Profil - Duras (Marguerite) : Un Barrage contre le Pacifique

Profil - Duras (Marguerite) : Un Barrage contre le Pacifique

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Français
80 pages

Description

L’ouvrage fournit toutes les clés pour analyser le roman colonial de Marguerite Duras.
Le résumé détaillé est suivi de l’étude des problématiques essentielles, parmi lesquelles :
– Le clan familial et les personnages secondaires
– Fiction ou autobiographie ?
– Le monde du rêve
– Le procès du colonialisme
– Les techniques romanesques.

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Date de parution 29 août 2001
Nombre de lectures 129
EAN13 9782218947759
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Repères biographiques
LES ANNÉES DE JEUNESSE
La -famille
Marguerite Duras est née le 14 avril 1914, à Gia-Dinh près de Saigon1. Elle est le troisième enfant d'un couple de fonctionnaires français. Son père, Émile Donnadieu, est professeur de mathématiques, sa mère est institutrice. Elle est très jeune encore lorsque son père, pour raison de santé, est rapatrié en France où il mourra peu après. La famille change de résidence suivant les nominations administratives : d'abord Phnom Penh (au Cambodge) puis Vinh-long et Sadec, petites villes sur le Mékong, où Mme Donnadieu poursuit une carrière modeste dans des écoles indigènes.
L'Indochine
À l'époque, l'Indochine est sous autorité française. Marguerite Duras passe ses premières années dans une société coloniale qui accuse durement les contrastes sociaux. Les planteurs fortunés, les hauts fonctionnaires venus de la métropole, les riches commerçants indochinois et chinois vivent dans le luxe. Les Donnadieu n'appartiennent pas à ces castes privilégiées. Ils font partie des « petits blancs » et vivent chichement. Marguerite et ses deux frères sont, de ce fait, beaucoup plus proches de la population indigène que de leurs compatriotes. Ils vont à l'école avec les petits Indochinois dont ils partagent les jeux et dont ils parlent couramment la langue.
C'est là, dans ce Sud indochinois écrasé de chaleur, dans cette terre gorgée d'eau, périodiquement noyée par les crues du Mékong et par les pluies de la mousson, qu'elle découvre la nature : l'océan Pacifique, le Mékong omniprésent, la jungle fascinante.
Les premiers attachements
Enfant, elle nourrit une affection passionnée pour son frère cadet Paul, merveilleux compagnon de jeux et d'aventures. Elle ne se consolera jamais de sa mort qu'elle apprendra beaucoup plus tard en France. Adolescente, alors qu'elle poursuit ses études au lycée de Saigon, elle a une liaison avec un riche et jeune Chinois. Elle gardera toujours, dit-elle, le souvenir de cette première aventure amoureuse.
LE RETOUR EN FRANCE
Les études supérieures
Mme Donnadieu avait décelé très tôt les qualités intellectuelles de sa fille. Celle-ci, après avoir obtenu son baccalauréat à Paris, entreprend, selon le voeu de sa mère, des études de mathématiques, puis s'intéresse au droit, et, enfin, aux sciences politiques.
La guerre
En 1939, Marguerite Duras épouse Robert Antelme. La même année, la France entre en guerre contre l'Allemagne nazie et ne tarde pas à être envahie. Pendant l'Occupation, Marguerite Duras travaille à la « Commission de contrôle du papier ». À partir de septembre 1943, elle rejoint un réseau de résistants avec son mari, qui sera arrêté et déporté à Dachau, en 1944. Sauvé d'extrême justesse, il publiera, après son retour des camps de concentration, un ouvrage de souvenirs et de réflexions : L'Espèce humaine (La Cité universelle, 1947).
L'engagement politique
Peu après la Libération (1944), Marguerite Duras adhère au Parti communiste. Elle s'en éloignera en découvrant que le stalinisme, alors triomphant, interdit toute forme de liberté et notamment celle de penser.
UNE CARRIÈRE D'ÉCRIVAIN
Une carrière féconde et originale
Marguerite Duras a débuté en littérature, dès 1943, avec un roman, Les Impudents. Depuis lors, elle n'a pas cessé d'écrire. Elle a publié des romans, des pièces de théâtre, des entretiens, des adaptations de textes étrangers et de très nombreux articles. Elle a travaillé à maintes reprises pour le cinéma, soit en tant que scénariste et dialoguiste, soit en tant que réalisatrice.
Idéologie et contradictions
Marguerite Duras n'a jamais reculé devant les prises de position idéologiques. Elle se définit le plus souvent comme une révolutionnaire authentique et radicale,, tentée par le marxisme mais surtout proche du gauchisme2
. Elle rejette tout système idéologique constitué et prône avant tout la contestation et le refus. Ses détracteurs lui reprochent des prises de position extrémistes. Ils ne manquent pas non plus de souligner avec ironie les contradictions existant entre ses critiques véhémentes des inégalités sociales et son statut d'écrivain comblé.
Un auteur à succès
Malgré une réputation, parfois justifiée, d'auteur difficile, Marguerite Duras est un écrivain lu et reconnu à la fois parles critiques littéraires et par le grand public. Elle doit son premier grand succès à son roman Un barrage contre le Pacifique, publié en 1950. Huit ans plus tard, avec un autre roman Moderato cantabile, elle devient un auteur consacré. La notoriété internationale lui viendra avec le film d'Alain Resnais, Hiroshima mon amour
(1960) dont elle a écrit le scénario et les dialogues. Mais c'est grâce à L'Amant, à mi-chemin entre le roman et l'autobiographie, qu'elle connaît véritablement la gloire. Publié en 1984, L'Amant connu un succès immédiat et foudroyant. En France, le roman est couronné par l'Académie Goncourt. Aux États-Unis, il reçoit le prestigieux prix Ritz-Paris-Hemingway. Il a été traduit dans plus de quarante langues. Il a fait de son auteur une star internationale de la littérature contemporaine.
UN ÉCRIVAIN INCLASSABLE
Marguerite Duras est décédée le 3 mars 1996. Elle fut, de son vivant, un écrivain admiré par les uns et contesté par les autres. On peut s'en rendre compte dans les jugements très divergents qui ont suivi sa disparition. Était-elle affligée de « cette naïveté qui consiste à croire qu'il suffit de changer l'ordre des mots pour que le total possède un poids supérieur à la somme des parties » et qui fait que « quand on analyse un peu on s'aperçoit que le total, chez Duras, est honteusement inférieur à la somme »
3? ou était-elle « l'initiatrice d'un style inimitable qui, à travers tant de chefs-d'œuvre et à l'égal de son oeuvre romanesque, a su faire passer sur scène, comme à l'image, la préoccupation de son époque »4? En tout cas, l'œuvre est, à l'image de l'auteur, foisonnante, inégale, inclassable et profondément originale.
1 À présent Ho Chi Minh-Ville.
2 Attitudes idéologiques et politiques qui vont au-delà de ce qui est préconisé par les organisations de la gauche traditionnelle.
3 Christian Combaz, Valeurs actuelles, 9 mars 1996.
4 Marcel Bluwal, Carnet du jour, Le Figaro, 5 mars 1996.
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