Bianca - Les Parisiennes

Bianca - Les Parisiennes

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Français
332 pages

Description

Le pistolet était toujours là. Georges d’Aspremont le reprit pour la troisième fois.

Il se regarda dans la glace comme pour se dire adieu. En voyant sa belle tête pâle et attristée, il pensa au mot d’André Chénier : « Il y avait quelque chose là ! »

Et comme si déjà l’âme se séparait du corps, il murmura :

— Après tout, nous nous retrouverons peut-être sous cette figure-là dans un autre monde.

Il n’avait ni la beauté d’Antinoüs, ni la beauté martiale de Hoche, ni la beauté féminine de Raphaël et de Lamartine, — à vingt ans, — mais les femmes le trouvaient beau, avec son profil un peu fier, sous sa moustache brune, sous son expression amoureuse, sous je ne sais quel grand air qui lui donnait un talon de bottine de plus, quoiqu’il fût déjà très-haut sur pied.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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Date de parution 17 novembre 2016
Nombre de lectures 0
EAN13 9782346126880
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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À propos deCollection XIX
Collection XIX est liothèque nationaleéditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bib de France. Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigi eux fonds de la BnF, Collection XIXsiques et moins a pour ambition de faire découvrir des textes clas classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…
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Arsène Houssaye
Bianca
Les Parisiennes
APAUL DE SAINT- VICTOR Cher ami, La belle étude que vous avez écrite sur les GRANDES DAMESa répandu sur mon livre une lumière toute sympathique. C’est bien peu vous remercier que de vous dédier ce nouveau roman. Vous y trouverez le tableau des p assions du Paris d’aujourd’hui, que vous connaissez bien, parce que vous aussi vous regardez le spectacle du monde avec les yeux du philosophe et du peintre. Vous avez dit desDAMES GRANDES que leur histoire serait lue dans cent ans comme des mémoires intimes du dix-neuvième siècle. J’espère que vous retrouverez dans les PARISIENNESdes peintures tout aussi vraies et tout aussi invra isemblables des mœurs contemporaines. Je vous serre cordialement la main. ARSÈNE HOUSSAYE
PRÉFACE
Ce livre a suivi de Drès les quatre volumes desGrandes Dames,il a été Dublié aussi en quatre volumes ; on en donne ici une édition dég agée de quelques histoires, qui couDaient l’action mal à DroDos. Le succès fut celu i desGrandes Dames ;effet, si en l e sGrandes Dames ont eu douze éditions raDides, lesParisiennes en ont comDté onze. Le livre n’en est Das moins éDuisé deDuis 187 3. Les quatre volumes de la Dremière édition sont hors de Drix dans les ventes Dubliques. Cette nouvelle édition, revue en toute sollicitude, sera l’édition définiti ve. On disait autrefois :revu, corrigé et augmenté,dans ce temDs-ci, où l’on écrit troD de livres, où les livres ont troD de Dages déjà, c’est d’un bon exemDle de mettre sur le titre :revu, corrigé et diminué. L’éditeur donnera ici, comme marque Drécieuse d’his toire littéraire, un des fragments de la critique que M. Paul de Saint-Victo r a consacrée auxParisiennes de M. Arsène Houssaye.
LES PARISIENNES
La Liberté,septembre 1869.
M. Arsène Houssaye vient d’ajouter à ses GrandesDamessérie nouvelle. Les une Parisiennespoursuivent avec un redoublement de succès, de tal ent et de charme, ce panorama du Paris moderne photographié sur nature, et retouché d’une main d’artiste. Le monde galant y défile, multiplié par une enfilad e de récits qui se croisent dans un pêle-mêle pittoresque. Il y a foule à ce bal masqué de passions et de caprices, d’intrigues et d’aventures, de liaisons nouées et d énouées comme des figures de quadrille. Mais le violon du poëte règle sa confusi on apparente ; l’habileté du romancier met de l’ordre dans le désordre des. fant aisies de l’observateur. Un intérêt soutenu relie ces pages hardies et vivantes, tendre s ou violentes, curieuses et précieuses, empreintes des mille nuances de l’actua lité, et qui n’ont, en fin de compte, que le décousu de la vie et la mobilité du monde qu ’elles reflètent. Il fallait un sultan aux Mille et une Nuits desParisiennes, comme aux Mille et un Jours desGrandes Dames. Octave de Parisis étant mort, vive Achille Leroy, duc de Santa-Cruz ! Aussi bien nous le préférons au roi fa inéant qu’il remplace. Il est plus énergique et plus mâle ; il subjugue et il emporte de haute main les bonnes fortunes que l’autre se donnait à peine l’effort de cueillir . Achille Leroy est l’Attila des boudoirs, Octave de Parisis n’en était que le Létorière ou le Richelieu. C’est une figure originale que celle de ce chevrier des Pyrénées qui découvre un jour des parchemins de grand d’Espagne dans la chau mière paternelle. Un attrait irrésistible, pareil à l’instinct qui poussait les barbares vers Rome, le lance de ses montagnes à Paris. Il y entre armé d’une volonté de fer, hardi comme un pirate, beau comme un sauvage, résolu à violenter la fortune. En quelques mois, le jeune pâtre s’est transformé en dandy superbe ; l’ours pyrénéen est devenu un des grands lions du boulevard. Il a des duels éclatants et des conqu êtes éblouissantes ; il force les salons, il prend d’assaut les alcôves. Le jeu le tr aite en enfant gâté ; les Dames de pique ne lui résistent pas plus que les dames de cœ ur. — C’est autour de ce montagnard aux yeux d’aigle que tourne la ronde desParisiennesIl les affolées. fascine et il les enlève comme un oiseau de proie d e l’amour. Mais à son tour il est fasciné ; une victorieuse so umet ce vainqueur. La duchesse Bianca de Montefalcone est une Italienne de la race des Olympia et des Bianca Capello : violente et charmante, secrète et profond e, couvant des rêves de courtisane sous un orgueil de déesse, inassouvie avant d’avoir été rassasiée, aussi capable de chutes effroyables que de sublimes ascensions. L’au teur lui a donné ce perfide et délicieux sourire de laJoconde qui exprime, ou, pour mieux dire, chuchote tant de choses : la finesse de l’intelligence, et l’ironie raffinée, la volupté qui rêve et la supériorité qui se raille. Que de commentaires on a faits sur ce sourire mystérieux ! Pour le comprendre, il faudrait peut-être se rappel er simplement que la Joconde était la plus belle de femmes et Léonard de Vinci le plus beau des hommes. Pendant la séance de quatre années qu’exigea, dit-on, le portr ait, ils durent nouer une longue et ravissante connaissance. Je me figure que messer Gi ocondo était le gentilhomme le plus occupé du monde, et que, rentrant souvent fort tard, sur le soir, et trouvant toujours le maître en extase devant son modèle, il s’étonnait naïvement qu’un portrait fût une œuvre de si longue haleine, et que la resse mblance de sa femme fût si difficile à saisir. C’est alors sans doute que naissait l’iro nique sourire aux fossettes moqueuses, et Léonard le cueillit au vol et le fixa sur la toile pour immortaliser son
piquant secret. Le duc de Montefalcone, Italien de mélodrame et de comédie, est aussi occupé que le mari de la Joconde ; mais c’est à courir les cou lisses des petits théâtres et à tromper sa femme avec mademoiselle Lucie Moreau. Bi anca, délaissée dans son hôtel du Parc-aux-Princes, se prend à aimer le comt e Charles de Prémontré, qui habite le chalet voisin. Ils se parlent d’abord des yeux et du sourire ; puis une échelle de jardinier les rapproche :sic itur ad astra.— Un beau soir l’échelle se fait de soie, et l’amoureux la descend. Le jardin va devenir un para dis terrestre ; mais un tigre y entre au bruit du premier baiser. C’est le mari, qui, cet te nuit-là, mis à la porte par sa maîtresse, revenait, comme pis-aller, au nid conjug al. Il surprend, sous un massif de lilas, le couple enlacé, va décrocher, dans son fum oir, deux vieilles épées milanaises, et frappe de l’une le comte de Prémontré, qui tombe à ses pieds. Mais la duchesse lui a arraché l’autre, et l’étend à moitié tué sur son amant mort. A Italien, Italienne et demie. — Bianca porte longtemps le deuil de cet amo ur éteint dans le sang, à sa première flamme : le temps la calme sans la console r. Bannie du monde par le scandale de cette tragique aventure, elle se fait u n salon à elle, où une élite d’hommes d’esprit se rencontre avec une aristocratie de femm es déclassées. Mais la grande dame reste inaccessible au milieu des tentations qu i l’assiègent. Au besoin même, elle reprend sa grande épée lombarde pour tenir à distan ce les amoureux trop pressants. Avec une coquetterie supérieure, elle ravive et ell e entretient les passions qui flambent autour d’elle. La sorcière attise, sans s’y brûler, les feux de son enchantement. Il y a là tout un jeu de femme, toute une tactique de grande coquette menée et décrite avec un art consommé. — A la fin, la séductrice est séduite , l’enchanteresse est ensorcelée à son tour : Achille Leroy trouve le défaut de ce cœu r fermé. Elle l’emmène dans une villa du lac Majeur cueillir avec elle l’orange défendue. Mais le fruit, à peine entamé, lui donne une ardente soif de la mort. L’altière Bianca n’entend pas survivre à sa chute. Pendant une promenade à deux sur le lac, par une be lle nuit d’été, après un baiser suprême, elle se jette hors de la barque et entraîn e Achille, enlacé, dans le calme abîme. Comme l’Ondine de la ballade, elle noie volu ptueusement son amant. Après tout, Achille Leroy meurt de sa belle mort, e t cette fin tragique est sa seule excuse. Bianca ne fait que venger sur lui les femme s qu’ont brisées ou flétries ses fougueux caprices. Rien de plus vrai que cette passion à l’état d’ivre sse. L’hypocrisie est sans doute l’arme défensive dont se servent la plupart des fem mes qui trompent leurs maris. Elles tartufientent leur tempérament. Plusl’adultère ; le mensonge, tourné en habitude, devi elles se livrent à l’amant qui a subjugué leur cœur et leurs sens, plus elles redoublent envers l’époux de caresses feintes et de faux amour . Pour sauvegarder leur bonheur précaire, elles ajoutent la rouerie à la trahison. Ce n’est pas sans motif que l’iconologie symbolique représente l’Adultère un masque à la mai n. — Mais il y a des exceptions à cette règle du mensonge qui pèse sur les liaisons i llicites. Il est des femmes incapables de duplicité, qui, une fois leur choix f ait et leur parti pris, préfèrent la chute à ciel ouvert aux faux-fuyants de la ruse. Les ména gements leur répugnent, la dissimulation les révolte. Elles se dénoncent elles -mêmes par des aveux mal contenus, par l’irritation de leurs nerfs, par l’in différence insultante qu’elles affectent envers l’homme qu’elles ont abjuré. Elles se compla isent dans les ironies de l’adultère triomphant. En plus d’un chapitre, la terreur du drame domestiq ue ne saurait guère aller au delà. Par contraste plus d’une histoire tragi-comique est racontée avec l’accent aigu de
l’ironie parisienne. Ces catastrophes accumulées — j’en passe et des plu s sanglantes — n’ont rien, en somme, que de vraisemblable. Que de sang a répandu el répand chaque jour l’adultère ! Dénombrez ses nécrologies éparses dans tous les journaux de l’Europe ; rassemblez, par la pensée, tous les cadavres qu’ent asse, en une seule année, cette guerre domestique, vous aurez presque un champ de b ataille. La mort violente est si bien un de ses résultats possibles et probables que le Code, lorsque le meurtre est commis par le mari outragé sur sa femme ou sur son complice, la prévoit et l’absout d’avance. Ces dénoûments funestes rectifient et cor rigent, d’ailleurs, ce que la morale du roman pourrait avoir de trop relâché. Le rigoris me n’est pas précisément le défaut littéraire d’Arsène Houssaye. Il aime en poëte et e n artiste les mœurs à demi nues qu’il décrit. Il peint leurs licences et leurs élég ances, avec un mélange de suavité et de flamme qui n’est pas fait pour en détourner les reg ards. Il a au plus vif degré ce qu’on appelle, en art, le sentiment de la chair. C’est av ec l’écume parfumée de l’Aphrodite parisienne qu’il broie ses couleurs. Les portraits de femmes en buste ou en pied, sous les armes de la toilette ou dans le déshabillé du p laisir, dont son livre est plein, composent une galerie qui a la volupté d’un harem. Il importe donc que la moralité, qui n’intervient pas dans le récit sous la forme du jug ement ou de la sentence, y reparaisse en fait, par les châtiments que subissen t les passions sans frein. Le sang doit couler dans cette longue orgie pour purifier s es vices et dégriser ses ménades. Il y a pourtant une vierge sage dans cette bande de vierges folles courant la vie comme un carnaval. C’est Colombe l’enlumineuse, une grisette idéale qui rêve et travaille, laborieuse comme une abeille et pure com me un lis, dans sa mansarde que parfument les fraisiers en fleur. Son visage candid e repose des figures fiévreuses et déflorées d’alentour. On dirait la Marguerite de Gœ the au sabbat. Nous ne pouvons qu’effleurer ce roman si plein. Ent re ses récits s’intercalent des causeries brillantes, des coins de salon esquissés comme à l’aquarelle d’une main légère qui n’aurait pas quitté son gant paille, des profils célèbres finement retracés, de gracieuses silhouettes dessinées au vol. Il y a com me des cigares fumés, de l’entr’acte d’un intermède au lever de rideau ou de la comédie qui va suivre. Sans languir jamais, l’action flâne, et cette flânerie e st un charme dans un roman parisien. PAUL DE SAINT-VICTOR
LIVRE I
LE DUELDE LA VIE ET DE LA MORT
La vie et la mort sont toujours sur le champ de bataille. C’est l’amour qui porte les coups. VIEILLE LEGENDE. L’homme n’est pas libre — pas même libre de mourir. — Il s’imagine obéir à sa volonté, mais il obéit à sa destinée. BOSSUET. Qui vit sans folie n’est pas si sage qu’il croit. LA ROCHEFOUCAULD. Il s’en faut que l’innocence trouve autant de protections que le crime. VAUVENARGUES. Qui a vécu un seul jour a vécu un siècle, même soleil, même terre, même monde ; mêmes sensations ; rien ne ressemble mieux à aujourd’hui que demain. Il y aurait quelque curiosité à mourir, c’est-à-dire à n’être plus un corps, mais à être seulement esprit. L’homme, cependant, impatient de la nouveauté, n’est point curieux sur ce seul article ; né inquiet et qui s’ennuie de tout, il ne s’ennuie point de vivre, il consentirait peut-être à vivre toujours. LA BRUYÈRE. Une belle femme sans pudeur est comme une bague d’or au museau d’une truie. SALOMON,
I
POURQUOI GEORGES D’ASPREMONT FIT SON TESTAMENT ET ARMA SON PISTOLET
Le pistolet était toujours là. Georges d’Aspremont le reprit pour la troisième fois. Il se regarda dans la glace comme pour se dire adie u. En voyant sa belle tête pâle et attristée, il pensa au mot d’André Chénier : « Il y avait quelque chose là ! » Et comme si déjà l’âme se séparait du corps, il murmura :  — Après tout, nous nous retrouverons peut-être sou s cette figure-là dans un autre monde. Il n’avait ni la beauté d’Antinoüs, ni la beauté ma rtiale de Hoche, ni la beauté féminine de Raphaël et de Lamartine, — à vingt ans, — mais les femmes le trouvaient beau, avec son profil un peu fier, sous sa moustach e brune, sous son expression amoureuse, sous je ne sais quel grand air qui lui d onnait un talon de bottine de plus, quoiqu’il fût déjà très-haut sur pied. Pourquoi levait-il à vingt-huit ans son pistolet su r son front ? Je n’ai pas le temps à cette heure de vous répondre . Il trouvait que les cartes de sa vie étaient devenues mauvaises, il ne pouvait pas c hanger de cartes, il aimait mieux quitter le jeu. Il relut un testament qu’il venait d’écrire : «Moi, Léon-Georges d’Aspremont, je déclare malmourir, mais avec les sentiments d’un chrétien. Je pourrais faire beaucoup de phrase s pour prouverqu’il faut plus de courage devant la mort que devaut la vie, mais je suis un homme de trop bonne compagnie pour faire une conférence. Je lègue mes d ettes à mes amis, si mes créanciers se souviennentde moi. Je prie monsieur le curé de la Madeleine,qui fut mon ami, de dire une messe basse, très-basse,pour le repos de mon âme.» Et quand Georges d’Aspremont eut relu ces douze lig nes, il murmura : — On a toujours tort de se relire, car on voudrait toujours recommencer, comme on voudrait recommencer sa vie pour se corriger. Tant pis ! mon testament restera tel qu’il est, d’autant plus que je ne déshérite person ne. Il se promena dans sa chambre comme s’il avait oubl ié quelque chose.  — Pardieu ! dit-il, j’ai oublié de déjeuner. Eh bi en ! non, il ne sera pas dit que je mourrai jeun. Il s’était levé tard, il était sept heures du soir, il décida qu’il dînerait comme Louis XVI, après sa condamnation. Il voulait une dernière fois se retrouver à cette M aison d’Or où il avait tout perdu, sa jeunesse, sa fortune, et sa volonté, cette seconde fortune. D’Aspremont s’habilla. Il s’étonna d’avoir passé to ute une journée dans un débraillé du coin du feu. — Quoi ! pensa-t-il, j’allais mourir sans la dernière toilette ! Il sonna son valet de chambre. — Je vous avais dit que je partais à sept heures. Georges d’Aspremont avait caché son pistolet. — Monsieur le comte ne part pas ? — Je partirai plus tard. Je vais dîner à la Maison d’Or. Vous viendrez me chercher à minuit. — Oui, monsieur le comte. Et si on vient demander monsieur le comte ?