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Aimer Duras

De
104 pages
Marguerite Duras écrit sa douleur, son errance, sa prostitution, "Comme une vague idée ce soir-là. Se faire entretenir, d'argent, d'autos, d'amour". La petite avec son chapeau d'homme a pris modèle sur son frère aîné, opiomane, voyou notoire, petit maquereau, vivant de combines et de petits trafics... Toute sa vie est dans son écriture, "plus on est quelqu'un dans les livres, moins on l'est dans la vie vécue."
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Christian JOUVENOT
Aimer Duras Marguerite aux semelles d’eau et de vent
AIMER DURAS
Marguerite aux semelles d’eau et de vent
ChristianJOUVENOT
AIMERDURAS
Marguerite aux semelles d’eau et de vent
© L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-00301-6 EAN : 9782343003016
« Chaque fois que le monde est dit d’une façon un peu différente (que ce soit par la science ou les arts) il se trans-forme ».
Claude Simon,à Jérôme Lettre Lindon,14 décembre 1980.
Un grand merci amical à Marie-Claude Charles pour l’attention et le soin dont elle fait preuve à mes côtés dans la forme dernière de mon travail.
La mémoire de l’oubli s’est un jour en moi réveillée à l’occasion d’un projet d’article sur la question de la sublima-1 tion. C’était en 2004, peu avant l’édition deL’Herne Duras, alors que j’avais, depuis quelques années, abandonné cet auteur. S’imposait à moi un retour àSublime forcément sublime, l’article fameux deLibération1985 qui, loin de la de réalité criminelle et judiciaire, est à relire comme le texted’une«voyante dans le visible», selon la formule de Patrick 2 Grainville, Marguerite Duras faisant sienne le projet de Rimbaud dans saLettre du voyantse faire, selon la pra- de tique descomprachicos, monstrueuse. Indépendamment de la question relative aux enjeux médiatiques,j’étais surpris que cet article soit, à tort, trop souvent reproché à son auteur par les durassiens, alors qu’il est essentiellement exemplaire de ce que l’auteur nomme une écriture «en crise», par ailleurs plutôt prisée par eux. Et puis cet article, rapprochement d’importance et lourd de sens qui témoigne clairement d’un état qui confine à un égarement intérieur, est publié la même année que, chez P.O.L,La douleur, texte réécrit de 1945, autre témoignage important, monstrueux aussi, du retour de Robert Antelme du camp de concentration de Dachau. J’ai été frappé alors, ce qui m’échappait complètement quand je lisais Duras quelques décennies auparavant, du peu de cas fait en général de l’influence de Robert Antelme, qui fut son premier mari, influence littéraire qui, d’un camp de concen-tration à l’autre, fait passer deL’espèce humaineédité en 1947 àUn barrage contre le Pacifique, dont elle commence l’écriture cette année-là. Mais c’était alors se rapprocher aussi des drames de Marguerite Duras quand elle est encore Marguerite Donnadieu et subit un avortement à l’âge de 18 ans, puis quand, devenue Marguerite Antelme, elle met
1. Christian Jouvenot, «Marguerite Obscur Donnadieu Duras: Sublime, forcément sublime»Revue Française de Psychanalyse 5, Presses Universitaires de France, 2005. 2. « Le héron blanc »,NRF, mars 1998, n° 542.