Les fondations philanthropiques:de nouveaux acteurs politiques?

Les fondations philanthropiques:de nouveaux acteurs politiques?

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Français
380 pages

Description

Ouvrage clé permettant de comprendre le rôle politique des fondations subventionnaires, le présent collectif est la première grande synthèse de l’histoire de la philanthropie canadienne et québécoise.
Dès le début du XXe siècle, la dimension sociopolitique des organisations philanthropiques a été remise en question : quelle légitimité d’action pouvaient avoir des acteurs privés fortunés dans le domaine de l’entraide ? Cet ouvrage répond à cette question en se basant sur une variété de travaux dirigés par différentes équipes de recherche.
Plusieurs thèmes centraux sont abordés : survol historique et comparatif du rôle des fondations, au Québec, au Canada et ailleurs ; proposition de classification théorique et empirique des fondations ; caractérisation des relations entre les différents acteurs de l’éco­système philanthropique ; identification des stratégies mobilisées par ces différents acteurs ; réflexions sur le rôle des fondations dans la création de politiques publiques… Ce livre propose une vue d’ensemble éclairante du secteur de la philanthropie subventionnaire qui, malgré son champ d’action restreint, demeure fondamental dans les reconfigurations sociales en cours.

Informations

Publié par
Date de parution 25 octobre 2017
Nombre de lectures 0
EAN13 9782760547711
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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LES FONDATIONS PHILANTHROPIQUES De nouveaux acteurs politiques?
CANADA
FRANCE
BELGIQUE
SUISSE
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LES FONDATIONS PHILANTHROPIQUES De nouveaux acteurs politiques?
Sous ladirection de Jean-Marc Fontan, Peter R. Elson et Sylvain Lefèvre
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Vedette principale au titre: Les fondations philanthropiques: de nouveaux acteurs politiques? (Innovation sociale) Comprend des références bibliographiques. Publié en formats imprimé(s) et électronique(s). ISBN 978-2-7605-4769-8 ISBN 978-2-7605-4770-4 (PDF) ISBN 978-2-7605-4771-1 (EPUB) I. Fondations. 2. Œuvres de bienfaisance. 3. Philanthropie. I. Fontan, Jean-Marc, 1953- . II. Elson, Peter R., 1948- . III. Lefèvre, Sylvain. IV. Collection: Collection Innovation sociale. HV16.F66 2017 361.7’632 C2017-940949-2  C2017-940950-6
Révision Gislaine Barrette
Correction Sandra Guimont
Conception graphique Richard Hodgson
Mise en pages Info 1000 Mots
e Dépôt légal: 4 trimestre 2017 › Bibliothèque et Archives nationales du Québec › Bibliothèque et Archives Canada
© 2017 – Presses de l’Université du Québec Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés
Imprimé au Canada D4769-1 [01]
Figures Figure 3.1.
Figure 3.2.
Figure 4.1. Figure 4.2.
Figure 4.3.
Figure 4.4. Figure 4.5. Figure 5.1. Figure 7.1.
Figure 7.2.
Figure 7.3.
Figure 7.4.
Figure 7.5.
Figure 7.6.
Figure 7.7.
Figure 7.8.
Figure 7.9.
LISTE DES FIGURES ET TABLEAUX
Figure 7.10.
Figure 7.11.
Figure 7.12.
Figure 11.1.
Figure C-1.
Proportion des actifs des 15 premières fondations comparativement à la richesse nationale Répartition des aires géographiques d’intervention des fondations de six pays européens Graphique du nombre de fondations par type (2003-2013) Graphique du total des actifs et des subventions par type de fondations (2003-2013) Graphique de la répartition des fondations par champ d’intervention (2003-2013) Graphique du nombre de fondations selon le type d’activité (2003-2013) Graphique actifs totaux par type d’activité (2003-2013) Écosystème, parties prenantes et information Nombre de fondations privées selon le budget total destiné à des organismes de la RMR de Montréal en 2005 Nombre de fondations publiques selon le budget total destiné à des organismes de la RMR de Montréal en 2005 (excluant Centraide du Grand Montréal) Répartition des dons en fonction du domaine d’intervention (fondations privées 2005) Répartition des dons en fonction du domaine d’intervention (fondations publiques 2005, à l’exclusion de Centraide du Grand Montréal) Répartition des dons en fonction du domaine d’intervention – Centraide du Grand Montréal 2006 Nombre de fondations privées selon le budget total destiné à des organismes de la RMR de Montréal en 2011 Nombre de fondations publiques selon le budget total destiné à des organismes de la RMR de Montréal en 2011 (excluant Centraide du Grand Montréal) Répartition des dons en fonction du domaine d’intervention (fondations privées 2011) Répartition des dons en fonction du domaine d’intervention (fondations publiques 2011, à l’exclusion de Centraide du Grand Montréal) Répartition des dons en fonction du domaine d’intervention – Centraide du Grand Montréal 2012 Nombre de fondations privées selon le budget total destiné à des organismes de la grande région de Montréal, 2005 et 2011 Nombre de fondations publiques selon le budget total destiné à des organismes de la RMR de Montréal, 2005 et 2011 (excluant Centraide du Grand Montréal) Cadre de l’engagement des fondations dans l’élaboration des politiques publiques L’écosystème philanthropique
Tableaux Tableau 3.1. Tableau 3.2. Tableau 3.3. Tableau 4.1.
Tableau 4.2.
Tableau 4.3. Tableau 4.4. Tableau 5.1. Tableau 5.2. Tableau 5.3. Tableau 6.1. Tableau 6.2. Tableau 7.1.
Tableau 7.2.
Tableau 8.1.
Tableau 8.2.
Tableau 8.3.
Tableau 8.4.
Développement des fondations, par pays, en pourcentage Principaux types de fondations en Europe Principaux champs d’activité des fondations européennes Répartition des fondations dans les grandes villes canadiennes (2003 et 2013) Les dix principales fondations donatrices au Canada selon la valeur de leur actif en 2013 Typologie de relation donateur-donataire, selon P. Frumkin Dépenses moyennes par type d’activité, 2003-2013 Exemples d’information partagée par les fondations subventionnaires Contenu du formulaire T3010 de l’Agence du revenu du Canada Exemples de recherche utilisant les données du T3010 Données de 2012 sur les fondations au Canada et aux États-Unis Données de 2012 et 2014 sur les fondations communautaires Typologie de 38 fondations donnant un total de plus de 20 000 $/année aux organismes communautaires (OC): RMR de Montréal (2005) Typologie de 38 fondations donnant un total de plus de 20 000 $/année aux organismes communautaires (OC): RMR de Montréal (2011) Quartiers des enquêtes et entrevues de 2011 en fonction du développement de l’action communautaire et de la composition sociale Soutien financier en provenance de fondations des neuf organismes communautaires étudiés en 2011 en fonction de leur domaine d’action Soutien financier en provenance de fondations des 19 organismes communautaires étudiés en 2013 en fonction de leur domaine d’action Soutien financier en provenance de fondations des sept organismes communautaires étudiés en 2014 en fonction de leur domaine d’action
ACF ARC EFC ÉSE EUP FCC FGM FLAC FPC IRS LIR LSE OBNL OCDE PFC RMR RUP SACAIS
LISTE DES SIGLES
Advocacy Coalition Framework Agence du revenu du Canada European Foundation Center Écosystème entrepreneurial Établissements d’utilité publique Fondations communautaires du Canada Fondation du Grand Montréal Fondation Lucie et André Chagnon Fondations philanthropiques Canada Internal Revenue Service Loi de l’impôt sur le revenu London School of Economics Organisation à but non lucratif Organisation de coopération et de développement économiques Philanthropic Foundations Canada Région métropolitaine de recensement de Montréal Reconnue d’utilité publique Secrétariat à l’action communautaire autonome et aux initiatives sociales
INTRODUCTION
Jean-Marc Fontan, Peter Elson et Sylvain Lefèvre
Les fondations subventionnaires, de nouveaux acteurs politiques? Telle est la question à laquelle nous tenterons de répondre par la production de cet ouvrage collectif. Les différents auteurs qui ont contribué à sa réalisation apportent, chacun à leur façon, des éléments de réponse à cette question. e Rappelons que cette interrogation date. Dès le début du XX siècle, avec le développement des premières fondations subventionnaires étatsuniennes de l’ère moderne, la dimension sociopolitique de ces organisations a été fortement questionnée. Ce questionnement critique a d’ailleurs donné lieu à des relations tendues entre des dirigeants de ces nouvelles organisations et la présidence de l’État fédéral. Rockfeller and his advisers sought to obtain a federal charter from the U.S. Congress to authorize the creation of the Rockfeller Foundation… Immediately[he]encountered fierce criticism in Washington, D.C. Some of the opposition stremmed from resistance to Rockfeller’s extraordinay wealth, obtained from the monopolistic business practices of Standard Oil and stubborn resistance to labor unions. «No amount of charities in spending such fortunes» ,observed former President Theodore Roosevelt, «can compensate in any way for the misconduct in acquiring them» (Reich, 2016, p. 64). Dès les premiers moments d’existence des grandes fondations étatsuniennes fut posée la question de la crédibilité et de la légitimité d’action d’acteurs privés fortunés intervenant sur la question de l’entraide et du providentialisme (Fontan, Lévesque et Charbonneau, 2011). Le questionnement de l’acceptabilité sociale de ces organisations laissait entrevoir deux dimensions aux critiques qui étaient formulées. D’un côté, il paraissait non légitime de voir de nouveaux acteurs privés agir sur la scène de l’action sociale, une scène traditionnellement dévolue aux églises et, plus récemment, à l’État. D’un autre côté, cette illégitimité découlait du constat de discontinuité dans les comportements d’hommes d’affaires devenus riches. Pourquoi, soudainement, deviendraient-ils de grands philanthropes, et ce, après avoir amassé leur fortune? Pourquoi ne jugeaient-ils pas pertinent d’adopter une posture philanthropique dès les premiers moments de la conduite des activités économiques qui leur avaient permis de la constituer? D’une certaine façon, le commentaire du président Roosevelt invitait les gens d’affaires à se définir philanthropes dès le départ afin de faire de leur entreprise un espace collaboratif qui tiendrait compte non seulement de questions économiques mais aussi des enjeux sociaux du moment ou à venir. Compte tenu des capacités limitées de mobilisation de ressources financières de l’État fédéral e des États-Unis, lesquelles furent héritées des arrangements institutionnels du XIX siècle, la critique formulée par le président Roosevelt témoignait aussi de la faiblesse d’intervention de l’État face aux questions sociales. À l’opposé, les actions philanthropiques à la Carnegie ou à la Rockfeller démontraient une capacité effective d’intervention: ces nouvelles fondations disposaient de ressources économiques relativement importantes, rapidement mobilisables, pérennes, ce qui leur permettait d’agir sur la longue durée. Comme ces philanthropes l’exprimaient en leurs termes («rendre à la communauté» et «agir pour le bien de l’humanité»), ces nouvelles organisations démontraient une capacité d’agir réelle tout en étant dotées de modalités privées de gouvernance. The idea behind the Rockefeller Foundation and the Carnegie Foundation was to establish an entity with broad and general purposes, intended to support other organizations (e.g., research institutes), seeking to address root causes of social problems rather than deliver direct services (work «wholesail» rather than «retail»), and designed to be administred by private, self-governing trustees, with paid professionnal staff, who would act on behalf of a public mission(Reich, 2016, p. 65-66).