Les Cardinaux de la Renaissance et la modernité artistique
340 pages
Français

Les Cardinaux de la Renaissance et la modernité artistique

Description

Bien que le mouvement des idées et la diffusion des formes nouvelles soient au coeur des grands principes de la Renaissance, le Quattrocento qu'il soit florentin ou vénitien laisse d'abord les cours européennes indifférentes. Il faut attendre les guerres d'Italie pour que les modèles napolitains ou lombards soient diffusés en France ou en Espagne. Puis, sous le pontificat de Jules II, Rome s'impose indéniablement comme le foyer artistique le plus foisonnant de l'Europe du Cinquecento. Dès lors, la Ville éternelle devient le modèle à suivre dans toute l'Europe. Cet ouvrage est l'occasion de rappeler le rôle essentiel joué par les cardinaux et par leur important réseau d'influence dans la diffusion des idées et des formes de la Renaissance.


Informations

Publié par
Date de parution 12 juillet 2012
Nombre de lectures 0
EAN13 9782905637826
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Les Cardinaux de la Renaissance et la modernité artistique
Frédérique Lemerle, Yves Pauwels et Gennaro Toscano (dir.)
Éditeur : Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion Lieu d'édition : Villeneuve d'Ascq Année d'édition : 2009 Date de mise en ligne : 12 juillet 2012 Collection : Histoire et littérature du Septentrion (IRHiS) ISBN électronique : 9782905637826
http://books.openedition.org
Édition imprimée Date de publication : 1 janvier 2009 ISBN : 9782905637550 Nombre de pages : 340
Référence électronique LEMERLE, Frédérique (dir.) ; PAUWELS, Yves (dir.) ; et TOSCANO, Gennaro (dir.).Les Cardinaux de la Renaissance et la modernité artistique.Nouvelle édition [en ligne]. Villeneuve d'Ascq : Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion, 2009 (généré le 23 juin 2018). Disponible sur Internet : . ISBN : 9782905637826.
Ce document a été généré automatiquement le 23 juin 2018.
© Publications de l’Institut de recherches historiques du Septentrion, 2009 Conditions d’utilisation : http://www.openedition.org/6540
Bien que le m ouvem ent des idées et la diffusion des form es nouvelles soient au coeur des g rands principes de la Renaissance, le Quattrocento qu'il soit florentin ou vénitien laisse d'abord les cours européennes indifférentes. Il faut attendre les g uerres d'Italie pour que les m odèles napolitains ou lom bards soient diffusés en France ou en Espag ne. Puis, sous le pontificat de Jules II, Rom e s'im pose indéniablem en t com m e le foyer artistique le plus foisonnant de l'Europe du Cinquecento. Dès lors, la Ville éternelle devient le m odèle à suivre dans toute l'Europe. Cet ouvrag e est l'occasion de rappeler le rôle esse ntiel joué par les cardinaux et par leur im portant réseau d'influence dans la diffusion des idées et des form es de la Renaissance.
SOMMAIRE
Avant-propos Daniel Dubuisson
Les cardinaux, apôtres de la Renaissance ? Frédérique Lemerle et Yves Pauwels
Les cardinaux à la Renaissance. Profil historique Alain Tallon
Mécénat et politique. Le cas des prélats français et anglais à la Renaissance Cédric Michon Mécénat des prélats et diffusion des formes nouvelles dans l’art Mécénat et politique
The Cardinal of King Henry VIII of England. Thomas Wolsey Simon Thurley
Le cardinal Georges d’Amboise (1460-1510) collectionneur et bibliophile Gennaro Toscano Georg es d’Amboise bâtisseur Georg es d’Amboise collectionneur Georg es d’Amboise bibliophile
Jean de Lorraine (1498-1550), cardinal et mécène Paulette Choné
De livres en tapisseries. Le cardinal Georges d’Armagnac (1500-1585), collectionneur et mécène Matthieu Desachy Portraits et armoiries Tissus et tapisseries Livres et bibliothèques
Le cardinal Georges d’Armagnac et Guillaume Philandrier: le frontispice de la cathédrale Notre-Dame de Rodez Frédérique Lemerle
Il cardinale Jean du Bellay visto da Pirro Ligorio. Statuaria antica e architettura moderna, tra Roma e Parigi Carmelo Occhipinti
Philibert de l’Orme et ses cardinaux: Marcello Cervini et Jean du Bellay Yves Pauwels
La collection du cardinal Antoine de Granvelle (1517-1586). L’inventaire du palais Granvelle de 1607 Simon-Pierre Dinard
Iuxta decentiam status mei.El Mecenazgo del cardenal Gil de Albornoz en Castilla y en Italia en tiempos del papado de Aviñón Amadeo Serra Desfilis
Gil de Albornoz, arzobispo de Toledo y canciller de Castilla (1337-1350) El cardenal Albornoz como leg ado en Italia : el Coleg io de España en Bolonia El convento de san Francisco y la capilla de santa Catalina en Asís Las dos leg aciones italianas y la reconquista de los Estados pontificios El leg ado del cardenal Albornoz
El cardenal Guillem Ramón de Vich y las relaciones entre Roma y Valencia. a comienzos del siglo XVI Mercedes Gómez-Ferrer
Pedro González de Mendoza, de Toledo a Roma. El patronazgo de Santa Croce in Gerusalemme Entre la arqueolog ía y la filolog ía Felipe Pereda Pedro González de Mendoza, Cardenal de Santa Cruz La iconog rafía de los frescos y una fuente desconocida Notas iconog ráficas
e Le haut clergé de l’église en Pologne. Collectionneurs et mécènes dans la première moitié du XVI siècle Jan Harasimowicz
The Role of High Priests in the Dissemination of Early Renaissance Forms in Hungary Péter Farbaky
Cardinaux musiciens, cardinaux mélomanes, entre France et Italie Philippe Canguilhem Chanteurs français et instrumentistes italiens, 1480-1540 Chemins croisés, 1540-1580
Quand les cardinaux inventent le pouvoir culturel Nicole Lemaitre
Avant-propos
Daniel Dubuisson
Il y a assurém ent quelque chose d’inim ag inable et m êm e d’inconcevable aujourd’hui dans le dessein d’associer le m ot « cardinaux » aux expressions « m écénat artistique », « culture européenne » ou encore « m odernité artistique » tan t il est vrai que l’Ég lise catholique a perdu depuis long tem ps tout espèce d’influence dans le m onde des arts et a fortiori dans celui de la création et de l’avant-g arde artistique s. Ne sem blent pas m oins lointains et m êm e incom préhensibles pour le profane ces tem ps de la Renaissance où les princes de l’Ég lise l’étaient ég alem ent, bien sûr par leur naissance, m ais aussi dans tous les autres sens du term eprinces dip élom anes, princes fastueux, princes m  : lom ates, princes politiques c’est-à-dire intrig ants, opportunistes et éventuellem ent cupides, m ais aussi princes cultivés et m écènes qui vécurent pendant « cet âg e d’or des cardinaux » com m e le dit si justem ent Alain Tallon dans le « profil historique » qu’il dr esse d’eux. Dans cette présentation, il nous rappelle qu’ils ne furent pas si nom breux, quelques centaines tout au plus, puisque l’on en dénom bre 434 entre 1470 et 1590. Ces hom m es apparaissent néanm oins com m e l’un des pr incipaux vecteurs de la Renaissance, car ils en furent à bien des ég ards le s m essag ers, les interm édiaires, les hérauts… et peut-être aussi les m eilleurs connaisse urs. Une bonne raison à cela, ils voyag èrent, beaucoup, et séjournèrent long uem ent à Rom e, centre et creuset à la fois de la nouvelle culture hum aniste que l’Italie venait d’in venter, m ais aussi dans les fastueuses cours italiennes dont beaucoup appartenaient à leur fam ille. Cependant, Frédérique Lem erle, dans la conclusion qu’elle a rédig ée pour ce recueil, a sans doute raison de rappeler que ce corps international de diplom ates é tait ég alem ent com posé d’hom m es souvent ouverts, curieux, cultivés. Diplom ates, g rands collectionneurs (peinture, sculpture, tapisseries, joyaux, m édailles, vaisselle et, naturellem ent, livres), érudits, ils firent, avec ces objets, « circuler » les idées et les artistes. Pour jouer ce rôle de m édiateurs (et de m édias!), outre leur naissance et souvent leur fortune, ils c onnaissaient ce que l’on appellerait aujourd’hui les indispensables « réseaux », réseaux internationaux d’une Europe déjà culturelle et qui reliaient entre eux les rois, les princes, les artistes et la puissante cour pontificale. Il était donc opportun d’étudier de plus près et de m anière à la fois plus approfondie et plus g lobale la contribution de ces hauts dig nitaires de l’Ég lise au vaste m ouvem ent artistique auquel est associé la Renaissance et ce, non seulem ent dans les pays catholiques d’Europe occidentale (Italie, France, Espag ne), proches de Rom e, m ais aussi dans ceux qui sont un peu plus éloig nés du cœur et de la tête de la chrétient é (Polog ne, Hong rie). À cette fin un colloque a été réuni à Tours, à l’initiative du Cen tre d’Études Supérieures de la Renaissance et du futur Institut de Recherches Historiques du S eptentrion (CNRS-Lille 3), au m ois de juin 2005. Ce colloque reg roupa pendant trois jours près d’une ving taine de spécialistes
venus de plusieurs universités françaises, m ais aus si d’Italie, de Grande-Bretag ne, d’Espag ne, de Polog ne et de Hong rie. Leurs contributions, passionnantes à lire, décriven t avec beaucoup de talent et d’érudition cette époque vraim ent surprenante où une bonne partie de la culture européenne, de son influence et de son rayonnem ent, se retrouva entre les m ains de g rands prélats…
AUTEUR
DANIEL DUBUISSON Directeur de recherche au CNRS, Directeur de l’Institut de Recherches Historiques du Septentrion (UMR 8529, CNRS-Lille 3)
Lescardinaux, apôtres de la Renaissance ?
Frédérique Lemerle et Yves PàuweLs
Le m ouvem ent des idées et des form es est l’une des caractéristiques les plus frappantes du m ouvem ent artistique de la Renaissance. Les notions de « centre » et de « périphérie », m êm e si elles ne sont pas totalem ent opérantes, ren dent bien com pte de l’existence aux e e XV et XVI siècles de foyers principaux où se pratiquent expériences et découvertes – dans le dom aine des arts g raphiques et de l’architecture , Florence, Milan, Rom e – et de foyers secondaires, qui, aux m arches de l’Italie d’abord, dans toute l’Europe ensuite, copient, reprennent et adaptent à leur g énie propre les leço ns de l’antiquité et les inventions italiennes. Quels furent les m oteurs hum ains de cette extraordinaire circulation intellectuelle qui est l’une des orig inalités de la Renaissance ? Les prin ces et les papes, assurém ent. Mais, à un autre et indispensable niveau, ces hom m es souvent b rillants que furent les cardinaux. Indépendam m ent du g oût personnel pour la culture et de la propension au m écénat m anifestées par beaucoup d’entre eux, les m em bres d u Sacré Collèg e furent par les nécessités m êm es de leur fonction, les seuls capabl es d’établir un lien perm anent et actif entre Rom e, centre de l’innovation artistique à par tir du pontificat de Jules II, et les cours européennes – d’autant qu’ils rem plissaient aussi souvent le rôle d’am bassadeurs. Dans le dom aine des arts, la Renaissance italienne ne s’exporte réellem ent qu’à partir du m om ent où la Renovatio Urbis du pape Giulio Della R overe a rendu à la Ville un statut effectif de capitale de la Chrétienté – et que les cardinaux, de plus en plus nom breux, y résident plus volontiers. La Renaissance florentine du Quattrocento a laissé indifférents les e m onarques européens ; il faut attendre l’extrêm e fin du siècle, voire le début du XVI siècle, pour que les m otifs lom bards ne soient connus et di ffusés en Espag ne et en France. En revanche, la Renaissance rom aine du Cinquecento con quit Tolède, Grenade, Fontainebleau et Paris avec une rapidité extraordinaire. Peut-êtr e est-ce parce que les cardinaux européens n’avaient pas au Quattrocento la m êm e activité, ne pouvaient acquérir à Rom e la m êm e culture, et en fin de com pte ne pouvaient joue r le m êm e rôle ? Au Trecento, le cardinal Gil de Albornoz, lien entre la papauté d’A vig non, Tolède et Bolog ne est un précurseur : il a exporté en Espag ne et m êm e en Italie, la culture d’une capitale pontificale, m ais d’une capitale qui n’est pas encore Rom e. Aussi ne s’étonnera-t-on pas de voir chez Jean Du B ellay ou Georg es d’Arm ag nac, très présents à Rom e, des acteurs actifs du renouveau intellectuel et artistique français ; m ais les cardinaux espag nols, Pedro de Mendoza ou Guillem Ram ón de Vich, ne furent pas en reste, et les prélats ang lais auraient eu une g rande influence si les décisions de Henri VIII – et les m alheurs conséquents de Wolsey – n’avaient eng ag é l ’Ang leterre dans une voie très particulière. La haute prélature joua ég alem ent un rôle non nég lig eable dans l’ouverture des pays de l’est européen catholique, Hong rie et P olog ne en particulier. Tous avaient en