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Assises internationales du roman 2014

De
304 pages
Les mots réunis dans ce recueil ont été prononcés par des hommes et des femmes qui ne peuvent pas vivre sans littérature. Ils s’appellent Siri Hustvedt, Orhan Pamuk, Patrick McGuinness, Kirsty Gunn, Dany Laferrière, Paolo Giordano, Liu Zhenyun, Éric Vuillard, Boubacar Boris Diop ou Lorna Goodison.
Au printemps 2014, ils ont évoqué leur pratique ou leur fréquentation de la littérature à Lyon, dans le cadre des Assises Internationales du Roman. Chacun à son tour, ils ont trouvé les phrases pour décrire le plaisir d’écrire, mais aussi de lire. Pour évoquer leur manière, très personnelle, de donner des contours aux émotions, un sens à la réflexion, une forme à la vérité. Pour tenter de répondre, enfin, à l'impossible question, la plus passionnante de toutes : « Mais enfin, pourquoi écrivez-vous ? »
Santiago Amigorena, Ali Bader, Hugo Boris, David Bosc, Martin Caparrós, Asciano Celestini, Sorj Chalandon, Christos Chryssopoulos, Frédéric Ciriez, Delphine Coulin, Rachel Cusk, Léonor de Recondo, Boubacar Boris Diop, Paolo Giordano, Lorna Goodison, Nikolai Grozni, Kirsty Gunn, Felipe Hernandez, Siri Hustvedt, Dany Laferrière, Charles Lewinsky, Patrick McGuinness, Sofi Oksanen, Christian Oster, Orhan Pamuk, Kevin Powers, Chantal Thomas, David Treuer, Eric Vuillard, Liu Zhenyun.
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LES ASSISES INTERNATIONALES DU ROMAN 2014 Le Monde Villa Gillet
du même auteur en numérique
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LES ASSISES INTERNATIONALES DU ROMAN 2014
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Villa Gillet
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Les Assises Internationales du Roman sont conçues et organisées par la Villa Gillet etLe Mondeen coréalisation avec Les Subsistances. e La 8 édition s’est déroulée à Lyon du 19 au 25 mai 2014. La Villa Gillet est financée par la Région RhôneAlpes, la Ville de Lyon, la Direction Régionale des Affaires Culturelles RhôneAlpes, le ministère de la Culture et de la Communication, le Centre national du Livre, et bénéficie du soutien du ministère des Affaires étrangères.
© Villa Gillet, 2014 © Christian Bourgois éditeur, 2014 ISBN 9782267027099
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É C R I R E , C R É E R : E N T R E S O L I T U D E E T P A R T A G E
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Raphaëlle Rérolle: Le sujet qui nous rassemble ici est un sujet assez intime pour chacun des écri vains. Une grande partie d’entre vous le sait, l’une des magies de ces Assises Internationales du Roman est de provoquer des rencontres entre le public et des écrivains qui sont venus jusqu’ici, mais aussi entre des écrivains qui ne se connaissaient pas forcément avant d’arriver à Lyon. Dans « rencontre », il y a « contre », et en effet ces échanges ne sont pas forcément un lieu d’accord parfait, ils peuvent même être l’endroit où exprimer des désaccords, des pensées, des sentiments, des opinions contradictoires qui entrent en collision, et ce frottement luimême fait naître de la pensée. Mais ces rencontres sont toujours un lieu de débat entre des gens qui partagent une passion commune pour la littérature, puisque c’est notre objet principal aux Assises Internationales du Roman. Un lieu de rencontres comme les Assises, c’est aussi – et ça, on y pense moins – un espace où une certaine forme de solitude cède le pas. Parce que les écrivains et, de façon générale, les créateurs exercent une activité en partie solitaire. L’écriture, ce n’est pas un travail
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d’équipe, ça se passe seul, avec, comme l’a dit un jour Dany Laferrière (je l’ai retrouvé dans les archives en préparant cette rencontre), « un lit de camp et une bouteille de rhum ». Eh oui, vous avez dit ça (rires). Là, on a remplacé le rhum par d’autres breuvages. Pour qualifier le moment de l’écriture, Marguerite Duras parlait, et c’est une très belle expression, d’un « aparté infernal » entre soi et soi. Or, ici, les écrivains se parlent, de sujets importants, de sujets essentiels comme la solitude. Ce soir, vous êtes venus très nom breux, nous allons donc parler de la solitude à cinq cents, c’est un défi, mais nous aimons bien ça, les défis. D’autant plus que le sujet n’est pas seulement la solitude mais aussi son contraire, l’immersion de l’écrivain dans le monde, qui est sa matière première, dans la vie des autres, dans le grand bain de l’époque avec son train de joies, de misères, de tourment, et d’excitation. Comment les écrivains qui sont avec nous ce soir parviennentils à concilier le besoin d’iso lement, peutêtre même de réclusion, pour écrire, et cette nécessité de s’immerger dans la vie des autres ? Comment conçoiventils la question du partage puisqu’une œuvre littéraire, du moment où elle est publiée, est forcément le lieu d’un partage, qu’elle ait été conçue dans un tel dessein ou pas ? Nous avons la chance d’être en compagnie de deux écrivains formi dables et aussi très différents, à qui nous allons pou voir poser toutes les questions que nous souhaitons. Je vais vous les présenter brièvement. Siri Hustvedt est américaine, elle vit à Brooklyn, près de New York, et elle a donné depuis le début des années 1980 des preuves de plus en plus évidentes de
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