Les Confessions - Livres VII à XII

Les Confessions - Livres VII à XII

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Livres
642 pages

Description

Rousseau ne voulait pas qu’un portrait de lui figure en tête de ses Œuvres. Son vrai portrait, le seul qui ne mentirait pas, c’est en lisant ses Confessions qu’on l’aurait sous les yeux : « Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature ; et cet homme, ce sera moi. » Mais quelle identité assigner à ce moi qui déclare : « Je suis autre » ? Autre que tous les autres, et pourtant leur semblable. Perpétuellement autre que soi, et pourtant toujours même. « Bizarre et singulier assemblage » d’identifications multiples où Narcisse et Caton, Alceste et Céladon, Mentor et le petit Jésus, Socrate et la cigale, Orphée et la fourmi, le rat des villes, celui des champs, le berger extravagant, l’agneau immaculé et le bouc émissaire tiennent tour à tour le devant de la scène, sans nuire pour autant à l’unité d’action, « tant tout se tient, tout est un dans mon caractère ».
Au lecteur d’en juger.

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Date de parution 07 février 2018
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EAN13 9782081430921
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Jean-Jacques Rousseau
Les Confessions Livres VII à XII
GF Flammarion
© Flammarion, Paris, 2002, pour la présente éQition . ÉQition revue et mise à jour en 2012.
ISBN Epub : 9782081430921 ISBN PDF Web : 9782081430945 Le livre a été imprimé sous les références : ISBN : 9782081275591
Ouvrage composé et converti parPixellence(59100 Roubaix)
Présentation de l'éditeur Rousseau ne voulait pas qu’un portrait de lui figur e en tête de ses Œuvres. Son vrai portrait, le seul qui ne mentirait pas, c’est en li sant ses Confessions qu’on l’aurait sous les yeux : « Je veux montrer à mes semblables un ho mme dans toute la vérité de la nature ; et cet homme, ce sera moi. » Mais quelle i dentité assigner à ce moi qui déclare : « Je suis autre » ? Autre que tous les au tres, et pourtant leur semblable. Perpétuellement autre que soi, et pourtant toujours même. « Bizarre et singulier assemblage » d’identifications multiples où Narciss e et Caton, Alceste et Céladon, Mentor et le petit Jésus, Socrate et la cigale, Orp hée et la fourmi, le rat des villes, celui des champs, le berger extravagant, l’agneau immacul é et le bouc émissaire tiennent tour à tour le devant de la scène, sans nuire pour autant à l’unité d’action, « tant tout se tient, tout est un dans mon caractère ». Au lecteur d’en juger.
Les Confessions
Livres VII à XII
Le premier volume des Confessions comprend les livres I à VI, ainsi qu'une présentation et une chronologie On trouvera à la f in du présent volume un lexique et une bibliographie Figurent également ici un index des œuvres de Rousseau et un index des noms
Les Confessions de J.-J. RoUsseaU
Seconde partie
Intus, et in cute
CesUe je n'ai pas même le tempscahiers pleins de faUte [sic] de toUte espèce, et q de relire, sUffisent poUr mettre toUt ami de la vér ité sUr sa trace, et lUi donner les moyens de s'en assUrer par ses propres informations . MalheUreUsement, il me paraît difficile et même impossible qU'ils échappent à la vigilance de mes ennemis. S'ils * tombent entre les mains d'Un honnête homme
LIVRE VII
1 2 1., malgré mes résolutions, jedeux ans de silence et de patience 1. Après reprends la plume. Lecteur, suspendez votre jugemen t sur les raisons qui m'y forcent. Vous n'en pouvez juger qu'après m'avoir lu. 2. On a vu s'écouler ma paisible jeunesse dans une vie égale, assez douce, sans de grandes traverses ni de grandes prospérités. Cette médiocrité fut en grande partie l'ouvrage de mon naturel ardent, mais faible, moins prompt encore à entreprendre que facile à décourager ; sortant du repos par secousse s, mais y rentrant par lassitude et par goût, et qui, me ramenant toujours, loin des gr andes vertus et plus loin des grands vices, à la vie oiseuse * et tranquille pour laquel le je me sentais né, ne m'a jamais permis d'aller à rien de grand, soit en bien, soit en mal. 3. Quel tableau différent j'aurais bientôt à dévelo pper ! Le sort, qui durant trente ans favorisa mes penchants, les contraria durant les tr ente autres, et, de cette opposition continuelle entre ma situation et mes inclinations, on verra naître des fautes énormes, 3 des malheurs inouïs, et toutes les vertus, excepté la force , qui peuvent honorer l'adversité. 4. Ma première partie a été toute écrite de mémoire et j'y ai dû faire beaucoup d'erreurs. Forcé d'écrire la seconde de mémoire aus si, j'y en ferai probablement beaucoup davantage. Les doux souvenirs de mes beaux ans passés avec autant de tranquillité que d'innocence, m'ont laissé mille im pressions charmantes que j'aime sans cesse à me rappeler. On verra bientôt combien sont différents ceux du reste de ma vie. Les rappeler, c'est en renouveler l'amertume. Loin d'aigrir celle de ma situation par ces tristes retours, je les écarte autant qu'il m'est p ossible, et souvent j'y réussis au point de ne les pouvoir plus retrouver au besoin. Cette f acilité d'oublier les maux est une consolation que le Ciel m'a ménagée dans ceux que l e sort devait un jour accumuler sur moi. Ma mémoire, qui me retrace uniquement les objets agréables, est l'heureux contrepoids de mon imagination effarouchée, qui ne me fait prévoir que de cruels avenirs. 5. Tous les papiers que j'avais rassemblés pour sup pléer à ma mémoire et me guider dans cette entreprise, passés en d'autres mains, ne rentreront plus dans les 4 miennes . Je n'ai qu'un guide fidèle sur lequel je puisse c ompter, c'est la chaîne des 5 sentiments qui ont marqué la succession de mon être , et par eux celle des événements qui en ont été la cause ou l'effet. J'ou blie aisément mes malheurs ; mais je ne puis oublier mes fautes, et j'oublie encore moin s mes bons sentiments. Leur souvenir m'est trop cher pour s'effacer jamais de m on cœur. Je puis faire des omissions dans les faits, des transpositions, des e rreurs de dates ; mais je ne puis me tromper sur ce que j'ai senti, ni sur ce que mes se ntiments m'ont fait faire ; et voilà de quoi principalement il s'agit. L'objet propre de me s confessions est de faire connaître exactement mon intérieur dans toutes les situations de ma vie. C'est l'histoire de mon âme que j'ai promise, et pour l'écrire fidèlement j e n'ai pas besoin d'autres mémoires : il me suffit, comme j'ai fait jusqu'ici, de rentrer au -dedans de moi. 6. Il y a cependant, et très heureusement, un intervalle de six à sept ans dont j'ai des renseignements sûrs dans un recueil transcrit de le ttres dont les originaux sont dans les mains de M. Du Peyrou. Ce recueil, qui finit en 1760, comprend tout le temps de mon séjour à l'Ermitage et de ma grande brouillerie avec mes soi-disant amis : époque mémorable dans ma vie et qui fut la source de tous mes autres malheurs. À l'égard des lettres originales plus récentes qui peuvent me res ter, et qui sont en très petit nombre, au lieu de les transcrire à la suite du recueil, tr op volumineux pour que je puisse