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Affaire Dils-Heaulme

De
570 pages
28 septembre 1986. La France est sous le choc. On vient de découvrir à Montigny-lès-Metz les corps sans vie de deux enfants de huit ans, Cyril Beining et Alexandre Beckrich, massacrés à coups de pierres.
Rapidement, un coupable est trouvé. Trop rapidement ? Patrick Dils, un timide adolescent de seize ans, écope de la peine maximum, la réclusion criminelle à perpétuité. Il faudra attendre quinze ans et trois procès d’assises pour qu’il soit officiellement innocenté par un verdict d’acquittement en avril 2002. Mais alors, qui est le meurtrier ? Francis Heaulme, le suspect n°1 qui, après avoir bénéficié d’un non-lieu en décembre 2007, est à nouveau dans le collimateur de la justice ? Quelqu’un d’autre ?
En 2008, un premier ouvrage en forme de contre-enquête minutieuse avait déjà permis de relancer l’affaire, au point d’avoir été versé au dossier d’instruction. Aujourd’hui, entièrement réactualisé et au centre du procès du « routard du crime », ce livre – qui se lit comme un roman – révèle de nombreux éléments nouveaux et des témoignages inédits. En plus de décrypter le processus qui a conduit à l’une des erreurs judiciaires les plus marquantes du XXe siècle, il éclaire d’un jour surprenant des faits qu’on croyait jusqu’à présent presque établis.
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Livre publié sous la direction de William Reymond.
© Flammarion, 2008 ; 2014 pour la présente édition ISBN : 978-2-0813-3865-4
Avertissement au lecteur
Le présent ouvrage constitue une réédition revue, augmen-tée et entièrement refondue de notre précédent livre paru en 2008. Dans cette deuxième mouture nous avons jugé utile de supprimer les passages les moins pertinents de l’ancienne version de manière à pouvoir intégrer une très grande quan-tité d’éléments nouveaux et de témoignages inédits tout en privilégiant le confort de lecture.
Préface de Gabrielle Beining, mère de Cyril
28 septembre 1986. 23 heures. Soudain, j’apprends que mon fils Cyril, alors âgé de 8 ans, est mort. Et ma vie bas-cule. Le lendemain matin, très tôt, après une nuit sans sommeil, le porteur de journaux me tend leRépublicain lorrain sans me regarder. Je referme la fenêtre et je lis en première page : « Deux enfants assassinés à Montigny-lès-Metz ». C’est donc par voie de presse que je découvre que mon gosse, comme son petit copain Alexandre, a été découvert le crâne fracassé par des pierres le long de la voie ferrée. Je vais alors mettre le doigt dans un engrenage judiciaire interminable… Je vais alors voir ma vie broyée à jamais.
*
Évidemment, comme tant de parents victimes d’un crime aussi odieux, rien ne me préparait à un tel drame, à une telle descente aux enfers. Après le meurtre de mon fils, la vie s’est acharnée. La dépression s’est installée. Cachets à haute dose, crises de larmes, thérapie, psychologues, psychiatres devinrent mon quotidien pendant douze ans. En 1998, j’ai même subi une cure de désintoxication médicamenteuse. Une situation qui a conduit aussi à un divorce. Mon autre fils s’est éloigné géo-graphiquement. Quant à ma fille, je n’ai plus aucun contact avec elle.
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Affaire Dils-Heaulme
Désormais, je suis seule au monde ou presque… Avec, au fond du cœur, la rage de ne pas savoir ce qui s’est passé.
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J’ai vécu, subi même, trois procès d’assises : Metz, Reims, Lyon. Les phrases comme : « Cette pierre a servi à tuer Cyril, celle-là a servi à tuer Alexandre », je les ai tellement enten-dues, endurées, que je les connais par cœur. À l’issue du procès de Lyon, tout le monde a essayé, tant bien que mal, de me rassurer : « C’est pas Dils, c’est Heaulme qui a tué votre fils… » Après seize ans, je devais changer de coupable, comme ça ! Un juge d’instruction du TGI de Metz a été désigné : il m’a reçue sur l’insistance de mon avocat, pour me dire qu’il ne ferait rien ! Dossier trop vieux… Je suis ressortie du tribunal effon-drée. En deux temps trois mouvements, une ordonnance de non-lieu a été rendue. Et il n’y avait plus de coupable. En 2007, j’ai été reçue au ministère de la Justice et j’en suis sortie rassurée : on m’a affirmé que tout serait entrepris pour connaître – enfin – la vérité. J’y ai cru, même si à cette époque je savais que l’on entrait dans la vingt-deuxième année de cette affaire. Vingt-deux ans depuis l’assassinat de mon Cyril et… toujours pas de coupable ! Alors, suite au non-lieu prononcé en décembre 2007 en faveur de Francis Heaulme, j’ai décidé, en accord avec mon e avocate M Boh-Petit, de faire appel. Une seule chose m’importe : savoir qui a tué mon fils. En mars 2013, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Metz a renvoyé Francis Heaulme aux assises. Le 31 mars, j’assisterai à un quatrième procès. J’ai 70 ans.
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Mon fils, que j’appelais « Bibiche », je lui parle encore aujourd’hui. Tous les jours, tout le temps. « Bibiche, tu sais, maman va chez l’avocat » ; « Mon cœur, j’en ai marre, tu
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