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Capitale de la douleur - P. Éluard

De
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SOMMAIRE
1 - REPÈRES. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1 - LE CONTEXTE DE L’ŒUVRE. . . . . . . . . . . . . . . 7 L’entre-deux-guerres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7 Hésitations de la littérature française . . . . . . . . . . . 8 Naissance de l’art moderne et réunion des arts . . . 9 Le poète en son temps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2 - EUGÈNE ÉMILE PAUL GRINDEL, ALIAS PAUL ÉLUARD. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12 Une enfance citadine (1895-1912) . . . . . . . . . . . 12 La lumière pure de Clavadel (1912-1914) . . . . . . 13 Les années tourmentées (1914-1930) . . . . . . . . . 14 Nusch, ou le bonheur retrouvé (1930-1938) . . . 16 Être ou ne pas être communiste ? (1938-1945) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17 Dominique salvatrice (1946-1952) . . . . . . . . . . 18
3 -CAPITALE DE LA DOULEUR, LUTTE CONTRE LA SOUFFRANCE DU PRÉSENT. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19 Problèmes sentimentaux et familiaux . . . . . . . . . . 19 Trouver sa place dans le surréalisme naissant . . . . 22 Une œuvre charnière, entre amour petit-bourgeois et « amour de tous les hommes » . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2 - ÉTUDE DU TEXTE27. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 - COMPOSITION DU RECUEIL27. . . . . . . . . . . . . Le titre et les sous-titres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27 Un itinéraire chronologique . . . . . . . . . . . . . . . . 30 Un itinéraire amoureux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31 Un itinéraire formel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
2 - POÉTIQUE D’ÉLUARD : « JE SUIS VIEILLE, MAIS ICI JE SUIS BELLE ». . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35 Tradition et modernité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36 « Que le langage se concrétise ! » : le vocabulaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38 La syntaxe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
«Libérer la vision » : les réseaux métaphoriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41 Formes brèves . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47 Une esthétique de l’énigme . . . . . . . . . . . . . . . . . 49 Métrique et prosodie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51 Éluard et la peinture : un art poétique implicite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
3 - ANALYSES THÉMATIQUES. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59 1 - LA FEMME ET L’AMOUR. . . . . . . . . . . . . . . . . 60 Souffrance et solitude . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60 Femme et lumière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62 La femme médiatrice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63 Une mystique de l’amour . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66 2 - LA PAROLE. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68 La parole poétique, bénédiction ou malédiction ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68 Parole, corps et désir . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70 3 - LE REGARD. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71 La vue, intériorisation poétique du monde . . . . . . 71 Le regard salvateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73 4 - LE TEMPS. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75 Une poésie du présent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75 Le passé et l’avenir, entre souffrance et espoir . . . 76 Existence et inexistence de la durée . . . . . . . . . . . 77 Homogénéité de l’espace et du temps éluardiens . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78 5 - UNE POÉSIE ENTRE CLÔTURE ET EXPANSION. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79 L’amour et la solitude . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80 Une conception dynamique de l’être . . . . . . . . . . 81 Une conception dynamique de la poésie . . . . . . . . 84 6 - ÉLUARD, POÈTE SOCIAL. . . . . . . . . . . . . . . . . 85 Refus de l’ordre bourgeois . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85 Anticatholicisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86 Antimilitarisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86 7 - LE RÊVE ET L’ÉCRITURE AUTOMATIQUE. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87 Ambivalence du rêve . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88 Réserves envers l’écriture automatique . . . . . . . . . 90
4 - ÉCHOS ET CORRESPONDANCES. . . . . . . . . . . . . . 93 1 - TZARA ET LE MOUVEMENT DADA. . . . . . . . . 93 La naissance de dada. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93 La poésie de Tzara. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94 2 - DIVERSITÉ DU SURRÉALISME95. . . . . . . . . . . . Le premierManifeste du surréalisme. . . . . . . . . . 95 Son dépassement problématique . . . . . . . . . . . . . 96 La position d’Éluard . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .97 Distance et proximité avec Breton . . . . . . . . . . . . 99 Un surréaliste plus orthodoxe : Robert Desnos (1900-1945) . . . . . . . . . . . . . . . .100 Un parcours plus proche de celui d’Éluard : René Char (1907-1988) . . . . . . . . . . . . . . . . . . .101 3 - UNE « POÉSIE POUR TOUS » : ÉLUARD, ARAGON, GARCIA LORCA103. . . . . . Aragon et Éluard . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103 Garcia Lorca . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 106 4 - DE L’AMOUR DIVIN À L’AMOUR PROFANE107. . . . . . . . . . . . . . . . . . La poésie mystique baroque . . . . . . . . . . . . . . . 107 Baudelaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109 5 - POÉSIE ET PEINTURE110. . . . . . . . . . . . . . . . . . Une alliance renouvelée . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110 Baudelaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112 En marge : Reverdy, écriture et cubisme . . . . . . .114
5 - ANNEXES115. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 - ACCUEIL DE L’ŒUVRE115. . . . . . . . . . . . . . . . . Compte-rendu deMourir de ne pas mourir dansClarté. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 115 L’éloge ambigu de Breton . . . . . . . . . . . . . . . . 116
2 - JUGEMENTS CRITIQUES117. . . . . . . . . . . . . . . R. de Renéville . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117 La critique thématique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 118 Claude Roy : Éluard le révolutionnaire . . . . . . . . 119 3 - LEXIQUE DES TERMES D’ANALYSE LITTÉRAIRE ET ARTISTIQUE. . . . . . . . . . . . 121 4 - INDEX DES POÈMES CITÉS125. . . . . . . . . . . . . . 5 - ORIENTATION BIBLIOGRAPHIQUE. . . . . . 127
1
REPÈRES
1 - LE CONTEXTE DE L’ŒUVRE L’entre-deux-guerres Même si le traité de Versailles restitue à la France les provinces perdues en 1871 et impose à l’Allemagne le paiement de réparations, le bilan humain de la Grande Guerre est effroyable et rend illusoire un retour à la prospérité de la Belle Epoque. Le franc ne retrouve plus sa valeur or d’avant-guerre, la prospérité dure peu. Deux décennies de turbulences sociales et politiques se succèdent alors. En décembre 1920, une nouvelle force voit le jour : le Parti communiste français, dont l’in-fluence s’étend sur une partie de la classe ouvrière et des milieux intellectuels. En 1924, l’arrivée au pouvoir du Cartel des gauches suscite un certain espoir parmi les classes populaires et les intellectuels de gauche. La société française est dominée par les valeurs de la bourgeoisie, qui détient le pouvoir économique et poli-tique et édicte les règles de vie : travail, bonnes mœurs, famille. Le mariage et la fidélité sont des valeurs affi-chées, non sans hypocrisie parfois. Le fossé est de plus en plus évident entre le conformisme ambiant et une avant-garde intellectuelle et artistique tourmentée.
REPÈRES7
Hésitations de la littérature française En 1919, une fois la guerre terminée, les esprits se partagent entre soulagement, colère et rancœur, sur-tout chez la « génération perdue » qui a si lourdement payé son tribut au désastre : plus du quart des « 18-27 ans » ne sont pas revenus. Parmi eux, des poètes, accomplis (Apollinaire) ou prometteurs (Paul Drouot, Émile Despax…). L’immense besoin collectif d’oublier le massacre aboutit à la frénésie des Années folles : « Roucouler, s’agit-il d’autre chose ? » (« Manie »). Mais la guerre ne se laisse pas si facilement refouler. La paix revenue amène une abondante littérature de témoignages (Les Croix de boisde Dorgelès, 1919), mais aussi de protestation contre l’immense « boucherie » : dès 1916,Le Feude Barbusse avait montré la voie en ce domaine. Certains anciens combattants cultivent la fibre nationaliste, mais la plupart ne se remettent pas du trau-matisme subi et ne parviennent pas à s’insérer dans le monde nouveau de la paix, qui s’est édifié sans eux ; ils fourniront des modèles aux héros mis en scène de façon poignante par Colette dansLa Fin de Chéri(1926) ou par Aragon dansAurélien(1945).
Surtout, après cet ébranlement vient le temps des remises en question : la proclamation « Plus jamais ça ! » se double d’une contestation des modèles cultu-rels, sociaux et moraux antérieurs. Au théâtre, Vitrac tourne en dérision les valeurs de la société en même temps que les conventions dramatiques. Les roman-ciers continuent certes à cultiver l’analyse de l’individu, mais certains sont conduits à s’intéresser à d’autres uni-vers culturels, orientaux en particulier, afin d’interroger les fondements de la civilisation occidentale. Les années vingt sont aussi celles où la littérature, peut-être par refus de l’histoire, se réfugie dans sa dimension autoréflexive. En outre, la poésie rayonne sur tous les
8CAPITALE DE LA DOULEUR