Afatoc

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230 pages
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Lorsqu'ils eurent vidé leur contenant, N'ka prit une attitude singulière, elle leva ses yeux et ses mains vers le ciel et dit: — Maintenant écoutez, hommes Aki-zo'o... Les génies de la forêt m'ont visitée... Ils m'ont fait savoir que parmi les esclaves, oui parmi les esclaves, il y en a un qui porte une étoile et que son règne est certain. N'ka revint dans son état normal après ces propos. Akout-zo'o et Engone demeurèrent interdits au-devant de l'étrange oracle des génies de la forêt. — Un esclave régner?! Sur qui?! Sur nous?! Mais enfin, c'est inadmissible! s'exclama finalement Engone en se levant de son tabouret. Depuis l'Afrique, où il tombe en captivité puis en esclavage, la trajectoire d'Afatoc... De cette humiliation qu'est la perte de la liberté à sa reconnaissance, ce récit décrit, avec une puissante humilité, le parcours d'un homme qui révèle ses dons et impose finalement le respect. Œuvre romanesque qui traite des thématiques de l'esclavage et de l'humanité, de l'égalité et de la musique, qui rappelle encore des réalités socio-historiques oubliées, "Afatoc" s'inscrit dans la grande et belle tradition des récits de l'émancipation et de la réalisation de soi.

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Date de parution 12 février 2015
Nombre de visites sur la page 108
EAN13 9782342034523
Langue Français

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Afatoc
Ulrich Nguema Mba Afatoc
Publibook
Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook : http://www.publibook.com Ce texte publié par les Éditions Publibook est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Éditions Publibook 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France Tél. : +33 (0)1 53 69 65 55 IDDN.FR.010.0120259.000.R.P.2015.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication aux Éditions Publibook en 2015
Chapitre 1. Afatoc dans la case aux esclaves
Depuis le fond de la forêt, le son des tam-tams et de la corne, tel un troupeau de buffles en effervescence, se fai-sait de plus en plus entendre. Tout le village des Aki-zo’o avait connaissance de la signification de ce bruit. Les tam-tams cadencés venant des bois annonçaient sans suspicion l’approche triomphante des chasseurs de prime, experts en la capture d’hommes à commercer avec les colons. Ce spectacle quoique habituel, suscitait toujours de l’enthousiasme et de la curiosité dans l’esprit des Aki-zo’o. Déjà, de bouche à oreille, l’information se dissémi-nait dans toutes les cours du village. Les femmes affairées au tissage du raphia, au martèlement des écorces d’arbre, à la cuisson et aux soins ménagers arrêtèrent spontanément leurs activités et se rassemblèrent au milieu de la cour du corps de garde. Les enfants, alertés et captivés par l’animation subite du village, se dissocièrent aussitôt de leurs jeux et se joignirent aux femmes afin de saluer l’arrivée des chasseurs de prime et de voir l’allure de ceux qui devaient être vendus à l’homme blanc qui, selon les anciens du village, détenait la puissance du tonnerre. Les hommes, quant à eux, s’empressèrent d’en infor-mer Akout-zo’o, le roi de la côte et chef du clan des Aki-zo’o. Ce dernier, enthousiasmé par la nouvelle, écourta sa méditation et se leva promptement de sa natte. Il se rinça le visage et sortit de sa case royale. Debout sur le seuil de sa maison avec sa canne en main, le chef du clan des Aki-zo’o parcourut d’un regard vif l’assemblée bruyante des femmes et des enfants. Akout-zo’o caressa sa vieille barbe
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et fit un signe de la main à un groupe de jeunes hommes stagnés sous l’ombrage d’un safoutier. Ces derniers s’approchèrent presque en courant du roi et attendirent scrupuleusement son ordonnance. Akout-zo’o le savait. Ses cheveux blanchis par le temps, sa canne royale offerte par l’homme blanc était le symbole de son alliance avec les colons qui garantissaient son pouvoir et inspiraient son respect à tout le village. D’un air fier, il fixa du regard les jeunes hommes, caressa encore sa vieille barbe et dit : — Vous savez tous ici que je suis le premier chef à si-gner des traités d’amitié avec les colons et que même jusque dans leurs pays, mon nom et celui des Aki-zo’o sont vénérés à cause des esclaves que nous leur vendons. Cette canne que je brandis est le symbole de cette amitié que j’entretiens avec l’homme blanc. Rassemblez donc tous les hommes du village au corps de garde et recevons chaudement nos vaillants chasseurs de prime. — Fa ve wa ! (il n’y a que toi !) Akout-zo’o ! répondi-rent à l’unisson les jeunes hommes et l’assemblée attentive derrière eux. Ce fut le coup d’envoi des préparatifs assignés à cet évènement. Akout-zo’o rentra à nouveau dans sa case pour s’apprêter au protocole réservé à cette festive circonstance. Dehors, dans le corps de garde, les jeunes hommes manda-tés par le roi, fortifiés par d’autres valeureux de leur génération, à demi vêtus, sous les regards admirateurs et stimulants de quelques femmes, s’activaient à rendre con-cret l’ordre du roi. Vite, des coups de balai en tige, de part et d’autre, voltigèrent pour assainir les lieux ; le transport du fauteuil royal, le rangement des sièges destinés aux anciens et aux quatre fils du roi Akout-zo’o, la mise en place des joueurs de tam-tams et d’autres instruments so-nores, la création d’espace pour les groupes de danse alimentaient les efforts acharnés des garçons. Au bout de quelques minutes d’ardeur musculaire, les jeunes hommes, entièrement humectés de sueur, sous les
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