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Brunehilde - Drame historique en cinq actes, en vers

De
172 pages

BRUNEHILDE, ROSAMONDE.

BRUNEHILDE.

Avec toi, ce matin, il faut que je converse ;
Dans ton cœur, Rosamonde, il faut que je déverse
Les soucis que le mien ne peut plus contenir ;
Pendant quelques instants je veux t’entretenir :
Les heures de la nuit se sont pour moi passées
A porter mon esprit vers de tristes pensées ;
Pour m’y soustraire, en vain j’ai cherché le sommeil ;
Sans avoir clos les yeux, j’ai revu le soleil.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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Léopold Hervieux
Brunehilde
Drame historique en cinq actes, en vers
PRÉFACE
I
Je n’avais que vingt ans, lorsque je composai la tragédie intituléeBrunehilde. Déjà j’avais écrit beaucoup de vers, d’abord au col lège de Rouen, ensuite à Paris, où depuis une année j’étais étudiant en droit. Collégien, j’avais quelquefois assisté du parterre, les jours de sortie, avant l’heure de la rentrée, à des lambeaux de représentations, e t j’avais envié le sort de ces auteurs dramatiques, à qui leurs œuvres valent à la fois les faveurs des comédiennes et l’admiration du public. J’avais alors rêvé d’emp loyer mes aptitudes spéciales à conquérir au théâtre la gloire littéraire. Étudiant, ce rêve continua à me hanter. Travailleur consciencieux, je me mis courageusement à l’étude du droit ; je m’y consacra i peut-être même avec plus de zèle que la plupart des étudiants laborieux, qui n’ avaient pas comme moi des aspirations susceptibles de les en distraire. J’ai conservé les cahiers sur lesquels je transcrivais les notes par moi prises pendant les l eçons des professeurs de l’École. Ils forment de nombreux et gros volumes qui n’ont pu êt re que le produit d’un long et persévérant labeur. Mais il n’y a pas d’occupation, si absorbante qu’elle soit, qui puisse empêcher un goût inné de se faire jour. A l’automne de 1851, quelques semaines avant le cou p d’État de décembre, je résolus d’entreprendre une œuvre dramatique, qui, f ormant une sorte de trilogie, devait se composer de trois tragédies tirées de fai ts historiques intimement liés les uns aux autres. La tête encore pleine de mes souvenirs de collège, j’avais été entraîné par eux à choisir mes sujets dans les événements du régne de Chilpéric, dont Grégoire de Tours nous a laissé le saisissant tableau. Je vais, d’après Augustin Thierry, retracer sommair ement ceux auxquels je m’arrêtai.
II
En 568, Galeswinthe, fille d’Athanagild, roi des Go ths d’Espagne, et deuxième femme de Chilpéric, roi de Neustrie, fut étranglée la nuit, pendant son sommeil, sur l’ordre de son mari, qui, épris d’une jeune fille f ranque de basse extraction, nommée Frédégonde, avait agi à l’instigation de cette dern ière. Brunehilde, sœur de Galeswinthe, qui, depuis deux a ns était mariée avec Sighebert, frère de Chilpéric et roi d’Austrasie, détermina so n mari, pour tirer vengeance de ce crime, à déclarer la guerre au roi de Neustrie. Les hostilités se terminèrent, en 569, par un accor d dont Gonthramn, frère des deux belligérants et roi d’Orléans, fut le négociateur e t aux termes duquel Chilpéric abandonnait à, Brunehilde, en sa qualité de sœur de Galeswinthe, les cités de Bordeaux, Limoges, Cahors, Béarn et Bigorre, reçues par cette dernière à son arrivée en Gaule à titre de présent du matin. Chilpéric n’avait consenti à cet abandon qu’avec l’ arrière-pensée de reprendre bientôt les villes cédées ou d’en saisir d’autres. En 573, ayant réuni des troupes dans la ville d’Angers, il en confia le commandement à C lovis, le plus jeune des fils qu’il avait eus d’Audowère, sa première femme, et lui don na l’ordre de s’emparer des villes de Tours, de Poitiers, de Bigorre et de Béarn. Mais Sighebert ayant averti Gonthramn
de cette violation de la paix dont il avait été le médiateur, le roi d’Orléans fit marcher contre Clovis le Gaulois Eonius Mummolus, son meill eur général, qui le battit et mit fin à l’expédition. Chilpéric, furieux, forma immédiatement une armée p lus nombreuse, et mit à sa tête son fils Théodebert, qui, après avoir rencontré et battu les Austrasiens près de Poitiers, saccagea toute l’Aquitaine. Devant cette nouvelle agression, Sighebert ne resta pas inactif : il rassembla toutes les forces dont il pouvait disposer, appela même au x armes les tribus d’outre-Rhin et marcha contre Chilpéric qui, acculé jusqu’aux bords du Loir, n’osa accepter la bataille et s’engagea à rendre les villes de Tours, Poitiers , Limoges et Cahors, prises par Théodebert. La guerre entre les deux frères fut ainsi, en 574, une seconde fois terminée, et Sighebert ramena son armée en Austrasie. Mais, au r etour, les gens de guerre, déçus dans leurs espérances de pillage par cette brusque fin de l’expédition, se livrèrent sur leur passage à des déprédations dont la partie sept entrionale du royaume de Gonthramn eut à souffrir et qui donnèrent naissance à des difficultés entre Sighebert et lui. Chilpéric en profita pour conclure avec le roi d’Or léans une alliance offensive, se hâta, en 575, de faire une seconde fois envahir et ravager l’Aquitaine par Théodebert et entra lui-même avec des troupes sur le territoire de Reims. Indigné de tant de duplicité et surexcité par les e xhortations de sa femme, qui, assoiffée de vengeance, le poussait à en finir par la mort avec le meurtrier de sa sœur, Sighebert organisa une nouvelle armée, formée, comm e la précédente, non seulement des Franks orientaux, mais encore des peuplades, d’ outre-Rhin, marcha à la rencontre de Chilpéric, qui se retira devant lui et entra dan s Paris où il établit son quartier général. De là, envoyés par lui contre Théodebert, le maire du palais Godeghisel et un duc germain, nommé Gonthramn et surnommé Bose, c’es t-à-dire rusé, levèrent une armée indigène et, dans les environs de Limoges, li vrèrent bataille au fils de Chilpéric, qui fut battu et périt dans l’action. Le roi d’Orlé ans, voyant celui de Neustrie perdu, se hâta de se réconcilier avec Sighebert, et Chilpéric , ne songeant plus qu’à sauver sa vie, se réfugia, avec sa femme et ses enfants, dans les murs de Tournai. Brunehilde, considérant le triomphe définitif de so n mari comme assuré, quitta Metz avec ses deux filles et son fils, nommé Childebert, qui n’était encore âgé que de quatre ans, pour rejoindre Sighebert à Paris et l’e mpêcher de se laisser duper par de nouvelles promesses. A peine arrivée, elle le déter mina à se mettre en route pour Tournai. Au moment où il allait sortir de Paris, Ge rmain, évêque de cette ville, se présenta devant lui et lui dit : « Si tu pars sans songer à tuer ton frère, tu reviendras vivant et victorieux ; si tu médites autre chose, t u mourras. Car le Seigneur, par la bouche de Salomon, a dit : « Dans la fosse que tu a uras préparée à ton frère, tu te jetteras toi-même. » Mais Sighebert ne tint aucun c ompte de ce langage, quitta la ville où sa femme et ses trois enfants devaient attendre son retour, et se rendit au domaine de Vitry, situé près de Douai, où les Franks du Nord et ceux du Sud le proclamèrent roi tant de l’Austrasie que de la Neustrie. Tournai n’était qu’à quelques milles de ce domaine. Frédégonde, qui venait d’y mettre au monde un garçon, comprenait qu’elle et le s siens n’avaient de chances de salut que dans un meurtre. Elle sut gagner l’esprit de deux jeunes gens du pays de Thérouanne, Franks d’origine, à qui elle raconta se s malheurs et monta la tête à l’aide de breuvages enivrants et qu’elle fit consentir à a ller assassiner Sighebert à Vitry. A cet effet, elle remit à chacun d’eux un de ces long s couteaux à gaine que les Franks
appelaientskramasaxet qu’ils avaient coutume de porter à leur ceinture. Ces deux jeunes gens sortirent de Tournai, se donnè rent pour déserteurs, traversèrent les lignes des Austrasiens, arrivèrent au milieu des fêtes qui faisaient suite à la proclamation du roi, dirent qu’ils venai ent du royaume de Neustrie pour le saluer et lui parler, obtinrent de lui, sans peine, un moment d’entretien à l’écart, et, pendant que Sighebert, ayant l’un à sa droite et l’ autre à sa gauche, les écoutait sans méfiance, tirèrent en même temps leurs skramasax et lui en portèrent deux coups à travers les côtes. Il poussa un grand cri et tomba mort. Ce meurtre eut pour premières conséquences la levée du siège de Tournai, la dispersion de l’armée austrasienne, le retour des N eustriens vers Chilpéric et même la défection de beaucoup d’Austrasiens, parmi lesquels se trouva un seigneur nommé Godin ou Godewin. C’est à Paris que Brunehilde apprit la mort de son mari. Elle ne tenta pas de gagner l’Austrasie, dans la crainte de courir en route des dangers plus grands que ceux aux quels son immobilité la laissait exposée. Elle r esta donc dans le vieux palais impérial qu’elle occupait sur les bords de la Seine et qui devint pour elle une prison. Mais, convaincue que Chilpéric, dans son désir de s ’emparer du royaume de son frère, ne laisserait pas la vie au jeune Childebert , elle s’entendit avec le duc Gondobald pour préparer l’évasion de son fils. Aprè s avoir placé l’enfant dans un grand panier servant aux approvisionnements quotidi ens, on le fit descendre par une fenêtre, et il fut emporté à Metz, où, à peine âgé de cinq ans, il fut proclamé roi d’Austrasie. Chilpéric averti se hâta de se rendre à Paris, afin de s’assurer au moins de la personne et des trésors de Brunehilde. Il était acc ompagné de ses deux fils dont l’aîné, Mérovée, ressentit bientôt pour elle une vi ve attraction. Chilpéric, occupé d’inventorier les richesses que renfermaient les ba gages de sa belle-sœur, ne s’aperçut pas de la passion naissante de son fils, et, agréablement surpris de l’importance des trésors sur lesquels il mettait la main, il en laissa une partie à Brunehilde et, la punissant d’un simple exil, lui a ssigna pour résidence la ville de Rouen où il la fit conduire et surveiller. Mérovée aurait voulu la suivre. Mais son père, en l ’emmenant au palais de Braine, lui en ôta tout d’abord la possibilité. Toutefois, sans s’en douter, Chilpéric ne tarda pas à lui en fournir le moyen. Ne pouvant résister à l’ envie de reprendre les villes d’Aquitaine que la défaite et la mort de Théodebert lui avaient fait perdre, il décida de diriger contre ce pays une nouvelle expédition, et, comme des deux fils d’Audowère, Mérovée était le seul qui ne se fût pas encore fait battre, c’est à lui qu’il en confia le commandement. Mérovée ne songeait qu’à rejoindre Brunehilde. Il p rit bien, sur l’ordre de son père, le chemin du Poitou ; mais, parvenu à Tours, au lie u d’y faire une simple halte, il se procura, en pillant la maison du comte Leudaste, l’ argent qui lui était nécessaire, et, sous prétexte d’aller voir sa mère, religieuse au M ans, il partit, mais se dirigea vers Rouen. S’il était violemment épris de Brunehilde, il n’en était pas moins aimé. A peine les deux amants se virent-ils réunis, qu’ils voulurent donner à leur liaison la sanction du mariage. Les lois de l’Église ne le permettaient pa s entre le neveu et la veuve de l’oncle. Mais il se trouva que l’Église métropolita ine de Rouen avait alors pour évêque un Gaulois, nommé Prétextat, qui, ayant tenu Mérové e sur les fonts du baptême, avait conçu pour lui une affection toute paternelle. Il n ’eut pas la force de résister au désir de son filleul et consentit à bénir une union qui d evait être également funeste à l’un et
à l’autre. Chilpéric était à Paris, lorsqu’il reçut la nouvell e de ce mariage. Inquiet, il partit pour Rouen, afin de le rompre. Redoutant sa colère, les deux époux se réfugièrent dans l’enceinte privilégiée, à laquelle la petite église de Saint-Martin, construite sur les remparts de la ville, étendait son droit d’asile. I ls n’en sortirent que lorsque Chilpéric leur eût juré sur les livres saints qu’il n’userait pas de son autorité pour les séparer. Mais, contrairement à sa promesse, il se hâta d’emm ener son fils à Soissons, où il le fit dépouiller de ses armes et garder à vue.