//img.uscri.be/pth/13e496f8714e0d28f5f43500ef393fc49c6f3b5e
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 3,49 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : MOBI - EPUB

sans DRM

Allégories poétiques

De
164 pages

Contrairement au vieil usage,
D’avant-propos je ne fais pas ;
La raison m’en paraît fort sage :
Quoique tu parles bas, bien bas,
Malin lecteur, je t’entends dire :
« Dieu ! supprime l’avant-propos !
C’est toujours autant de repos ;
Déjà, bien pénible est de lire

Tes vers,

Car, ainsi qu’eux, ta faible prose,
De l’esprit serait, je suppose,

L’envers ! »

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


Voir plus Voir moins
À propos deCollection XIX
Collection XIXest éditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bibliothèque nationale de France.
Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF,Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes class iques et moins classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse… Édités dans la meilleure qualité possible, eu égard au caractère patrimonial de ces e fonds publiés au XIX , les ebooks deCollection XIX sont proposés dans le format ePub3 pour rendre ces ouvrages accessibles au plus grand nombre, sur tous les supports de lecture.
Amédée Blacher
Allégories poétiques
ASON EXCELLENCE
LE PRÉSIDENT GRÉVY
ÉPITRE BRÉVISSIME En vaquant aux travaux de mon humble officine Dont Dieu t’épargne bien de goûter la cuisine ! J’ai fait, forçant la rime à venir me trouver, Ces vers que de l’oubli rien ne pourra sauver. Trop heureux si, du moins, mes essais poétiques Pouvaient te délasser des tracas politiques ! Point ne regretterais les dix pénibles mois Dont j’offre le produit au remplaçant des Rois. Mais vain espoir ! Grévy, mon impuissant hommage Ne saura te donner un si doux avantage. Je sens qu’en me lisant tu t’écrieras bientôt : Quel esprit suranné ! Quel poëte vieillot ! Oui ! Jeune assez encor, j’aime les vieilles choses, Les roses d’autrefois me semblent toujours roses ! Ah ! ne me fais point crime, illustre Président, Thiériste invétéré, d’être un peu dissident ; Pour l’œuvre que voici, tu pourras à merveille Trop justement, hélas ! me rendre la pareille !
HORS-D’ŒUVRE
EXPLICATION PRÉLIMINAIRE
Contrairement au vieil usage, D’avant-propos je ne fais pas ; La raison m’en paraît fort sage : Quoique tu parles bas, bien bas, Malin lecteur, je t’entends dire : « Dieu ! supprime l’avant-propos ! C’est toujours autant de repos ; Déjà, bien pénible est de lire Tes vers, Car, ainsi qu’eux, ta faible prose, De l’esprit serait, je suppose, L’envers ! »
IMPROMPTU
A VICTOR HUGO
L’Aigle descend parfois de hauteurs inconnues Et, par humilité, daigne raser le sol. Il me faudrait, avant qu’il ne reprît son vol Vers les monts élevés dans les célestes nues, A son passage, dextrément L’attrapant par le coin de l’aile, Lui faire un mince enlèvement, La plus légère plume, ah ! pour moi serait belle ! Mais l’aigle ditVictorne descend pas du tout ! Grand Maître, obstinément au Ciel planant sans cesse Sans que ton œil altier sur les faibles s’abaisse, D’une plume comment saisir le moindre bout ? Puisque j’étais réduit à tracer, de ma plume, Les rachitiques vers de ce petit volume, Sois du moins indulgent, Aigle illustre et têtu, Et souffre que je te demande D’agréer jusqu’à l’impromptu, En attendant que je m’amende. Sans espérer jamais si haut que toi percher, Très humblement je suis ton serviteur,
Blâcher.
AMA MUSE
SONNET IMPROMPTU Concours du Réveil Lyrique de Falaise (Décembre 1881). A l’œuvre ! ô ma petite Muse ! Il me faut forger un Sonnet ! Et, pour moi, qui n’en ai pas fait, C’est rude, si je ne m’abuse. Ne crois pas que cela m’amuse : Qu’il soit beau, mauvais, bon ou laid, Ce poëme nain me déplaît Mais se peut-il que l’on refuse ? Hélas ! ce n’est pas pour le Prix Que je consens, vraiment, j’en ris, Et Dieu me garde d’y prétendre ! A preuve, je m’engage bien, En cas de succès, à le rendre, Car je n’ai jamais volé rien !
LE RÉVEIL-MATIN
RONDEAU Concours duRÉVEIL LYRIQUEde Falaise, du 26 Décembre 1881 au 5 Janvier 1882. Maudit réveil !Lundi matin De ma sonnette le tin, tin, Me fait sauter du lit grand train, Puis le facteur vite me jette Un journal que je décachète : Le Réveil Lyrique !....Un lutin ! Qui tracasse les gens sans fin. Et moi qui veux ma nuit complète ! Maudit Réveil !... Que voulait ce journal malin ? Un rondeau pour le mois prochain ! Neuf jours pour faire la bluette !... La voilà faite... mais, enfin, C’est torturer trop un poëte ! Maudit Réveil !
LA BONTÉ
PENSÉE La bonté souriante, ange ami du malheur, Douce fille du Ciel qui dissipe la peine, Semble être la bourse du cœur, Et cette bourse est toujours pleine !