Mais elle avait trouvé la solution idéale pour se libérer : suivre des études.

Ses parents ayant jugé la médecine tout à fait convenable, et même prestigieuse, ils avaient accepté de bonne grâce son départ pour Cambridge. Depuis, elle n’était revenue que pour les événements familiaux importants, et la presse people s’était désintéressée d’elle, à son grand soulagement.

Elle menait la vie qu’elle avait choisie. Qu’aurait-elle pu souhaiter de mieux ?

Son collègue se mit à la fixer.

— Vous avez un petit accent, observa-t-il. Vous êtes française ?

Elle se troubla sous l’intensité de son regard émeraude.

— Presque.

Avant qu’il puisse l’interroger davantage, elle se dirigea vers la table, déplia une carte du secteur puis s’assit.

— Je vais vous montrer les zones qui restent à couvrir en quinze jours, dit-elle.

Quand il s’installa à côté d’elle, elle ne put réprimer un délicieux frisson. Son odeur subtile, relevée d’eau de toilette citronnée, était comme une diffusion de phéromones à l’état brut.

— Dites-moi tout, dit-il. Quoi qu’il advienne maintenant, je suis votre homme.

À ces mots, des pensées inavouables lui traversèrent l’esprit, qu’elle chassa de son mieux pour se concentrer sur le travail.

Crayon en main, elle surligna les secteurs en état d’urgence absolue.

— Nous essayons de voir cinq cents personnes par jour, expliqua-t-elle. On se partage les tâches, évidemment. On a formé plusieurs bénévoles pour nous aider. Mais, hélas, nous n’avons qu’un traducteur.

*
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