Angle Mort numéro 4

Angle Mort numéro 4

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Description

Le collectif Angle Mort est composé d’éditeurs, d’écrivains, de traducteurs et de scientifiques partageant une même conception de la science-fiction ; celle d’une méthode d’exploration de soi et de notre environnement. La revue numérique Angle Mort publie des nouvelles contemporaines, françaises ou traduites de l’anglais, qui font la science-fiction d’aujourd’hui, offrent un nouveau regard sur le monde et – c'est notre conviction – nous permet de mieux préparer demain.

Pour ce numéro 4, retrouvez 4 récits de science-fiction inédits écrits par des auteurs contemporains ainsi que les interviews des contributeurs.


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Informations

Publié par
Date de parution 04 août 2011
Nombre de lectures 8
EAN13 9782364000360
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Numéro 4 / Août 2011

ÉditoConfort de niche

Comme chacun le sait, les lecteurs de science-fiction sont tous, au pire, des nerds asociaux, des cosplayers aux déguisements puérils, des geeks passionnés, des ados boutonneux à la pomme d’Adam surdimensionnée, au mieux, des scientifiques rêveurs, des intellectuels excentriques qui ont raté la gloire, voire des ufologues à temps partiel. Ils sont aussi mâles, en grande majorité. Et gros, évidemment, nous avons failli l’oublier.

On reconnaîtra que si ce cliché a le défaut d’être incomplet (notamment parce que quand des gens normaux lisent de la science-fiction, cela cesse généralement d’en être, ou alors c’est par erreur, à leur insu, voire honteusement, en cachette), il n’est pas non plus complètement erroné.

Hélas, on en conclut généralement que la SF n’est rien qu’un refuge pour marginaux, une collection de fantasmes immatures, un support de jeux d’esprits fabulatoires. Il s’agirait même d’une sous-littérature populaire nourrie de poncifs (vaisseaux spatiaux, extraterrestres humanoïdes grotesques, langages fictifs) dénués de toute crédibilité scientifique ou, selon l’interlocuteur, qui exige un bagage scientifique préalable.

Les stéréotypes, en apparence seulement agaçants, se révèlent souvent nuisibles dans les faits car cette mécompréhension de la SF alimente son rejet et occulte sa vraie nature : celle d’une forme d’expression riche, un terrain d’expérimentation qui se positionne toujours par rapport au réel. De la même manière qu’un voyage à l’étranger ouvre les yeux sur sa propre culture, la SF offre une expérience dépaysante. Et qu’on le comprenne bien, l’enrichissement profond que cette littérature procure, loin d’inviter à fuir la réalité, prend sa source dans le recul acquis vis-à-vis de celle-ci.

Fondamentalement, la SF relève plus de la culture punk que de l’hédonisme populaire : c’est une attitude de rejet du statu quo, une curiosité pour « ce qui serait si… » On y viole les règles fondamentales de notre monde (altérer l’Histoire, rencontrer des extraterrestres, pousser les sciences et la connaissance au-delà des limites connues, etc.), on y tue les idées reçues et les certitudes. C’est une position de rébellion extrême. Nevermind the pulp robots, here’s Philip K. Dick ! S’il y a refuge, ce n’est pas dans l’évasion, mais dans la remise en question du monde, que ce soit par insatisfaction ou simple curiosité intellectuelle.

Et c’est bien ça, plutôt que le fantasme d’un monde alternatif idéal (dont il est en fait rarement question en SF), qui séduit les catégories de lecteurs évoquées plus haut. Par ailleurs, selon cette définition de la SF, on imaginerait facilement un élargissement de son public à tous ceux qui sont énervés, que le monde rend fous, qui trouvent que rien ne va et qu’ils ne sont pas à leur place. En particulier, elle devrait toucher tous les ados qui ne comprennent pas l’univers dans lequel ils vivent.

Les livres de SF, comme les bons disques, devraient figurer dans l’arsenal réglementaire de tout adulte en construction, et en lire devrait être un geste aussi cool que de gratter du rock indé à la guitare. Les jeunes devraient s’afficher dans le métro ou les jardins publics, qui avec un roman de Stephen Baxter, qui avec le dernier Greg Egan, qui, comble du snobisme, avec une édition originale de Tous à Zanzibar, négligemment calée sous le bras.

On le sait, c’est loin d’être le cas, tant la stigmatisation de la SF péjore tout ce qui s’y rapporte de près ou de loin. On retrouve là les préjugés sociaux évoqués plus haut. S’il est facile de s’en indigner, il est plus intéressant d’en explorer les sources. Pour comprendre ce qu’on peut résumer à un problème d’image, il faut commencer par le premier contact, qui a généralement lieu devant les étagères des libraires.

Tout lecteur en aura été témoin : les éditeurs de SF ressentent souvent le besoin d’infliger des couvertures à l’esthétique adolescente, rêveuse, voire tartinées de clichés science-fictifs lourdement datés. Cette imagerie, « traditionnelle » dans le genre, est un héritage direct des pulps des origines, et même si leurs extraterrestres pédonculés et autres pin-ups en détresses sont remplacés par des vues de vaisseaux spatiaux, de personnages ultra-réalistes ou des images de synthèse au rabais, l’esprit reste le même : celui d’un divertissement qui semble destiné aux enfants, propre à nourrir les fantasmes d’évasion et d’aventure, et ce même lorsque le contenu de l’ouvrage contredit totalement l’illustration de couverture1.

Pour expliquer leur ligne, on entend fréquemment les éditeurs citer le « problème des libraires », qu’on nous décrit comme d’intransigeantes machines à classifier en mal d’étiquettes. L’accusation paraît toutefois quelque peu hâtive lorsque l’on constate que l’image mise en avant va complètement dans leur sens et ne tente aucune ouverture, aucune prise de risque, aucune éducation.

Dans les faits, il semble que cette tendance soit avant tout motivée par des impératifs commerciaux.

Pour de multiples raisons2, la SF ne marche plus comme avant et le premier réflexe pour ceux qui l’aiment, éditeurs, auteurs et lecteurs confondus, est un repli sur soi. Par manque de confiance, excès d’ego, ou peut-être parce que l’idée d’entretenir un marché de niche, pour empêcher le genre de mourir, est réconfortante. On cherche à conserver son jardin privé, son pré carré, et on refuse de le laisser se faire piétiner par ceux qui n’auraient pas fait leurs armes dans la littérature de genre. On construit un château fort dont les murs ressemblent à des couvertures tape-à-l’œil, on s’enferme à l’intérieur, entre passionnés, et tant pis s’il n’y a presque personne pour profiter des merveilles qui y fleurissent parfois !

De ce que nous en voyons, le marché de la littérature de SF (écartons ici la fantasy commerciale qui ne pose pas les mêmes problématiques) a abordé une phase de repli des ventes et de vieillissement de son lectorat, un véritable mouvement de protection, d’auto-ghettoïsation. Pour exploiter un fonds de lecteur qui s’amincit à vue d’œil, les éditeurs cherchent refuge dans un vase clos presque auto-caricatural, et ce tant dans l’image mise en avant que, parfois, hélas, dans la sélection éditoriale.

Face à cette vision à court terme, on trouve heureusement d’excitantes tentatives de fuite par le biais de ce que Francis Berthelot appelle joliment l’entre-monde, la transfiction, qui est une façon pour la SF, et plus généralement la littérature de genre, de s’échapper du château, d’hybrider, de déborder les étiquettes et d’irriguer ainsi tout un pan de la littérature dite « blanche ». Spontanément, une poignée de jeunes auteurs francophones (Laurent Kloetzer et son fascinant CLEER, Léo Henry, David Calvo, Fabrice Colin, Frédéric Jaccaud, etc.), quoique pas seulement (on pense à des auteurs comme Jonathan Lethem et Michael Chabon chez les Anglo-Saxons), se sont engouffrés dans la brèche3. Cependant, quelque réussies que ces évasions puissent être, leur succès est célébré à l’extérieur, sans ébranler les murs du « château SF ».

Pour être honnête, on ne peut en vouloir aux lecteurs de ne pas avoir fait le lien entre ces romans de genre, stylisés et modernes, et les livres aux abominables couvertures bariolées exhibant un paysage spatial à trois lunes qui hantent les rayons SF de leur librairie. Au final, les lecteurs de La Route de Cormac McCarthy ou du Complot contre l’Amérique de Philip Roth, voire de Dantec, Houellebecq ou Bernard Werber, ne savent toujours pas qu’ils ont lu de la SF.

Plus étonnant encore : la consommation de SF au cinéma se fait sans douleur, tant au box office qu’auprès des critiques non-spécialisés. En dehors des navets superficiels (Transformers, Avatar, Independence Day, etc.), on trouve une quantité de films d’excellente facture (Matrix, Jurassic Park, Les Fils de l’homme, Inception, Alien), d’œuvres cultes de la culture populaire (Star Wars, Retour vers le futur), voire de monuments du cinéma (2001, l’Odyssée de l’espace, Brazil, Blade Runner, Stalker).

Non contentes de ne pas subir la même stigmatisation intellectuelle que leurs cousins littéraires, certaines de ces œuvres s’aventurent bien plus profondément dans les renfoncements de la SF que les quelques romans de genre qui atteignent le grand public.

Le cinéma réussit beaucoup mieux que la littérature à faire passer la pilule de la SF, voire du genre en général si on inclut la fantasy, le thriller, le fantastique, l’horreur, etc. Si on admet que ce n’est pas uniquement lié au médium, on remarque surtout que le septième art a réussi à se détacher d’une imagerie adolescente et rebutante, voire carrément de la notion de SF (du moins de sa connotation négative), pour créer une esthétique moins connotée, plus adulte ou alors carrément plus divertissante, plus populaire, plus sexy, plus sense of wonder. Le second degré qui joue sur les tropes du genre (Star Wars, Mars Attack !) est aussi mieux perçu.

Sans ériger le cinéma de science-fiction en exemple à suivre, on ne peut nier son succès populaire via une image beaucoup plus attractive que son ancêtre livresque. De là, on se surprend à rêver d’offrir sa rédemption au genre qui nous est cher en remettant en question son image (pas son âme !) pour faire tomber les murs qui l’isolent artificiellement.

Les livres de science-fiction mériteraient peut-être de ne pas forcément ressembler à de (mauvaises) couvertures de bandes dessinées d’aventure et d’action. Les libraires pourraient alors tenter de placer les ouvrages du genre dans de nouveaux rayons, de toucher un public plus large en adoptant de nouvelles stratégies4. Et dans ce cas, peut-être que les meilleurs livres du genre parviendraient à toucher un lectorat plus vaste, un lectorat auquel il est naturellement destiné : celui qui s’intéresse à la contre-culture, au monde qui l’entoure, à la politique, aux arcanes des relations humaines, aux destins des peuples, aux changements qui le touchent à tous les niveaux, aux avancées technologiques. Un lectorat ancré dans l’interrogation du réel qui cherche d’autres voies, d’autres façons de voir l’univers et d’appréhender son rapport au récit et à la littérature.


Plus qu’un vœu pieux, il s’agit aussi d’une des lignes directrices adoptées par la rédaction d’Angle Mort, au travers d’un parti pris visuel que nous avons voulu neutre et détaché de l’imagerie SF traditionnelle, d’une sélection éditoriale qui ne s’arrête pas abruptement et artificiellement aux limites arbitraires de genres, voire de la préférence du terme de « littérature de genre » aux dénominations plus classiques mais plus connotées de « l’imaginaire » ou de ses différentes catégories explicites (science-fiction, fantasy, etc.).

Avec Angle Mort, nous espérons susciter une réflexion de fond sur le sujet au-delà de nos pages électroniques, au sein de tous les acteurs de ces genres qui nous sont si chers !


Ce numéro 4 d’Angle Mort est le dernier de la première année d’existence de la revue. L’heure des bilans n’est pas encore venue, mais les chiffres de vente qui nous sont disponibles en direct (un des avantages d’une publication électronique) nous montrent un léger tassement au numéro 3. Permettez-nous donc de rappeler ici que, même si les contributeurs créateurs de la revue sont bénévoles, notre but est de vous offrir une publication de qualité en termes littéraires et techniques et que, dans cette optique, nous rémunérons tous nos collaborateurs extérieurs (et ce depuis le numéro 2). Pour maintenir cette qualité et pouvoir commencer à rémunérer dignement nos auteurs, nous avons évidemment besoin de votre soutien et l’achat des numéros est le meilleur moyen de nous y aider.

L’équilibre entre auteurs anglo-saxons et francophones est une fois de plus respecté dans ce nouveau numéro (même s’il semble difficile de le conserver encore longtemps tant nous recevons peu de textes francophones de qualité ; allez les gars et les filles, envoyez-nous des nouvelles qui déchirent !). Outre la plongée dans une fantasy décadente d’Hélène Fairmach et le petit bijou du nouveau prodige finlandais Hannu Rajaniemi (un véritable feu d’artifice d’idées, de la SF comme on l’aime), Ted Kosmatka et Jean-Claude Dunyach utilisent tous les deux la science dans leurs nouvelles : le premier pour montrer une autre forme de racisme, pour une fois extraordinaire, et ses tristes conséquences ; le second pour vivre une rencontre avec un Big dumb object du point de vue d’un laboratoire scientifique.

Trois plumes rares ou inédites en francophonie et un incontournable du genre. Quatre manières de pratiquer la littérature de genre, quatre mondes qui nous paraissent refléter un éventail de ce que nous espérons continuer à vous offrir.

  1. 1Il faut aussi être honnête et nuancer notre jugement : d’une part, on a pu noter des progrès dans le domaine des couvertures, notamment dans les collections poches qui étaient les plus sinistrées, même si certaines continuent à faire de la résistance dans le mauvais goût pulp ; d’autre part, certaines œuvres sont réellement aussi médiocres que leur couverture le laisse craindre.
  2. 2On pense notamment à la multiplication de média alternatifs à la lecture comme le cinéma, les jeux vidéos et Internet, mais aussi à la propension grandissante du présent à tendre vers la (science-)fiction, comme développé dans l’édito du numéro 2.
  3. 3Cette piste, que nous considérons comme la plus intéressante dans ce qui se fait en littérature de genre francophone, fait notamment l’objet de l’édito du numéro 3.
  4. 4Le concept d’indie fiction que nous a décrit Hal Duncan lors d’une soirée nantaise pourrait fournir une bonne base marketing pour vendre, entre autres, des ouvrages SF ou s’y apparentant.

Dieu, vu de l’intérieur

Jean-Claude Dunyach

Même s’il a publié six romans, Jean-Claude Dunyach est avant tout un nouvelliste. Il a en effet écrit plus d’une centaine de nouvelles, dont sept recueils chez L’Atalante. Reconnu comme l’un des meilleurs auteurs francophones du genre, Jean-Claude est l’un des rares Français à avoir publié dans des supports anglo-saxons. Son texte le plus célèbre et le plus primé, Déchiffrer la trame, a été traduit en neuf langues.

Dans la « vraie vie », ce cinquantenaire travaille pour l’aérospatiale et vit dans la banlieue de Toulouse.

Avec Dieu, vu de l’intérieur, il se sert de son expérience d’ingénieur pour renouveler le thème de la rencontre extra-ter­restre et en profite pour nous plonger dans les arcanes d’un laboratoire de recherche.

« Dieu mesure sept cents millions de kilomètres de long, cent quarante millions de kilomètres de large et autant d’épaisseur. Il pèse environ seize grammes.

— Dieu, hein ? (Anna Chatila affiche une grimace qui peut passer pour un sourire.) J’ignorais que vous aviez le sens de l’humour, Eilen. Ce qui ne sert à rien en astrophysique, d’ailleurs. Nous laissons ça aux physiciens théoriques. Donc, reformulez ! »

Je la fixe avec un brin de nervosité, les mains croisées sur mon ventre qui commence à vraiment s’arrondir. Elle est assise devant le tableau noir de son bureau, qu’elle utilise de préférence aux écrans pour matérialiser d’un coup de craie les intuitions fulgurantes qui lui ont valu son poste. Ses cheveux poivre et sel sont couverts de poussière blanche, elle possède un regard suffisamment énergétique pour déclencher une supernova et je la vénère depuis qu’elle m’a accueillie en post-doc. J’en ai également une trouille bleue.

« Quelque chose, un nuage de particules ionisées d’un type inconnu, vient d’être repéré, mesuré et quantifié, au cœur du système solaire. Il y a une grille énergétique sous-jacente, des interactions fines à peine détectables, mais qui sont là, je peux vous l’assurer, et tout un tas de caractéristiques topologiques tordues – une des hypothèses que nous avons émises avec Max est que ça distord localement l’espace de Riemann.

— Et ça ne pèse que seize grammes, pour un tel volume ? Vous l’avez découvert comment ? »

Je hausse les épaules devant la question sous-entendue. Seize grammes, en astrophysique, ça n’existe pas, c’est en dessous du seuil de mesure. S’attacher aux détails qui dérangent, c’est le style de Chatila. Si elle peut détruire une théorie élégante au moyen d’un petit fait tout moche, elle a l’impression d’avoir gagné sa journée.

« J’ai testé un nouvel algorithme de filtrage. On a poussé au maximum les paramètres de détection des satellites et j’ai utilisé la totalité de mes crédits de temps machine pour le faire tourner. (Je ne juge pas utile de mentionner que Max m’avait aussi cédé la plus grosse partie des siens après une discussion qui avait duré une partie de la nuit – nous n’avions même pas eu la force de nous faire un câlin après.) La grappe de supercalculateurs mouline à fond depuis deux jours pour éliminer le bruit de l’ensemble des signaux. C’est bien seize grammes, ça ne pèse quasiment rien, c’est immense et je ne sais pas ce que c’est. Mais c’est bien là, et je crois…

— Vous croyez ?

— Je crois, enfin je suis presque sûre, que c’est vivant. »

Chatila ne me demande pas de sortir. Elle ne prend pas l’air préoccupé de la directrice de recherche dont un des membres de l’équipe vient de péter les plombs en beauté. Elle n’évoque même pas ma grossesse, dont nous avons tacitement décidé de ne pas tenir compte pour la poursuite de mes travaux. Au lieu de cela, elle se laisse aller en arrière dans son fauteuil, saisit la pomme entamée juchée sur le moniteur et mord dedans avec énergie. Cela produit un crac ! sonore qui me donne l’impression que c’est moi qu’on vient de fendre en deux.

Elle mastique avec satisfaction, déglutit, repose la pomme. Puis elle me dévisage avec sérieux, en s’époussetant machinalement les cheveux.

« Vivant, répète-t-elle avec lenteur. Peut-être même conscient. Et, vu la taille que vous lui prêtez, Dieu est un terme acceptable, en première approximation. Je n’aurais jamais cru que je dirais ça un jour : Dieu, en première approximation. C’est quoi, le développement de Taylor de la fonction d’existence de Dieu ? Non, ne répondez pas. Qu’est-ce que vous ne m’avez pas dit qui donne un sens à tout ce fatras ?

— Il y a les interactions multi échelles dans le plasma, bredouillé-je. Et les tenseurs énergétiques qui sont complètement… (Elle lève la main pour m’interrompre.) Il faudra que vous jetiez vous-même un coup...