Au pied de la croix

Au pied de la croix

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Français
296 pages

Description

Je t’ai voué mes jours, aimante poésie !
A peine à mes vingt ans, c’est toi que j’ai choisie
Pour être ma compagne aux sentiers d’ici-bas.
Et pour te conserver toujours bénie et sainte,
Du foyer des méchans j’ai détourné tes pas.
Au fond de ma pensée une pieuse enceinte
Pour toi s’est élevée ; et là, seul avec toi,
J’ai vécu de longs jours pleins l’amour et de foi.
Tu m’as rendu la vie innocente et sereine ;
Tu m’as mis une joie au fond de chaque peine,
Et moi je t’ai bénie, et nous avons prié ;
Devant la croix du Christ notre front s’est plié,
Et ta voix est montée au ciel paisible et douce,
Comme un parfum des fleurs que recèle la mousse

Un moment de silence, enfans !

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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Date de parution 24 novembre 2016
Nombre de lectures 1
EAN13 9782346128549
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Pierre-Justin Maurice
Au pied de la croix
Ma foi en un avenir pour la religion et pour l’art est inébranlable.
BALLANCHE. J’aurais pu écrire POÈME à la tète de ce recueil ; car, en effet, il forme un tout. Ceux qui liront les deux livres dont il est composé , verront facilement comment s’est opérée en moi l’espèce de révolution qui m’a fait p asser de la poésie intime à la poésie sociale et humanitaire. C’est à la suite d’un voyage que j’ai fait, l’année dernière, dans mes vallées chéries. Le tourbillon du monde m’avait porté à me replier s ur moi-même pour trouver le calme et le repos. La douce paix de mes solitudes m e rappelait le malheur et la misère de l’homme perdu au sein des villes, et je m’abando nnais en même temps à toutes les délices des contemplations de la nature, ramenant à la pensée de Dieu. Ainsi, les souvenirs qui se réveillaient en moi, et les impressions que je recevais, ont produit, par une inspiration homogène, les deux livres que je confie au public. Lunité est dans la pensée religieuse, dans la pensé e chrétienne. Je me suis placé au pied de la croix, d’abord comme chrétien, ensuite comme homme social ; car la croix a racheté l’homme et l’ humanité. C’est en cela que la croix me paraît devoir être la base d’une nouvelle esthétique. Le moyen âge a produit un art chrétien. Le dix-neuvième siècle est appelé à produire un nou vel art chrétien. Et voyez s’il n’y a pas déjà une poésie de pressent iment qui préside à ce nouvel art chrétien ! Les noms à citer commencent à être nombr eux. J’aspire à être un de ces noms. Le plus ou moins de renommée n’est point ce q ui m’a convié à ce concert de la rénovation de l’alliance : mais seulement que ma vo ix n’y soit point discordante ! J’ai chanté la nature, parce que je l’ai aimée auta nt qu’on peut l’aimer ; et c’est Dieu seul que j’ai cherché en elle. Je vis dans le monde par besoin ; j’aurais vécu dans la solitude par inclination. Ce que j’ai peint, je l’ai profondément senti. Toutes mes règles sur l’art se résument en quelques mots : Il faut repousser tout ce qui est artificiel, aimer tout ce qui est sublime et spontané. Dans son ame seule le poète doit puiser ses inspira tions ; sinon ses chants ne seront qu’un vain bruit, factices et sans mélodie. Écoutez les vents dans la forêt et les bruyères. D’ où vient cette harmonie si complète, si profonde ? C’est qu’il n’y a pas un ra meau, une feuille, un brin d’herbe qui ne produise sa note et son accord dans cette grande symphonie de la solitude. Ainsi de la poésie, Il faut que toutes les fibres de l’ame soient émues et rendent un son. J’ai chanté la douleur, parce qu’elle me paraît le complément de la perfection humaine. Dans la religion du Christ, la souffrance est la ré habilitation de la chair. Un philosophe ancien, je crois, a dit qu’il n’y ava it pas sur la terre de plus beau spectacle pour la divinité que celui d’une ame calm e dans les misères, et qui la bénit dans les souffrances. J’ai chanté la religion chrétienne, parce qu’elle règne au fond de mon ame, et qu’elle est le guide de ma vie entière. J’ai célébré la croix, parce qu’elle est le symbole de cette religion. C’est la colonne lumineuse qui conduira l’humanité à la recherche et à la conquête
de ses nouvelles destinées. Mais celte colonne n’a pas de côté obscur, comme ce lle qui guidait les Hébreux vers la terre promise. La gloire du Messie l’illumine de toutes parts. Puissent mes paroles faire incliner quelque tête et plier quelques genoux devant le signe auguste de la Rédemption ! 16 avril.
Je crois devoir prévenir que les épigraphes mises e n tête de certaines pièces, et qui ne portent point de nom d’auteur, sont de moi, et f ont partie de l’ouvrage. Elles résument les pièces qu’elles précèdent et dont elle s sont une espèce de préface et d’introduction.
A
Monsieur Ballanche, philosophe chrétien.
Dans la croix est le salut, dans la croix la vie, dans la croix la protection contre nos ennemis. C’est de la croix que découlent les suavités célestes. Dans la croix est la force de l’ame, dans la croix la joie de l’esprit, la consommation de la vertu, la perfection de la sainteté. Il n’y a de salut pour l’ame, ni d’espérance de vie éternelle, que dans la croix. Prenez donc votre croix, et suivez Jésus, et vous parviendrez à l’éternelle vie. Il vous a précédé portant sa croix, et il est mort pour vous sur la croix, afin que vous aussi vous portiez votre croix, et que vous aspiriez à mourir sur la croix : tout est dans la croix. Imitation. Le signe auguste de la rédemption n’est-il pas en même temps le signe de la progression des destinées humaines BALLANCHE
LIVRE PREMIER
SIMPLE VIE
1834. ferrer à septembre.
Je chante comme chante l’oiseau habitant du feuillage ; les sons mélodieux qui coulent de mes lèvres sont pour moi une récompense.
GOETHE.