Gens de Dublin

Gens de Dublin

-

Livres
170 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

« Gens de Dublin » (Dubliners), est le plus populaire et le plus accessible des livres de James Joyce. Il y a dans ces textes une certaine compassion, et malgré l’apparente tristesse qui s’y étale, ne sont pas absents des éléments plus légers. Il faut le lire, y découvrir la vie, simple, sans artifice, des gens, de leurs espoirs déçus à leurs joies, même si elles sont brèves. Les rencontrer à l’intérieur de leurs vies étriquées, sans perspective de bonheur. Ils semblent vouloir atteindre quelque chose, mais sont comme paralysés. Englués dans une atmosphère de corruption morale et matérielle. « Ce livre n’est pas un recueil d’impressions touristiques, mais une tentative pour représenter certains aspects véridiques de la vie dans une des capitales d’Europe ». C’est ainsi que Joyce présente son manuscrit. « C’est un chapitre de l’histoire morale de l’Irlande. Comme cela, le peuple irlandais pourra une fois au moins bien se regarder dans le beau miroir que j’ai préparé pour lui », écrit-il également.



Sujets

Informations

Publié par
Ajouté le 06 janvier 2012
Nombre de lectures 225
EAN13 9782924060643
Langue Français
Signaler un problème
GENS DE DUBLIN
James Joyce
1914
ISBN : 978-2-924060-64-3
Les Éditions Numeriklivres, 2012.
CollectionLes Grands Classiques en Numériquesous la direction de Anita Berchenko
www.numeriklivres.com
Table des matières
Couverture
Titre
Tadle Des matières
Présentation
À propos De l'auteur
Œuvres majeures
LES SŒURS
UNE RENCONTRE
ARABIE
ÉVELINE
APRÈS LA COURSE
LES EUX GALANTS
LA PENSION E FAMILLE
UN PETIT NUAGE
CORRESPONANCES
CENRES
PÉNIBLE INCIENT
ON SE RÉUNIRA LE 6 OCTOBRE
UNE MÈRE
E PAR LA GRÂCE
LES MORTS
ans la même collection
Présentation
« Gens de Dulin » (Dubliners), est le plus populaire et le plus accessile des livres de James Joyce. Il y a dans ces textes une certaine compassion, et malgré l’apparente tristesse qui s’y étale, ne sont pas a sents des éléments plus légers.
Il faut le lire, y découvrir la vie, simple, sans a rtifice, des gens, de leurs espoirs déçus à leurs joies, même si elles sont rèves.
Les rencontrer à l’intérieur de leurs vies étriquée s, sans perspective de onheur. Ils semlent vouloir atteindre quelque chose, mais sont comme paralysés. Englués dans une atmosphère de corruption morale et matérie lle.
« Ce livre n’est pas un recueil d’impressions touri stiques, mais une tentative pour représenter certains aspects véridiques de la vie d ans une des capitales d’Europe ».C’est ainsi que Joyce présente son manuscrit.
« C’est un chapitre de l’histoire morale de l’Irlan de. Comme cela, le peuple irlandais pourra une fois au moins bien se regarder dans le b eau miroir que j’ai préparé pour lui »,écrit-il également.
À propos de l'auteur
James Joycenaît le 2 février 1882 à Rathgar, un faubourg du su d de Dublin, dans une famille catholique. La personnalité exubérante et instable de son père, John Joyce, tour à tour étudiant en médecine, champion d 'aviron, chanteur, comédien, politique exalté, secrétaire, ouvrier et percepteur, grand buveur, mais brave homme, contraste avec celle de sa mère, Mary Jane Murray, surtout préoccupée de veiller sur son logis et ses treize enfants. D'abord aisée, cette famille voit ses difficultés financières s'aggraver au cours des années. Allant de faillite en licenciement, John Joyce oblige sa famille à déménager une quinzaine d e fois en quelques années, autant de degrés perdus dans l'échelle sociale. La descente vers la pauvreté est ralentie un temps par la vente des propriétés de Co rk en 1894, mais le mouvement est inéluctable. Conditionnée par le taudis, ponctu ée par les accès éthyliques de John Joyce, la vie de famille prend un aspect de cr ise continuelle. C'est sur ce fond de décadence sociale que s'effectue l'éducation de James. En 1888, ses moyens le lui permettant encore, le chef de famille envoie Ja mes, objet de son orgueil, au collège jésuite de Clongowes Wood, installé dans un e vaste construction médiévale, dans le comté de Kildare. Pendant les pr emiers mois, l'existence de James se centre sur la rupture avec la vie familial e et ses nouveaux rapports, le plus souvent d'hostilité, avec ses camarades. Se re ssaisissant, James excelle bientôt en éducation religieuse, en composition ang laise, en mathématiques, à la course à pied et au cricket.
 Dès ce moment, et malgré le grand intérêt qu'il manifeste envers la religion, les boutades anticléricales de son père l'amènent à se poser des questions, qu'il nous rapporte dans Dedalus, sur l'ordre et la justice qu 'incarnent ses maîtres jésuites. C'est à cette même époque, pendant son séjour à Clo ngowes Wood, que se produit le choc, affectif d'abord, qui sera à l'origine de son désengagement politique. Parnell, le « roi sans couronne » de l'Irlande, ras semble derrière lui tout le pays. C'est le héros de la famille Joyce. Pour James, il va devenir son héros tragique. Parnell, représentant des espoirs de l'Irlande, est mis en cause par la révélation publique de sa liaison avec la femme du capitaine O 'Shea. Ce dernier demande le divorce et l'obtient. Le scandale, exploité en part iculier par Gladstone et le haut clergé catholique, et plus tard par son ex-second, Timothy Healy, provoque la chute de Parnell. Âgé de neuf ans, James exprime sa propr e révolte dans un poème, Et tu, Healy, que John Joyce diffuse avec fierté parmi ses relations. Cette pratique politique, qu'il a vue exercée contre un homme dont l'Irlande avait fait son prophète, laissera un sentiment amer de trahison toujours pré sent à sa conscience. La relative indifférence du peuple lors de cet épisode est pour une grande part responsable du mépris dont il accablera plus tard l es « culs-terreux » de son Irlande natale. Une scène deDedalusrapporte comment, à l'occasion d'un repas de nous réveillon, put s'intégrer en une seule vision la tr iple découverte de la trahison de Parnell, de l'action temporelle de l'Église catholi que et du rôle contraignant joué par la famille. Cette fin d'année 1891, déjà marquée pa r le réveillon mémorable, l'est aussi par la mort de Parnell et de nouvelles diffic ultés financières pour John Joyce, qui entraînent le retrait de James de Clongowes Woo d. Après deux ans, pendant
lesquels il étudie seul, James entre par faveur au collège Belvedere de Dublin, où il obtient des résultats remarquables. En même temps, la double rupture avec sa famille et avec l'enseignement religieux va se préc iser et faire évoluer le jeune Joyce dans le sens d'une responsabilité de plus en plus grande face à la transgression qui s'annonce comme inévitable. Vers sa quatorzième année, parallèlement à une remise en cause informulée de s a foi religieuse, alimentée par quelques expériences sexuelles ressenties comme cou pables, s'affirme sa foi en l'art. James se livre à de nombreuses lectures en d ehors des textes classiques, qui sont autant de découvertes chargées d'enseignements : Erckmann-Chatrian, Thomas Hardy, Meredith et surtout Ibsen. À seize an s, alors qu'il va entrer à University College de Dublin, la rupture avec le ca tholicisme est consommée intérieurement, sinon publiquement.
Joyce pénètre dans le monde littéraire à l'occasio n de la lecture, en 1900, devant la Société de littérature et d'histoire, d'un essai in titulé le Drame et la vie. Rétrospectivement, cet essai peut faire figure de m anifeste. En dehors d'allusions au contexte politique et culturel – « le Parnasse e t la Banque se partagent l'âme du boutiquier », la « vigilante police », les « oracle s de la mode boulevardière », l'évocation en termes à peine voilés de la visite d e la reine Victoria à Dublin –, il contient un exposé d'intention et de méthode. Il di ssocie péremptoirement le drame, avec ses intrigues prétextes à disserter, qu'il soi t grec ou shakespearien, de la littérature comme pratique renvoyant aux cadres imm uables de la nature humaine, mais prenant appui sur une expérience individuelle qui engage le vécu et le langage de l'écrivain. Joyce livre sa bataille pour Ibsen, proclamant sa « sublime puissance d'universalité ».
À l'université, il confirme son ouverture sur l'Europe, en particulier vers l'Italie, dont il maîtrise maintenant la langue. Il lit et étudie en profondeur Dante, D'Annunzio, Giordano Bruno, mais aussi Thomas Mann, Tolstoï, Do stoïevski, Flaubert, Nietzsche, tout ce qui s'écrit à cette époque. En 1 902, il obtient son diplôme de Bachelor of Arts ; Dublin est alors un centre intel lectuel, et la vie littéraire y est très active, entretenue (même hors de l'île) par W. B. Y eats, G. Moore, J. Synge, Standish O'Grady, George Russell et lady Gregory. D ésirant s'assurer une situation qui lui permettrait de s'exprimer librement, Joyce décide d'entreprendre des études de médecine. Un poste de répétiteur lui serait néce ssaire pour subvenir aux dépenses de ces nouvelles études. Il prend prétexte d'un refus de sa candidature pour proclamer qu'on se ligue contre lui afin de le faire taire et, en 1902, il choisit de poursuivre lesdites études à Paris. Il y est accuei lli par Yeats. Il noue une véritable amitié littéraire avec le dramaturge John Synge. Il parvient à vendre quelques articles, mais il doit choisir de vivre misérableme nt pour pouvoir assister aux spectacles que lui offre alors Paris.
Cet exil timide n'est qu'un coup d'essai avant l'ex il intellectuel et spirituel total qui l'éloigne définitivement de l'Irlande et de ses « a borigènes » (à part quelques rares visites, la dernière en 1912). Quand il revient en Irlande en 1903, c'est pour la mort de sa mère. C'est l'occasion d'un douloureux déchirement : il refuse de prier à son lit de mort. Une fois de plus, le drame se cristallise autour de la famille et de la religion. Joyce connaît alors à Dublin une existenc e assez décousue, qui rappelle celle de son père ; il se met à boire, par défi peu t-être. Il prend des leçons de chant. Il emprunte de l'argent systématiquement à tous ses amis et se brouille avec un grand nombre d'entre eux pour des causes diverses. Il rencontre Nora Barnacle,
belle jeune femme, simple et vive, qui brise sa sol itude ; c'est avec elle qu'il décide de partir de cette Irlande qui le rejette. Il a déj à commencé à écrire Stephen le héros (première version deDedalus) et publie plusieurs nouvelles de Gens de Dublin.
L'Irlande a produit Joyce, elle ne peut plus rien faire pour lui. En partant pour Zurich, James emporte l'Irlande dans sa chair et dans son e sprit pour la recréer au sein d'un monde qui va remplacer la terre qu'il fuit. Le lecteur qui ouvre l'une quelconque de ses œuvres se trouve confronté à un fourmillemen t de notations biographiques renvoyant aussi bien à la vie privée de l'auteur qu 'à la vie publique de l'Irlande, voire de l'univers. Elles n'y sont pas en tant que telles , mais mêlées inextricablement à la substance d'un monde de remplacement : l'objet littéraire.
De Zurich, James et Nora passent rapidement à Tries te. Là, toujours endettés, ils mènent une existence picaresque. James donne des co urs d'anglais, en particulier à l'école Berlitz. Nora met au monde un fils, Giorg io. Pour faire vivre sa famille, James doit user d'expédients en tous genres ; il se vante notamment d'avoir filouté deux tailleurs. En 1915, la guerre le contraint, lu i et sa famille, à un nouvel exil après onze années passées à Trieste. Zurich, havre pour expatriés, les accueille après qu'un engagement de neutralité a été pris aup rès des autorités autrichiennes. Avec la mise en chantier d'Ulysse, c'est le commenc ement de la grande période de production de Joyce. Musique de chambre a déjà été publié,Gens de Dublin est terminé, etStephen le hérospris la forme définitive de a Dedalus. Selon sa propre expression, Joyce est « au-dessus de la mêlée ».
La guerre finie, la famille Joyce repasse par Tries te avant de rejoindre Paris en 1920, où ils resteront une vingtaine d'années. Gior gio a quinze ans, et Lucia, sa sœur, treize ans ; il manque trois épisodes àUlysse.À Paris, Joyce se confronte à toute l'Europe et à l'Amérique littéraires : Proust , Larbaud, Wyndham Lewis, Sherwood Anderson, Hemingway, Pound et Eliot, mais aucun de ces écrivains ne semble influencer son projet. En 1922, Ulysse est p ublié. La renommée de son auteur est produite aussi bien par ses détracteurs que par ses laudateurs ; commentaires et interprétations contradictoires y c ontribuent également. Ainsi voit-on Valery Larbaud assimiler Joyce à Rabelais, tout en faisant d'Ulysse une « comédie humaine ». Cependant, cette renommée ne d épasse guère le cercle des initiés, même s'il est vaste. SiUlysseprovoque l'admiration d'Eliot et d'Hemingway, pour Virginia Woolf c'est l'œuvre d'un « malappris », et Gertrude Stein n'y voit qu'une ingérence dans ses propres expériences d'écr iture. Paul Claudel, André Gide et George Moore se rangent parmi ses ennemis. Cependant, Joyce a secoué la conscience littéraire du moment. La seule indiff érence qui soit alors dramatique est celle de Nora, qui, à la suite d'une querelle, regagne Dublin avec les enfants. Mais Joyce a déjà commencé de rassembler les matéri aux de Finnegans Wake, et c'est avec enthousiasme, s'émerveillant lui-même de ses trouvailles, qu'il va aller jusqu'« au bout de l'anglais ».
Sa vue ne cesse de s'affaiblir, entraînant de très nombreuses opérations, mais il remanie sans cesse son travail, allant jusqu'à util iser trois lentilles pour déchiffrer alors qu'il ne dispose plus que d'un œil. La vie co ntinue, souvent empreinte de mélancolie, partagée entre les difficultés de publi cation, les succès mondains sans grande réalité, l'instabilité mentale de sa fille L ucia, sa vue qui baisse de plus en plus, la boisson, mais aussi un labeur opiniâtre de vant déboucher sur une « histoire universelle ». Richard Ellmann rapporte un fragment de conversation : « C'est une merveilleuse expérience que de vivre avec un livre. Depuis 1922, quand j'ai
c o m m e n c éWork in Progressprovisoire de (titre Finnegans Wake), je n'ai pas vraiment vécu une vie normale. Cela m'a coûté une i mmense dépense d'énergie. […] Depuis 1922, mon livre a été pour moi une réali té plus grande que la réalité même. »
Joyce voyage de nouveau en Belgique, en Allemagne, au Danemark, où il peut expérimenter son danois, et revient par Zurich, où s'est fixé son frère Stanislaus. À Paris, les activités mondaines de la famille Joyce diminuent pendant les dernières années de la vie de James. Finnegans Wake est termi né en 1939. Les critiques littéraires sont pris au dépourvu : « probablement un grand livre », « le plus colossal canular depuis l'Ossian, et,Macpherson ». La Seconde Guerre mondiale éclate  de non sans difficulté, la famille Joyce rejoint Zuric h, où James Joyce meurt le 13 janvier 1941 à la suite de l'opération d'un ulcè re duodénal perforé.
Source : Larousse