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Gens de Dublin

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Livres
159 pages
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Description

« Gens de Dublin » (Dubliners), est le plus populaire et le plus accessible des livres de James Joyce. Il y a dans ces textes une certaine compassion, et malgré l’apparente tristesse qui s’y étale, ne sont pas absents des éléments plus légers. Il faut le lire, y découvrir la vie, simple, sans artifice, des gens, de leurs espoirs déçus à leurs joies, même si elles sont brèves. Les rencontrer à l’intérieur de leurs vies étriquées, sans perspective de bonheur. Ils semblent vouloir atteindre quelque chose, mais sont comme paralysés. Englués dans une atmosphère de corruption morale et matérielle. « Ce livre n’est pas un recueil d’impressions touristiques, mais une tentative pour représenter certains aspects véridiques de la vie dans une des capitales d’Europe ». C’est ainsi que Joyce présente son manuscrit. « C’est un chapitre de l’histoire morale de l’Irlande. Comme cela, le peuple irlandais pourra une fois au moins bien se regarder dans le beau miroir que j’ai préparé pour lui », écrit-il également.



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Ajouté le 06 janvier 2012
EAN13 9782924060643
Langue Français
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GENS DE DUBLIN
James Joyce 1914
ISBN : 978-2-924060-64-3 Les Éditions Numeriklivres, 2012. CollectionLes Grands Classiques en Numériquesous la direction de Anita Berchenko www.numeriklivres.com
Table des matières Couverture Titre Table des matières Présentation À propos de l'auteur Œuvres majeures LES SŒURS UNE RENCONTRE ARABIE ÉVELINE APRÈS LA COURSE LES DEUX GALANTS LA PENSION DE FAMILLE UN PETIT NUAGE CORRESPONDANCES CENDRES PÉNIBLE INCIDENT ON SE RÉUNIRA LE 6 OCTOBRE UNE MÈRE DE PAR LA GRÂCE LES MORTS Dans la même collection
Présentation
« Gens de Dublin » (Dubliners), est le plus populaire et le plus accessible des livres de James Joyce. Il y a dans ces textes une certaine compassion, et malgré l’apparente tristesse qui s’y étale, ne sont pas absents des éléments plus légers. Il faut le lire, y découvrir la vie, simple, sans artifice, des gens, de leurs espoirs déçus à leurs joies, même si elles sont brèves. Les rencontrer à l’intérieur de leurs vies étriquées, sans perspective de bonheur. Ils semblent vouloir atteindre quelque chose, mais sont comme paralysés. Englués dans une atmosphère de corruption morale et matérielle. « Ce livre n’est pas un recueil d’impressions touristiques, mais une tentative pour représenter certains aspects véridiques de la vie dans une des capitales d’Europe ».C’est ainsi que Joyce présente son manuscrit. « C’est un chapitre de l’histoire morale de l’Irlande. Comme cela, le peuple irlandais pourra une fois au moins bien se regarder dans le beau miroir que j’ai préparé pour lui », écrit-il également.
À propos de l'auteur
James Joyce naît le 2 février 1882 à Rathgar, un faubourg du sud de Dublin, dans une famille catholique. La personnalité exubérante et instable de son père, John Joyce, tour à tour étudiant en médecine, champion d'aviron, chanteur, comédien, politique exalté, secrétaire, ouvrier et percepteur, grand buveur, mais brave homme, contraste avec celle de sa mère, Mary Jane Murray, surtout préoccupée de veiller sur son logis et ses treize enfants. D'abord aisée, cette famille voit ses difficultés financières s'aggraver au cours des années. Allant de faillite en licenciement, John Joyce oblige sa famille à déménager une quinzaine de fois en quelques années, autant de degrés perdus dans l'échelle sociale. La descente vers la pauvreté est ralentie un temps par la vente des propriétés de Cork en 1894, mais le mouvement est inéluctable. Conditionnée par le taudis, ponctuée par les accès éthyliques de John Joyce, la vie de famille prend un aspect de crise continuelle. C'est sur ce fond de décadence sociale que s'effectue l'éducation de James. En 1888, ses moyens le lui permettant encore, le chef de famille envoie James, objet de son orgueil, au collège jésuite de Clongowes Wood, installé dans une vaste construction médiévale, dans le comté de Kildare. Pendant les premiers mois, l'existence de James se centre sur la rupture avec la vie familiale et ses nouveaux rapports, le plus souvent d'hostilité, avec ses camarades. Se ressaisissant, James excelle bientôt en éducation religieuse, en composition anglaise, en mathématiques, à la course à pied et au cricket.  Dèsce moment, et malgré le grand intérêt qu'il manifeste envers la religion, les boutades anticléricales de son père l'amènent à se poser des questions, qu'il nous rapporte dans Dedalus, sur l'ordre et la justice qu'incarnent ses maîtres jésuites. C'est à cette même époque, pendant son séjour à Clongowes Wood, que se produit le choc, affectif d'abord, qui sera à l'origine de son désengagement politique. Parnell, le « roi sans couronne » de l'Irlande, rassemble derrière lui tout le pays. C'est le héros de la famille Joyce. Pour James, il va devenir son héros tragique. Parnell, représentant des espoirs de l'Irlande, est mis en cause par la révélation publique de sa liaison avec la femme du capitaine O'Shea. Ce dernier demande le divorce et l'obtient. Le scandale, exploité en particulier par Gladstone et le haut clergé catholique, et plus tard par son ex-second, Timothy Healy, provoque la chute de Parnell. Âgé de neuf ans, James exprime sa propre révolte dans un poème, Et tu, Healy, que John Joyce diffuse avec fierté parmi ses relations. Cette pratique politique, qu'il a vue exercée contre un homme dont l'Irlande avait fait son prophète, laissera un sentiment amer de trahison toujours présent à sa conscience. La relative indifférence du peuple lors de cet épisode est pour une grande part responsable du mépris dont il accablera plus tard les « culs-terreux » de son Irlande natale. Une scène deDedalus nous rapporte comment, à l'occasion d'un repas de réveillon, put s'intégrer en une seule vision la triple découverte de la trahison de Parnell, de l'action temporelle de l'Église catholique et du rôle contraignant joué par la famille. Cette fin d'année 1891, déjà marquée par le réveillon mémorable, l'est aussi par la mort de Parnell et de nouvelles difficultés financières pour John Joyce, qui entraînent le retrait de James de Clongowes Wood. Après deux ans, pendant lesquels il étudie seul, James entre par faveur au collège Belvedere de Dublin, où il obtient des résultats remarquables. En même temps, la double rupture avec sa famille et avec l'enseignement religieux va se préciser et faire évoluer le jeune Joyce dans le sens d'une responsabilité de plus en plus grande face à la transgression qui s'annonce comme inévitable. Vers sa quatorzième année, parallèlement à une remise en cause informulée de sa foi religieuse, alimentée par quelques expériences
sexuelles ressenties comme coupables, s'affirme sa foi en l'art. James se livre à de nombreuses lectures en dehors des textes classiques, qui sont autant de découvertes chargées d'enseignements : Erckmann-Chatrian, Thomas Hardy, Meredith et surtout Ibsen. À seize ans, alors qu'il va entrer à University College de Dublin, la rupture avec le catholicisme est consommée intérieurement, sinon publiquement.
 Joycepénètre dans le monde littéraire à l'occasion de la lecture, en 1900, devant la Société de littérature et d'histoire, d'un essai intitulé le Drame et la vie. Rétrospectivement, cet essai peut faire figure de manifeste. En dehors d'allusions au contexte politique et culturel – « le Parnasse et la Banque se partagent l'âme du boutiquier », la « vigilante police », les « oracles de la mode boulevardière », l'évocation en termes à peine voilés de la visite de la reine Victoria à Dublin –, il contient un exposé d'intention et de méthode. Il dissocie péremptoirement le drame, avec ses intrigues prétextes à disserter, qu'il soit grec ou shakespearien, de la littérature comme pratique renvoyant aux cadres immuables de la nature humaine, mais prenant appui sur une expérience individuelle qui engage le vécu et le langage de l'écrivain. Joyce livre sa bataille pour Ibsen, proclamant sa « sublime puissance d'universalité ».
À l'université, il confirme son ouverture sur l'Europe, en particulier vers l'Italie, dont il maîtrise maintenant la langue. Il lit et étudie en profondeur Dante, D'Annunzio, Giordano Bruno, mais aussi Thomas Mann, Tolstoï, Dostoïevski, Flaubert, Nietzsche, tout ce qui s'écrit à cette époque. En 1902, il obtient son diplôme de Bachelor of Arts ; Dublin est alors un centre intellectuel, et la vie littéraire y est très active, entretenue (même hors de l'île) par W. B. Yeats, G. Moore, J. Synge, Standish O'Grady, George Russell et lady Gregory. Désirant s'assurer une situation qui lui permettrait de s'exprimer librement, Joyce décide d'entreprendre des études de médecine. Un poste de répétiteur lui serait nécessaire pour subvenir aux dépenses de ces nouvelles études. Il prend prétexte d'un refus de sa candidature pour proclamer qu'on se ligue contre lui afin de le faire taire et, en 1902, il choisit de poursuivre lesdites études à Paris. Il y est accueilli par Yeats. Il noue une véritable amitié littéraire avec le dramaturge John Synge. Il parvient à vendre quelques articles, mais il doit choisir de vivre misérablement pour pouvoir assister aux spectacles que lui offre alors Paris.
Cet exil timide n'est qu'un coup d'essai avant l'exil intellectuel et spirituel total qui l'éloigne définitivement de l'Irlande et de ses « aborigènes » (à part quelques rares visites, la dernière en 1912). Quand il revient en Irlande en 1903, c'est pour la mort de sa mère. C'est l'occasion d'un douloureux déchirement : il refuse de prier à son lit de mort. Une fois de plus, le drame se cristallise autour de la famille et de la religion. Joyce connaît alors à Dublin une existence assez décousue, qui rappelle celle de son père ; il se met à boire, par défi peut-être. Il prend des leçons de chant. Il emprunte de l'argent systématiquement à tous ses amis et se brouille avec un grand nombre d'entre eux pour des causes diverses. Il rencontre Nora Barnacle, belle jeune femme, simple et vive, qui brise sa solitude ; c'est avec elle qu'il décide de partir de cette Irlande qui le rejette. Il a déjà commencé à écrire Stephen le héros (première version deDedalus) et publie plusieurs nouvelles de Gens de Dublin.
L'Irlande a produit Joyce, elle ne peut plus rien faire pour lui. En partant pour Zurich, James emporte l'Irlande dans sa chair et dans son esprit pour la recréer au sein d'un monde qui va remplacer la terre qu'il fuit. Le lecteur qui ouvre l'une quelconque de ses œuvres se trouve confronté à un fourmillement de notations biographiques renvoyant aussi bien à la vie privée de l'auteur qu'à la vie publique de l'Irlande, voire de l'univers. Elles n'y sont pas en tant que telles, mais mêlées inextricablement à la substance d'un monde de remplacement : l'objet littéraire.